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Miron 1er de Roussillon ou Miron 1er de Conflent et de Cerdagne dit Miron le Vieux

vendredi 20 novembre 2020, par ljallamion

Miron 1er de Roussillon ou Miron 1er de Conflent et de Cerdagne dit Miron le Vieux (mort en 896)

Comte de Conflent à partir de 870-Comte de Cerdagne en association avec son frère aîné Guifred le Velu-Comte du Roussillon à partir de 878-Comte du Capcir et du Fenouillèdes jusqu’à sa mort

Il protège le monastère Saint-André d’Eixalada [1] pour qui il obtient un diplôme de Charles le Chauve en 871. Ce monastère, devenu abbaye royale, l’aide dans sa conquête du Roussillon en 878. Après la destruction de Saint-André d’Eixalada par une inondation en 878, il aide les moines à déménager et à créer l’abbaye Saint-Michel de Cuxa [2].   Il préside en 873, en compagnie de son frère Guifred le Velu comte de Barcelone [3] et de ses "cousins" Acfred 1er et Olibia II comtes de Carcassonne [4] et Razès [5] à la consécration de l’église de Formiguères [6] en Capcir [7], alors dans le comté de Razès.   En 874, peut-être suite à un conflit, la Fenouillèdes [8] et le Peyrapertusès [9] sont détachés du comté de Razès au profit de Miron.   Frère de Guifred le Velu, ce dernier hérite des titres de Miron en 896 pour moins d’un an car il meurt en 897.   Miron II dit le jeune , fils de Guifred et neveu de Miron le Vieux, hérite alors de la Cerdagne [10], de Berga [11], du Conflent [12], du Fenouillèdes.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jordi Bolòs i Masclans, « Atles dels comtats de Rosselló, Conflent, Vallespir i Fenollet (759-991) » (ISBN 9788423207343, consulté le 8 septembre 2018)

Notes

[1] Le monastère Saint-André d’Eixalada est un monastère chrétien bénédictin actif au 9ème siècle dans l’Est des Pyrénées. Fondé au bord du fleuve Têt au plus tard en 840-841, il est détruit par une inondation en 878. Fondé par des membres d’une même famille, le monastère Saint-André d’Eixalada connait d’abord une période de stagnation et de pauvreté, jusqu’à l’arrivée de nouveaux moines, bien plus aisés, en 854. Le plus fortuné d’entre eux, nommé Protasius, est également un homme d’un fort dynamisme. Sous son impulsion, le monastère accroît ses possessions et son influence, obtenant notamment en 871 un diplôme du roi des Francs, Charles le Chauve, qui en fait une abbaye royale. En 878, l’abbaye est à son apogée. À la fois protégée du comte de Conflent Miron le Vieux et son alliée, elle participe à la conquête par celui-ci du comté de Roussillon. À la fin de cette même année, le monastère Saint-André d’Eixalada est détruit par une inondation. Les dégâts sont tels que les moines survivants décident d’abandonner le site et de fonder une nouvelle abbaye en aval, à Cuxa, sur un terrain appartenant à Protasius.

[2] L’abbaye de Saint-Michel de Cuxa est un monastère bénédictin situé au pied du Canigou, sur la commune de Codalet dans les Pyrénées-Orientales. Il fait partie de la province espagnole de la congrégation de Subiaco (confédération bénédictine).

[3] Le comté de Barcelone est à l’origine une subdivision du royaume wisigoth en Hispanie. Conquis par les Maures à la fin du 8ème siècle, reconquis par Charlemagne en 801, il est intégré à la marche d’Espagne, province frontière face aux musulmans d’Al-Andalus. Des comtes nommés par les souverains carolingiens se succèdent à la tête de ce comté, considéré comme le plus important de la marche. À l’extinction de la dynastie carolingienne, les comtes se succèdent de façon héréditaire dans la descendance du comte Guifred, dit le Velu. Cette dynastie domine également les comtés de Girone et de Ausone, et rassemble peu à peu sous son autorité directe ou indirecte tous les comtés formant l’actuelle Catalogne : Besalú, Cerdagne, Empuries, Pallars, Roussillon et Urgell.

[4] La vicomté de Carcassonne apparaît pour la première fois en 1082. C’est à cette date que Bernard Aton IV Trencavel, vicomte de Nîmes et d’Albi, revendiquant les droits de sa mère Ermengarde, réclame les comtés de Carcassonne et de Razès, ainsi que les vicomtés de Béziers et d’Agde, et s’en empare. Les Trencavel deviennent alors seigneurs de fait, sans porter le titre de vicomtes. Ermengarde meurt en 1101, et son fils Bernard-Aton Ier (IV de Nîmes et d’Albi) est proclamé formellement vicomte de Carcassonne, Razès, Béziers et Agde. Barcelone tente de s’y opposer à plusieurs reprises.

[5] Le Razès désigne historiquement un ancien pagus ou comté carolingien portant le nom de sa capitale historique : l’oppidum ou cité de Redae (l’actuelle Rennes-le-Château au sud-ouest du département de l’Aude). Le comté du Razès fut absorbé par la province du Languedoc en 1240, mais subsiste largement dans la toponymie de la région comprise entre Mirepoix et Limoux (Belvèze-du-Razès, Fenouillet-du-Razès, Peyrefitte-du-Razès, Bellegarde-du-Razès, etc.)

[6] L’église Sainte-Nativité-Notre-Dame est une église catholique romane située à Formiguères, en France. L’édifice aurait été construit en 833, puis il fut agrandi en 1019 (rallongement de la nef, voûtement en pierre).

[7] Le Capcir est une région historique et géographique des Pyrénées-Orientales, en France, dont la capitale historique est Formiguères. Il fut rattaché à la France par le traité des Pyrénées. Son territoire correspond approximativement à la très haute vallée de l’Aude.

[8] Le (ou les) Fenouillèdes, est une région naturelle française des Pyrénées-Orientales, située dans la région du Languedoc-Roussillon. Comme toutes les régions « naturelles », le Fenouillèdes a des limites floues ; on pourrait le définir comme la partie des Pyrénées-Orientales qui appartenait déjà à la France (Languedoc) avant le traité des Pyrénées, ou comme la partie de ce département où la langue d’origine est l’occitan.

[9] Le Peyrepertusès est un territoire historique dépendant du château de Peyrepertuse au moins depuis le 9ème siècle. Dépendant à l’origine du comté de Razès, le territoire du Peyrepertusès est longtemps lié à la vicomté de Fenouillèdes. A partir de 874, les comtes de Razès perdent le contrôle de ces territoires au profit du comte Miron 1er de Cerdagne. C’est la Croisade des albigeois au 13ème siècle qui fait entrer définitivement le Peyrepertusès dans le Royaume de France.

[10] Le comté de Cerdagne est un ancien fief féodal situé dans la partie orientale des Pyrénées. Le comté de Cerdagne fut constitué au début du 9ème siècle. À l’origine charge temporaire, la fonction de comte devint héréditaire à la fin du même siècle. Guifred le Velu fut le premier comte héréditaire de Cerdagne ; de lui sont issus les comtes de Barcelone, futurs rois d’Aragon.

[11] Le comté de Berga comprenait l’actuelle comarque de Berguedà, sans la Vall de Lillet. Son origine remonte à l’ancien pagus de Berga, une démarcation existant sûrement au temps des Wisigoths et des romains, qui coïncidait déjà avec le territoire de l’antique tribu ibère des bergistans ou bergussis. Au début, le pagus de Berga faisait partie du comté de Cerdagne.

[12] Le comté de Conflent était un comté catalan du Moyen Âge faisant partie de la Marche d’Espagne. Il est situé dans l’actuel Roussillon. Il correspond historiquement à la vallée de la Têt (Tet en catalan) et ses alentours entre Rodès et Mont-Louis (Montlluís). En amont, c’est la Cerdagne (Haute Cerdagne), en aval, le Ribéral (Riberal). Sa capitale est Prades (Prada). Le Conflent est dominé par le Canigou (Canigó).