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Nersès II de Bagrévand

lundi 10 janvier 2022, par ljallamion

Nersès II de Bagrévand (mort en 557/558)

Catholicos de l’Église apostolique arménienne de 548/549 à 557/558

Emblème de l'Église apostolique arménienneNersès est né à Achtarak [1] ou dans le Bagrévand [2]. Il succède à Ghévond d’Erast sur le trône catholicossal [3] en 548/5493.

La construction de la basilique de Tsiranavor à Achtarak lui est attribuée.

Il convoque le second concile de Dvin [4] le 21 mars 555. Ce concile a cependant parfois été dit être le 3ème réuni à Dvin, le 2ème l’étant en 552/553, à partir des écrits du catholicos géorgien du 9ème/10ème siècle Arseni Saparéli c’est lors de ce concile de 552/553 que les canons du concile de Chalcédoine de 451 [5] sont rejetés par l’Église arménienne, à l’instigation d’une délégation syrienne monophysite [6] menée par l’évêque Abdicho ; selon cette hypothèse, le concile de 555 n’aurait résulté qu’en une condamnation d’un prosélytisme nestorien [7] en provenance de Susiane [8]. Le concile de 552/553 n’apparaissant cependant dans aucune liste conciliaire arménienne, il s’agit vraisemblablement d’une interprétation erronée.

Le concile de 555 a été traditionnellement retenu par les historiens principalement occidentaux comme le concile ayant amené à la séparation de l’Église arménienne d’avec l’Église romano-byzantine, de par son rejet des canons du concile de Chalcédoine.

Hovhannès II lui succède à sa mort, en 557/558.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Patrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, Les arts arméniens, Paris, Éditions Mazenod, 1987 (ISBN 2-85088-017-5).

Notes

[1] Achtarak ou Aštarak est une ville d’Arménie, située sur le canyon de Kasakh, à 20 km au nord-ouest d’Erevan.

[2] Le Bagrévand est une ancienne province de l’Arménie historique, aujourd’hui située en Turquie orientale. Longtemps dirigée par les Mamikonian, elle passe sous l’autorité des Bagratides après la bataille de Bagrévand.

[3] Le titre de catholicos est un titre équivalent à celui de patriarche porté par des dignitaires de plusieurs Églises orthodoxes orientales, notamment les Églises de la tradition nestorienne et les Églises monophysites, en particulier l’Église apostolique arménienne.

[4] Le second concile de Dvin est un concile de l’Église apostolique arménienne qui s’est tenu en 555 dans la ville arménienne de Dvin, lieu de résidence du catholicos d’Arménie.

[5] Le concile de Chalcédoine est le quatrième concile œcuménique et a eu lieu du 8 octobre au 1er novembre 451 dans l’église Sainte-Euphémie de la ville éponyme, aujourd’hui Kadıköy, un quartier chic de la rive asiatique d’Istanbul. Convoqué par l’empereur byzantin Marcien et son épouse l’impératrice Pulchérie, à partir du 8 octobre 451, le concile réunit 343 évêques dont quatre seulement viennent d’Occident. Dans la continuité des conciles précédents, il s’intéresse à divers problèmes christologiques et condamne en particulier le monophysisme d’Eutychès sur la base de la lettre du pape Léon 1er intitulée Tome à Flavien (nom du patriarche de Constantinople, destinataire de la lettre du pape).

[6] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans l’Empire byzantin en réaction au nestorianisme, et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore d’Alexandrie.

[7] Doctrine hérétique de Nestorius qui reconnaissait les deux natures du Christ, humaine et divine, mais en niait la consubstantialité ; de ce fait même, l’hérésie niait que la Vierge puisse être appelée « Mère de Dieu ». Malgré sa condamnation par le concile d’Éphèse (431), le nestorianisme gagna la Perse, puis l’Asie, jusqu’à l’Inde et la Chine. Au 12ème siècle époque de son apogée, l’Église nestorienne comptait quelque 10 millions de fidèles. Aujourd’hui, seuls subsistent quelques dizaines de milliers de fidèles, principalement en Iraq et aux États-Unis, la majorité des nestoriens ayant rallié l’Église catholique à partir du 18ème siècle

[8] L’Élam est un ancien pays occupant la partie sud-ouest du plateau Iranien, autour des actuelles provinces du Khuzistan et du Fars, qui correspondent à ses deux principales régions, celle de Suse et celle d’Anshan/Anzan. L’histoire de l’Élam est difficilement dissociable de celle de la Mésopotamie voisine, qui exerça une forte influence sur cette région. C’est au plus tard en 539av.jc que l’on doit considérer que les dernières principautés élamites sont elles aussi intégrées dans l’empire perse.