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La France au 13ème siècle

lundi 29 octobre 2012, par ljallamion

La France au 13ème siècle

le vieux Chartres. Photo Lucien Jallamion 1995

Lorsque Philippe II monte sur le trône en 1180, des forces nouvelles sont en place, dont il saura diriger l’élan pour consolider définitivement la royauté française. Par une succession d’alliances matrimoniales éminemment politiques, la monarchie a réalisé une synthèse entre les 3 dynasties : mérovingienne, carolingienne et capétienne. Les racines de la maison capétienne plongent solidement dans un passé fabuleux. La gloire de Charlemagne et de Roland, toujours chantée par les trouvères*dans les manoirs ou sur les places de village, rejaillit sur la maison royale. L’éclatante victoire de Bouvines le 27 juillet 1214 sur la coalition anglo-allemande, suivie par quelques grands feudataires du royaume, a suscité une immense liesse populaire. Auréolé de gloire, Philippe prend alors le titre d’“ Augustus”. Il est considéré comme le sauveur du pays contre l’ennemi anglais. Les conquêtes réalisées sur l’empire “angevin” des Plantagenêts semblent définitivement acquises. En moins de 30 années, la monarchie a atteint les rivages de la Manche, de l’Atlantique et de la Méditerranée. Le domaine royal a quadruplé, avec en son centre l’Île-de-France, la région des plus grasses terres du royaume. Plus qu’aucun de ses grands vassaux, désormais le roi est riche et puissant. A l’extérieur de ce que l’on commence à appeler la France, la puissance capétienne en Occident est respectée et son prestige reconnu. A l’intérieur du royaume le souverain détient l’autorité suprême. Le pape Innocent III déclare : “ De notoriété publique le roi de France ne reconnaît au temporel aucune autorité supérieure à la sienne ”. Extension du territoire et unification du pays sont les tâches majeures accomplies par Philippe Auguste. Les grands barons, dont nombre se livraient au pillage ou fomentaient des guerres civiles, sont enfin soumis. Le roi, que la cérémonie du sacre place au-dessus de tous, ne doit l’hommage à personne, mais ses sujets sont obligés de respecter les rites et les obligations de la vassalité. De bas en haut de l’échelle sociale les hommes vivent sous le régime de la féodalité. Seigneurs, hommes libres ou serfs sont assujettis à des lois de subordination créant des droits et des devoirs entre eux. Une stricte hiérarchie existe également entre seigneurs eux-mêmes, ducs, marquis, comtes, châtelains. Par le contrat vassalique, suzerain et vassal s’engagent par “l’hommage” et le “serment de fidélité”. Le vassal doit à son seigneur “aide” et “conseil”. L’aide, ou “ost”, c’est avant tout le service militaire.

Qu’il appartienne à la haute aristocratie ou à un lignage de moindre importance, le chevalier doit être suffisamment riche pour acquérir un équipement très coûteux heaume, haubert, lance, épée, baudrier et un cheval de combat. Car le chevalier est avant tout un homme de guerre. Dès l’enfance il apprend à manier des armes et à supporter le port de l’armure. Très tôt la chevalerie prend un caractère sacré que lui confère le rite de l’adoubement, au cours duquel un jeune écuyer est intronisé chevalier. En même temps qu’il jure de sa foi chrétienne, de défendre l’Église, de protéger son seigneur et les pauvres, il reçoit ses armes et des éperons bénis par un prêtre. Faire partie de la chevalerie c’est partager un même idéal (valeur militaire) et respecter un même code moral (loyauté au combat, mépris du profit, idéalisation de l’amour humain). A la suite des différentes croisades, les chevaliers, engagés dans la lutte contre les Infidèles, sont devenu de redoutables “Soldats du Christ”, ce qui conduira à la création d’ordres religieux militaires comme les Templiers.

Constituée à l’origine par des éléments issus de la noblesse, la chevalerie a progressivement ouvert ses rangs à des gentilshommes de plus modeste naissance, petits hobereaux ou seigneurs de village. Une nouvelle classe est née de paysans qui se sont considérablement enrichis, ont acquis des terres, puis, pour les plus entreprenants, une châtellenie. Quelques uns ont ainsi pu accéder à la chevalerie. Les exemples sont encore très rares d’une spectaculaire promotion sociale en ce début du 13ème siècle. Mais une prospérité générale et un formidable dynamisme dans tous les domaines marquent le règne de Philippe Auguste et la fin du siècle. Tout d’abord l’expansion démographique fait un bond et se poursuit sans désemparer. Cette montée de la population est un facteur essentiel de la croissance économique. Entre population et ressources du sol, l’équilibre est atteint. On pioche, on laboure, on sème, on multiplie les rendements. On arrache à une nature hostile des terres nourricières au détriment des forêts, des landes, des marécages. Nourrir une population en progression et exploiter ce nouvel espace agricole nécessitent des améliorations décisives. L’outillage se perfectionne. Apparition de la charrue à soc métallique, les bêtes de trait se généralisent, le cheval supplante le bœuf, les labours s’organisent (assolement triennal), des cultures plus lucratives que les céréales s’étendent, vigne, lin, chanvre et plantes tinctoriales*, les moulins hydrauliques et les fours à pain couvrent les campagnes. Dans le même temps les rapports entre seigneurs et paysans se modifient. Le système des corvées, ou “tailles”, dues au maître est progressivement remplacé par le salariat et des manœuvres agricoles se louent de domaine en domaine. A force de lutte et à renfort de deniers, l’émancipation paysanne se réalise par l’institution de “franchises” passées entre seigneur et paysans et dont les chartes fixent et limitent les exigences seigneuriales. Sur les tenures ou concessions de terre louées aux maîtres, les hommes libres peuvent disposer du fruit de leur travail et s’enrichir ; les serfs s’affranchissent plus progressivement. Le “vilain” (de “villa”, qui désigne le domaine rural), bénéficie en premier des surplus de l’agriculture.

La famille paysanne qui s’accroît mange désormais régulièrement à sa faim et un sensible mieux-être se manifeste dans les conditions d’existence. Dans la maison où le récent usage du verre à vitre apporte de la clarté, on prend le temps de s’asseoir et d’échanger entre voisins des nouvelles autour du tout nouveau foyer de la cheminée ; foyer où règne la femme et dont le rôle au sein de la communauté familiale et rurale s’est fortement affirmé.

Les plus riches demeures paysannes s’équipent en meubles, encore grossièrement façonnés mais plus nombreux, en toutes sortes d’ustensiles de cuisine ; dans les coffres de bois sont enfermés des vêtements taillés dans un drap plus fin et rendus plus pratiques depuis l’invention du bouton ; on montre avec fierté l’acquisition d’un miroir de verre et non plus de métal poli. La paysannerie se regroupe en paroisses rurales, encadrées par le clergé et sous l’autorité d’un maire, où jouent pleinement la solidarité et le travail collectif. Mais souvent le prix de la liberté à payer au seigneur (le “cens”, redevance foncière) était trop cher, comme étaient lourds les impôts dus au clergé (la dîme). Aussi de nombreux paysans ruinés vont rejoindre les bandes de mendiants aux portes des villes, ou verser dans le brigandage sur le chemin des forêts. L’espace forestier, malgré les progrès du défrichement, occupe la majeure partie du royaume. Les grandes voies qui le traversent ne suffisent plus aux échanges commerciaux qui se sont beaucoup développés. Parallèlement, un réseau nouveau de routes se constitue, qui relie villages, châteaux, bourgs, abbayes, ports et grandes cités. Ponts, digues et embarcadères sur les rivières sont partout construits et facilitent encore le trafic.

Des chariots aux roues renforcées par des lames métalliques et tirés par des chevaux ferrés assurent mieux l’acheminement des marchandises. La sécurité des caravanes marchandes qui sillonnent le territoire est assurée par les marchands eux-mêmes, regroupés en “gildes*” ou “frairies” et armés contre d’éventuels concurrents pillards ou seigneurs avides. Les foires sont les lieux privilégiés des rencontres marchandes et les centres de commerce entre le monde nordique et le monde méditerranéen. D’une durée de une à 6 semaines, les foires se tiennent à proximité immédiate de la ville et se succèdent tout au long de l’année. Champagne et Brie sont les 2 pôles de l’activité la plus intense. De tout le royaume, et de l’étranger, on vient commercer à Provins, Troyes, Bar-sur-Aube ou Lagny-sur-Marne où l’on trouve quantité de marchandises : laines, draps de luxe, ustensiles en métal, épices, cuir travaillé, soieries, fourrures, produits tinctoriaux. L’essor de la circulation et des échanges a déterminé la montée spectaculaire des villes. A aucune autre époque les créations urbaines n’ont été aussi nombreuses qu’alors.

Ces “ville neuves” ou “ville franches”, qui se sont gonflées du trop plein des campagnes surpeuplées, sont les centres nerveux de la vie régionale. Des bourgades ont grandi et peuvent abriter quelques milliers d’habitants. Au cœur des cités, des maisons à étages se disputent la moindre parcelle d’espace vide. Au-delà des enceintes, des faubourgs grossissent démesurément. Les “gens du bourg”, d’où vient leur nom de bourgeois, exercent presque tous un “métier” : Ce mot est du temps et désigne une activité économique spécialisée, distincte du labeur commun, celui de la terre. Les gens d’un même métier se regroupent en corporations qui réglementent leur professions et dont le pouvoir va s’étendre fortement au Moyen Âge. Les villes abritent autour de leurs marchands une très grande diversité d’entreprises artisanales. Les industries du vêtement, du cuir, des métaux ou du bois ont chacune leurs nombreux spécialistes.

Petites manufactures, ateliers groupés dans une même rue, échoppes et comptoirs marchands occupent une grande partie de la cité. Si la plupart de ces activités sont encore pauvres en moyens et en capitaux, ce n’est pas le cas de la draperie. Activité de pointe du monde occidental, la “grande draperie” va s’implanter dans les villes de Rouen, Amiens, Beauvais, Châlons-sur-Marne et Reims. Elle va également susciter une quantité d’emplois : fileurs, peigneurs, tisserands, foulons, tendeurs et teinturiers, tous dépendants du marchand drapier qui fournit la matière première et fixe le prix du travail. Riche de ses nombreuses activités, forte d’un négoce et d’un artisanat florissants, la ville va s’émanciper à son tour. Cette liberté, arrachée à prix d’argent à la tutelle des seigneurs locaux par les bourgeois, trouve son expression dans le mouvement “communal”. La commune résulte d’une association jurée entre les habitants d’une ville pour la défense de leurs intérêts collectifs, le droit de s’administrer elle-même et de rendre justice. Plus ou moins suivie selon les régions, l’émancipation urbaine se développe cependant rapidement. De nombreuses villes moyennes et grandes ont acquis le statut de commune. A l’exception de Paris.

A Paris, comme dans tout le royaume, Philippe Auguste est maître. Paris est la ville où il est né, dont il a fait sa capitale. Le roi y séjourne désormais quand il ne chasse pas sur les terres de son domaine d’Île-de-France. Plus qu’aucune autre, la ville subit le dynamisme général, se transforme et s’embellit. L’expansion est désordonnée, le roi l’organise. Une nouvelle muraille entoure le quartier marchand et cerne celui des écoles. La grosse tour du Louvre est édifiée pour défendre le passage de la Seine.

Les rues principales sont pavées, les nouvelles halles fortifiées. Gonflés par l’afflux de nouvelles populations, les faubourgs hier disséminés ne forment plus qu’un bloc. Combien sont-ils ces Parisiens ? Sans doute plus de 50 000, et Paris est sans conteste la ville la plus vaste et la plus peuplée d’Occident. Autour de la toute neuve cathédrale Notre-dame achevée en 1230, et de chaque coté de la Seine, apparaissent paroisses et églises. L’île de la Cité abrite le palais du roi, dont les bâtiments et les écuries prennent place parmi les jardins et les vergers. Dans le palais sans cesse agrandi s’installent à demeure les nouveaux services de la royauté, les clercs et les officiers du roi. Ce centre du pouvoir, enfin fixe, facilite les tâches du gouvernement et de l’administration. Dans ses méthodes et son esprit, l’administration royale s’est totalement transformée. Elle s’est rendue singulièrement efficace par l’institution des “baillis”. Ces baillis ou sénéchaux sont des agents gagés par le roi, fréquemment mutés et révocables. Ils sont issus de la noblesse, mais doivent leur fortune au roi qui les emploie, et dont ils deviennent naturellement les plus ardents défenseurs. Les baillis ont pour mission d’administrer les provinces, de surveiller les vassaux, le clergé et les communes, de faire exécuter les décrets royaux. Ils président aux tribunaux, sont chefs de police, et surtout gestionnaires des finances royales dont ils rendent compte devant la cour plusieurs fois l’an. Pour remplir leurs multiples fonctions ils ont acquis des rudiments de comptabilité et des connaissances juridiques. Ils sont secondés par un personnel spécialisé et par des clercs, tous conscients de leur valeur et séduits par le pouvoir qu’ils servent. Et tous apportent au roi une arme redoutable : l’écrit. Les actes émanant de l’Administration se comptent maintenant par milliers et constituent de précieuses archives, enfermées au Temple comme l’est également le trésor royal. La capitale agit comme un aimant sur les grands vassaux qui construisent des hôtels pour y séjourner et profiter des agréments de la ville. La présence de la cour, le passage des barons et des évêques stimulent l’artisanat de luxe et intensifient le commerce. Le système monétaire s’est stabilisé et adapté aux réalités commerciales nouvelles. La forte monnaie royale, “parisis” ou “tournois”, se substitue aux “deniers” locaux frappés dans des dizaines d’ateliers seigneuriaux. Sur le Grand Pont, l’activité est intense autour des boutiques de changeurs qui s’y sont installées. Paris est devenu le plus grand centre artisanal du royaume : une centaine d’associations professionnelles réunit près de 5 000 maîtres artisans.

L’aménagement des berges de la Seine et les nombreux débarcadères développent encore les liaisons avec les grandes foires marchandes de Champagne. Bien que très puissant, le prévôt des marchands est contrôlé par le prévôt royal qui gère la ville au nom du roi. Philippe Auguste a cependant associé des riches bourgeois à la gestion de Paris et même appelé certains à faire partie de son Conseil de régence, à l’égal des barons. Capitale royale, centre politique et foyer économique, Paris est aussi le carrefour de la culture. Ses activités intellectuelles y ont une place essentielle. Paris a ses cercles poétiques, ses écoles, son milieu cultivé, ses tournois philosophiques. L’enseignement se dispense partout, dans des locaux loués par des maîtres (fondations religieuses, cloîtres, églises) mais aussi dans les rues et sur les places. Animés par la passion de la connaissance, les étudiants viennent de l’Europe entière. Issus de toutes origines sociales, Scandinaves, Anglais, Italiens, Espagnols, Allemands se mêlent aux Français venus de toutes les régions du royaume. Les plus pauvres s’engagent comme serviteurs ou répétiteurs pour gagner quelques deniers dans leurs moments de liberté. Les plus fortunés trouvent à se loger dans le quartier de la Montagne Sainte-Geneviève où s’est déplacé le foyer d’études et où se multiplient les logeurs, les fabricants de livres et d’encre. Maîtres et étudiants combattent ensemble pour établir leurs statuts : définir les disciplines d’études et défendre leurs intérêts. Ils se sont regroupés en une association semblable aux corporations professionnelles des villes et ont formé une “conjuration” qu’on appelle dès 1208 l’Université. Dans les bagarres, le sang et les grèves prolongées, l’Université a enfin pu naître, gagner sa reconnaissance officielle et son autonomie. Elle s’ordonne autour de quatre facultés : Théologie, Droit, Médecine, Arts (enseignement de la rhétorique, la dialectique, la littérature et avant tout la philosophie). Bientôt l’Université va introduire l’étude révolutionnaire de la logique formelle d’Aristote, de ce qu’on tient alors pour “science” et qui va provoquer une autre façon de vivre et de comprendre le monde. Grâce au prestige de ses maîtres, Paris est considérée comme le “grand atelier d’Occident” d’où rayonne la culture.

Comme la culture est de Paris, l’art en architecture est de l’Île-de-France. Après avoir assimilé les découvertes artistiques des pays du sud, L’Île-de-France voit l’éclosion d’un style nouveau : le gothique. L’innovation de l’arc-boutant permet d’ériger des églises et des cathédrales aux voûtes vertigineuses. La nef de Notre-dame peut ainsi s’élever d’un élan inouï, jusqu’à 32 mètres. De “l’obscurité” romane, l’édifice religieux passe à la “lumière” gothique. Les architectes s’attachent à percer de fenêtres les façades des églises ou des abbatiales pour laisser couler la lumière qui est le lien parfait entre l’homme et Dieu,“pour éclairer les esprits et les mener par les vraies lumières à la lumière véritable du Christ”. L’abbatiale de Saint-Denis est le modèle de cet art gothique nouveau et de toute la lignée des cathédrales qui sortent de terre, comme Noyon, Senlis, Laon, Chartres. Pour les faire “resplendir d’une merveilleuse lumière ininterrompue” les maîtres verriers font des prodiges. Pour orner l’intérieur de ces murs, peintres et sculpteurs travaillent à un nouveau thème : la nativité. Pour y louer le Seigneur, la musique polyphonique emplit tout l’espace architectural d’une étonnante floraison. Comme se propage partout dans le royaume l’art gothique, se diffuse une nouvelle littérature à la cour du roi et à celle de fastueux et lettrés seigneurs de province. Les “chansons de geste”, ces longs poèmes épiques célébrant les exploits de héros associés à l’histoire de la France royale, sont peu à peu remplacées par un nouveau genre : le roman “courtois”. A la Chanson de Roland se substitue le Roman de la Rose de Guillaume de Lorris ou le Lancelot ou le Perceval de Chrétien de Troyes. Les troubadours y exaltent les valeurs de la “courtoisie” : le culte de la femme, la fidélité dans les relations amoureuses, un art nouveau de savoir-vivre, une forme d’élégance morale et l’idéal de la chevalerie qui reflète au plus haut degré la société féodale du 13ème siècle.

Sous le règne de Louis IX, le commerce international devient de plus en plus important. Pour pallier la faiblesse du denier, Louis fait alors frapper deux pièces de forte valeur : le sou tournois, en argent, équivalent de 12 deniers, et l’écu, en or, qui vaut 10 sous tournois. La première pièce, surnommée gros tournois en raison de sa taille, est la première matérialisation du sou dans l’histoire monétaire française. On nomme la deuxième pièce écu en raison de l’écu de France qui figure au droit. Pour contrer les nombreuses crises monétaires que subit son royaume, Philippe le Bel crée le double tournois, dont la valeur en argent ne représente qu’une fois et demie celle du denier. Pour la première fois, l’ inscription de sa valeur apparaît sur une pièce.

Autour du roi apparaît le germe d’un sentiment “national”. Sentiment qui n’est sans doute pas étranger à la rigoureuse administration du royaume entreprise par Philippe Auguste. L’essor véritable du mouvement urbain et communal, la création des baillis (agents salariés au service de l’Etat dans tout le royaume), l’effort pour accroître le rendement des terres et développer les voies de communication, la construction d’un réseau serré de places fortes par la pratique du pariage, la mise en chantier de nombreuses cathédrales, le conseil du roi ouvert aux clercs et à des laïcs de modeste naissance, toutes ces avancées sont dues au règne de Philippe Auguste. C’est aussi en 1276 qu’est Fondé par Raymond Lulle, un collège pour apprendre l’arabe aux missionnaires