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Charles de La Porte duc de La Meilleraye

vendredi 3 juin 2022, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 11 novembre 2012).

Charles de La Porte duc de La Meilleraye (1602-1664)

Maréchal de France-Duc de La Meilleraye-duc de Rethel et Pair de France-Baron de Parthenay et de Saint-Maixent-Comte de Secondigny-Seigneur du Boisliet, de La Lunardière et de La Jobelinière, de Villeneuve.

Charles de La Porte duc de La Meilleraye Maréchal de France-Duc de La Meilleraye-duc de Rethel et Pair de France-Baron de Parthenay et de Saint-Maixent-Comte de Secondigny-Seigneur du Boisliet, de La Lunardière et de La Jobelinière, de Villeneuve.

Il épouse en 1630 Marie Coiffié de Ruzé et d’Effiat, fille de Antoine Coëffier de Ruzé d’Effiat qui mourut très jeune, le 22 avril 1633.

Originaire du Poitou [1], il devint lieutenant général de Bretagne en 1632 ; gouverneur de Nantes [2] dont il laisse s’échapper le cardinal de Retz, il est régulièrement présent sur les champs de bataille. Il est nommé Grand maître de l’artillerie de France [3] en 1632, et avait la réputation d’être le meilleur général pour les sièges.

Lieutenant général des armées du roi [4] en 1635 ; en 1636, pour rendre la citadelle du Port-Louis [5] inexpugnable, le cardinal de Richelieu le dépêcha à Port-Louis.

Veuf, il épouse Marie de Cossé, fille de François de Cossé-Brissac [6], en 1637. Il est fait maréchal de France [7] par Louis XIII, qui lui donna le bâton de maréchal sur la brèche de la ville de Hesdin [8] le 29 juin 1639.

Nommé surintendant des Finances [9] en 1648, il reste un des fidèles de la royauté durant les troubles de la Fronde. En 1653, il légitima le fils qu’il avait eu de Catherine Fleury, Charles de Montgogué.

En 1663, un an avant sa mort, Louis XIV érige en duché-pairie ses terres de Parthenay [10] et de Gâtine [11], sous le nom de duché de La Meilleraye.

Le duc de La Meilleraye ne manquait ni d’habileté, ni de finesse politique. Avant même l’instauration de la Compagnie des Indes [12], il conçut l’audacieux projet de coloniser Madagascar [13], alors appelée l’Île Dauphine, et fonda sa propre compagnie de commerce maritime.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de Les La Meilleraye Sous la direction de Maria Cavaillès, Arnaud Clairand, Raphaël Supiot, Albéric Verdon, Les La Meilleraye, destin d’une famille aux 17ème et 18ème siècles, Archives municipales et Musée municipal, Parthenay, 2014, (ISBN 978-2-9540203-2-7)

Notes

[1] Le Poitou était une province française, comprenant les actuels départements de la Vendée (Bas-Poitou), Deux-Sèvres et de la Vienne (Haut-Poitou) ainsi que le nord de la Charente et une partie de l’ouest de la Haute-Vienne, dont la capitale était Poitiers. Il a donné son nom au Marais poitevin, marais situé dans l’ancien golfe des Pictons, sur la côte occidentale de la France, deuxième plus grande zone humide de France en superficie après la Camargue ; le marais s’étend de l’Atlantique aux portes de Niort et du sud de la Vendée au nord de La Rochelle.

[2] Nantes est une commune de l’ouest de la France, située au sud du Massif armoricain, qui s’étend sur les rives de la Loire, à 50 km de l’océan Atlantique. Chef-lieu du département de la Loire-Atlantique. Pendant les guerres de religion, Nantes est une ville ligueuse qui soutient le gouverneur, le duc de Mercœur, dans sa lutte contre les protestants (présents à Blain, et dans d’autres villes plus petites). Elle est une des dernières grandes villes à reconnaître l’autorité d’Henri IV. La promulgation de l’édit de Nantes en 1598 ne correspond pas à l’opinion des habitants. En 1685, deux événements sont à retenir. Par l’édit de Fontainebleau signé par Louis XIV, l’édit de Nantes est révoqué, tandis que le Code noir est promulgué par ce même roi. Grâce à cette dernière loi, le port de Nantes prospère en devenant une plaque tournante du commerce de sucre, tabac, et des esclaves, avec les colonies

[3] Le grand maître de l’artillerie était l’un des grands officiers de la couronne de France pendant l’Ancien Régime. La charge de grand maître de l’artillerie apparaît au début de l’époque moderne en remplacement de celle de grand maître des arbalétriers. Elle est érigée en grand office de la couronne en 1601 par Henri IV en faveur de Sully. Le grand maître avait juridiction, au début du 17ème siècle, sur tous les officiers de l’artillerie des armées, ainsi que la charge de conduire les travaux des sièges et des campements, la fabrication de la poudre et des canons et la gestion des arsenaux. Dès la fin du siècle, il n’exerce plus qu’un pouvoir symbolique, ses compétences étant passées à des officiers spécialisées, le surintendant des fortifications notamment. La charge de grand maître de l’artillerie est supprimée en 1755.

[4] En France, sous l’Ancien Régime, l’appellation de lieutenant général des armées du roi, lieutenant général des armées navales pour la Marine, est un grade militaire particulier détenu par un officier général, qui le place entre le grade des maréchaux des camps et chefs d’escadre et la charge tenue par les colonels généraux, ceux-ci n’étant pour leur part surpassés que par les titulaires de la dignité de maréchal de France ou d’amiral de France qui sont des grands officiers de la Couronne titulaires d’une dignité à la fois honorifique et lucrative. En termes de statut et de mission, le grade de lieutenant général des armées constitue aussi dans les faits une charge militaire. On note qu’un lieutenant général porte ce grade et est désigné comme tel dans l’armée, mais que dans la marine, il conserve celui d’amiral. Le grade de lieutenant général des armées ou de lieutenant général des armées navales pour la Marine, était le grade le plus élevé de la hiérarchie militaire d’Ancien Régime, inaccessible à un roturier. Le grade de lieutenant général était l’équivalent du grade actuel de général de division et celui de lieutenant général des armées navales correspondait à celui de vice-amiral de notre époque. Comme c’est aussi le cas dans l’armée d’aujourd’hui pour les officiers généraux de haut rang, il y avait un certain nombre de lieutenants généraux des armées du roi, simultanément au sein de l’armée royale. À partir de 1775, les lieutenants généraux reçoivent des épaulettes à trois étoiles. En 1791, le grade de lieutenant général des armées fut renommé « général de division » pour les troupes terrestres et « vice-amiral » pour la marine. En 1814, le grade de général de division reprit le nom de « lieutenant général des armées », avant de reprendre définitivement l’intitulé de général en 1848.

[5] Port-Louis est une commune française, située dans le département de la Guadeloupe, au nord-ouest de la Grande-Terre.

[6] La Maison de Cossé-Brissac (Maison de Cossé possédant le titre de duc de Brissac) est une famille subsistante de la noblesse française. Elle compte quatre maréchaux de France, des généraux, pairs de France, six chevaliers du Saint-Esprit, deux gouverneurs de Paris, des grands panetiers de France, des grands fauconniers de France, trois évêques, ainsi qu’un homme politique sous la cinquième République française.

[7] Depuis la création du titre, en 1185, il y a eu 342 maréchaux de France. L’office de maréchal n’est devenu militaire que depuis le début du 13ème siècle. À son origine, le maréchal de France n’a qu’un rôle d’intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du 13ème siècle, tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, en 1185. Après l’abolition de l’office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l’armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu’il confie au plus prestigieux de ses maréchaux. Outre leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l’ordre dans les campagnes, par l’intermédiaire des prévôts des maréchaux, d’où l’appellation de « maréchaussée » donnée à l’ancêtre de la gendarmerie. Jusqu’en 1793, date de l’abolition de cette charge, il y eut 263 maréchaux de France.

[8] Hesdin est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais. En 1477, à la suite de la mort de Charles le Téméraire, Hesdin retourna à la couronne française. Le roi Louis XI confirma les privilèges de la ville, par ses lettres patentes, avant d’y arriver le 3 avril 1477. La ville médiévale se trouvait à l’emplacement de l’actuel Vieil-Hesdin, à six kilomètres. L’empereur Charles Quint la fit détruire en 1553, pour faire reconstruire Hesdin quelques années plus tard à son emplacement actuel, sur un terrain situé au centre de la paroisse de Marconne. Le château d’Hesdin appartint notamment à Mahaut d’Artois, mais il fut rasé quand la ville fut prise par Charles Quint. La ville reste sous contrôle espagnol jusqu’à sa prise par les troupes de Louis XIII, commandées par le Maréchal de la Meilleraye, en 1639

[9] Le surintendant des finances ou superintendant des finances est un officier de l’administration des finances dans la France d’Ancien Régime, chargé d’ordonner les dépenses de l’État.

[10] Les seigneurs de Parthenay se surnomment Parthenay l’Archevêque à partir de 1140, en souvenir de Joscelin II de Parthenay, archevêque de Bordeaux au 11ème siècle.

[11] Les termes gâtine ou gastine (avec l’ancienne graphie) sont à l’origine des noms des anciennes provinces françaises du Gâtinois et du Gâtinais. Il désigne au sens le plus ancien un « terrain inculte, inhabité », mais aussi « le pillage, la ruine ».

[12] La Compagnie des Indes orientales – plus précisément Compagnie française pour le commerce des Indes orientales – est une entreprise coloniale française crée par Colbert en 1664 dont l’objet était de « naviguer et négocier depuis le cap de Bonne-Espérance presque dans toutes les Indes et mers orientales », avec monopole du commerce lointain pour cinquante ans. Plus que sa rivale anglaise, elle forme une véritable puissance dans l’océan indien entre 1720 et 17401, puis devient centrale dans les grandes spéculations boursières sous Louis XVI. Sa création avait pour but de donner à la France un outil de commerce international avec l’Asie et de concurrencer les puissantes Compagnies européennes fondées au 17ème siècle, comme la Compagnie anglaise des Indes orientales et surtout la Compagnie hollandaise des Indes orientales. Cependant, la guerre d’usure avec les Hollandais puis le choc frontal avec les Anglais en Inde conduira à sa perte, après seulement un siècle d’existence.

[13] C’est la cinquième plus grande île du monde après l’Australie, le Groenland, la Nouvelle-Guinée et Bornéo. Longue de 1 580 km et large de 580 km, Madagascar couvre une superficie de 587 000 km². Sa capitale est Antananarivo.