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Shantarakshita

lundi 25 octobre 2021, par ljallamion

Shantarakshita (725-788)

Moine de Nalanda

Né à Rewalsar [1], dans l’actuel état d’Himachal Pradesh [2], en Inde. Renommé pour sa synthèse des pensées yogacara [3] et madhyamika [4] exposée dans le Madhyamakalamkara [5], que l’empereur Trisong Detsen invita au Tibet [6] depuis le Népal [7] entre 761 et 767 pour y propager le bouddhisme [8].

L’opposition des religieux bön [9], qui accusèrent sa venue d’être responsable d’une épidémie, l’obligea peu après à se retirer de nouveau au Népal, non sans avoir conseillé au roi de faire venir Padmasambhava. La crise s’étant calmée, Shantarakshita revint poursuivre son enseignement et ordonna les 7 premiers moines réguliers du pays qui résidèrent à Phabonkha près de Lhassa [10], dans un site de méditation datant de l’époque de Songtsen Gampo .

En même temps, il supervisa avec Padmasambhava une vaste entreprise de traduction de textes sanscrits qui allait former la base de la tradition nyingma [11]. Ils auraient de plus cofondé le monastère de Samye [12].

Ce fut notamment Shantarakshita qui le premier promulgua et pratiqua le tantra du Bouddha de médecine [13] au Tibet, pour aider le roi. Avant sa mort, il aurait recommandé au roi Trisong Detsen de faire venir son disciple Kamalaśīla, pour lutter contre l’influence chinoise chan présente depuis le 7ème siècle.

Il a d’ailleurs été proposé que Trisong Detsen, en invitant l’abbé de Nalanda [14], cherchait déjà à contrebalancer cette influence, gênante du fait d’une rivalité militaire et politique qui n’existait pas avec les royaumes indiens

Shantarakshita est considéré comme un Bodhisattva Khenpo [15] ou Bodhisattva Bhikshu [16], et une incarnation de Vajrapani. Une tradition probablement légendaire fait de lui le fils d’un roi de Zahor [17] et le frère de Mandarava, l’une des compagnes de Padmasambhava.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Shantarakshita/ Portail du Tibet/ Portail du monde indien/ Catégories : Philosophe bouddhiste/ Philosophe indien/ Moine bouddhiste indien

Notes

[1] Rawalsar ou Rewalsar est une ville et un nagar panchayat du district de Mandi dans l’État de l’Himachal Pradesh en Inde

[2] Le Himachal Pradesh est un État du nord-ouest de l’Inde. Territoire de l’Union en 1950, le Himachal Pradesh est devenu le dix-huitième État de la République indienne en 1971. Sa capitale, Shimla, fut pendant près d’un siècle la capitale d’été du Raj britannique. Sa superficie est de 55 673 km², il est encadré par les États indiens du Jammu-et-Cachemire au nord, du Penjab à l’ouest, du Haryana et de l’Uttar Pradesh au sud, de l’Uttarakhand au sud-est et par le Tibet (région de la Chine) à l’est. Situé dans l’ouest de l’Himalaya, son altitude est comprise entre 450 et 7 000 mètres au-dessus du niveau de la mer.

[3] Le Cittamàtra constitue avec le Madhyamaka l’une des deux principales écoles spécifiques du bouddhisme mahàyàna.

[4] Voie du milieu ou médiane, fondée par Nāgārjuna et son disciple Āryadeva, constitue avec le Cittamātra l’une des deux principales écoles spécifiques du bouddhisme mahāyāna. Un mādhyamika est un tenant de cette doctrine ou quelque chose relatif à celle-ci

[5] Ornement de la voie moyenne

[6] Le Tibet est une région de plateau située au nord de l’Himalaya en Asie, habitée traditionnellement par les Tibétains et d’autres groupes ethniques (Monbas, Qiang et Lhobas) et comportant également une population importante de Hans et de Huis. Le Tibet est le plateau habité le plus élevé de la planète, avec une altitude moyenne de 4 900 m. Au 7ème siècle, le Tibet unifié est fondé par Songtsen Gampo, qui crée par la guerre un vaste et puissant empire, qui, à son apogée, s’étend sur une bonne partie de l’Asie y compris certaines parties de la Chine

[7] le Népal est un pays enclavé de l’Himalaya, bordé par la Chine (région autonome du Tibet) au nord et par l’Inde sur le reste de ses frontières.

[8] Le bouddhisme est, selon le point de vue occidental, une religion (notamment une religion d’État) ou une philosophie, voire les deux, dont les origines sont en Inde au 5ème siècle av. jc à la suite de l’éveil de Siddhartha Gautama et de son enseignement. Le bouddhisme est né en Inde à peu près à la même époque que Mahâvîra, qui rendit plus populaire le jaïnisme, avec lequel il partage une certaine tendance à la remise en cause de l’hindouisme (en particulier de la caste sacerdotale des brahmanes) tel que ce dernier était pratiqué à l’époque (6ème siècle av. jc). Le bouddhisme a repris et aménagé beaucoup de concepts philosophiques de l’environnement religieux de l’époque (tels que dharma et karma, par exemple).

[9] Le terme bön désigne trois traditions religieuses tibétaines distinctes : Tout d’abord une religion tibétaine préexistant au bouddhisme et qui est supplantée par celui-ci aux 8ème siècle et 9ème siècle, lors de l’expansion de l’Empire tibétain fondé par Songtsen Gampo, sous l’influence du Népal et de Chine pour devenir la foi dominante, elle décroît avec l’interdiction du bouddhisme par le dernier empereur, Langdarma et le retour au Bön comme religion d’état. Il sera assassiné par un moine bouddhiste, ce qui marquera la fin de l’Empire. Ensuite une religion syncrétique qui apparaît au Tibet aux 10ème siècle – 11ème siècle, lors de l’Ère de la fragmentation, pendant laquelle différents seigneurs de la guerre se livrèrent bataille pour le contrôle du territoire, époque où le bouddhisme se propagea de nouveau à partir de l’Inde pour devenir la foi dominante. Enfin, le vaste corpus de croyances populaires, souvent mal définies, dont la divination, qui ne sont pas d’origine bouddhique et sont communes aux adeptes du bön ou bönpos et aux bouddhistes. Jusqu’à aujourd’hui le bön continue d’exister comme religion minoritaire.

[10] Lhassa, capitale du royaume du Tibet depuis le 7ème siècle, puis de l’Ü-Tsang à partir de l’ère de la fragmentation fut le siège du gouvernement religieux puis politique du Ganden Phodrang, sous le règne religieux du Lozang Gyatso, 5ème dalaï-lama et temporel du Mongol qoshot Güshi Khan roi du Tibet sous le Khanat qoshot, sous la tutelle mandchoue de la dynastie Qing, puis sous le Tibet indépendant du 13ème dalaï-lama, au début du 20ème siècle, est actuellement le chef-lieu de la région autonome du Tibet, région autonome de la République populaire de Chine, appelée plus couramment Tibet, bien qu’elle ne couvre qu’environ la moitié du Tibet durant l’apogée de l’Empire du Tibet de 629 à 877.

[11] Le courant nyingma est la plus ancienne des traditions du bouddhisme tibétain, adaptation à la culture tibétaine du vajrayana (ou bouddhisme tantrique) comme l’indique son nom. Elle reprend certains textes du chamanisme bön, religion traditionnelle tibétaine, voire en plagie sciemment certains

[12] Le Monastère de Samyé est le premier monastère bouddhiste de l’école Nyingmapa construit sous l’Empire du Tibet, vers 779, il fut fondé vraisemblablement par Padmasambhava et Shantarakshita. Le monastère possède une palissade circulaire entourant plusieurs petits temples. Samyé est un endroit sacré important pour les pèlerinages tibétains. Il se situe à environ quatre heures d’autobus (environ 120 km au sud-est) du chef-lieu de la région autonome du Tibet, Lhassa, en République populaire de Chine.

[13] Bhaishajyaguru « Maître guérisseur » ou Bouddha de médecine, est l’un des bouddhas mahāyāna du passé, devenu une émanation de Shakyamuni spécialisée dans les guérisons matérielles et spirituelles et la protection contre les calamités.

[14] Nālandā est une ville de l’État du Bihar, en Inde du nord, près du Népal, ancien siège d’un important centre universitaire bouddhiste, comptant à son apogée jusqu’à 10 000 moines. L’université de Nālandā fut un centre majeur de la pensée indienne, dont l’influence s’étendit sur une grande partie de l’Asie : Asie centrale, Himalaya, Asie du Sud-Est, Chine et Japon

[15] abbé

[16] moine

[17] Bengale