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Ala o-dowleh Mohammad ben Dochmanziyâr pesar Kâkuye dit Ala ad-Dawla Muhammed

mardi 27 décembre 2011, par ljallamion

Ala o-dowleh Mohammad ben Dochmanziyâr pesar Kâkuye dit Ala ad-Dawla Muhammed

Militaire daylamite (mort en 1041)

Il fonda l’éphémère, mais importante dynastie des Kakouyides dans le Jibâl de manière indépendante et qui survit ensuite sous la domination des Seldjoukides à Abar Kûh et Yazd.

Rostam, son père fut un militaire au service des Bouyides à qui l’on a donné des terres dans l’Elbrouz en remerciement de ses services. Il a pour mission de protéger les territoires des Bouyides dans la région de Ray et dans le nord du Jibâl contre les dirigeants locaux du Tabaristan. Rostam était l’oncle de Sayyida, mère de l’émir bouyide de Ray, Majd ad-Dawla Rustam et de celui d’Hamadân, Abû Tâhir Chams ad-Dawla. Les deux sont sous la tutelle de leur mère Sayyida jusqu’à sa mort en 1028.

La fragilité de Majd ad-Dawla incite Alâ ad-Dawla à étendre son domaine dans des régions encore incontrôlées au nord et à l’ouest de ces montagnes tenues par des kurdes indépendants comme les Banû Annaz de Hulwân. La prise d’Hamadân est pour Alâ’ ad-Dawla un objectif prioritaire. Les Bouyides en sont délogés en 1023. Dinavar et Châpûr-Khwâst sont prises à des chefs kurdes. Les années suivantes sont consacrées à la défense de ces conquêtes contre les Kurdes et d’autres Daylamites comme les princes Bawandides du Tabaristan.

En 1027, il remporte une grande victoire sur ses rivaux à Nahavand. Il consolide son statut de puissance unique au Jibâl alors que l’émir bouyide Majd al dawla à Ray reste le suzerain en titre. Il frappe des monnaies à son nom. Il a obtenu du calife abbasside Al-Qadir, et sans l’intervention des Bouyides, le titre de « Husâm Amîr al-Mu’minîn* » (Epée du commandeur des croyants)

En 1029, le Bouyide Majd al dawla reprend Ray aux Ghaznévides. Le Sultan Mas ûd 1er dirige des opérations au nord-ouest de la Perse. Il apporte un élément nouveau et menaçant dans la tortueuse politique de la région. Mas ûd pousse plus à l’ouest, avec l’idée clairement exprimée de libérer les Abbassides de la tutelle des Bouyides chiites et autres schismatiques. Alâ ad-Dawla renonce temporairement à Ispahan et à Hamadân. Il fuit chez ses cousins Bouyides à Ahwâz. Il fait rapidement la paix avec les Ghaznévides et revient comme leur vassal. Il doit payer un tribut annuel de 200 000 dinars qu’il ne verse que sporadiquement. Il parvient à étendre son domaine jusqu’à Yazd. Les Ghaznévides ne sont pas en mesure de contrôler leurs conquêtes trop éloignées de Ghaznî. il reprend Ray pendant quelques temps en 1030. La région est le théâtre d’une série de rébellions puis de répressions par les Ghaznévides.

En 1035, le ghaznévide Mas ûd poursuit Ala ad-Dawla qui trouve de nouveau refuge chez ses cousins à Ahwâz. Il en profite pour y recruter des renforts dans les rangs des troupes dites « Irakiennes » formées de Turkmènes ou d’Oghouzes. En 1037/38, aidé de ses auxiliaires turkmènes il reprend Ray aux Ghaznévides.

Avec l’insécurité chronique qui règne sur le Jibâl, il consacre ces années à la construction d’une muraille de défense autour de la ville d’Ispahan. La ville est attaquée et grâce à ses fortifications échappe au saccage qu’avait subi Hamadân. Elle devient une ville dominée par les Turcs en 1038/39.

Il décède en septembre 1041alors qu’il menait une campagne au Kurdistan contre les Banû Annaz. Il a réussi à préserver son domaine des attaques de ses voisins Bouyides, Ghaznévides et Seldjoukides. Il a démontré ses qualités de stratège et de diplomate. Son fils aîné Abû Mansûr Zahîr ad-Dîn Farâmarz lui succède à Ispahan tandis que son cadet Abû Kalîyâr Garchâps Ala’ ad-Dawla 1er prend le pouvoir à Hamadân. Ils ont la lourde tâche de maintenir l’état kakouyide contre l’expansionnisme des Seldjoukides.

Alâ ad-Dawla est tout le contraire d’un barbare inculte comme l’étaient certains des commandants daylamites antérieurs. Il a reçu dans sa cour le philosophe Avicenne après qu’il a quitté la cour des Bouyides à Hamadân. Le grand philosophe et scientifique est mort à son service en 1037. Avicenne a dédié son encyclopédie à l’émir. La bibliothèque d’Alâ ad-Dawla est pillée par les Ghaznévides qui la transportent à Ghazni où elle est détruite par les Ghurides.