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Caius Sulpicius Peticus

mercredi 4 janvier 2023, par ljallamion

Caius Sulpicius Peticus

Censeur-Sénateur romain-Dictateur-Consul en 364 av. jc

Emblème de la République romaine.Issu de la gens patricienne [1] des Sulpicii [2]. Il a exercé plusieurs fonctions politiques et militaires de premier plan à Rome.

En 380 av. jc, il aurait été tribun militaire à pouvoir consulaire [3]. Cette indication est incertaine, car il est possible qu’il soit confondu avec Servius Sulpicius Praetextatus .

En 366 av. jc, il est censeur [4] ; une épidémie se déclenche à Rome et emporte son collègue, Sulpicius démissionne pour ne pas rester seul censeur et contrevenir à la coutume de parité des magistratures.

En 364 av. jc, il est consul avec Caius Licinius Stolon. Leur consulat est endeuillé par l’épidémie qui continue, et l’on tente d’apaiser les divinités par des lectisternes [5], puis comme l’épidémie persiste, par des hymnes accompagnés par des joueurs de flute étrusques [6], qui furent les premiers jeux scéniques organisés à Rome. Malgré cela, l’épidémie ne s’arrête pas.

En 361 av. jc, il est consul pour la seconde fois, il mène campagne contre les Herniques [7] et s’empare d’une de leurs villes, Ferentinum [8].

En 358 av. jc, il est nommé dictateur [9] pour faire face à une incursion de Gaulois, redoutés des Romains. Il est vainqueur des Boïens [10] grâce à la volonté d’en découdre de ses soldats, et par des ruses tactiques : il place en réserve les valets qui gardaient les bêtes de somme en les faisant monter sur les mulets, afin de faire croire à la présence de la cavalerie romaine et de faire paniquer les Gaulois qui se replient.

Selon Appien, il ordonne à ses soldats du premier rang de lancer tous à la fois leurs pilums, puis de s’asseoir ensemble au plus vite jusqu’à ce que ceux du deuxième, du troisième et du quatrième rang en eussent fait de même. Ainsi, une fois leurs traits partis, les soldats devaient toujours s’accroupir pour que les dards ne les atteignissent pas, et quand ceux de la dernière ligne auraient lancé le javelot à leur tour, tous devaient s’élancer à la fois, et, en poussant des cris, en venir aux mains au plus vite. Les ennemis seraient frappés de terreur par cette grêle de traits suivie d’une si prompte attaque.

En 355 av. jc, il est consul pour la 3ème fois, avec un collègue également patricien Marcus Valerius Poblicola, en contradiction avec les récentes lois licinio-sextiennes [11] qui imposent un consul plébéien [12]. Lorsque lui et son collègue organisent les élections pour les consuls suivants, l’agitation populaire est vive, les tribuns de la plèbe [13] protestent contre cette entorse légale et entraînent une partie du peuple à déserter l’élection.

En 353 av. jc, il est consul pour la 4ème fois avec M. Valerius Publicola, de nouveau en violation des lois licinio-sextiennes. Sulpicius mobilise et conduit une armée contre la cité étrusque de Tarquinies [14], en conflit depuis plusieurs années contre Rome. Il alerte le Sénat sur la participation probable de Caere [15], une autre cité étrusque, au pillage des salines romaines. Le sénat décide de confier à un dictateur la conduite de la guerre contre Caere, ce qui interrompt le consulat de Sulpicius.

En 351 av. jc, les tensions politiques pour empêcher l’élection de consul plébéien persistent. Le dictateur Caius Iulius Iullus tente de faire élire deux patriciens, en vain. Le sénat désigne Sulpicius comme interroi [16] pour succéder au dictateur.

L’interroi suivant M. Fabius organise l’élection, qui voit Sulpicius consul pour la 5ème fois. Il poursuit la guerre contre Tarquinies, et ravage son territoire jusqu’à la forcer à demander une trêve de 40 ans. L’élection d’un censeur étant nécessaire, Sulpicius et son collègue s’opposent à la candidature du plébéien Caius Marcius Rutilus, en vain car ce dernier est élu

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Henrik Mouritsen, Maggie Robb (dir.), « Digital Prosopography of the Roman Republic » [archive], King’s College London, 2018

Notes

[1] Un patricien est durant la période romaine un citoyen qui appartient, par sa naissance, à la classe supérieure ancienne et traditionnelle, et par ce rang détient diverses prérogatives politiques et religieuses. La classe des patriciens se distingue à Rome du reste de la population dite plébéienne.

[2] Les Sulpicii sont les membres d’une gens romaine patricienne. Ils occupent de hautes magistratures tout au long de la République romaine. Les principaux cognomina sont Camerinus, Galba et Saverrio.

[3] Un tribun militaire à pouvoir consulaire est un magistrat romain disposant d’un niveau d’imperium presque équivalent aux consuls qu’il remplace de façon irrégulière au début de la République romaine, entre 444 et 367 av. jc. Après cette date, le tribunat consulaire est définitivement abandonné.

[4] Le censeur est un magistrat romain. Deux censeurs sont élus tous les cinq ans parmi les anciens consuls par les comices centuriates. Le pouvoir des censeurs est absolu : aucun magistrat ne peut s’opposer à leurs décisions, seul un autre censeur qui leur succède peut les annuler. Après 18 mois de mandat, ils président une grande cérémonie de purification, le lustrum, à la suite de laquelle ils abdiquent. La censure est la seule magistrature romaine qui n’autorise pas la réélection. Les censeurs ne sont plus élus à partir de la dictature de Sylla, et leurs pouvoirs sont repris par les empereurs romains.

[5] Les lectisternes sont un rite de la religion romaine, consistant à inviter les dieux à un banquet, pour apaiser leur colère. Le rite suit le déroulement des banquets à la grecque. Les statues des dieux sont placées sur des lits de parade ; les déesses peuvent soit partager les lits de parade des dieux, soit être sur des sièges (sellisternes), comme il convient à une personne féminine qui prend part à un banquet. Ce rituel se comprend dans la logique de convivialité antique, où l’invitation au partage de nourriture crée une obligation pour l’invité, ou permet à l’hôte de s’acquitter d’une obligation antérieure vis-à-vis de son invité. Ainsi conviés, les dieux devaient en retour se montrer favorables aux humains.

[6] L’Étrurie était le territoire des Étrusques. Il correspond à l’actuelle Toscane, s’étendant durant la période de son expansion maximum, au-delà de l’Apennin tosco-émilien jusqu’à la plaine du Pô et son embouchure, à Hadria, port antique qui donna son nom à la Mer Adriatique. Au sud, le territoire étrusque s’étendait au-delà de Rome (comprise), jusqu’à Capoue.

[7] Les Herniques, sont une population italique du Latium antique. Ils forment une ligue autour de la ville d’Anagnia dans la vallée du Tolerus (aujourd’hui le Sacco), sur la rive gauche de cette rivière. Les autres principales cités herniques sont Aletrium, Verulae et Ferentinum.

[8] Ferentino est une commune italienne, située dans la province de Frosinone, au bord du fleuve Sacco, dans la région Latium, en Italie centrale. Ferentino est connue dans l’antiquité sous le nom latin de Ferentinum, cité du peuple hernique. L’enceinte fortifiée antique datée des 6ème-2ème siècle av. jc subsiste encore, mais avec des tours et des portes médiévales. En 306 av. jc, cette cité refuse de se joindre aux autres villes herniques dans la guerre contre Rome. Après la défaite des Herniques, Rome récompense la fidélité de Ferentinum par un statut de Municipium avec droit d’élire ses propres magistrats ; citoyenneté romaine aux habitants et droit de mariage légal entre Romains et Ferentins

[9] Le dictateur est, durant la République romaine, un magistrat extraordinaire qui détient les pleins pouvoirs (imperium) pour un mandat qui ne peut, à l’origine, excéder six mois. Selon la tradition, le titre a été institué en 501 av. jc pour répondre à une situation d’urgence militaire, mais un magister populi (littéralement « maître du peuple ») existe déjà sous la Royauté romaine.

[10] Les Boïens, étaient l’un des plus importants peuples celtes de l’âge de fer. Leur présence est attestée, en différentes époques, en Gaule cisalpine (dans le nord de l’Italie), en Pannonie (région de l’Europe Centrale comprenant l’actuelle Hongrie ainsi qu’une partie des pays frontaliers), en Bohème et en Gaule transalpine.

[11] Les lois licinio-sextiennes (Leges Liciniae Sextiae) sont des lois romaines votées en 367 av. jc et qui prennent effet l’année suivante, en 366 av. jc. Ces lois portent le nom de leurs deux auteurs, les tribuns de la plèbe Caius Licinius Stolon et Lucius Sextius Lateranus. Elles restaurent définitivement le consulat, avec obligatoirement un des deux magistrats suprêmes qui doit être plébéien, elles imposent une limitation des possessions de l’ager publicus, et elles comprennent sûrement quelques dispositions pour diminuer les charges pesant sur les débiteurs.

[12] La plèbe est une partie du peuple (populus) romain, c’est-à-dire les citoyens romains, distincts des esclaves. La plèbe ou es plébéiens se définit par opposition aux patriciens. Dans le langage courant, la plèbe désigne le peuple par opposition aux élites de pouvoir.

[13] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe. Ils ne représentent pas le populus dans son entier, puisque la plèbe est le populus (l’ensemble du peuple de Rome, comprenant tous les citoyens de toutes les classes) sauf les patriciens.

[14] Tarquinia était l’une des plus anciennes et des plus importantes cités de la dodécapole étrusque. Elle a donné à Rome la dynastie légendaire des rois étrusques : Tarquin l’Ancien, Servius Tullius et Tarquin le Superbe. Par la suite, Tarquinia est entrée plusieurs fois en guerre avec Rome et a été finalement soumise. Sur le littoral de Tarquinia s’est développée la colonie maritime de Gravisca, qui jusqu’à la fondation de Centumcellae (aujourd’hui Civitavecchia) par l’empereur Trajan au 2ème siècle de notre ère, a représenté le port principal de l’Étrurie méridionale, abandonné ensuite en raison des raids des pirates sarrasins au début du Moyen Age.

[15] Cerveteri est une commune de la ville métropolitaine de Rome Capitale dans le Latium en Italie. Elle est mondialement connue pour ses tombeaux étrusques : la « nécropole de Banditaccia ».

[16] L’interroi est un magistrat nommé à titre exceptionnel dans la Rome antique, en cas de vacance du pouvoir, c’est-à-dire après la disparition du roi (selon la tradition légendaire rapportée par Tite-Live) ou des magistrats détenteurs de l’imperium (consul ou tribun militaire à pouvoir consulaire). Sous la République romaine, en cas de vacance du consulat pour cause de mort ou d’abdication des deux consuls ou de troubles ayant retardé l’élection le Sénat décide d’établir un interrègne (interregnum). Il choisit en son sein un patricien comme premier interroi. Celui-ci, chargé de préparer l’élection des nouveaux consuls par les comices centuriates, ne peut les présider, n’ayant pas reçu l’investiture auspicatoire. Le premier interroi en nomme un second qui lui succède. Ayant reçu l’investiture auspicatoire du premier, ce second interroi peut tenir les comices. Les principaux ornements consutaires, dont le siège curule, lui sont accordés. À la suite de Theodor Mommsen, l’interroi est d’ordinaire regardé comme le titulaire d’une magistrature extraordinaire. Mais la qualité de magistrat de l’interroi est discutée