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Trisong Detsen

jeudi 8 octobre 2020, par ljallamion

Trisong Detsen (704 ou 742 -797)

5ème successeur de Songtsen Gampo-38ème souverain de la dynastie Yarlung ou Chögyal de 740 ou 755 à 797

Il est connu comme le roi qui implanta définitivement le bouddhisme [1] au Tibet [2] en y invitant Shantarakshita et Padmasambhava et en décrétant le bouddhisme religion d’État. Son règne marque l’apogée de la puissance militaire tibétaine.   En 763, Trisong Detsen répond à une pression chinoise au nord en envoyant une armée de 200 000 hommes à la frontière, battant les forces sur ce front et poursuivant sa campagne militaire pour prendre Chang’an [3], la capitale chinoise, forçant l’empereur Tang Daizong à fuir la capitale.   Les Tibétains nomment un nouvel empereur fantoche. Cette victoire a été gravée sur le pilier de pierre dit Zhol Doring à Lhassa [4].   En 783, un traité de paix est négocié entre la Chine et le Tibet, donnant à ce dernier toutes les terres de la région du Kokonor [5]. Le roi forme également une alliance avec le roi Yi Mouxun du Nanzhao [6] en 778, joignant leurs forces pour attaquer les Chinois au Sichuan [7].   Trisong Detsen cherche ensuite à s’étendre vers l’ouest, atteignant la rivière Oxus [8] et menaçant le calife arabe, Haroun ar-Rachid. Le Calife est suffisamment inquiet pour nouer une alliance avec l’empereur de Chine.   Durant le reste de son règne, le roi est occupé par les guerres arabes à l’ouest, et lève la pression sur ses adversaires chinois à l’est et au nord, jusqu’à la fin de son règne en 797.   Cependant, ces victoires ayant eu des conséquences éphémères, c’est surtout pour son action déterminée en faveur du bouddhisme que son souvenir nous est parvenu. C’est en effet sous son règne que Samye [9], premier monastère bouddhiste au Tibet, fut fondé en 779 par Padmasambhava.   Entouré de Padmasambhava, de Yeshe Tsogyal , épouse royale devenue parèdre [10] de Padmasambhava, de Shantarakshita et de Vimalamitra , ainsi que de nombreux traducteurs.   La Chronique tibétaine mentionne la présence du bouddhisme au Tibet et l’existence de nombreux viharas [11] sur toute l’étendue du territoire durant le règne de Trisong Detsen.   À sa mort, il y a eu une réaction forte contre le bouddhisme. Il pourrait s’agir des troubles mentionnés dans la première inscription du temple Zha Lhakhang comme devant être surmontés avant que la succession de Sadnalegs ne puisse être assurée

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Hugh Richardson, A Corpus of Early Tibetan Inscriptions, London, Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland, coll. « James G. Forlong (en) series » (no 29), 1985 (ISBN 0947593004, OCLC 46357221)

Notes

[1] Le bouddhisme est, selon le point de vue occidental, une religion (notamment une religion d’État) ou une philosophie, voire les deux, dont les origines sont en Inde au 5ème siècle av. jc à la suite de l’éveil de Siddhartha Gautama et de son enseignement. Le bouddhisme est né en Inde à peu près à la même époque que Mahâvîra, qui rendit plus populaire le jaïnisme, avec lequel il partage une certaine tendance à la remise en cause de l’hindouisme (en particulier de la caste sacerdotale des brahmanes) tel que ce dernier était pratiqué à l’époque (6ème siècle av. jc). Le bouddhisme a repris et aménagé beaucoup de concepts philosophiques de l’environnement religieux de l’époque (tels que dharma et karma, par exemple).

[2] Le Tibet est une région de plateau située au nord de l’Himalaya en Asie, habitée traditionnellement par les Tibétains et d’autres groupes ethniques (Monbas, Qiang et Lhobas) et comportant également une population importante de Hans et de Huis. Le Tibet est le plateau habité le plus élevé de la planète, avec une altitude moyenne de 4 900 m. Au 7ème siècle, le Tibet unifié est fondé par Songtsen Gampo, qui crée par la guerre un vaste et puissant empire, qui, à son apogée, s’étend sur une bonne partie de l’Asie y compris certaines parties de la Chine

[3] aujourd’hui Xi’an

[4] Lhassa, capitale du royaume du Tibet depuis le 7ème siècle, puis de l’Ü-Tsang à partir de l’ère de la fragmentation fut le siège du gouvernement religieux puis politique du Ganden Phodrang, sous le règne religieux du Lozang Gyatso, 5ème dalaï-lama et temporel du Mongol qoshot Güshi Khan roi du Tibet sous le Khanat qoshot, sous la tutelle mandchoue de la dynastie Qing, puis sous le Tibet indépendant du 13ème dalaï-lama, au début du 20ème siècle, est actuellement le chef-lieu de la région autonome du Tibet, région autonome de la République populaire de Chine, appelée plus couramment Tibet, bien qu’elle ne couvre qu’environ la moitié du Tibet durant l’apogée de l’Empire du Tibet de 629 à 877.

[5] Le Qinghai est une province du nord-ouest de la République populaire de Chine. Il tire son nom du lac Qinghai, le plus grand lac salé du pays. Il est bordé au nord-est par le Gansu, au nord-ouest par le Xinjiang, au sud-est par le Sichuan et au sud-ouest par la région autonome du Tibet. Situé au nord-est du plateau tibétain, sa superficie est de 721 000 km². Le Qinghai a pour capitale Xining. La province est le creuset d’un grand nombre de groupes ethniques dont les Hans, les Tibétains, les Hui, les Tu, les Mongols et les Salar. Le Qinghai est également connu sous les noms mongol de Kokonor et tibétain de Tso-ngön du lac qui a donné son nom à la province.

[6] Le Royaume de Nanzhao est un ancien État qui a étendu sa domination dans une partie de l’actuel Yunnan en Chine pendant les 8ème et 9ème siècles de notre ère. Fondée en 737, la dynastie qui a régné sur le royaume fut renversée en 902.

[7] Le Sichuan est une province du centre-ouest de la Chine. Sa capitale est Chengdu.

[8] L’Amou-Daria connu sous l’ancien nom de Oxus ; est un fleuve d’Asie centrale du bassin endoréique de la mer d’Aral. L’Amou-Daria naît dans les montagnes du Pamir, traverse l’Hindou Kouch puis le désert du Karakoum et la Steppe de la Faim, avant de former un delta qui se jette dans la mer d’Aral.

[9] Le Monastère de Samyé est le premier monastère bouddhiste construit au Tibet. Érigé sous l’Empire du Tibet, vers l’an 779, il fut fondé vraisemblablement par Padmasambhava et Shantarakshita. Le monastère possède une palissade circulaire entourant plusieurs petits temples. Samyé est un endroit sacré important pour les pèlerinages tibétains. Il se situe à environ quatre heures d’autobus (environ 120 km au sud-est) du chef-lieu de la région autonome du Tibet, Lhassa, en République populaire de Chine. Il se trouve dans une zone touristique restreinte contrôlée par Pékin.

[10] épouse mystique

[11] Le terme sanskrit et pali Vihara désigne un lieu d’hébergement pour les moines et les nonnes bouddhistes c’est-à-dire un monastère. Il peut aussi désigner un lieu d’agrément ou une promenade. Il s’agit à l’origine d’un refuge utilisé comme résidence fixe durant la saison des pluies (vassa) par les premiers moines bouddhistes qui, comme la majorité des ascètes de leur temps, pratiquaient l’errance.