Othon 1er de Savoie (vers 1023-1060)
3ème comte de Savoie et de Maurienne de 1051 à 1060
Il succéda à son frère Amédée 1er de Savoie , mort sans postérité. Fils de Humbert aux Blanches Mains et de sa femme Ancilie d’Aoste [1].
Il aurait épousé en premières noces Richilde , fille de l’empereur Othon 1er le Grand et d’Adélaïde de Bourgogne.
Vers 1046, il épouse Adélaïde de Suse ou Adélaïde de Turin , marquise de Suse [2] et comtesse de Turin [3], qui en est à son 3ème mariage. Par ce mariage, elle apporte à la Maison de Savoie de vastes possessions en Italie du nord, avec Suze, Ivrée [4] et Pignerol [5].
À dater de ce mariage, les comtes de Savoie, habitèrent alternativement le château d’Aveillane [6] près de Suze et le château de Charbonnières [7], près d’Aiguebelle [8].
Othon semble s’être plus intéressé à la vallée de Suse qu’à la Savoie.
En 1051, il hérite de la couronne à la mort de son frère le comte Amédée 1er de Savoie qui n’avait pas de descendance mâle, mais au préjudice de ses 2 frères Burcard d’Aoste et Aymon de Savoie (évêque de Sion) , placés avant lui dans l’ordre généalogique, mais ne pouvant avoir de fonctions séculières en raisons de leur carrière religieuse.
Notes
[1] Aoste est une ville italienne, chef-lieu de la région autonome et bilingue de la Vallée d’Aoste, dans le nord-ouest de l’Italie. Entourée de sommets élevés comme le mont Blanc, le Cervin, le Grand Paradis ou les pics du mont Rose dans la chaîne des Alpes, la ville est située à la jonction de deux vallées importantes pour les communications. L’une est celle de la Doire Baltée, qui remonte vers le mont Blanc. L’autre vallée est celle du Buthier, appelée Valpelline, qui remonte vers la vallée du Grand-Saint-Bernard et le col du même nom. La ville communique avec le val d’Entremont en Suisse par le col du Grand-Saint-Bernard ainsi que par le tunnel du même nom, et avec la vallée de l’Arve en France par le tunnel du Mont-Blanc et la vallée de la Tarentaise par le col du Petit-Saint-Bernard. En suivant la Doire en aval, on accède facilement à Turin et au Piémont.
[2] Suse est une commune italienne de la ville métropolitaine de Turin, dans le Piémont. La ville, en position centrale de la vallée homonyme, s’est développée sur l’un des axes majeurs reliant la péninsule italienne à la Gaule. Elle possède un patrimoine important lié à son histoire. Ainsi, durant l’antiquité, elle fut la capitale d’un royaume, dont l’un des rois, Marcus Julius Cottius, deviendra empereur. C’est le point de départ de la voie Domitienne et de la voie des Alpes, mais aussi une halte de l’Itinerarium Burdigalense ou d’une variante de la via Francigena. Vers la fin de la première moitié du 11ème siècle, la cité et la vallée entre en partie dans le giron des comtes de Savoie à la suite du mariage de la margrave Adélaïde de Suse avec l’héritier des Humbertiens. Le château devient l’un des centres du pouvoir de la principauté. En 1629, pendant la guerre de Succession de Mantoue, la ville est prise par les troupes françaises après leur victoire au pas de Suse. Cela se soldera par le Traité de Suse.
[3] Turin est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom et de la région du Piémont. Turin fut la capitale des États de Savoie de 1563 à 1720, du royaume de Piémont Sardaigne de 1720 à 1861 et du royaume d’Italie de 1861 à 1865.
[4] Ivrea (en français : Ivrée) est une ville de la province de Turin dans le Piémont en Italie. Ivrée est située au débouché sud du val d’Aoste et constitue le point d’entrée naturel du Piémont en provenance de la France et du val d’Aoste par le Tunnel du Mont-Blanc.
[5] Pignerol est une ville italienne de la province de Turin, dans la région du Piémont. Du 12 au 16ème siècles, l’église vaudoise en fit son centre religieux. La ville fut française à différentes époques avant d’être savoyarde puis italienne. Conquise en 1630, la ville et ses environs sont attribués à la France par le traité de Cherasco le 30 mai 1631. Pignerol est soigneusement fortifiée par Jean de Beins, et constitue jusqu’à la fin du siècle une défense importante du royaume de France.
[6] Le château de Veillane, ou d’Aveillane, est un ancien château fort du 10ème siècle situé sur la commune d’Avigliana, dans le Val de Suse, province de Turin (aujourd’hui, depuis le 1er janvier 2015, ville métropolitaine de Turin), en Piémont (Italie). Le château est construit sur une hauteur qui domine la sortie du val de Suse. L’édifice se trouve plus précisément au sommet du mont Pezzulano, situé à 467 m d’altitude et dominant le village de Veillane. Il est accessible par un sentier partant du village. Sa position à proximité de la ville de Suse, lui permet de contrôler l’antique passage des Alpes - la Via Francigena - entre la marche piémontaise et les terres de Savoie et de France par le col du Mont-Cenis, ainsi que du Petit Mont-Cenis via le col Clapier ou encore le Mont Genèvre. Il est ainsi un verrou stratégique.
[7] Le château de Charbonnières ou château d’Aiguebelle est un ancien château fort, du 11ème siècle, remanié au 16ème siècle, dont les vestiges se dressent sur la commune d’Aiguebelle dans le département de la Savoie. Le château de Charbonnières est la résidence ancestrale des comtes en Maurienne, puis de Savoie avec le comte Humbert, avant que ceux-ci ne transfèrent leur résidence comtale à Montmélian, puis en 1295 à Chambéry. La forteresse est ruinée au 18ème siècle.
[8] Aiguebelle est une ancienne commune française située dans le département de la Savoie, positionné entre la chaîne de Belledonne et le grand Arc au fond d’une vallée encaissée, Aiguebelle se situe à l’entrée de la vallée de la Maurienne.