Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 8ème siècle > Handhala ibn Safwan al-Kalbi ou Hanzala ibn Safwan

Handhala ibn Safwan al-Kalbi ou Hanzala ibn Safwan

lundi 25 octobre 2021, par ljallamion, lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 14 juillet 2013).

Handhala ibn Safwan al-Kalbi ou Hanzala ibn Safwan

Gouverneur de l’Egypte de 721 à 724 et de 737 à 741-Gouverneur de l’Ifriqiya

le Califat omeyyade en 750Il arrive en Egypte autour de 720, en compagnie de son frère, Bishr ibn Safwan al-Kalbi , qui avait été nommé gouverneur d’Egypte par le calife Yazid II. Il fut désigné successeur de son frère en Egypte. Handhala continua comme gouverneur de l’Egypte jusqu’à 724, lorsque le nouveau calife Hisham est monté sur le trône et nomma son propre frère, Muhammad ibn Abd al-Malik ibn Marwan en tant que gouverneur.

Après une série d’échec des gouverneurs égyptiens, le calife Hisham décida de restaurer Handhala ibn Safwan comme gouverneur de l’Egypte en 737, en remplacement de Abd al-Rahman ibn Khalid al-Fahmi .

En Octobre, 741, dans le cadre de la grande révolte berbère dans le Maghreb [1] , l’armée ifriqiyenne, avec une force syrienne envoyé par le calife, fut détruite par les Berbères à la bataille de Bagdoura [2]. Le gouverneur Kalsoum ibn Iyad al-Qasi péri, son neveu et successeur Balj ibn Bishr al-Qushayri se terrait avec le reste de l’armée en Espagne, laissant l’ensemble de l’ Ifriqiya [3] ouvert à l’avancée des rebelles berbères.

N’ayant pas plus de forces à sa disposition, le calife Hisham rapidement nomma Handhala ibn Safwan comme gouverneur de l’Ifriqiya, avec pouvoir de supervision sur tout le Maghreb, Afrique du Nord à l’ouest de l’Egypte et al-Andalus, et lui ordonna de prendre tout ce qu’il pouvait rassembler comme forces pour défendre l’Ifriqiya et mater la révolte berbère. Il Quitta l’Egypte et se fixa vers l’ouest en Février 742, ramassant des forces supplémentaires à partir de Barqa“en Cyrénaïque” et de Tripoli [4]. Il arriva à Kairouan [5] autour d’Avril 742.

Le cadi [6] de l’Ifriqiya, Abd al-Rahman ibn Oqba al-Ghaffari, gérait la défense de Kairouan , il réussi à repousser une attaque de l’armée rebelle berbère soulevé dans le sud de la Tunisie par le chef Oqasha ibn Ayub al-Fezari. Handhala ibn Safwan arriva à Kairouan lorsque Oqasha monta une nouvelle attaque, en coordination avec une autre grande armée berbère venant de l’ouest, dirigé par Abd al-Wahid ibn Yazid al-Hawwari. Les armées rebelles berbères essayèrent de faire jonction en face de Kairouan , avant de lancer leur assaut final sur la ville.

Sans perdre de temps, Handhala dépêcha une force de cavalerie afin de ralentir la progression de Abd al-Wahid, et jeta le gros de ses forces vers le sud, en battant Oqasha dans une bataille sanglante à El-Qarn et l’emmena prisonnier. Mais Handhala avait subit beaucoup de pertes lui-même. Pressé dans le dos, il aurait mis toute la population de Kairouan sous les armes pour renforcer ses rangs, avant de repartir. Handhala ibn Safwan vaincu la grande armée berbère de Abd al-Wahid ibn Yazid à El-Asnam vers mai 742.

Ayant sauvé Ifriqiya de la rébellion berbère, il concentra ses attentions sur al-Andalus, où une véritable guerre faisait rage entre les arabes andalous et les primo-arrivants des junds [7]. Au début de 743, il dépêcha son cousin Abu al-Khattar ibn al-Kalbi Darar comme son adjoint à Córdoba.

En 743/44, Handhala fut occupé à mater des révoltes sporadiques dans l’arrière-pays de l’Ifriqiya, et avaient peu ou pas de temps pour se concentrer sur la récupération des provinces de l’ouest du Maroc et de ramener la domination des berbères par les Omeyyades. Il est possible qu’il ait réussi à récupérer une partie des villes côtières, comme Tanger [8], pour le califat, mais l’essentiel du Maroc et de l’Algérie orientale resta sous l’emprise des dirigeants tribaux berbères autonomes. En 744, les tribus berbères Masmuda ouvertement érigé un Etat indépendant en 744, le Berghwata [9].

Le désordre après la mort du calife Hisham à 743 empêcha Handhala de recevoir plus d’aide de l’est.

Sentant une opportunité à saisir pour avoir plus de pouvoir pour eux-mêmes, les nobles ifriqiyennes locaux soulevèrent des mutineries dans les garnisons ifriqiyennes contre le gouverneur omeyyade.

À la fin 744 ou début 745, Abd al-Rahman ibn Habib al-Fihri , fit une révolte dans Tunis et se proclama chef de l’Ifriqiya.

Bien qu’exhorté à lutter contre le prétendant, Handhala ibn Safwan décida que l’Afrique du Nord avait vu assez de la guerre et de sang, et choisi d’abdiquer plutôt que de mettre en place un combat.

Il retourna à Damas en Février 745, laissant Ibn Habib usurper le gouvernement à Kairouan.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé/ Handhala ibn Safwan al-Kalbi/ Traduction par mes soins

Notes

[1] La grande révolte berbère de 739/740 à 743, s’est déroulée durant le règne du calife omeyyade Hicham ibn Abd al-Malik et marque la première sécession réussie du califat omeyyade. Échaudés par des prédicateurs puritains kharijites, les berbères se révoltent contre leurs gouverneurs arabes omeyyades qui leur impose le régime du dhimmi qui se traduit notamment par l’imposition de lourdes taxes. La révolte est d’abord menée par Maysara, un chef berbère de la tribu des Imteghren, dans l’actuel Maroc, duquel les Omeyyades sont rapidement expulsés, puis se répand dans le reste du Maghreb et à travers le détroit de Gibraltar à al-Andalus. Les Omeyyades ont cependant réussi à empêcher le cœur de l’Ifriqiya (actuelle Tunisie, est-algérien et ouest-libyen) et d’al-Andalus (actuelle péninsule ibérique) de tomber entre les mains des rebelles. Mais le reste du Maghreb n’a jamais été récupéré. Après avoir échoué à s’emparer de Kairouan, les armées rebelles berbères se sont dissoutes et le Maghreb occidental s’est fragmenté en une série de petits états berbères indépendants, dirigés par des chefs tribaux et des imams kharijites.

[2] La bataille de Bagdoura, est une confrontation lors de la grande révolte berbère, qui se déroule en octobre ou novembre 741. Elle fait suite à la bataille des nobles de l’année précédente, et se conclut par une victoire partielle des Berbères sur les Arabes, à la rivière Sebou (près de l’actuelle ville de Fès, au Maroc). La bataille mettra en difficulté l’emprise du califat omeyyade sur le Maghreb al-Aqsa (actuel Maroc), et le retrait des forces syriennes d’élite à al-Andalus qui en résulte aura des implications pour la stabilité d’al-Andalus

[3] L’Ifriqiya, est une partie du territoire d’Afrique du Nord pour la période du Moyen Âge occidental, qui correspond aux provinces d’Afrique romaine dans l’Antiquité tardive. Le territoire de l’Ifriqiya correspond aujourd’hui à la Tunisie, à l’est du Constantinois (est de l’Algérie) et à la Tripolitaine (ouest de la Libye). C’est sous ce nom que ce territoire est connu au moment de l’arrivée des Arabes musulmans et de la résistance qui leur est opposée par les populations berbères païennes, chrétiennes ou juives. Le continent, qui était auparavant nommé « Libye » par Hérodote tire son nom de cette dénomination que les Romains imposèrent par leur conquête.

[4] en Tripolitaine

[5] Kairouan, dont le nom signifie étymologiquement « campement », est une ville du centre de la Tunisie et le chef-lieu du gouvernorat du même nom. Elle se situe à 150 kilomètres au sud-ouest de Tunis et cinquante kilomètres à l’ouest de Sousse. Elle est souvent considérée comme la quatrième ville sainte de l’islam. Jusqu’au 11ème siècle, la ville a été un important centre islamique de l’Afrique du Nord musulmane, l’Ifriqiya. Avec sa médina et ses marchés organisés par corporations à la mode orientale, ses mosquées et autres édifices religieux

[6] Un cadi est un juge musulman remplissant des fonctions civiles, judiciaires et religieuses. Le cadi est un juge de paix et un notaire, réglant des problèmes de la vie quotidienne : mariages, divorces, répudiations, successions, héritages, etc. Le mot cadi vient d’un verbe signifiant juger, décider.

[7] le reste de la force militaire calife Hisham avait envoyé à Ifriqiya en 741

[8] Tanger est une ville du Nord du Maroc, dans le Rif occidental. Située à l’extrémité du nord-ouest du pays sur le détroit de Gibraltar, la ville se trouve à 24 kilomètres de la côte espagnole. Le général musulman Moussa Ibn Noçaïr, gouverneur du Maghreb au service des Omeyyades de Damas, s’intéresse à Tanger pour sa position stratégique et c’est donc de là qu’en 711, commence la conquête de l’Espagne par les troupes de Tariq ibn Ziyad un lieutenant d’Ibn Noçaïr, à qui Gibraltar doit son nom (Djebel Tarik, la « montagne de Tarik »). Pendant les 5 siècles qui suivent, des dynasties différentes se disputent la souveraineté de Tanger. Les Idrisides de Fès, les Omeyyades de Cordoue, s’affrontent pour sa domination pendant plus d’un siècle. Au milieu du 10ème siècle, les Ifrénides, Maghraouas, Fatimides et Zirides y étendent leur autorité. En 1075, les Almoravides en deviennent maîtres jusqu’en 1149, date à laquelle la ville passe aux Almohades. Elle s’inféode aux Hafsides de Tunis avant de devenir Mérinide en 1274.

[9] Les Berghouatas (également Barghwata ou Barghawata) sont un groupe de tribus berbères sur la côte atlantique du Maroc, appartenant à la confédération Masmouda. Après s’être alliés avec la révolte berbère sufrite kharijite au Maroc contre le califat omeyyade en 739/740, ils établissent un État indépendant (744-1058) dans la région du Tamesna, sur la côte atlantique entre Safi et Salé, sous la direction de Tarif al-Matghari.