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Thomas 1er de Savoie

mercredi 27 mai 2026, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 6 avril 2012).

Thomas 1er de Savoie (1178-1233)

Comte de Savoie, d’Aoste et de Maurienne et seigneur de Piémont de 1189 à 1233

Thomas Ier de Savoie Comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne et seigneur de Piémont de 1189 à 1233 (source : wiki/domaine publicFils d’ Humbert III le Bienheureux , comte de Savoie [1], d’Aoste [2] et de Maurienne [3], et de Béatrice de Vienne ou de Macon .

Comte de Savoie à 11 ans, il eut pour tuteur Boniface de Montferrat, qui l’amena dans l’alliance des Gibelins [4]. Majeur, il soutint l’empereur Frédéric II contre la papauté, il reçut alors le titre de vicaire impérial.

Il étendit ses domaines jusqu’au Bugey [5], pays de Vaud [6] et au Piémont [7] et prit le titre de seigneur de Piémont. En mai 1196, il épousa Marguerite Béatrice de Genevois, fille de Guillaume 1er de Genève, comte de Genève [8] et de Vaud, et de Béatrice de Valpergue. Ils auront 15 enfants.

En 1232, il choisit Chambéry [9] pour capitale. Il ne sut pas conserver ses acquisitions territoriales, car elles furent divisées entre ses fils et ce n’est qu’en 1418 que son descendant Amédée VIII parviendra à les réunir à nouveau.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Réjane Brondy, Bernard Demotz et Jean-Pierre Leguay, Histoire de Savoie : La Savoie de l’an mil à la Réforme, XIe au début du XVIe siècle, Ouest France Université, 1984, 626 p. (ISBN 2-85882-536-X).

Notes

[1] Le comté de Savoie est un comté féodal, faisant suite à une ancienne division de la Sapaudia et du royaume de Bourgogne. Il est ensuite une principauté du Saint-Empire romain germanique, à partir du 11ème siècle. En 1365, le comte de Savoie reçoit le titre de « vicaire perpétuel et héréditaire » pour la Savoie de Charles IV du Saint-Empire. L’empereur Sigismond 1er érige le comté de Savoie en duché le 19 février 1416.

[2] Aoste est une ville italienne, chef-lieu de la région autonome et bilingue de la Vallée d’Aoste, dans le nord-ouest de l’Italie. Entourée de sommets élevés comme le mont Blanc, le Cervin, le Grand Paradis ou les pics du mont Rose dans la chaîne des Alpes, la ville est située à la jonction de deux vallées importantes pour les communications. L’une est celle de la Doire Baltée, qui remonte vers le mont Blanc. L’autre vallée est celle du Buthier, appelée Valpelline, qui remonte vers la vallée du Grand-Saint-Bernard et le col du même nom. La ville communique avec le val d’Entremont en Suisse par le col du Grand-Saint-Bernard ainsi que par le tunnel du même nom, et avec la vallée de l’Arve en France par le tunnel du Mont-Blanc et la vallée de la Tarentaise par le col du Petit-Saint-Bernard. En suivant la Doire en aval, on accède facilement à Turin et au Piémont.

[3] Le comté de Maurienne est un comté issu de la partition de la Sapaudie et du comté de Vienne aux 10/11ème siècles.

[4] Les gibelins (la pars gebellina), soutiennent la dynastie des Hohenstaufen, au-delà, celles du Saint Empire romain germanique.

[5] Le Bugey est une région géographique et historique, située principalement dans le département français de l’Ain, entre Lyon et Genève. Il fait partie des sept régions naturelles du département de l’Ain avec la Bresse savoyarde, le Revermont, la Dombes, le Val de Saône, la Côtière et le Pays de Gex et sa partie orientale est constituée principalement de l’extrémité méridionale de la chaîne du Jura. Il est subdivisé en deux sous-régions : le Haut-Bugey et le Bas-Bugey.

[6] À la fin du 12ème siècle le Pays de Vaud était relativement indépendant ne reconnaissant sur ses terres aucune autorité supérieure à la sienne. Devant ce fait, Berthold IV de Zähringen faisait édifier, sur les bords de la Sarine, la ville de Fribourg en 1157, du nom de la ville principale de ses États Fribourg-en-Brisgau. Dotée de terres considérables, qui prirent le nom d’"Anciennes Terres", elle était peuplée de colons venus de Souabe et du Brisgau et devenait la frontière entre deux peuples. Voyant d’un mauvais œil l’octroi des libertés qu’octroyait la charte, "Handfeste", que donnait Berthold IV à sa ville et plus encore la puissance ainsi affichée par ce prince, les seigneurs du Pays de Vaud tentèrent de détruire Fribourg avec à leurs têtes les moines du monastère de Payerne. Furieux, Berthold V marchait sur le Pays Vaudois en 1190 pour rencontrer les seigneurs romands dans la plaine entre Payerne et Avenches. Fort de son succès il prenait et brûlait le château de Lucens avant de s’arrêter à Moudon de le faire fortifier et d’y construire la Tour-de-Broie. Ensuite il forçait les seigneurs vaudois à retourner dans leurs forteresses, il relevait les murailles d’Yverdon et construisait la ville et le château de Morges afin de tenir en respect celui de Vufflens, fief de l’église de Lausanne. À l’extinction de la famille des Zähringen la ville de Fribourg passait sous la domination des Kybourg et par le mariage, en 1218, d’Hartmann IV de Kybourg avec Marguerite, fille du comte Thomas 1er de Savoie, la paix revenait sur le Pays de Vaud. Ce comte signe le Traité de Burier du 3 juillet 1219 lui permettant d’acquérir la souveraineté immédiate sur Moudon et instituant de ce fait la présence de la Maison de Savoie dans le Pays de Vaud

[7] Au cours du Moyen Âge, se constitue autour de Turin la principauté de Piémont, gouvernée par une branche de la maison de Savoie, la lignée de Savoie-Achaïe. En 1418, à la mort de Louis de Savoie-Achaïe, la principauté du Piémont revient au duc de Savoie, qui a la faveur de l’empereur en tant que membre du parti gibelin. À partir de 1494, le Piémont est embrasé par les guerres d’Italie : dans la première moitié du 16ème siècle, le pays devient un théâtre d’opérations d’armées étrangères, ce qui bloque la vie culturelle. En 1563, le duc de Savoie et prince de Piémont décide de faire de Turin sa principale capitale, au détriment de Chambéry.

[8] Le comté de Genevois désignait autrefois l’une des principautés du Saint Empire. Son territoire s’étendait aux terres autour de la cité de Genève, correspondant approximativement au canton homonyme et à la province actuelle du Genevois. Le comté est acheté, en 1401, par le comte voisin, Amédée VIII de Savoie.

[9] Chambéry est une commune française située dans le département de la Savoie. Surnommée la « Cité des ducs » car acquise par la maison de Savoie en 1232, elle devient la capitale politique des comtes de Savoie en 1295 lors de l’achat du château et de l’établissement officiel du Conseil résident, puis du duché de Savoie de 1416 jusqu’à son transfert à Turin en 1562. Chambéry demeure toutefois la capitale historique des États de Savoie. Le 13ème siècle représente une période décisive, lorsque le comte Thomas 1er de Savoie l’achète, le 15 mars 1232, moyennant 32 000 sous forts de Suse, au vicomte Berlion, et la dote de franchises. À la même époque, une catastrophe donne de l’importance à Chambéry dans la hiérarchie ecclésiastique. L’effondrement du mont Granier sur la capitale du décanat de Savoie d’Apremont entraîne le déplacement du siège du décanat à Chambéry. L’avènement d’Amédée VIII, premier duc de Savoie en 1416, fait de Chambéry la capitale d’un État souverain, libéré de la domination du Saint Empire romain germanique. Une nouvelle noblesse chambérienne apparaît, liée aux institutions prestigieuses que compte la ville, et forme une cour autour de la famille ducale. Cette noblesse fait construire de remarquables hôtels particuliers. Après l’occupation française de François 1er, le duc Emmanuel-Philibert lui préfère cependant Turin comme capitale à partir de 1563.