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Abû al-`Âs “al-Murtazî” al-Hakam ben Hichâm ou Al-Hakam 1er

mardi 19 avril 2016, par ljallamion

Abû al-`Âs “al-Murtazî” al-Hakam ben Hichâm ou Al-Hakam 1er (771-822)

Émir omeyyade de Cordoue en 796

L'émir Omeyyade al-Hakkam lors de la nuit de la fosse (16 novembre 806), l'émir El-H'akam ben Hichâm, le souverain omeyyade d'Espagne, châtia les Tolédans, dont il tua plus de cinq mille des principaux. Les Tolédans, en effet, avaient formé des entreprises contre les émirs et refusé plus d'une fois de leur obéirIl succède à son père Hichâm 1er comme émir omeyyade de Cordoue [1] en 796 qui, pour des raisons inconnues, l’avait préféré à son frère aîné Abd el-Malik.

Son règne commence par des difficultés. En 796, le roi des Asturies [2] Alphonse II demande l’aide de Charlemagne et prend Lisbonne en 798. Un oncle d’Al-Hakam a également demandé l’aide de Charlemagne qui décide en 798 d’attaquer d’Al-Andalus [3]. Les préparatifs sont retardés, et en 800, le prince Louis pille les villes d’Huesca [4] et de Lérida [5] et met le siège devant Barcelone, qu’il prend en 803.

Les gouverneurs profitent de ses défaites pour se révolter, parmi lesquels les puissants Banu Qasi [6], et doit instaurer un règne de terreur pour venir à bout de ces troubles. Ainsi, un certain Ubaid Allah prend le pouvoir à Tolède et proclame son indépendance, et Al-Hakam n’hésite pas à faire massacrer tous les notables de la ville pour impressionner la population de la ville.

S’il n’a pas réussi à empêcher l’avancée des Francs, les succès de ces derniers ne sont pas à la hauteur des moyens engagés. Son règne consolide énormément le pouvoir de l’émir, et il laisse à son fils Abd al-Rahman II un état pacifié et stable, qui permet à ce dernier d’initier la civilisation andalouse.

Lui-même n’est pas étranger aux arts, il invite à Cordoue le poète Ziriab , qui introduit en Al-Andalous de nombreuses pratiques orientales, dans les domaines des arts, des sciences et des cultures.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de André Clot, L’Espagne musulmane (viiie xve siècle), Paris, Perrin,‎ 1999 (réimpr. 1999)

Notes

[1] Les Omeyyades d’Espagne, ou Omeyyades de Cordoue sont d’abord à la tête d’un émirat en 756 dans al-Andalus, puis fondent une dynastie califale en 929. Le dernier calife de cette dynastie qui régna à Cordoue, Hicham III, fut déposé en 1031.

[2] Au lendemain de l’invasion de l’Espagne par les Arabes, des nobles chrétiens wisigoths refusèrent la domination musulmane et fondèrent le royaume des Asturies en 718. La capitale fut fixée à Oviedo vers 800, puis à León en 914, d’où les noms successifs du royaume.

[3] Al-Andalus est le terme qui désigne l’ensemble des territoires de la péninsule Ibérique et de la Septimanie qui furent sous domination musulmane de 711 (premier débarquement) à 1492 (chute de Grenade). L’Andalousie actuelle, qui en tire son nom, n’en constitua longtemps qu’une petite partie. La conquête et la domination du pays par les Maures furent aussi rapides qu’imprévues et correspondirent à l’essor du monde musulman. Al-Andalus devint alors un foyer de haute culture au sein de l’Europe médiévale, attirant un grand nombre de savants et ouvrant ainsi une période de riche épanouissement culturel

[4] Huesca est une commune d’Espagne, capitale de la province du même nom, dans la communauté autonome d’Aragon comarque de Hoya de Huesca. Située dans le Hoya de Huesca, l’altitude moyenne de la ville est de 490 m. Elle est traversée par la rivière Isuela, au sud de la Sierra de Guara dans les pré-Pyrénées et à quelques kilomètres de la montagne passer Monrepos. La province se trouve sur le versant sud des Pyrénées. La région Aragon/Province de Huesca est frontalière avec la Navarre, la France, la Catalogne et la province espagnole aragonaise de Saragosse.

[5] Lérida est une ville située dans le nord-est de l’Espagne, dans la communauté autonome de Catalogne. Elle est la capitale de la province du même nom. La ville de Lérida, aux portes de l’Aragon, est une étape du « chemin catalan » vers Compostelle.

[6] Les Banu Qasi ou Banu Kazi ou Banū Qāsī, fils du seigneur Cassius, sont une importante famille d’origine vasconne et wisigothique. Devenue muladí, elle joua un rôle politique et militaire de premier plan dans la Marche supérieure d’Al-Andalus, pendant les premières guerres de la Reconquista et lors des nombreux soulèvements que connut l’émirat de Cordoue, entre les 8ème et 10ème siècles. Cette famille, originaire de Tudela, dans le sud de la Navarre, étendit son autorité sur la région de Tarazona, Ejea de los Caballeros et Nájera. La famille donna également des gouverneurs à Pampelune, du fait de leurs alliances avec les rois de Navarre. Musa ibn Musa, dans la première moitié du 10ème siècle, fut, par sa mère, le demi-frère d’Eneko Arista, roi de Pampelune.