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Ahmad ben Jafar al-Mutawakkil dit Al-Mutamid (Abbasside)

vendredi 14 janvier 2022, par ljallamion

Ahmad ben Ja`far al-Mutawakkil dit Al-Mutamid (Abbasside) (vers 842-892)

Quinzième calife abbasside de Bagdad en 870.

Troisième fils de Jafar al-Mutawakkil à monter sur le trône. Il a succédé à son cousin Al-Muhtadi .

Son règne est marqué par une stabilisation de l’empire du point de vue interne avec la fin de la révolte des esclaves du Zanj [1] ainsi que de l’anarchie qui régnait dans la capitale à Samarra [2].

Au cours de la révolte des Zanj, Al-Mutamid a demandé l’aide de son frère Al-Muwaffaq en 869. Relevé de ses fonctions de gouverneur de Médine [3], Al-Muwaffaq a pris les rênes du pouvoir. Il les a gardées jusqu’à sa mort peu de temps avant celle d’Al-Mutamid lui-même.

La révolte des Zanj, commencée en 868, menaçait Bagdad [4]. Al-Muwaffaq et son fils Al-Mutadid partent en campagne pour remettre de l’ordre dans l’empire. En 883 la révolte des Zanj, au sud de l’Irak, est terminée. Le contrôle des provinces est renforcé.

L’émir [5] toulounide [6] d’Égypte Ahmad Ibn Touloun a profité de la mobilisation contre les Zanj et des avancées byzantines [7] en Anatolie [8] pour conquérir la Syrie [9] et une partie du nord de l’Irak [10] sous le prétexte de défendre l’empire.

Ahmad Ibn Touloun vit une occasion d’accroître son pouvoir dans l’éloignement d’Al-Muwaffaq. Il a proposé au calife auquel il ne restait plus que l’ombre du pouvoir, sa protection contre son frère Al-Muwaffaq. Le calife irait en Égypte pour se mettre en sécurité sous la protection de son fidèle vassal. Ahmad ben Touloun avait compté sans la vigilance d’Al-Muwaffak. Ce dernier en apprenant le complot a fait saisir le calife Al-Mutamid, et l’a fait emmener enchaîné à Samarra en 882.

Al-Mutamid est mort en octobre 892 après une nuit de beuverie qui l’a laissé ivre-mort.   À la mort d’Al-Muhtadi, les courtisans sortirent de son isolement à Samarra le fils le plus âgé parmi les survivants de Jafar al-Mutawakkil. Mûsâ ben Bogha qui avait été du côté des kharidjites [11], est rapidement revenu à la cour, devenant même un fidèle serviteur et fut le protecteur du fils du calife, désigné comme héritier de la partie occidentale de l’empire.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, Éd. PUF, (ISBN 978-2-13-054536-1)

Notes

[1] Le Zanguebar ou Zanj, voire Zingium ou côte swahilie, sont des anciennes appellations de la même partie de la côte de l’Afrique orientale qui se trouve répartie aujourd’hui entre le Mozambique, la Tanzanie, le Kenya et la Somalie. Elle comporte aussi les îles côtières (archipel de Zanzibar, Comores...), et on y inclut parfois également la côte musulmane (nord-ouest) de Madagascar.

[2] Sāmarrā est une ville d’Irak. Son nom est l’abréviation de l’arabe signifiant « celui qui l’aperçoit est heureux », nom que lui avait donné le calife abbasside Al-Mutasim. Elle se situe sur la rive est du Tigre dans la province de Salah ad-Din, à 125 km au nord de Bagdad. Sāmarrā était autrefois l’une des plus grandes villes de Mésopotamie. La ville pré-islamique a été remplacée par une nouvelle ville en 833 par le calife abbasside Al-Mutasim, afin d’y installer ses mercenaires turcs recrutés la même année lors de son accession au califat. Écartée de Bagdad où elle molestait la population locale, la nouvelle garde du calife y vécut en véritable micro-société et Samarra devint alors la nouvelle capitale du monde musulman. Durant le règne de son successeur Al-Wathiq et davantage sous celui du calife Al-Mutawakkil, Sāmarrā se transforme en une ville commerciale. Ce dernier a été le garant de la construction de la Grande Mosquée de Sāmarrā en 847 avec son célèbre minaret en spirale.

[3] Médine est une ville d’Arabie saoudite, capitale de la province de Médine, située dans le Hedjaz. C’est là que vint s’installer en 622 à l’hégire le prophète de l’islam, Mahomet, après qu’il eut, selon le Coran, reçu l’ordre de Dieu de quitter La Mecque, ville distante de plus de 430 km. C’est aussi là qu’il mourut et fut enterré en 632. La ville abrite son tombeau dans la Masjid An Nabawi (mosquée du Prophète) ainsi que les premiers califes Abou Bakr et Omar, les autres personnes importantes de l’islam restant au cimetière Al-Baqi.

[4] Bagdad ou Baghdad est la capitale de l’Irak et de la province de Bagdad. Elle est située au centre-Est du pays et est traversée par le Tigre. Madīnat as-Salām fut fondée ex nihilo au 8ème siècle, en 762, par le calife abbasside Abou-Djaafar Al-Mansur et construite en quatre ans par 100 000 ouvriers. Selon les historiens arabes, il existait à son emplacement plusieurs villages pré-islamiques, dont l’un s’appelait Bagdad.

[5] Émir est un titre de noblesse utilisé dans le monde musulman. En arabe, amīr est celui qui donne des ordres, mot lui-même dérivé du verbe āmara (commander).

[6] Les Toulounides constituent la première dynastie d’émirs indépendants dans l’Égypte devenue musulmane : ils gouvernèrent de 868 à 905. Au 9ème siècle, le pouvoir central des califes abbassides est l’objet de querelles intestines à la faveur desquelles des tendances centrifuges se manifestent dans l’empire : en 868, l’officier d’origine turque Ahmad ibn Touloun, envoyé de Bagdad comme gouverneur de l’Égypte, s’y comporte bientôt comme monarque autonome. Il ne transmet plus les impôts au pouvoir califal et il lui devient ainsi possible de développer l’irrigation et de faire construire une flotte, ce qui stimule l’économie locale et le commerce de façon décisive. En 878, il s’empare de la Palestine et de la Syrie pour y établir des marches défensives contre une éventuelle attaque du calife abbasside. La dynastie ne devait pas subsister longtemps, ses successeurs se révélant moins capables que le fondateur. Sous son fils Khumarawayh des travaux trop coûteux et le train de vie luxueux de la cour achevèrent d’épuiser les finances du pays.

[7] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

[8] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[9] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.

[10] L’Irak ou l’Iraq, est un pays du Proche-Orient, situé au nord de la péninsule arabique. L’Irak est parfois appelé « le pays des deux fleuves », en référence au Tigre et à l’Euphrate. Bagdad en est la capitale et la plus grande ville. D’une superficie de 435 052 km², cet État a pour voisin la Turquie au nord, l’Iran à l’est, le Koweït au sud-est, l’Arabie saoudite au sud-sud-ouest, la Jordanie à l’extrême ouest et la Syrie au nord-ouest. L’Irak détient les quatrièmes plus grandes réserves de pétrole, et il est membre de l’OPEP. L’Irak actuel couvre une grande partie de la Mésopotamie, berceau de grandes civilisations parmi les plus anciennes. C’est sur les berges du Tigre, passant par Bagdad, que l’écriture est née, il y a 5 000 ans. Aux époques achéménide, parthe et sassanide, le territoire de l’Irak (l’empire sémite de Babylone) est intégré à l’Empire perse, formant, peu avant sa conquête et son peuplement par les Arabes (au 2ème siècle av. jc par les Arabes de Characène et au 3ème siècle par la tribu des Banu Lakhm et son islamisation au 7ème siècle, la province sassanide du Khvarvaran. Ce territoire fit longtemps partie de l’Empire ottoman.

[11] Le kharidjisme ou kharijisme est une secte de l’islam apparue lors de la première fitna et le conflit entre Ali et Mu’awiya. Selon al-Shahrastani, un khariji est toute personne qui se révolte contre le dirigeant autour duquel sont réunis les musulmans. Les khawarij sont ainsi considérés comme des dissidents. Le kharijisme est l’une des toutes premières factions apparues en Islam. Les kharijites se divisèrent, par la suite, en une multitudes de groupes (près d’une vingtaine). Sept d’entre eux ont été principalement recensés : les mouhakkimites, les azraqites, les najadites, les thaalabites, les ajradites, les ibadites et les sufrites. Tous partagent des fondements communs comme l’excommunication (takfir) des musulmans commettant des grands péchés, l’obligation de se révolter contre le dirigeant injuste ou débauché, ou encore l’excommunication de certains compagnons de Mahomet.