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Guilhem VIII de Montpellier

samedi 28 mai 2022, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 13 mars 2012).

Guilhem VIII de Montpellier (1157-1202)

Seigneur de Montpellier

Sceau de 1190 qui représente Guilhem VIII jouant de la harpeFils de Guilhem VII et de Mathilde de Bourgogne. En 1174, il épouse la princesse byzantine Eudoxie Comnène, nièce de l’Empereur d’Orient et la répudie plus tard pour Agnès de Castille , avec qui il vit en union illégitime.

C’est en 1181 qu’il édicte une loi qui va infléchir le destin de Montpellier [1]. Il y proclame la liberté d’enseigner la médecine, quelles que soient son origine et sa foi. Cette mesure va formidablement accélérer l’essor de la cité.

Montpellier est déjà un creuset de migrations, fuyant l’Espagne des Almohades [2], de nombreux médecins juifs s’y réfugient depuis 1148, y rencontrant d’autres maîtres versés dans les médecines salernitaines [3] et maure [4]. Dès lors, les écoles médicales de la ville vont rayonner sur l’ensemble du monde connu. Héritière du célèbre édit, l’École de Médecine de Montpellier est à ce jour la plus ancienne en exercice dans le monde occidental.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de André Gouron, « Gestion et revenus seigneuriaux de Montpellier au temps du testament de Guilhem VIII (1202) », Annales du Midi, tome 102, no 189-190, 1990

Notes

[1] La Seigneurie de Montpellier était une juridiction médiévale centrée sur la ville de Montpellier (France) et de ses environs. La Seigneurie de Montpellier voit le jour le 26 novembre 985, lorsque le comte Bernard II de Melgueil (Mauguio) octroie au chevalier Guilhèm en échange de son dévouement, l’ancien territoire situé entre l’antique voie domitienne, le Lez et La Mosson. Ses héritiers construiront sur leur nouveau fief un véritable bourg fortifié, doté d’un château et d’une chapelle qui deviendra la ville de Montpellier.

[2] Les Almohades sont un mouvement religieux fondé au début du 12ème siècle, dont est issue la dynastie éponyme d’origine berbère qui gouverne le Maghreb et al-Andalus entre le milieu du 12ème siècle et le 13ème siècle. Le mouvement religieux des Almohades est fondé vers 1120 à Tinmel par Mohammed ibn Toumert, appuyé par un groupe de tribus masmoudiennes du Haut Atlas marocain principalement des Masmoudas. Ibn Toumert prône alors une réforme morale puritaine et se soulève contre les Almoravides au pouvoir à partir de son fief de Tinmel. À la suite du décès d’Ibn Toumert vers 1130, Abd al-Mumin prend la relève, consolide sa position personnelle et instaure un pouvoir héréditaire, en s’appuyant sur les Koumyas de la région de Nedroma dans l’ouest algérien (située alors dans l’est de l’empire Almoravide) ainsi que les Hilaliens. Sous Abd al-Mumin, les Almohades renversent les Almoravides en 1147, puis conquièrent le Maghreb central hammadide, l’Ifriqiya (alors morcelée depuis la chute des Zirides) et les Taïfas. Ainsi, le Maghreb et l’al-Andalus sont entièrement sous domination almohade à partir de 1172. À la suite de la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212, les Almohades sont affaiblis et leur empire se morcelle au profit des rois des Taïfas en al-Andalus des Zianides du Maghreb Central et des Hafsides, et voit l’émergence des Mérinides au Maghreb al-Aksa qui prennent Fès en 1244. Les Almohades, qui doivent désormais payer tribut aux Mérinides et ne contrôlent plus que la région de Marrakech, sont finalement éliminés par ces derniers en 1269.

[3] L’école de médecine de Salerne, en latin Schola Medica Salernitana, situé sur la zone côtière du Mezzogiorno en Italie, est la première école de médecine fondée en Europe au Moyen Âge, vers le 9ème siècle, et l’une des plus importantes. Elle atteint son apogée au 11ème siècle et 12ème siècle. Elle s’illustre par l’étude des sources de la médecine antique, byzantine, et arabe, et par leur divulgation en Occident. Au 14ème siècle, selon le poète Pétrarque. De fait, les médecins issus de l’École de Salerne jouissent d’une excellente réputation pour le haut niveau de leurs connaissances et de leur pratique y compris les Mulieres Salernitanae (les « femmes de Salerne »)

[4] Les Maures, ou anciennement Mores, sont originellement des populations berbères peuplant le Maghreb. Ce terme a changé de signification durant plusieurs périodes de l’histoire médiévale et contemporaine. À partir des conquêtes arabo-musulmanes du 7ème siècle, l’Empire arabe omeyyade, à l’aide du général berbère Tariq Ibn Zyad, conquiert l’Espagne, sous le nom d’Al Andalus. C’est le début de l’Espagne musulmane. À partir de cette époque, le terme « maure » va devenir un synonyme de « musulman », plus particulièrement de n’importe quel musulman vivant en Andalousie, qu’il soit d’origine berbère, arabe ou ibérique. Une population qui s’installera par la suite essentiellement au Maroc après la reconquête de l’Andalousie par l’armée espagnole.