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Jean Antoine de Baïf

mardi 27 novembre 2012

Jean Antoine de Baïf (1532-1589)

Poète

Jean Antoine de Baïf PoèteNé à Venise, en 1532, il est le fils naturel de l’humaniste Lazare de Baïf installé dans une belle demeure rue des Fossés Saint-Victor, l’actuelle rue du Cardinal Lemoine en 1534, à son retour d’Italie, avec sa femme vénitienne. Jean Antoine fut confié dès le berceau à Ange Vergèce et à Charles Estienne. Puis à 8 ans à Jacques Toussaint, professeur de grec au Collège royal, avant de recevoir l’enseignement de l’éminent helléniste Jean Dorat, qui devint son précepteur en même temps que celui de Pierre de Ronsard dans la demeure des Baïf. À la mort de son père en 1547, il suit Dorat au Collège de Coqueret, dont il est devenu le principal, et, où le rejoignent Ronsard puis Joachim Du Bellay. Liés par des intérêts poétiques et théoriques communs, les trois condisciples forment la Brigade, société littéraire qui allait devenir la Pléiade.

Nourris de culture antique, ils étaient soucieux de faire de la langue française un instrument qui permettrait d’égaler un jour les anciens, et de rénover la littérature, en jouant du pouvoir des mots, pour l’illustration de la France. Jean Antoine de Baïf découvre la poésie très jeune et publie, dès 1552, un premier recueil de vers, nettement influencé par Pétrarque “les Amours de Méline”, qui est suivi en 1555 par “les Amours de Francine”, ouvrage plus personnel mais qui ne connut pas davantage de succès que le précédent. Il vit un temps de bénéfices ecclésiastiques, puis cherche à gagner l’appui des princes. Clerc tonsuré, protégé de Charles IX, il suscite en 1570, avec le concours du musicien Thibault de Courville, une académie de poésie et de musique par laquelle il tente de promouvoir la “poésie mesurée à l’antique”, son objectif étant de soumettre les deux formes d’art aux mêmes lois mélodiques. De nombreux compositeurs collaborent avec lui, et ses amis de la Pléiade, notamment Pontus de Tyard, participent à son entreprise, qui, cependant, échoue. Il aspire à renouveler la rythmique traditionnelle, grâce à un apport musical dû à la métrique gréco-latine, ainsi qu’à réformer et jouer avec l’orthographe en s’appuyant sur la phonétique, comme en témoigne, en 1574, son texte intitulé “Étrénes de poézie fransoêze an vers mesurés”, où interviennent maints thèmes populaires.

C’est en chantant les noces de François II et Marie Stuart qu’il obtient une pension. Il devient ainsi un des poètes attitrés des Valois. En 1572, l’édition d’un nouveau recueil, “les Euvres en rime”, présentant une sorte de synthèse de l’oeuvre antérieure de Baïf, révèle un auteur d’inspiration très variée, amateur de formes peu traditionnelles, qui dérouta ses contemporains par son esprit novateur et par sa langue parfois difficile d’accès. Outre des poèmes divers, on y trouve aussi des Amours non moins diverses, de Francine, de Méline et d’autres, des Jeux, parmi lesquels une traduction de “l’Antigone de Sophocle” en alexandrins, “L’Eunuque de Térence, le Brave”, d’après Plaute, comédie humaniste qui lui valut un vif succès lors de sa représentation devant la cour en 1567, enfin des “Passetems”, l’ensemble ne totalisant pas moins de 7500 vers de poésie gnomique*. Il est aussi poète sensible au spirituel, ainsi qu’en témoignent les “Prières” en 1587 tirées du Livre de Job et ses Psautiers qu’il travailla à traduire en latin et en français durant 20 ans de 1567 à 1587. En 1576, sous l’influence du courant gnomique, il publie “Mimes, enseignements et proverbes”, ouvrage qui connut des rééditions augmentées de textes inédits. Il meurt à Paris en 1589, 4 ans après Ronsard.

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