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L’histoire pour le plaisir

Enrico Dandolo

lundi 9 avril 2012

Enrico Dandolo (vers 1107-1205)

41ème doge de Venise, élu en 1192

Né à Venise, il est le fils du puissant juriste et membre de la cour ducale, Vitale Dandolo qui était un proche conseiller du doge Vital II Michele, son oncle, également nommé Enrico Dandolo, a été patriarche de Grado, le plus haut rang religieux à Venise.

Le premier rôle politique important de Dandolo a lieu pendant les années de crise de 1171 et 1172. En mars 1171 le gouvernement byzantin saisit les biens de milliers de Vénitiens qui vivent dans l’empire avant de les emprisonner. Le doge Vital II Michele organise une expédition auquel participe Dandolo qui échoue en raison de la peste au début de 1172. À son retour à Venise, Michele est tué par une foule en colère. Dandolo est nommé ambassadeur à Constantinople l’année suivante, Venise cherchant, sans succès, à parvenir à un règlement diplomatique de ses différents avec Byzance. En 1178, il participe à l’élection de son prédécesseur Orio Mastropiero. La reprise des négociations avec Constantinople engagées en 1182 conduit finalement à un traité en 1186 et il est présent 1183 à Constantinople pour négocier le rétablissement du quartier vénitien dans la ville.

Avant d’être doge, Enrico Dandolo sera aussi ambassadeur à Ferrare, 2 fois ambassadeur au Roi Guillaume II de Sicile et ambassadeur à Constantinople où il reçoit de l’empereur le titre de protosevasto. Il fait du commerce entre Venise, Constantinople et Alexandrie.

Il est élu alors qu’il est âgé de 82 ans, son élection, le 21 juin 1192, est probablement le résultat d’un accord entre les factions adverses qui préfèrent mettre en place une personne âgée susceptible de mourir dans un bref délai. Il réussit à conclure des accords avec Vérone, Trévise, avec le patriarche d’Aquilée, avec le roi d’Armenie et avec les empereurs d’orient et d’occident ; il remporte une guerre contre Pise qui soutenait la rébellion de la population de la Dalmatie. Vers 1201-1202 la politique qui avait caractérisé l’Adriatique au cours des 10 années précédentes s’était apaisée et le dogat de Dandolo était dans une phase déclinante. De nouveaux évènements arrivèrent à maturation qui allait impliquer Venise et son doge.

Il réussit, grâce à sa force de caractère et son courage, à obtenir d’importantes concessions lors de la 4ème croisade dont il est l’un des acteurs majeurs. Sa politique assurera la domination de Venise sur plusieurs territoires du bassin oriental de la Méditerranée. Venise devient une grande puissance européenne et maritime.

En 1203 la flotte se dirige vers Constantinople, avec l’objectif officiel de replacer sur le trône l’empereur déchu Alexis IV. Le pape, mécontent de la tournure des évènements, excommunie Venise, mais il est trop tard, Constantinople est prise le 17 juillet 1203. Après la prise de cette ville par les croisés, Dandolo refuse, dit-on, la couronne qui lui est offerte mais il se fait élire despote de la Romanie. Après quelques mois de luttes internes et de trahisons, tous les prétendants au titre d’empereur byzantin sont écartés et l’empire est partagé entre les croisés. À Venise revient les trois huitièmes des territoires de l’empire d’orient, un quartier de Constantinople et les îles de l’Archipel parmi lesquels Candie* (la Crète), qui était échue en partage au duc Boniface de Montferrat, et beaucoup d’autres îles de la mer Égée. A Baudouin VI de Hainaut, qui devient le premier empereur latin de Constantinople, d’importants fiefs français qui appartiennent à la couronne de l’empereur.

Dandolo rapporte à Venise une foule de chefs-d’œuvre d’art, dont les quatre chevaux de Saint-Marc, enlevés à l’empire grec.

Pendant les premiers mois de la conquête de la ville, Dandolo, bien qu’âgé et fatigué par ce long voyage, réussit à obtenir pour Venise de nombreux avantages en faisant attention de ne pas trop s’impliquer dans la situation politique interne du désormais empire byzantin décadent.

Enrico Dandolo ne retournera plus à Venise : il reste à Constantinople pour combattre les Bulgares. Il meurt le 1er juin 1205 à l’âge de 98 ans et il est enterré dans la basilique de Sainte-Sophie à Constantinople. Il est considéré comme l’un des plus grands doges de Venise.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité, issu du dictionnaire d’histoire universelle, le petit mourre édition Bordas 2004 p 334