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Áed mac Neíll dit Áed Findliath

mardi 26 octobre 2021, par ljallamion

Áed mac Neíll dit Áed Findliath (mort en 879) 

Roi d’Ailech-Haut-roi d’Irlande

Les ard rí étaient traditionnellement intronisés sur la colline de Tara. La Lia Fáil (photo) était supposée crier le nom du roi légitime lorsque celui-ci posait son pied sur elle.Fils de Niall Caille mac Áeda et de Gormlaith, il faisait partie des Uí Néill [1] du nord, branche des Cenél nEógain [2].

Depuis la mort d’ Áed Allán en 743 jusqu’au renversement de Mael Seachlainn II Mór par Brian Boru en 1002, la succession à la souveraineté suprême d’Irlande alternait entre les lignées nord et sud des Uí Néill, le nord étant représenté par les membres des Cenél nÉogain, la famille paternelle d’Áed, et le sud par le Clan Cholmáin [3], la famille de sa mère.

Durant le règne de Mael Seachnaill 1er mac Mael Ruanaid, qui avait succédé au père d’Áed comme haut-roi, l’équilibre des pouvoirs entre le nord et le sud, qui avait assuré l’alternance des successions, sembla pencher en faveur du méridional Clan Cholmáin.

La faiblesse des rois de Munster [4], qui avait suivi la mort du puissant roi Feidlimid mac Crimthain en 847, incita Máel Sechnaill à attaquer régulièrement cette province dans les années 850, lui permettant d’obtenir la soumission de ses rois en 858. En 859, le royaume d’Osraige [5] devint le sujet des Uí Néill, et cela conduisit à une guerre ouverte entre Máel Sechnaill et Áed.

À la suite de la mort de Neill Caille en 845, l’oncle d’Áed, Máel Dúin mac Áeda, assuma la royauté d’Ailech [6]. On ne sait pas exactement quand Áed lui succéda, mais c’était sans doute en 855. Cette année-là, il est fait mention d’Áed pour la première fois dans les annales, puisque les Annales d’Ulster [7] rapporte qu’il fit une incursion chez les Ulaid, et qu’il laissa derrière lui les corps de Coinnecán, fils de Colmán, et de Flaithbertach, fils de Niall, ainsi qu’un très grand nombre d’autres.

Áed vint au pouvoir à un moment critique de l’histoire de l’Irlande. Les raids des Vikings norvégiens duraient depuis un demi-siècle, et leurs colonies semblaient alors être devenues des établissements permanents, et non plus de simples bases pour les raids. Ils possédaient également des dirigeants efficaces notament Amlaíb Conung . Les annalistes de cette époque, aussi bien que les historiens modernes, les désignent à ce moment-là non plus comme des Vikings, des étrangers ou des païens, mais comme des Norvégiens-Irlandais ou des Gall Gàidheal [8].

Áed Findliath a été considéré comme l’un des hauts-rois s’étant opposés le plus efficacement à l’expansion norvégienne en Irlande. Il gagna effectivement quelques batailles décisives contre les Norvégiens-Gaëls ; la première victoire attestée fut obtenue en 856 à la bataille de Glenn Foichle, six ans avant qu’il ne devienne lui-même haut-roi. Le haut-roi régnant de cette période, Mael Sechnaill, semblait plus concerné par les luttes de pouvoir proprement irlandaises, particulièrement dans le Munster, que de combats contre les Norvégiens. Il est cependant mentionné une fois en 856 dans un combat contre les païens, aidé par les Norvégiens-Gaëls. On peut interpréter cela comme une alliance des colons norvégiens et de la société irlandaise de souche contre des maraudeurs.

En 858, Máel Sechnaill réussit finalement à prendre le contrôle du Munster, et, en 859, il conclut un accord de paix avec Cerball mac Dúnlainge , roi d’Osraige, accord imposé par ce dernier, qui s’était allié avec Amlaíb et Ímar et avait ravagé Míde [9]. Máel Sechnaill tourna alors son attention vers le nord, où le pouvoir grandissant d’Áed Findliath, à la tête des Uí Néill, était devenu une menace pour lui. En 860, il amena à Armagh [10] une armée, composée d’éléments venant de toute l’Irlande du sud. Elle campait là, lorsque Áed Findliath l’attaqua. L’issue de cette bataille fut incertaine.

Ce fut alors à Áed Findliath de rechercher une alliance avec les Norvégiens de Dublin. En 861, ainsi qu’en 862, il pilla Mide avec la coopération des forces norvégiennes. En 862, il eut aussi l’aide de Flann mac Conaing , roi de Brega [11].

Mael Seachnaill 1er mac Mael Ruanaid mourut le 20 novembre 862, et, à cette occasion, il fut qualifié par les Annales d’Ulster de ri h-Erenn uile [12]. Ce titre ne fut jamais attribué à Áed Findliath, ni lorsqu’il devint roi de Tara [13] à la mort de Máel Sechnaill, ni même lorsqu’il figura parmi les hauts-rois d’Irlande. Sa royauté lui fut disputée tout au long de ses 17 années de règne, et il n’eut pas même le soutien des clans Uí Néill du sud. Les annales indiquent que la Fête de Taillten* ne fut pas célébrée à 6 occasions pendant ces 17 années, ce qui est un clair indicateur de querelles et de troubles.

Lorsque Áed commença à régner, les Norvégiens de Dublin étaient devenus des alliés importants, bien que peu sûrs, dans la lutte pour le pouvoir au royaume de Mide. Lorcán mac Cathail, successeur de Máel Sechnaill à la tête du Clan Cholmáin et roi de Míde, s’était allié avec Amlaib, Ímar et Auisle contre Flann de Brega.

Áed eut alors quelques victoires notables contre les Norvégiens, mais la principale raison de ses succès n’était probablement pas son génie militaire ni ses dons politiques. Il battit les Vikings à Lough Foyle [14] en 866 et détruisit leurs installations. En 866, Amlaíb et Auslie quittèrent l’Irlande avec la plus grande partie des forces norvégiennes, et, en coopération avec les Norvégiens-Gaëls de l’actuelle Écosse, ils attaquèrent les Pictes [15]. Áed profita de cette occasion pour piller et brûler toutes les bases norvégiennes, leurs longphorts [16] du nord de l’Irlande.

En 868, Áed dut de nouveau faire face à une coalition formée par ses rivaux irlandais et des Norvégiens-Gaëls. Selon les Annales d’Ulster, il battit les Uí Neíll de Brega, les Laigin, et une grande armée d’étrangers lors d’une bataille dans un lieu appelé Cell Ua nDaigri. Flann de Brega y fut tué. Plus tard, cette bataille fut présentée comme une victoire décisive sur les Norvégiens. Amlaibh et Ímar continuèrent pourtant à être très actifs en Irlande pendant les années suivantes, leur puissance et leur ambition ne paraissant pas le moins du monde affaiblies. Il est sans doute plus juste de considérer cette bataille comme une victoire sur les Uí Neíll du sud et sur le Leinster [17]. En 870, Áed exploita sa victoire de 868 pour envahir le Leinster avec l’aide de son nouvel allié Cerball d’Osraige. Il envahit de nouveau le Leinster en 874.

Áed Findliath mourut le 20 novembre 879, à Druim Inasclainn, sur le territoire de Conaille. À cette occasion, il fut qualifié rex Temorie [18], même si, dans un poème évoqué par l’annaliste, il est appelé airdri Gaidhel [19]. Il fut enterré à Armagh.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Áed Findliath »

Notes

[1] Les Uí Néill étaient une grande dynastie irlandaise. Il signifiait les « descendants de Niall Noigiallach », et se rapportait à un groupe de parenté irlandais. Les Uí Néill n’étaient ni une tribu, ni une confédération de tribus, mais une dynastie, c’est-à-dire qu’ils étaient composés, dès le 6ème siècle, de quelques douzaines de personnes réparties sur un vaste territoire au nord et au centre de l’Irlande. Ils devinrent à partir de la seconde moitié du 6ème siècle la dynastie dominante de la moitié nord de l’Irlande. Ses diverses branches donnèrent un certain nombre de hauts rois d’Irlande entre les 7ème et 11ème siècles.

[2] Cenél nEógain est le nom des descendants d’Eoghan mac Néill, le fils de Niall Noígiallach ancêtre des Uí Néill., qui fonda au 5ème siècle en Ulster le royaume d’Ailech. Ce royaume s’étendait approximativement sur l’actuel comté de Tyrone, et sur certaines parties des comtés de Londonderry, de Donegal, de Fermanagh, de Monaghan et d’Armagh. En 1020, les Cenél nEógain furent pourchassés par le haut-roi Mael Seachlainn II Mór à travers le Sliab Fuait

[3] Le Clan Cholmáin est le nom de la descendance de Colmán Már mac Diarmato, fils de Diarmait mac Cerbaill. C’est une branche méridionale des Uí Néill. Le clan compte en son sein de nombreux Rois de Mide (Meath). Au 10ème siècle et 11ème siècle leurs successeurs les Uí Máelshechlainn étaient établis à Dun na Sciath près du Lough Ennell ou à Cro-inis sur le lac lui-même

[4] Situé au sud-ouest de l’île, le Munster (en irlandais An Mhumhain) (en latin Momonia), est l’une des quatre provinces d’Irlande. Le Munster est la plus grande des provinces d’Irlande, et celle qui est placée le plus au sud. Sa plus grande cité est Cork.

[5] Les rois d’Osraige ou Ossory en anglais ; régnèrent sur ce qui fut principalement un État tampon entre le Leinster et le Munster. Les frontières sud de l’Osraige étaient les fleuves côtiers Barrow et Suir, bien qu’à l’origine ce territoire s’étendît jusqu’à la mer, et que ses rois eussent quelque influence sur les rois normands de Waterford. Vers le nord, il se peut qu’il se soit étendu au-delà des montagnes Slieve Bloom et ait atteint le fleuve Shannon, mais, pendant la période historique, il s’arrêtait au sud de ces montagnes, la rivière Nore constituant généralement la frontière. En partant du nord, et en pivotant dans le sens des aiguilles d’une montre, il était bordé par les royaumes ou seigneuries suivantes : Ele, Ui Duach, Loigis, Ui Drona, Uí Cheinnselaigh, Déisi Mumhain, et Eóganachta Caisel. La ville principale et la capitale de cet état était Kilkenny. Le comté actuel de Kilkenny, ainsi que la partie ouest du comté de Laois, constituent le cœur de cet ancien royaume. On dit que le nom d’Osraige vient des Usdaie, une tribu que la carte d’Irlande de Ptolémée place à peu près dans la même zone qu’Osfraige occupa plus tard. Les autres tribus du voisinage étaient les Brigantes et les Cauci. Les Osfraiges se réclamaient descendre des Ivernes. Selon les généalogies traditionnelles le royaume d’Osraige aurait été fondé par Oenghus Oisrithe un descendant du fabuleux Breasal Breac. Ses propres descendants auraient exercé le pouvoir avant d’être renversés à la fin du 5ème siècle par Cucraidh mac Duach Iarleith de la famille des rois de Munster. Ils auraient recouvré leur héritage au 6ème siècle et ce n’est qu’à partir de cette époque que l’on peut donner une liste des rois d’Osraige. Au 11ème siècle la dynastie régnante prit le nom de Mac Gillo Patraic, qui fut plus tard changé en celui de Fitz-Patrick. Après l’invasion des anglo-normands les Mac Gillo Patraic durent se réfugier dans le haut Ossory qu’ils conservèrent jusqu’en 1537 époque à laquelle Brian Og Mac Gillo Patraic mort en 1551 se soumit au roi d’Angleterre.

[6] Les rois d’Ailech étaient les descendants de Eógan, c’est-à-dire les Cenél nEógain, et appartenaient ainsi à une branche des Uí Néill. Après la destruction d’Ailech dans le comté de Donegal par Muircheartach Ua Briain en 1101, ou peut-être même à partir de 1050, les rois d’Ailech furent reconnus à Tuloch-Og dans le comté de Tyrone Les Mac Lochlainn transfèrent ensuite le lieu de leur intronisation à Derry alors que leurs rivaux les O’Neill demeurent à Tuloch-Og.

[7] Les Annales d’Ulster sont des chroniques de l’histoire médiévale irlandaise. Les entrées couvrent la période allant de 431 à 1540. Celles allant jusqu’à l’année 1489 furent compilées à la fin du 15ème siècle par le scribe Ruaidhri Ó Luinín, sous le patronage de Cathal Óg Mac Maghnusa, sur l’île de Belle Isle sur le lac Lough Erne, dans la province d’Ulster. Les entrées plus tardives furent rajoutées par d’autres auteurs.

[8] Les Gall Gàidheal formèrent un peuple qui domina une grande partie de la mer d’Irlande et de l’ouest de l’Écosse pendant presque tout le Moyen Âge. Ils étaient à la fois d’origine scandinave et gaelle et, dans leur ensemble, ils avaient adopté un large mélange de ces deux cultures. Ils étaient généralement connus par leur nom gaélique, Gall-Gàidheal, qu’ils utilisaient eux-mêmes et qui signifie littéralement « Étranger-Gael ». Ce nom a connu une multitude de variations dues aux différences chronologiques et géographiques de la langue gaélique. Les étrangers-Gaëls étaient originaires des colonies vikings d’Irlande et d’Écosse. Ils furent sujets à un phénomène de gaélicisation, qui débuta dès le 9ème siècle par des mariages mixtes avec des autochtones gaéliques, sauf en Cumbria, et par l’adoption de la langue gaélique et de certaines coutumes locales. Beaucoup abandonnèrent leur culte originel des dieux nordiques, et ils se convertirent au christianisme, ce qui contribua à la gaélicisation. Ces Scandinaves gaélicisés dominèrent la région de la mer d’Irlande jusqu’à la période normande au 12ème siècle. Ils fondèrent des royaumes durables, comme ceux de l’île de Man, d’Argyll, de Dublin, de York et de Galloway. Le Seigneur des Îles, une seigneurie qui dura jusqu’au 16ème siècle, ainsi que beaucoup d’autres dirigeants d’Écosse et d’Irlande, prétendait descendre des étrangers-Gaëls. Leur colonisation en Angleterre s’est limitée au nord-ouest.

[9] Mide, est le nom d’un royaume irlandais médiéval. Son nom signifiait « Milieu », du fait qu’il se trouvait au centre de l’Irlande. Le royaume de Mide incluait l’actuel comté de Meath dont le nom reprend celui du royaume, mais également le Comté de Westmeath et des parties des modernes comtés de Cavan, Dublin, Kildare, Longford, Louth et enfin Offaly.

[10] Armagh est une ville d’Irlande du Nord au Royaume-Uni, le chef-lieu de l’ancien Comté d’Armagh et du District d’Armagh, qui ne recouvre que le tiers central du comté. Les ruines du fort de Navan, adjacentes à la ville, étaient autrefois la capitale de l’Ulster, connue sous le nom irlandais de Eamhain Mhacha.

[11] L’origine du nom du royaume de Brega est Mag Breg, la plaine de Brega, dans les actuels Comté de Meath et de Dublin. Annexé au 6ème siècle par les Uí Néill descendants de Conall Criamthain un fils de Niall Noigiallach Le royaume de Brega comprenait la Colline de Tara site où les Ard ri Érenn étalent traditionnellement proclamés

[12] de roi de toute l’Irlande

[13] Tara est un site archéologique d’Irlande dans le comté de Meath. Dans la mythologie celtique irlandaise, Tara est la capitale mythique de l’Irlande, située dans la cinquième province de Mide, dans le centre du pays : c’est la colline des rois. Le récit Suidigud Tellach Temra (« Fondation du domaine de Tara ») expose la suprématie de la ville sur le reste de l’île. Elle voisine d’autres sites archéologiques majeurs, dont Brú na Bóinne.

[14] Le Lough Foyle est le nom donné à l’estuaire de la Foyle en Irlande et qui constitue l’extrémité nord de la frontière entre l’Irlande et le Royaume-Uni. Il commence peu après que le fleuve a quitté Derry, et sépare la péninsule d’Inishowen dans le comté de Donegal en Irlande de l’Irlande du Nord

[15] Les Pictes étaient un peuple établi principalement dans les Lowlands de l’Écosse. Les migrations Pictes s’installent entre les différentes vagues de migrations goïdeliques (gaëliques) et gallo-britonniques. Leurs ancêtres seraient venus du continent à la fin de la préhistoire, peut-être au cours du 1er millénaire avant jc. Leur première mention est due à l’orateur breton Eumenius, en 297, ce dernier les cite aux côtés des Hibernii (les Irlandais) comme ennemis des Bretons.

[16] Un longphort désigne, en Irlande, une forteresse viking côtière, formé par un enclos à bateau. Les longphorts furent ainsi utilisé pour effectuer des raids et des pillages en Irlande, notamment vers 830. C’est à partir de 841 que l’on trouve des références aux longphort pour désigner ceux de Linn Duachaill et de Dublin. On peut aujourd’hui penser que les vikings ont hiverné sur le site de Dublin en 840-841. La localisation exacte du longphort de Dublin est toujours inconnue et fortement débattue. De nouveaux établissements de ce type sont aussi décrits à Waterford en 914 et à Limerick en 922.

[17] Le Leinster est une des quatre provinces traditionnelles de l’Irlande. Recouvrant la partie orientale de l’île

[18] roi de Tara

[19] sur-roi des Irlandais