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L’histoire pour le plaisir

Grigor II Mamikonian

jeudi 13 janvier 2022, par ljallamion

Grigor II Mamikonian 

Prince d’Arménie de 745 à 746, puis en 748

Membre de la famille Mamikonian [1], fils de Hrahat Mamikonian, comte arménien, lequel est soit fils de Moušeł V, selon Christian Settipani, soit frère de Moušeł IV, selon Cyrille Toumanoff.

Grigor II Mamikonian a pour frères Davith Mamikonian, nakharar [2] tué en 744, et Moušeł VI Mamikonian , prince d’Arménie qui lui succède, et probablement pour sœur Šoušan Mamikonian, mariée à Artavazd Kamsarakan .

En 732, lorsque le calife [3] Hicham ben Abd al-Malik élève Achot III Bagratouni à la dignité de prince d’Arménie, les frères Davith et Grigor Mamikonian refusent de reconnaître cette nomination et se révoltent. Vaincus par le gouverneur arabe Marwan ibn-Mohammed, ils sont arrêtés et exilés au Yémen [4].

En 744, peu après la mort du calife Hicham, une guerre civile éclate dans l’empire arabe et Davith et Grigor Mamikonian en profitent pour s’échapper et regagner l’Arménie. Profitant de l’absence de Merwan, ils combattent Achot et le contraignent à la fuite. Le nouveau gouverneur, Ichak ibn-Moslim, nomme Grigor Mamikonian comme nouveau prince d’Arménie.

En 746, le nouveau calife, Marwān II ibn-Mohammed, fermement installé sur le trône, veut récompenser Achot Bagratouni, qui l’a soutenu pendant la guerre. Il confie à ses lieutenants le soin de s’emparer de Davith Mamikonian, de lui faire couper les mains et de l’étrangler, puis de rétablir Achot comme prince d’Arménie. Grigor Mamikonian est forcé de se réconcilier avec Achot.

En 748, la guerre civile reprend, cette fois entre Marwān II, le dernier Omeyyade [5], et les Abbassides [6]. Grigor Mamikonian décide de venger son frère, surprend et capture Achot Bagratouni et le fait aveugler.

Il se proclame prince d’Arménie, mais meurt de maladie peu après, laissant ses titres à son frère Moušeł

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Cyrille Toumanoff, Les dynasties de la Caucasie chrétienne de l’Antiquité jusqu’au xixe siècle : Tables généalogiques et chronologiques, Rome, 1990,

Notes

[1] Les Mamikonian ou Mamikoneans sont les membres d’une famille noble ayant dominé la politique de l’Arménie entre les 4ème et 8ème siècles. Ils ont exercé la charge héréditaire de sparapet (« généralissime ») d’Arménie jusqu’à la fin du 6ème siècle et ont dirigé entre autres les régions du Taron, de Sasun et de Bagrévand.

[2] Le nakharar est un satrape héréditaire en Arménie. Ce titre est de premier ordre au sein de la noblesse arménienne antique et médiévale. Durant cette période, l’Arménie est divisée en larges domaines, propriétés d’une famille noble et gouvernés par l’un de ses membres, auquel les titres nahapet (« chef de famille ») ou tanuter (« maître de maison ») sont donnés. Les autres membres d’une famille de nakharar gouvernent à leur tour des portions plus petites du domaine familial. Les ’nakharark’ jouissant d’une grande autorité sont reconnus comme ishkhans (princes).

[3] Le terme calife, est une romanisation de l’arabe khalîfa, littéralement « successeur » (sous-entendu du prophète), titre porté par les successeurs de Mahomet après sa mort en 632 et, pour les sunnites, jusqu’à l’abolition de cette fonction par Mustafa Kemal Atatürk en 1924. Les ibadites ne reconnaissent plus aucun calife depuis 657. L’autorité d’un calife s’étend sur un califat. Il porte aussi le titre de commandeur des croyants, titre aboli chez les chiites après la mort d’Ali. Les critères de choix sont différents entre les chiites et les sunnites mais le porteur du titre a pour rôle de garder l’unité de l’islam et tout musulman lui doit obéissance : c’est le dirigeant de l’oumma, la communauté des musulmans.

[4] Le Yémen est l’un des plus anciens centres de civilisation du Moyen-Orient, dans l’antiquité le pays était un territoire du Royaume de Saba. Le royaume de Saba est un royaume habituellement situé en Arabie du sud, actuel Érythrée, Yémen et nord de Éthiopie. Ce royaume, évoqué par la Bible et le Coran, a bel et bien existé, mais il est difficile de séparer le mythe de l’histoire. Ses habitants s’appellent les sabéens. Les sources suggèrent une existence bien postérieure à la période biblique du règne de Salomon.

[5] Les Omeyyades, ou Umayyades sont une dynastie arabe de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre Umayya ibn Abd Shams, grand-oncle de Mahomet. Ils sont originaires de la tribu de Quraych, qui domine La Mecque au temps de Mahomet. À la suite de la guerre civile ayant opposé principalement Muʿāwiyah ibn ʾAbī Sufyān, gouverneur de Syrie, au calife ʿAlī ibn ʾAbī Ṭalib, et après l’assassinat de ce dernier, Muʿāwiyah fonde le Califat omeyyade en prenant Damas comme capitale, faisant de la Syrie la base d’un Califat qui fait suite au Califat bien guidé et qui devient, au fil des conquêtes, le plus grand État musulman de l’Histoire.

[6] Les Abbassides sont une dynastie arabe musulmane qui règne sur le califat abbasside de 750 à 1258. Le fondateur de la dynastie, Abû al-Abbâs As-Saffah, est un descendant d’un oncle de Mahomet, Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Proclamé calife en 749, il met un terme au règne des Omeyyades en remportant une victoire décisive sur Marwan II à la bataille du Grand Zab, le 25 janvier 750. Après avoir atteint son apogée sous Hâroun ar-Rachîd, la puissance politique des Abbassides diminue, et ils finissent par n’exercer qu’un rôle purement religieux sous la tutelle des Bouyides au 10ème siècle, puis des Seldjoukides au 11ème siècle. Après la prise de Bagdad par les Mongols en 1258, une branche de la famille s’installe au Caire, où elle conserve le titre de calife sous la tutelle des sultans mamelouks jusqu’à la conquête de l’Égypte par l’Empire ottoman, en 1517.