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Boleslas III Bouche-Torse

vendredi 27 avril 2012

Boleslas III Bouche-Torse (vers 1085-1138)

Duc de Pologne de 1102 à 1138 Boleslas III Bouche-Torse Duc de Pologne de 1102 à 1138

Fils de Ladislas 1er Herman et de Judith de Bohême, fille de l’empereur Henri III du Saint Empire.

En 1097, Ladislas 1er Herman est contraint par les partisans des Piasts de partager son territoire avec Zbigniew, son fils illégitime, et Boleslas III Bouche-Torse. Zbigniew reçoit la Grande-Pologne, la Cujavie, Sieradz et Łęczyca.

Boleslas III Bouche-Torse reçoit la Petite-Pologne, la Silésie, Lubusz et un petit territoire à l’ouest de la Grande-Pologne. Ladislas 1er Herman conserve la Mazovie et les grandes villes du territoire de Boleslas III, tout en restant le princeps, c’est-à-dire le duc le plus important. En 1099, Boleslas III, qui s’est lié d’amitié avec son oncle, le duc Bretislav II de Bohême, reçoit de celui-ci une part du tribut annuel que paie Ladislas 1er Herman pour la Silésie. En échange, il est probable que Boleslas III cède à la Bohême la région de Kłodzko. Après la mort de Ladislas 1er Herman en 1102, ses 2 fils entrent en compétition pour prendre l’ascendant l’un sur l’autre. Boleslas III Bouche-Torse hérite du titre de princeps et continue, comme son père, de résider à Płock. Boleslas III commence à préparer une guerre pour récupérer la Poméranie.

le 15 novembre 1102, Boleslas épouse Zbysława, fille du grand prince de Kiev Sviatopolk II et sœur d’Iaroslav de Volhynie, faisant ainsi une précieuse alliance en cas de conflit avec son frère. De son côté, Zbigniew fait une alliance avec les Poméraniens et avec les Tchèques.

En 1104, Zbigniew incite les Tchèques et les Poméraniens à attaquer Boleslas sur 2 fronts. Le territoire de Boleslas est gravement ravagé. La même année, Boleslas fait un traité d’assistance mutuelle avec Coloman de Hongrie. Si l’un est attaqué par le Saint Empire, l’autre attaque la Bohême. Boleslas III Bouche-Torse se rapproche également du Saint-Siège, hostile au Saint Empire. En 1106, Boleslas et Zbigniew font un pacte par lequel ils s’engagent à ne pas faire d’alliances séparées et à s’entraider contre leurs ennemis. Alors que Boleslas III Bouche-Torse envahit la Poméranie, Zbigniew refuse de l’aider et envoie son armée pour l’attaquer par derrière sur la frontière poméranienne.

Zbigniew préférait rester allié avec les Poméraniens plutôt que de voir ceux-ci ravager son territoire pour venger l’agression de Boleslas. Ce dernier s’assure de la neutralité de la Bohême avant d’attaquer Zbigniew et de s’emparer de Kalisz, Gniezno, du château de Spicymierz et de Łęczyca. Ensuite, avec les troupes russes et hongroises, il commence à repousser Zbigniew hors de Mazovie. Zbigniew doit déposer les armes. Boleslas III Bouche-Torse ne lui laisse que la Mazovie, en tant que fief et non en tant que duché indépendant. En 1107, alors que Boleslas attaque et occupe les villes poméraniennes de Białogard et Kołobrzeg, Zbigniew n’honore pas son engagement de vassal et n’envoie pas de troupes pour l’aider. Boleslas expulse Zbigniew qui se tourne vers la Bohême et le Saint Empire. En 1108, le Saint Empire attaque la Hongrie. En vertu du traité d’assistance de 1104, Boleslas III Bouche-Torse attaque la Bohême. En 1109, les Poméraniens décident de soutenir Zbigniew dans sa quête du trône et attaquent la Mazovie. Boleslas écrase les Poméraniens à Nakło, qu’il occupera ainsi que 6 autres villes de la région poméranienne recouvrant l’estuaire de la Vistule. La même année, pour soutenir Zbigniew, Henri V du Saint Empire et la Bohême envahissent la Pologne sous le prétexte officiel de venger l’attaque polonaise de 1108 contre la Bohême. L’invasion impériale empêche Boleslas de poursuivre la conquête de la Poméranie.

L’offensive sur la Silésie se termine par la défaite des troupes impériales lors de la bataille de Psie Pole, près de Wrocław. Henri V est obligé de se replier, ayant dévasté une grande partie de la Pologne et plusieurs villes.

En 1110, Zbigniew et ses alliés tchèques continuent à attaquer les villes frontalières polonaises. En réaction à l’attitude hostile de la Bohême, Boleslas III aide Bořivoj II à monter sur le trône de Bohême devenu vacant. Bořivoj sera rapidement renversé et exilé par son frère Vladislav 1er de Bohême. Boleslas III essayera alors de placer Sobeslav 1er, le jeune frère de Bořivoj, sur le trône de Bohême. En 1111, un traité est conclu entre la Pologne et la Bohême : chaque signataire accepte de ne pas encourager chez lui un prétendant à la couronne du pays voisin.

En 1112, il autorise le retour de Zbigniew, l’accuse de trahison, lui fait crever les yeux, ce dont il mourra rapidement.

En 1113, les Polonais défont le duc Świętopełk de Poméranie et prennent Nakło. Ils ouvrent une route à travers les marais de la Noteć, la clef vers le bassin de la Vistule. En 1115, Boleslas épouse Salomé von Berg avant d’envahir l’année suivante la région poméranienne de Gdańsk. En 1117, il étouffe la révolte du palatin Skarbimir, à qui il fait crever les yeux, et le remplace par Piotr Włostowic. En 1119, il réunit la Poméranie orientale à la Pologne.

Les premières attaques contre la Poméranie occidentale commencent en 1119. En 1121, il s’empare de Szczecin. Il réunit la Poméranie occidentale à la Pologne, le prince poméranien Warcislaw 1er reconnaissant la suzeraineté de la Pologne.

En 1124, Boleslas III il confie la christianisation de la Poméranie occidentale à Othon de Bamberg, l’évêque de Brandebourg. Wojciech, l’aumônier de Boleslas, sera nommé premier évêque de Poméranie à Kołobrzeg. En 1128, Othon de Bamberg entreprend une deuxième mission de christianisation en Poméranie, sous le patronage du roi germain Lothaire II.

En 1129, Boleslas III Bouche-Torse conclut une alliance avec les Danois. Depuis la mort de son père, Boleslas devait faire face à l’attitude belliqueuse des Tchèques qui ont soutenu son demi-frère Zbigniew. En 1114, il reprend Kłodzko, la porte de la Bohême. En 1132, les Tchèques attaquent et ravagent la Silésie. En 1137, à Kłodzko, un accord de paix normalise les relations entre la Bohême et la Pologne.

De 1132 à 1134, Boleslas III et la Rus’ de Kiev soutiennent Boris qui veut s’emparer du trône hongrois, sans succès.

Depuis le début de son règne, les relations avec le Saint Empire qui soutenait son demi-frère Zbigniew se sont gravement détériorées. La défaite de l’empereur Henri V à Psie Pole a calmé pendant un temps les appétits du Saint Empire. En 1133, le pape Innocent II, subissant les pressions du Saint Empire, publie une bulle refusant l’indépendance de l’archevêché de Gniezno. Tous les évêchés polonais sont rattachés à celui de Magdebourg. Les Polonais, par l’intermédiaire de l’archevêque Jacques de Znina, font appel de cette décision et se rapprochent de l’antipape Anaclet II. En août 1135, à Mersebourg, Boleslas III se reconnaît vassal de l’empereur Lothaire II et accepte de lui payer un tribut annuel. En échange, il obtient la reconnaissance de l’indépendance de l’archevêché de Pologne mais la Poméranie occidentale devient fief de l’empereur Lothaire. Le 7 juillet 1136, la Bulle de Gniezno du pape Innocent II confirme l’indépendance de l’Église polonaise.

Boleslas III meurt le 28 octobre 1138. Son testament, rédigé quelques années auparavant et inspiré des coutumes de Kiev, marque le début du démembrement territorial de la Pologne. Il partage son État entre ses 4 fils, chacun recevant un duché héréditaire. Ladislas II le Banni reçoit la Silésie avec Wrocław comme capitale, Boleslas IV le Frisé reçoit la Mazovie et la Cujavie avec Płock comme capitale, Mieszko III le Vieux reçoit la Grande Pologne avec Poznań comme capitale, Henri reçoit le duché de Sandomierz avec Sandomierz comme capitale. L’aîné des représentants mâles de la dynastie Piast, Ladislas II le Banni, devient le princeps et à ce titre, gouverne également la Petite Pologne avec Cracovie comme capitale, la Grande Pologne orientale avec Gniezno et Kalisz, la Poméranie occidentale, la Poméranie orientale ainsi que la région de Łęczyca et de Sieradz après la mort de Salomé. C’est lui qui décide en dernier ressort sur les questions de politique étrangère, conclut les traités, déclare les guerres, a le droit d’investiture, est le chef et le juge suprême.