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Abu’l-Abbas Ahmad ibn Muhammad ibn Kathir al-Farghani dit Al-Farghanī

samedi 16 avril 2022, par ljallamion

Abu’l-Abbas Ahmad ibn Muhammad ibn Kathir al-Farghani dit Al-Farghanī (mort après 861)

Astronome persan

Né à Ferghana [1] en Sogdiane [2], il travailla dans l’équipe de savants réunis par le calife [3] Al-Ma’mūn qui organisa un grand programme d’observations célestes et de mesures de la terre.

Entre 833 et 857, il rédigea Kitab fi Jawani [4]. C’était avant tout un abrégé de la cosmographie de Ptolémée [5], la présentant pour la première fois de manière plus descriptive que mathématique ; toutefois, il corrigeait aussi l’Almageste [6] en s’appuyant sur les observations d’autres astronomes persans.

Alfraganus proposa ainsi de nouvelles valeurs pour l’inclinaison de l’écliptique, le mouvement de précession des apogées du soleil et de la lune et la circonférence de la Terre. Il recalcula les distances des planètes à la Terre à partir des données de L’Amalgeste, obtenant des valeurs similaires. Ce livre connut une large diffusion dans le monde musulman et eut une grande influence sur l’enseignement du système de Ptolémée.

Il est traduit en latin par Gérard de Crémone et Jean de Séville au 12ème siècle. La traduction du premier, “Éléments d’astronomie”, fut à la base du célèbre ouvrage “La Sphère de Johannes de Sacrobosco”, qui connut plus de 200 éditions et servit d’ouvrage d’enseignement dans les universités européennes jusqu’au 17ème siècle.

Il composa, outre son introduction à l’astronomie, deux autres ouvrages, sur les cadrans solaires et l’astrolabe [7].

Le calcul du degré de latitude par Al Fargani [8] fut repris par Christophe Colomb pour calculer la circonférence de la Terre. Al Fargani parlait de mille nautique, mais Colomb crut que Al Fargani parlait de mille romain et convertit donc son estimation à 45 milles nautiques. Ce calcul convainquit Colomb de la faisabilité du voyage jusqu’en Inde par l’Atlantique, puisqu’il donnait une distance des îles Canaries au Japon de 4.450 km.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Roshdi Rashed et Régis Morelon (dir.), Histoire des sciences arabes, vol. I (376 p.) : Astronomie, théorique et appliquée, Paris, éditions du Seuil, 1997, 3 vol. (ISBN 2-02030-352-3)

Notes

[1] Ferghana ou Fergana est une ville de l’est de l’Ouzbékistan

[2] La Sogdiane ou Sogdie est une région historique recouvrant en partie l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et l’Afghanistan et englobant les villes historiques de Samarcande et Boukhara et la vallée irriguée de Zeravchan (ancienne Polytimetus). Elle se situe au nord de la Bactriane, à l’est de Khwarezm et au sud-est de Kangju entre l’Oxus (Amou-Daria) et le Jaxartes (Syr-Daria). La Sogdiane fut la 18ème province de l’Empire perse achéménide

[3] Le terme calife, est une romanisation de l’arabe khalîfa, littéralement « successeur » (sous-entendu du prophète), titre porté par les successeurs de Mahomet après sa mort en 632 et, pour les sunnites, jusqu’à l’abolition de cette fonction par Mustafa Kemal Atatürk en 1924. Les ibadites ne reconnaissent plus aucun calife depuis 657. L’autorité d’un calife s’étend sur un califat. Il porte aussi le titre de commandeur des croyants, titre aboli chez les chiites après la mort d’Ali. Les critères de choix sont différents entre les chiites et les sunnites mais le porteur du titre a pour rôle de garder l’unité de l’islam et tout musulman lui doit obéissance : c’est le dirigeant de l’oumma, la communauté des musulmans.

[4] Compendium sur la science des astres, ou Éléments d’astronomie selon les traductions

[5] La Géographie ou Manuel de géographie (latinisé en Geographike Hyphegesis, en latin Geographia ou anciennement Cosmographia) est un traité rédigé par Ptolémée vers 150. Cette Introduction géographique à la cartographie est une compilation des connaissances sur la géographie du monde à l’époque de l’Empire romain, et dont la redécouverte en Europe au 15ème siècle permit de relancer l’étude de la géographie mathématique et de la cartographie. Cet ouvrage est divisé en huit livres. Le premier de ceux-ci expose les bases théoriques du sujet. Les six livres suivants sont consacrés aux diverses parties du monde connu, et contiennent entre autres les coordonnées d’environ 8 000 localités. Le huitième et dernier livre, après une brève introduction, utilise les informations contenues dans les livres précédents pour atteindre l’objectif final : dessiner des cartes géographiques de tout le monde habité. Il en contient 27, une carte générale et 26 régions détaillées.

[6] L’Almageste est une œuvre de Claude Ptolémée datant du 2ème siècle. Elle constitue la somme des connaissances les plus avancées de l’antiquité en mathématiques et en astronomie.

[7] L’astrolabe est une double projection plane qui permet de représenter le mouvement des astres sur la voûte céleste. Le principe de sa construction est connu depuis l’époque grecque : son invention est attribuée classiquement à Hipparque. Une forme très perfectionnée, datant de 87 av.jc, la machine d’Anticythère, a été découverte au large de l’île du même nom. Mais son utilisation courante n’a été répandue que par les astronomes arabes, à partir du 8ème siècle. D’usage limité pour les observations astronomiques, il sert surtout pour l’astrologie, l’enseignement de l’astronomie, et le calcul de l’heure le jour par l’observation du soleil ou pendant la nuit par l’observation des étoiles. Dans sa forme simplifiée, l’« astrolabe nautique », ce fut le principal instrument de navigation depuis le 16ème jusqu’au 18ème siècle, au moment où fut inventé le sextant.

[8] 56 milles nautiques et 2/3