Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 9ème siècle > Tâhir ben Husayn dit Tahir 1er

Tâhir ben Husayn dit Tahir 1er

mercredi 16 septembre 2020, par ljallamion

Tâhir ben Husayn dit Tahir 1er (?-822)

Général au service du calife abbasside Al-Ma’mûn

Nommé gouverneur du Khorasan [1], il prit son indépendance au point de créer une nouvelle dynastie locale en Perse les Tâhirides.

Tâhir ben Husayn a été le bras armé du calife Al-Mamûn pendant sa prise du pouvoir contre son frère Al-Amîn . Les armées de Al-Amîn venues d’Irak et de Syrie et celles de Al-Ma’mûn venue du Khorasan et conduites par Tâhir, s’affrontèrent une première fois près de Ray [2]. La bataille commença par un combat singulier entre les deux généraux, mais l’armée du Khorasan fit une charge qui mit en déroute l’armée de Bagdad. Al-Mamûn fut alors acclamé comme calife dans le Khorasan et le Tabarestan [3]. Al-Amîn se replia sur Bagdad où il dut faire face à des mutineries dans l’armée.

En 813, une nouvelle série de défaites à Bassora [4] et aux portes de Bagdad des armées de Bagdad, de nouvelles mutineries dans la troupe, et une révolte de la population de Bagdad ont obligé Al-Amîn à se replier dans les palais. Le 1er septembre 813, le palais fut pris d’assaut par les troupes de Al-Mamûn.

Tâhir, outrepassant les ordres du calife qui lui avait demandé de faire prisonnier Al-Amîn, le fit décapiter.

Tâhir a aussi participé à la reconquête de l’Irak après la période de dissidence conduite par Ibrahim, fils du calife Al-Mahdî. Les généraux de Bagdad apprenant l’arrivée d’Al-Mamûn, trahirent Ibrâhîm et se ralliaient à lui. Ibrâhîm s’est enfui, La ville de Bagdad reçut Al-Mamûn et Tâhir le 12 août 819 portant à nouveau le costume noir des abbassides [5].

En 821, en remerciement de ses services, Al-Mamûn a nommé Tâhir gouverneur du Khorasan. Cependant Al-Mamûn se méfiait de Tâhir surtout après avoir appris de Zubayda le récit de l’assassinat de Al-Amîn par Tahîr.

En 822, Tâhir a omis de citer le calife dans la prière du vendredi, déclarant ainsi son indépendance. Al-Mamûn avait introduit un esclave avec pour mission d’empoisonner Tâhir s’il venait à déclarer son indépendance. Le soir même, l’esclave accomplit sa mission et Tâhir fut assassiné.

Mamûn laissa Talha , le fils de Tâhir lui succéder. Cette décision allait sanctionner le démembrement de l’empire. Les Tâhirides, successeurs de Tâhir, peuvent être considérés comme les premiers instaurateurs d’un État indépendant en Iran après la conquête arabe en 642.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Tahir ibn Husayn »

Notes

[1] Le Khorassan est une région située dans le nord-est de l’Iran. Il a été donné à la partie orientale de l’empire sassanide. Le Khorassan est également considéré comme le nom médiéval de l’Afghanistan par les Afghans. En effet, le territoire appelé ainsi englobait en réalité l’Afghanistan actuel, le sud du Turkménistan, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, ainsi que le nord-est de l’Iran.

[2] Rayy, Ray ou Rey actuellement Chahr-e-Rey, autrefois Ragâ dans l’Avesta, Ragès dans la Bible sous Alexandre le Grand puis Europos pour les Séleucides et nommée ensuite Arsacia par les Parthes arsacides. Ville de la province de Téhéran, située à 10 km au sud de la ville de Téhéran dans le district de Shahrak-e Rah-Ahan du district.

[3] Le Tabarestan est une région ancienne d’Iran. Elle s’étendait du sud et sud-est de la mer Caspienne sur un territoire de 500 km de long sur 70 km de large. Elle correspond aux provinces actuelles de Mazandéran, Gilan, Golestan et au nord de la province Semnan ainsi qu’une petite région du Turkménistan

[4] Bassora ou Bassorah ou Basra est la deuxième ville d’Irak, après Bagdad, la capitale. C’est la capitale de la province d’Al-Basra. Principal port du pays, la ville est située sur le Chatt-el-Arab, estuaire commun des fleuves Tigre et Euphrate, à 55 km en amont du golfe Persique et à 550 km de Bagdad. Bassora est, avec Koufa (située plus au nord), un ancien « misr » (au pluriel « amsar » : ville-camp), bâtie en 638 par Omar, le deuxième calife bien-guidé, lors de l’expansion musulmane. Afin de maintenir la distinction entre « croyants » (les convertis à l’islam) et les autres populations, les musulmans y vivaient. Ce confinement ethnique et religieux a, à maintes reprises, fait de la ville un lieu de bouillonnement idéologique.

[5] Les Abbassides sont une dynastie arabe musulmane qui règne sur le califat abbasside de 750 à 1258. Le fondateur de la dynastie, Abû al-Abbâs As-Saffah, est un descendant d’un oncle de Mahomet, Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Proclamé calife en 749, il met un terme au règne des Omeyyades en remportant une victoire décisive sur Marwan II à la bataille du Grand Zab, le 25 janvier 750. Après avoir atteint son apogée sous Hâroun ar-Rachîd, la puissance politique des Abbassides diminue, et ils finissent par n’exercer qu’un rôle purement religieux sous la tutelle des Bouyides au 10ème siècle, puis des Seldjoukides au 11ème siècle. Après la prise de Bagdad par les Mongols en 1258, une branche de la famille s’installe au Caire, où elle conserve le titre de calife sous la tutelle des sultans mamelouks jusqu’à la conquête de l’Égypte par l’Empire ottoman, en 1517.