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Kenneth 1er d’Écosse

mercredi 29 septembre 2021, par ljallamion

Kenneth 1er d’Écosse (vers 810-858)

Fondateur de la monarchie écossaise 

Le Duan Albanach [1] lui attribue un règne de 30 ans sur les Scots [2] et la Chronique Picte [3] un règne de 16 ans sur les Pictes [4].

Dans la généalogie des rois d’Écosse, son père, Álpin II de Dalriada , apparaît comme le fils d’ Eochaid mac Áeda , fils d’ Áed Find , un roi de Dal Riada [5].

Kenneth apparaît lui-même pour la première fois dans les annales des quatre maîtres [6] compilées au 17ème siècle. Sous l’année 835, où il est rapporté que le seigneur d’Airgialla peut-être dans les Hébrides [7] et pas l’Airgialla/Oriel [8] en Irlande Gofraid mac Fergusa , vient en Alba [9], pour renforcer le Dal Riata, à la demande de Kenneth MacAlpin

En 839, Eòganán des Pictes , son frère Bran, et Áed mac Boanta ainsi que de nombreux autres sont tués dans une désastreuse bataille contre les païens, probablement des Danois. Dans le royaume Picte, il est suivi par un certain Uurad mac Bargoit qui règne pendant 3 ans.

Le royaume de Dal Riada semble dans ce contexte n’avoir été entre les mains d’Alpin le père de Kenneth pour une seule année 839/840. Il est ensuite indiqué qu’il est tué par les Pictes comme le note la très postérieure “chronique de Huntingdon”, qui est en la matière une autorité contestable.

La source la plus importante sur Kenneth est la Chronique des Rois d’Alba [10]. Selon cette Chronique Kenneth tient le Dal Riada, pendant 4 ans avant de venir en Pictavia. Puis ayant détruit les Pictes, il règne sur la Pictavia pendant 16 ans soit 842 à 858 en prenant en compte la date de sa mort relevée par les Chroniques d’Irlande [11].

Après le massacre en 825 de la communauté d’Iona [12] et le martyr de Blathmac entre les mains des vikings, l’abbaye était quasi abandonnée. Selon la Chronique des Rois d’Alba vers 849 Kenneth transfère les reliques de Colomba d’Iona vers l’église qu’il a fait édifier pour cela à Dunkeld [13] sur le fleuve Tay [14] dans l’actuel Perthshire [15]. La même année les Chroniques d’Irlande notent que Innrechtach ua Finsnechtai, l’abbé d’Iona, vient se réfugier en Irlande et s’établit à Kells [16] édifiée entre 807/814. Il s’agit donc d’un véritable partage de l’héritage de Colomba avec la création d’une église pour les Pictes du sud. 16 ans plus tard en 865 les Annales d’Ulster [17] relèvent d’ailleurs la mort de Tuathal mac Artgus.

Kenneth serait mort d’une tumeur, à Scone [18], probablement le mardi 8 février 858, Kenneth 1er, désigné dans son obituaire comme rex Pictorum est réputé par les Listes royales, comme ses successeurs jusqu’au 11ème siècle, avoir été inhumé dans l’île de Iona. Son frère Donald 1er , lui succède selon la règle de la tanistrie [19]. Kenneth 1er laisse toutefois deux fils qui accéderont au trône après 862 et deux filles

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de l’Ecosse des origines à 2013 (Michel Duchein) Texto - Taillandier éditeur

Notes

[1] Le Duan Albanach (Chant des Scots) est un poème composé en vers gaéliques dont la copie la plus complète est annexée à la version irlandaise de l’Historia Brittonum de Nennius. Le texte a vraisemblablement été composé à la fin du 11ème siècle.

[2] Les Scots sont un peuple celte originaire de l’est de l’Irlande qui commença à s’établir dans l’île de Bretagne entre les rivières Clyde et Solway aux 3ème et 4ème siècles de l’ère chrétienne. L’Écosse actuelle leur doit son nom (Scotland). Les premiers Scots affrontèrent les Britto-romains lors de raids qui se transformèrent en établissements durables, profitant sans doute d’un dépeuplement précoce des régions où ils effectuaient leur piraterie. Peu avant 500, ces Scots s’établirent sur les côtes du Devon et du pays de Galles, mais ils n’y établirent pas d’ensembles politiques durables. On leur doit toutefois l’introduction de l’écriture oghamique sur l’île. Plus au nord, les Scots devinrent dans un premier temps les voisins immédiats et les rivaux occidentaux des Pictes, les anciens habitants de la Calédonie. Cette région, qui n’avait jamais été conquise par Rome, passa progressivement sous leur contrôle du 6ème au 9ème siècle. Dès le 6ème siècle, les Scots durent cependant résister aux Anglo-Saxons, établis durablement au sud du Forth avant 500, contrairement aux Bretons, les Scots nouèrent de nombreux contacts avec ces nouveaux venus, surtout à l’est avec le royaume septentrional de Northumbrie. Au 7ème siècle, les Scots chrétiens jouèrent en particulier un rôle important dans l’évangélisation des Anglo-Saxons, rôle qui fut ensuite éclipsé par Rome.

[3] La Chronique picte est un nom souvent attribué par les historiens à une liste des rois des Pictes débutant des milliers d’années avant l’histoire connue des Pictes et s’achevant après l’intégration du royaume picte au royaume d’Alba.

[4] Les Pictes étaient un peuple établi principalement dans les Lowlands de l’Écosse. Les migrations Pictes s’installent entre les différentes vagues de migrations goïdeliques (gaëliques) et gallo-britonniques. Leurs ancêtres seraient venus du continent à la fin de la préhistoire, peut-être au cours du 1er millénaire avant jc. Leur première mention est due à l’orateur breton Eumenius, en 297, ce dernier les cite aux côtés des Hibernii (les Irlandais) comme ennemis des Bretons.

[5] Le Dal Riada était un royaume scot situé sur la côte nord-est de l’Irlande et la côte ouest de l’Écosse.

[6] Les Annales des quatre maîtres ou, de façon plus complète, les Annales du royaume d’Irlande par les quatre maîtres (anglais : Annals of the Four Masters, A.F.M) sont des chroniques de l’histoire médiévale irlandaise. L’ensemble couvre la période allant du Déluge en 2242 de l’âge du monde, soit 2 958 av. jc à 1 616. Toutefois, les entrées les plus anciennes ne datent que de 550.

[7] Les Hébrides sont un archipel du Royaume-Uni. Situé au sud de la mer d’Écosse, cet archipel comprend les Hébrides intérieures et les Hébrides extérieures, séparées par la mer des Hébrides et le Little Minch. Ces îles ont une longue histoire de peuplement remontant au Mésolithique et leurs cultures ont été successivement influencées par les peuples de langues celtiques, nordiques et anglophones.

[8] Le royaume d’Airgíalla ou Airgialla est le nom d’une fédération de royaume irlandais qui s’est formée vers le 7ème siècle. Leur implantions historique s’étend sur les provinces actuelles de Leinster et d’Ulster et correspondant aux modernes Comté de Louth, et Comté de Monaghan. Dans les anciens manuscrits, l’évêque du Diocèse de Clogher est nommé Évêque d’ Oirialla.

[9] Alba est le nom gaélique, gallois, cornique et breton de l’Écosse. L’irlandais utilise également le mot Alba, alors que le vieux gaélique emploie le terme Albu.

[10] un récit règne par règne qui s’étend de Kenneth à la fin du 10ème siècle

[11] Les Chroniques d’Irlande est le nom moderne donné à une présumée collection d’annales ecclésiastiques, ayant enregistré les événements en Irlande entre les années 432 et 911. Plusieurs annales anciennes, existant encore maintenant, rapportent les événements dans le même ordre et avec des mots identiques jusqu’en 911, date à partir de laquelle elles poursuivent des narrations différentes.

[12] Iona est une petite île du nord-ouest de l’Écosse, dans les Hébrides intérieures, séparée de l’île de Mull par le détroit d’Iona. L’île, avec 4,8 km du nord au sud et 2,4 km de d’est en ouest, s’étend sur 800 hectares. Le point le plus élevé, Dun I, culmine à 101 m. En 563, saint Colomba d’Iona ou Columcille, exilé d’Irlande, a fondé un monastère sur l’île sous le double patronage de Conall mac Comgaill, roi de Dal Riada, et de Brude mac Maelchon, roi des Pictes. Sa communauté connut une belle évolution, comme en témoignent les croix savamment sculptées et les pierres tombales, mais fut décimée par les invasions nordiques au 8ème et au 9ème siècles.

[13] Dunkeld est une petite ville d’Écosse. À partir de l’an 700, elle fut un centre monacal et rivalisa pendant une brève période avec Scone. On y construisit une majestueuse cathédrale gothique. Aujourd’hui, la petite ville de Dunkeld est concentrée autour du charmant enclos au bord de l’eau de sa cathédrale partiellement en ruine.

[14] La Tay est le plus long fleuve d’Écosse avec une longueur de 193 km. Issu des monts Grampians, le fleuve s’élargit dans sa partie centrale pour former le loch Tay, arrose Perth puis s’ouvre en Mer du Nord par un large estuaire au bord duquel se trouve Dundee. Cet estuaire est connu sous le nom de Firth of Tay.

[15] Le Perthshire est un ancien comté du centre de l’Écosse, dont la capitale était Perth. Il a depuis été incorporé à la région de Perth and Kinross

[16] Kells est une localité irlandaise située dans le comté de Meath. La ville a un riche passé historique : l’abbaye de Kells et sa tour sont associées à saint Colomba et au Livre de Kells, aujourd’hui conservé au Trinity College de Dublin.

[17] Les Annales d’Ulster sont des chroniques de l’histoire médiévale irlandaise. Les entrées couvrent la période allant de 431 à 1540. Celles allant jusqu’à l’année 1489 furent compilées à la fin du 15ème siècle par le scribe Ruaidhri Ó Luinín, sous le patronage de Cathal Óg Mac Maghnusa, sur l’île de Belle Isle sur le lac Lough Erne, dans la province d’Ulster. Les entrées plus tardives furent rajoutées par d’autres auteurs.

[18] Scone est un village d’Écosse, dans la région de Perth and Kinross. À Scone se trouvait la Pierre du destin, dite aussi Pierre de Scone, sur laquelle les rois d’Écosse étaient couronnés. La pierre fut emmenée comme butin de guerre à Westminster par le roi Édouard 1er d’Angleterre en 1296. Mais les rois écossais continuèrent à se faire couronner à Scone, jusqu’à Charles II, en 1651.

[19] La tanistrie ou tanistry est une loi de succession coutumière qui fut pratiquée sous une forme ou sous une autre par certains groupes celtes et pictes. Elle fut également pratiquée par certains peuples germaniques et slaves, et fut une coutume germanique durant le Moyen Âge. Suivant cette coutume, le successeur d’un roi ou d’un chef de clan doit être choisi parmi sa parenté, mais de préférence parmi des collatéraux (frères, cousins, neveux) plutôt que parmi ses descendants directs. Le successeur est en général choisi du vivant du chef précédent et est alors appelé tanist. La loi précise généralement que le tanist, ne doit souffrir d’aucune infirmité mentale ou physique, et qu’il doit être reconnu comme le plus méritant parmi les candidats. Suivant les cas, il est choisi par le roi précédent lui-même ou par un conseil des anciens, des chefs et des princes.