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Exploration de la côte africaine

dimanche 28 juin 2026, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 5 janvier 2013).

Exploration de la côte africaine

Le portugais Bartomoleu Diaz fut le premier navigateur européen à atteindre la pointe de l’Afrique, en 1488. Il en garda un si mauvais souvenir qu’il l’appela “Cap des Tempêtes”. Mais le roi du Portugal, trop heureux de l’exploit qui laissait augurer un prochain voyage jusque dans l’Asie des épices, le rebaptisa Cap de Bonne Espérance.

Un peu plus tard, en 1497, un autre marin portugais, Vasco de Gama, réussit enfin à contourner l’Afrique et à atteindre les Indes. Ce fut le début d’un fructueux commerce.

Le contournement du continent noir au temps de la marine à voile ne demandait pas moins de 6 mois. Le développement des relations maritimes entre l’Europe et l’Inde incita les Européens à établir une base au cap de Bonne Espérance [1] pour ravitailler les navires en produits frais.


La Hollande, aussi connue sous le nom de Provinces-Unies, vit au 17ème siècle son Âge d’Or. Elle rivalisa avec la France de Louis XIV. Ses navires de commerce parcouraient le monde jusqu’en Indonésie [2] et au Japon [3]. C’est elle qui prit l’initiative de s’établir au Cap. En 1648, l’un de ses navires, “le Nieuwe Haarlem”, s’échoua près du cap de Bonne Espérance, dans une baie située au pied de la montagne de la Table [4], haute de 1000 mètres. Après avoir vécu un an des produits de la terre, l’équipage rentra dans la mère patrie et le commandant suggéra d’établir une colonie en cet endroit hospitalier, au climat méditerranéen et au sol fertile. La Compagnie hollandaise des Indes orientales [5] y envoya une flottille de 5 navires sous le commandement du capitaine Jan van Riebeeck , avec à leur bord 90 colons. Les premiers colons étaient des paysans calvinistes [6] très pieux. Beaucoup avaient quitté les Flandres méridionales pour échapper à l’oppression des occupants espagnols. Dans la baie de la Table, les hommes commencèrent bientôt la construction d’un petit fort et plantaient un potager. Les colons hollandais furent rejoints en 1685 par 200 huguenots chassés de France par la révocation de l’Édit de Nantes [7]. Les deux communautés se mélangèrent très vite.

Les colons entrèrent en relation avec les premiers habitants du lieu. Il s’agissait de nomades appelés Hottentots et d’aborigènes. Beaucoup furent exterminés ou réduits en esclavage dans les fermes des Européens, de même que des esclaves importés de Madagascar et des Indes. De nombreuses unions mixtes formèrent un groupe métis dont une partie finit par se fondre dans la population européenne. Isolés de l’Europe, les colons donnèrent naissance à une langue originale dérivée du hollandais, l’afrikaans.

P.-S.

Source : archives ljallamion histoire du 17ème/encyclopédie Imago/mundi/ Herodote/Histoire/Historia ect...

Notes

[1] Le cap de Bonne-Espérance est un promontoire rocheux sur la côte atlantique de l’Afrique du Sud, à l’extrémité de la péninsule du Cap située au sud de la ville du Cap et qui ferme à l’ouest la False Bay. Le cap de Bonne-Espérance fut navigué par la première fois par les Portugais en janvier 1488. Lors de son exploration par l’ouest le long de la côte africaine, la flotte commandée par Bartolomeu Dias est emportée vers le sud.

[2] L’Indonésie est un pays transcontinental situé principalement en Asie du Sud-Est, avec certaines parties de son territoire s’étendant en Océanie. Avec 17 000 îles, dont 922 habitées, il s’agit du plus grand archipel au monde. Java, l’île la plus peuplée du monde, abrite plus de la moitié de la population du pays. Avec le déclin de la route de la soie, le détroit de Malacca devient un carrefour maritime majeur pour le commerce entre l’Indonésie et la Chine d’une part et l’Inde et le Moyen-Orient d’autre part. L’archipel indonésien est intégré à un réseau commercial international bientôt dominé par des marchands musulmans. Les princes des ports se convertissent progressivement à l’islam. Au 16ème siècle, l’âge des Grandes découvertes, les puissances européennes cherchent à accéder directement aux Moluques, région productrice d’épices. En 1511, les Portugais de Goa conquièrent Malacca et s’y établissent. Les Néerlandais les chassent en 1605. Et au 17ème siècle, ils éliminent leur rival dans l’Est de l’archipel, dans ce qui deviendra le royaume de Gowa, et s’établissent à Java. L’île est minée par les guerres de succession du royaume de Mataram qui cède peu à peu une partie de ses territoires aux Néerlandais.

[3] Le Japon est un pays insulaire de l’Asie de l’Est, situé entre la mer du Japon et l’océan Pacifique, à l’est de la Chine, de la Corée du Sud et de la Corée du Nord, au sud de la Russie, et au nord-est de Taïwan. Le Japon est un archipel dont le nombre d’îles varie, suivant les estimations, de 6 852 à 14 125 îles, dont les 4 plus grandes sont Honshū, Hokkaidō, Kyūshū, et Shikoku représentant à elles seules 95 % de la superficie terrestre du pays. L’archipel s’étend sur plus de 3 000 kilomètres. La plupart des îles sont montagneuses, parfois volcaniques. Ainsi, le plus haut sommet du Japon, le mont Fuji (3 776 m), est un volcan dont la dernière éruption a eu lieu en 1707.

[4] La montagne de la Table est un massif de la province du Cap-Occidental en Afrique du Sud, qui surplombe la ville du Cap. Elle fait partie des sept nouvelles merveilles de la nature.

[5] La Compagnie néerlandaise des Indes orientales ou VOC (Vereenigde Oost-Indische Compagnie) est une compagnie de commerce créée par les Provinces-Unies en 1602. Elle est pendant près de deux siècles l’un des piliers de la puissance du capitalisme et de l’impérialisme néerlandais.

[6] Le calvinisme (nommé ainsi d’après Jean Calvin et aussi appelé la tradition réformée, la foi réformée ou la théologie réformée) est une doctrine théologique protestante et une approche de la vie chrétienne qui reposent sur le principe de la souveraineté de Dieu en toutes choses. Bien qu’elle fût développée par plusieurs théologiens tels que Martin Bucer, Wolfgang Musculus, Heinrich Bullinger, Pierre Martyr Vermigli, Ulrich Zwingli et Théodore de Bèze, elle porte le nom du réformateur français Jean Calvin en raison de l’influence dominante qu’il eut sur elle et du rôle déterminant qu’il exerça dans les débats confessionnels et ecclésiastiques du 16ème siècle

[7] La révocation de l’édit de Nantes a été actée par Louis XIV en signant l’édit de Fontainebleau le 18 octobre 1685. En annulant l’édit par lequel Henri IV, en 1598, avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants du royaume, Louis XIV a interdit le culte protestant en France. Dès le début de son règne, Louis XIV veut unifier son royaume sous sa seule autorité (« monarchie absolue », c’est-à-dire parfaite) tant sur les plans politique qu’administratif, ce qui se résume par la formule « une foi, une loi, un roi ». Cela implique une centralisation extrême du pays et l’éradication de tout particularisme, dont le protestantisme est un exemple type. S’appuyant sur une interprétation étroite de l’édit de Nantes, il fait accumuler les enquêtes, les dénonciations, les interdictions, voire les destructions d’écoles et de temples, et même les enlèvements d’enfants pour les plus opiniâtres. Après des années de persécutions et de conversions forcées, sur la foi des rapports des intendants qui s’attribuent le mérite d’avoir extirpé le protestantisme de leur juridiction, considérant que le protestantisme français a pratiquement disparu, le pouvoir royal décide que l’édit de Nantes est devenu caduc et peut donc être révoqué. Le protestantisme français est alors régulièrement désigné (et diffamé) par les catholiques et les édits royaux comme religion prétendue réformée (R.P.R.), ce qui inclut toutes les Églises réformées. La révocation a pour conséquence une accélération de l’exil de quelque 200 000 protestants, soit environ un pour cent de la population du royaume, appartenant pour beaucoup d’entre eux à l’élite intellectuelle, dont David Ancillon et Denis Papin, fuyant vers des pays de Refuge, concurrents économiques de la France : l’Angleterre, les Provinces-Unies, la Suisse et la Prusse, et parfois leurs colonies comme les Treize Colonies britanniques en Amérique (futurs États-Unis) ou la colonie des Provinces-Unies au Cap (future Afrique du Sud).