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Muhammad al-Mahdî ben `Abd Allah al-Mansûr dit Al-Mahdi

dimanche 2 juillet 2017

Muhammad al-Mahdî ben `Abd Allah al-Mansûr dit Al-Mahdi (746-785)

Troisième calife abbasside

Il succéda à son père Al-Mansûr comme calife en 775. Sous le règne de son père Al-Mahdî avait mené une campagne victorieuse contre une rébellion au Khorasan [1] en 760.

Il fut proclamé calife alors que son père al-Mansûr était encore sur son lit de mort. Mais son successeur désigné devait être son oncle `Isâ. Cet oncle avait été évincé par al-Mansûr au profit de Al-Mahdî.

Al-Mahdî commença par proposer d’importantes sommes d’argent afin qu’il renonce à son droit de succession. Après diverses manœuvres Al-Mahdî obtint ce qu’ildésirait : `Isâ renonçait à son droit de succession ; son fils Mûsâ al-Hadî fut désigné comme successeur et après lui son second fils Hârûn ar-Rachîd .

Al-Mahdî poursuivit la mise en place de l’administration abbasside en créant de nouveaux dîwân [2]. Les qâdi [3] furent rémunérés et certaines lois contre les non arabes furent abolies.

Mais son califat est également celui du développement de la culture musulmane à Bagdad grâce à une ouverture à la sagesse antique et le début de l’âge d’or de “la civilisation islamique classique”.

En effet, al-Mahdî est à l’initiative de la grande entreprise de traduction des classiques grecs en arabes via le syriaque. C’est d’ailleurs pour la traduction des “Topiques d’Aristote” que al-Mahdî se rapproche de Timothée , le catholicos [4] de l’église nestorienne [5].

Les Barmécides [6] qui avaient fourni des vizirs depuis le règne de Abû al-`Abbâs As-Saffah , dirigèrent ces nouveaux ministères. Al-Mahdî construisit des routes, instaura un système postal et fit la guerre aux byzantins. L’usage du papier, à la place du parchemin et ou du papyrus, se généralisa. Des rues entières de Bagdad se consacrèrent au commerce du papier et des livres.

Al-Mahdî maintenait une politique religieuse assez rigoureuse, il poursuivit les dualistes [7].

Al-Mahdî déclara que le calife n’était pas seulement un souverain, mais qu’il était de son devoir de définir l’orthodoxie religieuse afin de maintenir la cohésion de la communauté des croyants [8]. Ce nouveau pouvoir sera lourd de conséquences sous le règne de Al-Mâ’mûn .

Il fait assassiner en prison le septième imâm chiite Mûsâ al-Kâzim ben Ja`far .

Al-Mahdî est mort en 785 soit d’un accident de cheval au cours d’une chasse, soit empoisonné, par erreur, par une esclave jalouse d’une rivale que le calife lui aurait préférée et qu’elle voulait éliminer.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Janine Sourdel et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, PUF, coll. « Quadrige »,‎ 2004, 1056 p. (ISBN 978-2-13-054536-1)

Notes

[1] Le Khorassan est une région située dans le nord-est de l’Iran. Il a été donné à la partie orientale de l’empire sassanide. Le Khorassan est également considéré comme le nom médiéval de l’Afghanistan par les Afghans. En effet, le territoire appelé ainsi englobait en réalité l’Afghanistan actuel, le sud du Turkménistan, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, ainsi que le nord-est de l’Iran.

[2] ministères

[3] juges

[4] Le titre de catholicos est un titre équivalent à celui de patriarche porté par des dignitaires de plusieurs Églises orthodoxes orientales, notamment les Églises de la tradition nestorienne et les Églises monophysites.

[5] Doctrine hérétique de Nestorius qui reconnaissait les deux natures du Christ, humaine et divine, mais en niait la consubstantialité ; de ce fait même, l’hérésie niait que la Vierge puisse être appelée « Mère de Dieu ». Malgré sa condamnation par le concile d’Éphèse (431), le nestorianisme gagna la Perse, puis l’Asie, jusqu’à l’Inde et la Chine. Au 12ème siècle époque de son apogée, l’Église nestorienne comptait quelque 10 millions de fidèles. Aujourd’hui, seuls subsistent quelques dizaines de milliers de fidèles, principalement en Iraq et aux États-Unis, la majorité des nestoriens ayant rallié l’Église catholique à partir du 18ème siècle

[6] Les Barmécides ou Barmakides sont les membres d’une famille de la noblesse persane originaire de Balkh en Bactriane (au nord de l’Afghanistan ). Cette famille de religieux bouddhistes (paramaka désigne en sanskrit le supérieur d’un monastère bouddhiste) devenus zoroastriens puis convertis à l’islam a fourni de nombreux vizirs aux califes abbassides. Les Barmakides avaient acquis une réputation remarquable de mécènes et sont considérés comme les principaux instigateurs de la brillante culture qui se développa alors à Bagdad.

[7] Pouvaient être accusés de dualisme les convertis zoroastriens, surtout chez les persans, mais aussi les soufis

[8] umma