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L’histoire pour le plaisir

Florus de Lyon

samedi 13 avril 2019, par ljallamion

Florus de Lyon (795/805-vers 860)

Diacre et lettré du 9ème siècle

Annotations de Florus de Lyon sur le sermon 20 de saint Augustin (Genève, Bibliothèque de Genève, lat. 16, fol. 16v)Né au tournant du siècle, il vécut et travailla à Lyon. Éduqué dans l’esprit de la Renaissance carolingienne [1] sous l’épiscopat de Leidrade, il assiste les évêques de Lyon. S’appuyant sur une culture personnelle encyclopédique et une bibliothèque particulièrement riche, il produit surtout des compilations, que ce soit de droit canon, de liturgie, de théologie, ou d’exégèse.

Mais il n’hésite pas à prendre la plume personnellement, soit pour défendre les droits de l’Église de Lyon quand il les estime bafoués, soit pour exposer un point de théologie, ou encore pour composer des poèmes.

Réputé de son vivant pour son expertise, il se montre conscient des aléas de la transmission des textes, et capable de discerner, arguments à l’appui, entre textes authentiques ou pseudépigraphes [2], en particulier pour saint Augustin, son auteur de prédilection. Enfin, la partie la moins visible de son activité mais non la moindre concerne la production de livres et la transmission des œuvres : formation des copistes, restauration d’anciens manuscrits, comparaison de différents manuscrits d’une même œuvre, établissement et production d’une édition.

Nous ne savons rien de ses origines ; il paraît avoir été élevé par l’Église de Lyon, qu’il appelle sa mère nourricière dans trois textes des années 835-838.

Sous sa férule, la bibliothèque qu’il enrichit deviendra une référence en Europe. Il fait restaurer des manuscrits anciens, comme le manuscrit grec de l’Ancien et du Nouveau Testaments appelé Codex Claramontanus* et le Codex Bezae Cantabrigiensis*.

Plusieurs de ses ouvrages autographes font partie des 55 manuscrits de la Bibliothèque épiscopale de Lyon constituant le fonds ancien de la Bibliothèque municipale de Lyon.

Il a composé le titulus [3] d’une abside sur laquelle au-dessus des peintures des martyrs, on voyait un Christ en Gloire, les symboles des Évangélistes, les Quatre fleuves du Paradis, la Jérusalem Céleste avec l’Agneau.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de Florus de Lyon, numéro de la Revue bénédictine, 2009, tome 119, fasc.2

Notes

[1] La renaissance carolingienne est une période de renouveau de la culture et des études en Occident sous les empereurs carolingiens, aux 8ème et 9ème siècles. La renaissance carolingienne, première période de renouveau culturel majeur au Moyen Âge à l’échelle de l’Occident, est une période d’importants progrès intellectuels, notamment grâce à la redécouverte de la langue latine, à la sauvegarde de nombreux auteurs classiques, et à la promotion des arts libéraux. Cette renaissance carolingienne est cependant nuancée par les historiens actuels car elle présuppose qu’il y a eu effondrement de la culture entre l’époque romaine et l’époque carolingienne, le Haut Moyen Âge, qualifié d’« Âge sombre », étant en effet réhabilité.

[2] Un pseudépigraphe est un texte faussement attribué à un auteur qui ne l’a pas écrit

[3] Un titulus est une inscription apposée sur tout type de support durant l’Antiquité.