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Gouaram III d’Ibérie

mercredi 9 février 2022, par ljallamion

Gouaram III d’Ibérie

Prince primat d’Ibérie de 693 à 748

Membre de la dynastie dite des Gouaramides [1], Gouaram III, qui porte le titre byzantin de curopalate [2], succède à Gouaram II d’Ibérie qui est vraisemblablement son grand-père comme prince héréditaire de Kalarzène-Djavakhéti [3], prince primat d’Ibérie [4] comme vassal de l’Empire en 693.

L’offensive des troupes arabes du Calife [5] dans le Caucase l’oblige dès le début de son règne à reconnaître la souveraineté de ce dernier sur l’Ibérie.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Cyrille Toumanoff, Les dynasties de la Caucasie chrétienne de l’Antiquité jusqu’au xixe siècle : Tables généalogiques et chronologiques, Rome, 1990.

Notes

[1] Les Gouaramides ou la dynastie des Gouaramides est une branche cadette de l’antique maison royale d’Ibérie connue sous le nom de « Chosroïdes ». D’après Cyrille Toumanoff, les Gouaramides sont donc issus de la lignée de Gouaram ou Gorgénès 1er, petit-fils du roi Vakhtang 1er d’Ibérie par son épouse byzantine, qui aurait obtenu à titre héréditaire les principautés de Djavakhétie et Calarzène. Les Gouaramides règnent ensuite avec le titre de prince primat d’Ibérie pendant trois périodes (588-627, 684-748 et 779/780-786) comme vassaux de l’Empire byzantin ou du Calife arabe. Trois d’entre eux portent également le titre byzantin de curopalate. Les Gouaramides concluent des alliances matrimoniales avec les autres principales familles princières d’Ibérie, les Chosroïdes, les Nersianides et les Bagratides. Dans ce dernier cas, l’union de la fille de Gouaram III d’Ibérie avec le prince arménien Vasak réfugié en Ibérie est à l’origine de la dynastie nationale géorgienne des Bagrations.

[2] La dignité de curopalate fut d’abord une fonction de la cour impériale byzantine avant de devenir l’un des titres les plus prestigieux du 6ème au 12ème siècle. Réservée aux membres de la famille impériale et à divers rois et princes du Caucase, elle finit par se déprécier et être reléguée à la fin des listes de préséance avant de tomber en désuétude sous les Paléologues. L’épouse d’un curopalate portait le titre de kouropalatissa.

[3] La Djavakhétie, parfois Djavakheti est une province historique de la Géorgie. Elle regroupe deux districts (raions), Akhalkalaki et Ninotsminda, peuplés majoritairement d’Arméniens (54 % de la population) et intégrés en 1994 dans la région géorgienne de Samtskhé-Djavakhétie. La Djavakhétie, et son annexe la Calarzène, étaient des principautés géorgiennes situées au sud-ouest du Karthli. Après la suppression par les Perses sassanides de la royauté d’Ibérie en 580, elles sont gouvernées par une branche de la dynastie chosroïde d’Ibérie issue de Léon (vers 534), un fils du roi Vakhtang 1er Gourgasali et de sa seconde épouse byzantine, dite par les historiens modernes des Gouaramides.

[4] La principauté d’Ibérie est un État géorgien du Caucase du Haut Moyen Âge. Elle fut établie, d’après les sources, entre 588 et 600 par le prince Gouaram, qui est considéré par l’ancienne historiographie géorgienne comme l’ancêtre des Bagratides géorgiens ou bien comme un descendant des anciens rois d’Ibérie. Son histoire de deux siècles est illustrée par les différentes invasions des Sassanides, des Byzantins, des Khazars et des Arabes, mais sa disparition en 891 ouvre le chemin à la lente unification de la Géorgie qui mène à la fondation du royaume de Géorgie en 1010.

[5] Le terme calife, est une romanisation de l’arabe khalîfa, littéralement « successeur » (sous-entendu du prophète), titre porté par les successeurs de Mahomet après sa mort en 632 et, pour les sunnites, jusqu’à l’abolition de cette fonction par Mustafa Kemal Atatürk en 1924. Les ibadites ne reconnaissent plus aucun calife depuis 657. L’autorité d’un calife s’étend sur un califat. Il porte aussi le titre de commandeur des croyants, titre aboli chez les chiites après la mort d’Ali. Les critères de choix sont différents entre les chiites et les sunnites mais le porteur du titre a pour rôle de garder l’unité de l’islam et tout musulman lui doit obéissance : c’est le dirigeant de l’oumma, la communauté des musulmans.