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Emmanuel-Philibert De Savoie

vendredi 23 novembre 2012, par lucien jallamion

Emmanuel-Philibert De Savoie (1528-1580)

Emmanuel-Philibert De Savoie

C’est grâce au traité de Cateau-Cambrésis* que ce fils du duc Charles de Savoie, dépouillé de ses états par François 1er, recouvre ceux-ci et épouse la sœur du roi Henri II, Marguerite de France.


Emmanuel-Philibert de Savoie est né au château de Chambéry*, le 8 juillet 1528. Il est le 3e fils du duc Charles II, souverain des États de Savoie, dit le Bon et de la princesse Béatrice de Portugal, fille du roi Manuel 1er de Portugal et de Marie d’Aragon.

Béatrice de Portugal, sa mère, est la belle-sœur de l’empereur Charles-Quint, marié avec l’infante Isabelle de Portugal : il jouera un rôle primordial dans la carrière de son neveu par alliance, Emmanuel-Philibert de Savoie.

Le jeune Emmanuel-Philibert a pour éducateurs, Claude-Louis Alardet, chanoine de Genève*, et ensuite évêque de Lausanne* ; et Jean-Baptiste Provana de Leyni, évêque de Nice*. Son gouverneur est Aimon de Genève, baron de Lullin*, considéré comme un excellent éducateur.


Lorsque les armées du roi de France François 1er, alliées aux forces genevoises, envahissent en 1536 les États de Savoie au détriment de l’infortuné duc Charles de Savoie, ce dernier est contraint d’abandonner la plus grande partie de ses états en ratifiant la Paix de Nice en 1538*, au profit du royaume de France. Il s’exile avec sa famille, dans le comté de Nice* et à Verceil en Piémont*.

Les deux frères aînés d’Emmanuel-Philibert, successeurs au trône de Savoie, sont morts prématurément, il était fiancé depuis 1527 à Marguerite de France, fille du roi François 1er.

Emmanuel-Philibert de Savoie, alors qu’il était destiné par son père à l’état ecclésiastique, devient en 1536, à l’âge de 8 ans, le dernier successeur de la dynastie de Savoie.


En 1553, Emmanuel-Philibert succède à son père, décédé à Verceil le 17 août 1553 : il porte désormais le titre de duc de Savoie. Son objectif est de travailler de toutes ses forces à se faire restituer les domaines dont sa Maison a été dépouillée.

Il a servi son oncle, Charles Quint, dans la guerre contre les confédérés de Smalkalde en 1547*. Il s’est déjà illustré au siège de Metz en 1552* à la tête de la cavalerie flamande et il reçoit, l’année suivante, le commandement en chef des troupes impériales dans les Pays-Bas*, par décret du 27 juin 1553.

La 19 juillet 1553, Emmanuel-Philibert de Savoie, à la tête des troupes impériales, s’empare de la place-forte de Hesdin* : Il tente de négocier avec le roi de France Henri II un traité de paix qui ne peut aboutir, faute d’une entente au sujet de la restitution, par les Français, des États de Savoie, à leur légitime souverain.


Sous le règne de son cousin, le roi Philippe II d’Espagne, qui vient de succéder en 1555 à son père, Charles-Quint, lors de son abdication, Emmanuel-Philibert de Savoie est nommé gouverneur des Pays-Bas espagnols.

Il remporte une victoire éclatante à la bataille de Saint-Quentin* en 1557, comme commandant en chef des troupes impériales, contre les troupes du roi Henri II, commandées par le connétable de Montmorency et le maréchal de Saint-André qui sont faits prisonniers.

En vertu des Traités du Cateau-Cambrésis de 1559, Emmanuel-Philibert de Savoie recouvre le duché de Savoie et le Piémont, à l’exception de quelques places fortes occupées par des garnisons françaises qui seront libérées ultérieurement : il s’agit de Turin*, Chieri*, Pignerol*, Chivasso* et Villeneuve d’Asti*. C’est le comte de Challant qui fut chargé de recouvrer les domaines des Ètats de Savoie au nom de son souverain. Mais les Français qui occupaient la Savoie et le Piémont depuis 23 ans, eurent le regret à les abandonner. On cite le cas du maréchal de Bourdillon qui n’évacua les places de sûreté qu’à la troisième sommation, exigeant l’ordre écrit du roi Henri II, enregistré au Parlement de Chambéry.


Le duc Emmanuel-Philibert de Savoie, est conseillé au début de son règne par l’ancien chancelier de France, Michel de L’Hospital, membre de la cour de la duchesse Marguerite de Savoie, nommé provisoirement chancelier de Savoie. Le duc résigne ses fonctions de gouverneur des Pays-Bas espagnols et de commandant en chef des armées impériales que lui avait confiées son cousin Philippe II d’Espagne, pour faire face à ses responsabilités de souverain des États de Savoie.

Avec l’aide de son conseiller, André Provana de Leyni, une des figures les plus importantes de la Restauration des États de Savoie au16ème siècle, il procède à des réformes, en commençant par organiser la justice, en confiant au Souverain Sénat de Savoie institué à Chambéry sous l’autorité de Louis Milliet, la mission de remplacer l’ancien Parlement français, par l’Édit du 11 février 1560. Il met en place à Chambéry, une nouvelle Chambre des comptes de Savoie qu’il érige en cour souveraine par l’Édit du 6 octobre 1560. Il fait appel au sentiment national en réclamant le concours de tous les personnages qualifiés de ses États et en interdisant leur agrégation à des États étrangers. Il établit les règles de fonctionnement des établissements d’éducation et d’études supérieures, sous la responsabilité d’Emmanuel-Philibert de Pingon. Il dégage le peuple de sa servitude en abrogeant les vieilles coutumes médiévales. Il confie au peuple, notamment, la défense du pays en réorganisant l’armée nationale recrutée dans le peuple et en supprimant l’état de mercenaire par l’Édit de Verceil du 28 janvier 1561. Sous l’influence bienveillante de son épouse, la duchesse Marguerite de Savoie, il négocie la libre pratique de la religion réformée, avec les ministres vaudois du culte protestant, en ratifiant le traité de Cavour* du 5 juin 1561.


Le 22 septembre 1561, il signe l’édit de Rivoli* par lequel il remplace l’usage du latin dans les documents officiels par le français dans les domaines à l’ouest des Alpes* (Savoie) et dans la Vallée d’Aoste et par l’italien dans les domaines à l’est* (Piémont) et au sud* (comté de Nice) des Alpes.

En 1562, la capitale du duché de Savoie, Chambéry, devenue une place souvent menacée par la France voisine, est transférée à Turin. Le 7 février 1563, le couple ducal fait officiellement son entrée dans la capitale du Piémont.

En 1563, il récupère la totalité de ses États à la suite du traité de Blois*.

Emmanuel-Philibert séjourne fréquemment à Nice et y fait battre monnaie. L’Hôtel de la Monnaie de Nice est actif tout au long de son règne. Certaines des monnaies frappées à Nice affichent son titre de comte de Nice* (Comes Nicie), ce qui est exceptionnel sur les monnaies ducales.

Après des tentatives infructueuses de conversion des fidèles de l’Église évangélique vaudoise, il se décide à leur laisser le libre exercice de leur culte.

En 1572, il rétablit l’ordre de Saint-Maurice*, et le réunit à l’ordre de Saint-Lazare*.

Il obtient du roi Henri III de France en 1574 les restitutions de Pignerol* et de Savillan*, en 1575, des Espagnols, celles de Santhià* et d’Asti*. Il acquiert en 1576 la principauté d’Oneille*.

Il est le fondateur de l’université de Mondovi*.

À la mort de son oncle, le cardinal-roi Henri 1er de Portugal, le 30 janvier 1580, il est l’un des prétendants au trône du Portugal, avec ses cousins : Philippe II d’Espagne fils de l’Infante Isabelle, Rannucio de Parme fils de l’Infante Maria de Guimarães et l’Infante Catherine de Guimarães duchesse de Bragance par mariage. Mais c’est finalement Antoine 1er, fils naturel de l’Infant Louis 5ème duc de Beja, qui obtient la succession, avant d’être rapidement défait par les troupes du roi d’Espagne Philippe II qui ceint alors la couronne du Portugal.

Le duc Emmanuel-Philibert de Savoie meurt à Turin le 30 août 1580. Il est inhumé dans l’église Métropolitaine de Saint-Jean de Turin*.

P.-S.

Brondy, Bernard Demotz et Jean-Pierre Leguay, Histoire de Savoie : La Savoie de l’an mil à la Réforme, XIe - début XVIe siècle, Rennes, Ouest France Université, 1984, 626 p. (ISBN 2-85882-536-X).