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Bajazet II ou Bayezid II

jeudi 14 janvier 2021, par ljallamion

Bajazet II ou Bayezid II (1447-1512)

8ème sultan ottoman de 1481 à 1512

Fils de Mehmed II le Conquérant et de Mükrime Hatun , naît à Dimetoka [1], en Thrace [2]. À l’âge de 7ans, il fut nommé gouverneur de la ville d’Amasya [3], centre culturel depuis le règne des Seldjoukides [4] ; son conseiller s’appelait Hadım Ali Paşa .   Épris de savoir, Bajazet apprit l’arabe, le persan, la théologie, la philosophie et les mathématiques. Amateur de poésie, il recevait les poètes les plus réputés. Il rendit aux institutions religieuses les biens que son père avait confisqués au profit de l’État, ce qui lui a valu le surnom de Sofu [5]. Il fit enlever toutes les peintures que des artistes italiens avaient exécutées au cours du règne de Mehmed II. Comme sultan, il travailla à améliorer le fonctionnement des institutions politiques à l’intérieur de son Empire.   Il dut aussi combattre les ambitions de son frère Djem dit Zizim . Ce dernier se réfugia auprès des chevaliers de l’ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem [6] à Rhodes [7]. À défaut de pouvoir faire assassiner son frère, Bajazet paya une pension aux chevaliers afin qu’ils gardassent Djem prisonnier. Celui-ci servit de moyen de pression sur le sultan pour les souverains turcs et les papes. D’abord, ils réclamèrent la pension sous peine de libérer Djem qui redeviendrait ainsi un adversaire. Cette menace brandie sur Bajazet le retint d’intervenir en Méditerranée occidentale et en Europe. Le prince ottoman finit sa vie à Bourganeuf [8] dans la tour Zizim construite à son intention, puis à Naples [9] où il meurt en 1495. Certaines sources laissaient entendre que Bajazet serait parvenu à le faire empoisonner.   L’Empire ottoman [10] connut de nombreuses guerres pendant le règne de Bajazet. Il prit l’Herzégovine [11] sous son contrôle direct en 1483.   Il entra en conflit avec les Mamelouks [12] d’Égypte, qui étendaient leur territoire vers le nord jusqu’à Adana [13] en 1488. Les Ottomans durent se résigner à la conclusion d’une paix en mai 1491, paix qui dura jusqu’à la mort de Bajazet.   Il autorisa en 1492 les Juifs d’Espagne, victimes des persécutions de l’inquisition espagnole, à s’établir en Turquie, accueillant ainsi 200 000 Juifs. Il envoya la marine turque en Espagne pour les recueillir.   Avec la construction de nouveaux bateaux et le recrutement de corsaires expérimentés, les frères Arudj et Khayr ad-Din Barberousse entre autres, il se dota d’une force navale qu’il opposa avec succès aux Vénitiens [14], leur prenant les villes de Coron [15], Lépante [16], Modon [17] et Durazzo [18] entre 1499 et 1502. Il conduisit lui-même le siège de Modon.   Il fit la guerre aux Hongrois, mais comme avec les Mamelouks, il dut signer la paix en 1503.   Sur le front perse, la bataille de Shurur [19] avait amené au pouvoir le chah Ismaël 1er . Celui-ci représentait un danger pour le sultan à cause de la propagande chiite [20] dans les régions kurdes [21]. Les forces destinées à maintenir la frontière orientale furent subverties par les trois fils aînés du sultan qui s’en servirent pour le combattre.   En 1509, Istanbul [22] a été en grande partie détruite par un tremblement de terre. Une politique systématique de peuplement turc a été menée dans la ville et dans toute l’Europe balkanique. Il y a aussi été fait appel à des non Turcs et à des non Musulmans, de façon à donner à la ville un aspect et une activité dignes d’une grande capitale.   Les dernières années du règne de Bajazet II sont marquées par les progrès de l’administration turque.   Les traités de paix avec ses voisins lui donnèrent les moyens de combattre les rébellions des tribus turcomanes en Anatolie [23]. Malgré cela, les rebelles parvinrent à tuer le grand vizir [24] Ali Pacha au cours des combats.   Bajazet avait apanagé ses fils : Ahmed, l’aîné, à Amasya [25], Sélim à Trébizonde [26] et Korkud à Antalya. Quant à Soliman, le fils de Sélim, il disposait de l’apanage de Crimée. L’aîné devait succéder à Bajazet, mais son incapacité à maintenir l’ordre en Anatolie incita son frère Sélim, à entrer en rébellion avec l’aide des janissaires [27] à partir de 1509. Ahmed remporta une victoire sur son frère Sélim avec l’aide de troupes safavides [28] et il marcha vers Istanbul pour tirer profit de sa victoire. Sélim organisa une révolte en Thrace, mais il fut battu par Bajazet et dut se réfugier en Crimée auprès de son fils.   Bajazet se mit alors à craindre son fils Ahmed et lui interdit d’entrer à Istanbul. Sélim, de son côté, en profita pour revenir de Crimée. Toujours avec l’aide des janissaires, il vainquit son père et finit par le contraindre à l’abdication le 24 avril 1512. Bajazet est mort un mois plus tard en se réfugiant à Dimetoka.   Quand il monta sur le trône, l’Empire ottoman avait une superficie de 2 214 000 km², dont 1 703 000 km² en Europe et 511 000 km² en Asie ; à sa mort, le territoire ottoman avait une superficie d’environ 2 375 000 km².   Bajazet II eut 8 épouses, huit fils et six filles.   En avril 1513, Sélim défait son frère Ahmed près de Yenişehir [29], dans l’actuelle province de Bursa [30], et le fait exécuter.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jean-Michel Sallmann, Géopolitique du xvie siècle (1490-1618), (Nouvelle histoire des relations internationales) Paris, Le Seuil, "Points histoire", 2003

Notes

[1] Didymotique, est une ville de Thrace, située au nord-est de la Grèce dans le district régional (préfecture) de l’Évros. Le nom peut être romanisé de plusieurs façons et plusieurs graphies sont donc utilisées. Elle est appelée en turc Dimetoka.

[2] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[3] Amasya est la ville capitale de la province turque de même nom. Sous le nom d’Amasée ou Amasia elle était la capitale de la province de Diospontus ou Hélénopont créée par Dioclétien, rattachée au diocèse du Pont.

[4] Les Seldjoukides, sont les membres d’une tribu turcique qui a émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur l’Iran, puis sur un vaste domaine comprenant l’Irak actuel, et l’Asie Mineure, entre le milieu du 11ème siècle et la fin du 12ème siècle.

[5] le Pieux

[6] L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, généralement connu, dès le 12ème siècle, sous le nom de Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani, est un ordre religieux catholique hospitalier et militaire qui a existé de l’époque des Croisades jusqu’au début du 19ème siècle. Son origine remonterait à la fin du 11ème siècle dans l’établissement des marchands amalfitains à Jérusalem et la création d’hôpitaux, d’abord à Jérusalem, puis en Terre sainte, d’où leur nom d’« Hospitaliers ». À la suite de donations, ils vont posséder des établissements, prieurés et commanderies dans toute l’Europe catholique. À l’instar des Templiers, il assume rapidement une fonction militaire pour défendre les pèlerins qu’il accueille sur les chemins de Jérusalem, puis pour combattre les Sarrasins aux côtés des Francs de Terre sainte. Après l’expulsion des Croisés de Terre sainte en 1291, l’Ordre s’installe à Chypre avant de conquérir l’île de Rhodes en 1310 et de devenir une puissance maritime pour continuer à être le rempart de la chrétienté contre les Sarrasins. À la suite de la disparition de l’ordre du Temple en 1314, les Hospitaliers reçoivent les biens des Templiers, ce qui fait d’eux l’ordre le plus puissant de la chrétienté. Expulsé de Rhodes en 1523 par la conquête turque, l’Ordre s’installe à Malte en 1530, dont il est considéré comme le souverain, par décision de Charles Quint.

[7] Rhodes est une île grecque, la plus grande île du Dodécanèse. Elle est située au sud-est de la mer Égée, à 17,7 km de la Turquie, entre la Grèce et l’île de Chypre. Le colosse de Rhodes, l’une des sept merveilles du monde, était une statue gigantesque, traditionnellement située à l’entrée du port de la ville de Rhodes.

[8] Bourganeuf est une commune française située dans le département de la Creuse. Bourganeuf doit sa création médiévale aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ordre religieux et militaire créé en 1104. Depuis le 12ème siècle, jusqu’à la Révolution de 1789, les Chevaliers ont habité Bourganeuf

[9] Naples est une ville d’Italie, chef-lieu de la région de Campanie. L’histoire de Naples s’étend sur plus de 28 siècles. Sous le nom de Parthénope, elle fut fondée durant l’Antiquité par la cité voisine de Cumes. Elle s’étend ensuite rapidement jusqu’à devenir un des principaux centres commerciaux, culturels, philosophiques et politiques de la Grande-Grèce puis de l’Empire romain. Après avoir été brièvement dépendante de l’Empire byzantin, elle devient autonome au sein du duché de Naples. Dès le 13ème siècle et pour ensuite plus de 600 ans, elle devient successivement la capitale du royaume de Naples puis du royaume des Deux-Siciles. Elle reste alors un des principaux centres de développement économiques et technologiques d’Europe jusqu’à son annexion au royaume d’Italie en 1860, date à laquelle elle entame un relatif déclin socio-économique.

[10] L’Empire ottoman connu historiquement en Europe de l’Ouest comme l’Empire turc, la Turquie ottomane6 ou simplement la Turquie, est un empire fondé à la fin du 13ème siècle au nord-ouest de l’Anatolie, dans la commune de Söğüt (actuelle province de Bilecik), par le chef tribal oghouze Osman 1er. Après 1354, les Ottomans entrèrent en Europe, et, avec la conquête des Balkans, le Beylik ottoman se transforma en un empire trans-continental. Après l’avoir encerclé puis réduit à sa capitale et à quelques lambeaux, les Ottomans mirent fin à l’Empire byzantin en 1453 par la conquête de Constantinople sous le règne du sultan Mehmed II. Aux 15ème et 16ème siècles, à son apogée, sous le règne de Soliman Ier le Magnifique, l’Empire ottoman était un empire multinational et multilingue contrôlant une grande partie de l’Europe du Sud-Est, des parties de l’Europe centrale, de l’Asie occidentale, du Caucase, de l’Afrique du Nord, sauf le royaume du Maroc et le Sahara. Au début du 17ème siècle, l’Empire comprenait 32 provinces et de nombreux États vassaux.

[11] Entre 1463 et 1527, les Ottomans conquièrent ces territoires qui constituaient le royaume de Bosnie, le duché d’Herzégovine et une partie du royaume de Croatie uni à la Hongrie. Ils les intègrent au pachalik de Roumélie, une subdivision administrative qui englobait initialement toutes les parties européennes de l’Empire, soit les Balkans. De 1463 à 1580, le sandjak de Bosnie est une partie de ce pachalik.

[12] Les mamelouks sont les membres d’une milice formée d’esclaves affranchis au service de différents souverains musulmans, milice qui a occupé le pouvoir à de nombreuses reprises. Les premiers mamelouks forment, au 9ème siècle, la garde des califes abbassides à Bagdad. Ils sont d’abord recrutés parmi les captifs non musulmans en provenance du Turkestan actuel, du Caucase (Circassiens, Géorgiens, etc.), d’Europe orientale (Slaves orientaux) ou de Russie méridionale (plaines du Kipchak). Au départ, la position n’est pas héréditaire. Certains mamelouks parviennent à des positions importantes de commandement militaire. Ils sont ensuite au service de la dynastie ayyoubide.

[13] Adana est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom, située à 30 kilomètres de la côte méditerranéenne. La ville comprend quatre districts, Yüreğir, Çukurova, Sarıçam et Seyhan.

[14] La république de Venise, parfois surnommée « la Sérénissime », est une ancienne thalassocratie d’Italie, progressivement constituée au Moyen Âge autour de la cité de Venise, et qui s’est développée par l’annexion de territoires divers en Italie du Nord, le long des côtes de la mer Adriatique et en Méditerranée orientale : les « Domini di Terraferma », l’Istrie, la Dalmatie, les bouches de Cattaro, l’Albanie vénitienne, les îles Ioniennes, la Crète, l’Eubée, Chypre et d’autres îles grecques, jusqu’à devenir une des principales puissances économiques européennes.

[15] Koróni (anciennement Coron) est une ville de Messénie, au sud du Péloponnèse. La ville est située dans le golfe de Messénie, à 56 km par la route au sud-ouest de Kalamata. Elle se niche sur une colline en contrebas d’une forteresse vénitienne au bord du golfe.

[16] Naupacte est une ancienne cité de Locride, en Grèce, situé sur la côte septentrionale du golfe de Corinthe. À l’époque moderne, elle s’appelle Lépante.

[17] Methóni (anciennement Méthone ou Modon) est une ville grecque de Messénie, dans le Péloponnèse. Methóni est située à 11 km au sud de Pylos et à 11 km à l’ouest de Foinikoúnta.

[18] Durrës est la deuxième plus grande ville d’Albanie après Tirana. Elle est le principal port du pays. Dans l’Antiquité, elle fut la capitale de la province d’Épire, sous les noms d’Épidamne ou Dyrrhachium

[19] La bataille de Sharur est la bataille entre le sultan Akkoyunlu Elvend Mirza et le cheikh safavide Ismail en août 1501, près de la ville de Sharur , maintenant dans les frontières de la République autonome de Nakhitchevan . La bataille aboutit à la victoire décisive de l’armée safavide.

[20] Le chiisme constitue l’une des deux principales branches de l’islam, l’autre étant le sunnisme. Il regroupe environ 10 à 15 % des musulmans, dont 90 % de la population iranienne]. Il pensait que les Perses étaient favorables aux Hachémites[[La dynastie des Hachémites désigne les descendants de Hachim ibn Abd Manaf, de la tribu des Quraychites. Les Hachémites ont longtemps été les gardiens de la ville sainte de La Mecque, ils sont aujourd’hui la famille royale régnant en Jordanie, et ont régné sur le Royaume d’Irak jusqu’à la révolution républicaine de 1958.

[21] Le Kurdistan (signifiant littéralement « pays des Kurdes » ou simplement Kurdistan, est une région géographique et culturelle d’Asie occidentale, majoritairement peuplée par les Kurdes. Cette région s’étend dans le sud-est de la Turquie, dans le nord-est de l’Irak, dans le nord-ouest de l’Iran et sur deux petites régions au nord-est et au nord-ouest de la Syrie. Sur ces quatre pays, seuls deux reconnaissent officiellement une région sous la dénomination de « Kurdistan » : l’Iran avec sa province du Kurdistan et l’Irak avec sa région autonome du Kurdistan. Dans certaines villes kurdes, les établissements urbains peuvent remonter à la préhistoire, notamment à Piranshahr (8 000 ans d’habitat urbain) et à Erbil (6 000 ans d’habitation urbaine).

[22] Istanbul ou Istamboula, appelé officiellement ainsi à partir de 1930 et auparavant Constantinople, est la plus grande ville et métropole de Turquie et la préfecture de la province homonyme, dont elle représente environ 50 % de la superficie mais plus de 97 % de la population.

[23] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[24] Le grand vizir est le titre du chef du gouvernement de l’Empire ottoman ainsi que des souverains marocains et tunisiens.

[25] Amasya est la ville capitale de la province turque de même nom. Amasya est la ville natale du grand historien et géographe grec Strabon. Sous le nom d’Amasée ou Amasia elle était la capitale de la province de Diospontus ou Hélénopont, créée par Dioclétien et rattachée au diocèse du Pont.

[26] rabzon ou Trébizonde (d’après son nom antique), est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom, située au bord de la mer Noire, dans la région de la mer Noire. Capitale culturelle et historique de la région de la mer noire (karadeniz). Depuis sa fondation par des colons grecs autour du 7ème siècle av. jc, Trébizonde, capitale de la région du Pont a souvent constitué un des centres commerciaux et politiques majeurs de la côte sud de la mer Noire. Trabzon a longtemps été un lieu de passage obligé pour les voyageurs s’aventurant en Asie, comme Xénophon, Evliya Çelebi, Marco Polo, Nicolas Bouvier. C’était un lieu essentiel pour le commerce international, ce qui justifia l’ouverture éphémère de consulats français et anglais dans la ville. Au Moyen Âge, elle fut une étape de la Route de la Soie ; Marco Polo y passa à son retour de Chine, alors que la ville était capitale de l’Empire de Trébizonde, qui se trouva coupé de l’Empire byzantin par la quatrième croisade de 1204 et lui survécut jusqu’en 1461 lorsque le sultan ottoman Mehmed II s’en empara.

[27] Les janissaires formaient un ordre militaire très puissant composé d’esclaves d’origine européenne et de confession chrétienne, ils constituaient l’élite de l’infanterie de l’armée ottomane, à l’apogée de l’Empire ottoman. Les janissaires appartenaient à la classe des « esclaves de la Sublime Porte », qui occupait les postes les plus influents dans l’administration et l’armée. Ils ont commencé en tant que corps d’élite d’esclaves, composé de jeunes garçons chrétiens kidnappés qui ont été forcés de se convertir à islam, et sont devenus célèbres pour leur cohésion interne et leur discipline. Contrairement aux esclaves typiques, ils étaient régulièrement payés. Interdit de se marier ou de s’engager dans le commerce, on s’attendait à leur dévouement total au Sultan. Au 17ème siècle, en raison d’une augmentation spectaculaire de la taille de l’armée permanente ottomane, la politique de recrutement initialement stricte du corps a été assouplie. Le corps a été aboli par le sultan Mahmoud II en 1826 lors du Vaka-i Hayriye dans lequel 7 000 janissaires ont été massacrés à Constantinople, 120 000 dans tout le pays sur 140 000 janissaires.

[28] La dynastie des Séfévides ou Safavides régna sur la Perse de 1501 à 1736. Succédant aux Timourides, ils sont la première dynastie totalement indépendante à régner sur l’Iran depuis près de 500 ans. Les Safavides sont issus d’un ordre religieux sunnite soufi militant fondé au 14ème siècle. Bien que turcophones, leur origine ethnique n’est pas assurée, car les Safavides l’ont délibérément falsifiée pour des raisons idéologiques ; ils pourraient être kurdes. Convertis au chiisme duodécimain au cours du 15ème siècle, peut-être sous Khwajeh Ali ou sous Jonayd, ils proclament cette branche de l’islam religion d’État lorsque leur dirigeant, Ismaïl, prend le pouvoir en 1501. Soutenu par les nomades turcs Qizilbash, à partir de 1508, Ismaïl règne sur l’ensemble des territoires auparavant dominés par les Aq Qoyunlu, également des turcophones. À partir de 1510, les Séfévides, dont la montée en puissance va de pair avec la création d’une théocratie dirigée par le shah, s’opposent à l’est aux Ouzbeks également turcophones et dirigés par Mohammad Shaybânî, et à l’ouest aux Ottomans, défenseurs du sunnisme.

[29] Yenişehir est une ville et un district de la province de Bursa dans la région de Marmara en Turquie.

[30] Bursa, l’antique Pruse, plus tard connue en français sous le nom de Brousse, est une ville du nord-ouest de l’Anatolie en Turquie, capitale de la province du même nom.