Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 8ème siècle > Abu Abdullah Muhammad bin Idris ash-Shâfi’î dit Ash-Shâfi’î ou Imam (...)

Abu Abdullah Muhammad bin Idris ash-Shâfi’î dit Ash-Shâfi’î ou Imam Al-chafii

vendredi 2 août 2019, par ljallamion

Abu Abdullah Muhammad bin Idris ash-Shâfi’î dit Ash-Shâfi’î ou Imam Al-chafii (767-820

Juriste et savant musulman

Abu Abdullah Muhammad bin Idris ash-Shâfi'î dit Ash-Shâfi'î ou Imam Al-chafii Juriste et savant musulmanFondateur de la madhhab [1] chaféite [2]. Il appartient à la dynastie des hachémites [3] de la tribu des Quraychites [4].

Son père est mort alors qu’il est encore enfant. Sa mère l’élève dans la pauvreté en voulant faire de lui un bon musulman. Il passe beaucoup de temps parmi les bédouins et acquiert ainsi une grande connaissance de la poésie arabe.

Dans sa jeunesse, il se rend à Médine [5] pour étudier la jurisprudence islamique et le hadith [6] sous la direction de l’imam Malik . Il y mémorisa complètement le livre Al-Muwatta [7] et pouvait le réciter de mémoire au mot près.

Il séjourna dans la ville jusqu’à la mort de l’imam en 801. Il s’en alla ensuite au Yémen [8] pour y enseigner et il y fut accusé de tendances chiites [9] en l’an 805. Il put prouver son innocence devant le calife Haroun Al-Rachid qui le fit libérer, en l’exonérant de toute faute. Al-Chafii resta en Irak et étudia quelque temps sous Mouhammad ibn Al-Hassan , le célèbre étudiant de Abou Hanifa .

L’imam Shâfi’î combina en quelque sorte la jurisprudence islamique du Hedjaz [10]malikite avec celle d’Irak [11] et créa ainsi sa propre école de jurisprudence. Il rassembla les règles en dictant à ses élèves dans un livre nommé “Al-Hujja”  [12]. Cette rédaction se fit en Irak en 810 et certains de ses élèves apprirent son livre et le propagèrent.

Il se rendit ensuite en Égypte pour étudier sous l’imam Al-Layth ibn Sad, mais ce dernier décéda peu avant son arrivée. Il put néanmoins étudier son madhhab de par ses élèves qui y étaient toujours présents.

En Égypte il assimila donc la jurisprudence élaborée par l’imam al-Layth et fit rédiger son “al-Madhhab al-Jadîd” le nouveau madhhab, par opposition à al-Madhhab al-Qadîm, l’ancien, qu’il avait transmis en Irak à ses étudiants dans un livre qu’il nomme Al-Umm. En effet ce voyage en Égypte le confronta à de différentes méthodes d’analyse de hadith et de raisonnements qui induisirent des changements nombreux de ses avis qu’il avait eu en Irak.

Bien que la carrière d’Ash-Shâfi’î se soit aussi déroulée dans le Hidjâz et à Baghdâd, c’est principalement à la fin de sa vie, à Fustât [13], en Égypte, que son enseignement fut le plus favorablement accueilli et qu’il eut le plus grand nombre de disciples ayant joué un rôle important dans la diffusion de sa doctrine.

L’imam Al-Chafii est le premier imam à avoir systématisé les principes fondamentaux de la jurisprudence islamique, comme dans son livre “Ar-Risâlah”.

Dans sa célèbre Risâla, Ash-Shâfi’î s’attaque radicalement au conformisme juridique “taqlîd”. Il vise d’une part à discréditer les traditions locales comme sources juridiques, d’autre part à empêcher que l’on cite les avis des grands imams comme arguments d’autorité, sans autre preuve à l’appui que la stature et la renommée de l’auteur.

D’après ses biographes, il était lui-même contre le fait que l’on se réclame de lui et qu’on fasse de sa doctrine l’objet d’un nouveau conformisme après sa mort.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Ash-Shâfi’î/ Portail de l’islam /Catégories : Ouléma chaféite

Notes

[1] l’école de droit musulman

[2] Le chaféisme, parfois orthographié shafiisme ou chafiisme, est l’une des quatre écoles (madhhab) de jurisprudence (fiqh) de l’islam sunnite. Elle est fondée sur l’enseignement de l’imam Al-Chafii et de ses disciples. Il est considéré comme un compromis entre les écoles hanafite et malikite.

[3] La dynastie des Hachémites désigne les descendants de Hachim ibn Abd Manaf, de la tribu des Quraychites. Les Hachémites ont longtemps été les gardiens de la ville sainte de La Mecque, ils sont aujourd’hui la famille royale régnant en Jordanie, et ont régné sur le Royaume d’Irak jusqu’à la révolution républicaine de 1958.

[4] Les Quraychites, sont les descendants de Quraysh un assez lointain ancêtre appelé aussi Fihr. Ils appartiennent au groupe des Arabes adnanites qui se disaient descendants d’Adnan et par lui d’Ismaël. Six générations après Quraysh, Qusay parvient à les fédérer et à prendre à la tribu qahtani des Khuza’a - selon la tradition grâce à une alliance matrimoniale - le contrôle de La Mecque, de ses puits et du pèlerinage autour de la Kaaba. Qusay est le père de ‘Abd Manaf, grand-père de Hâchim, bisaïeul de `Abd al-Muttalib, trisaïeul de `‘Abdullah, ce dernier étant le père de Mahomet.

[5] Médine est une ville d’Arabie saoudite, capitale de la province de Médine, située dans le Hedjaz. C’est là que vint s’installer en 622 à l’hégire le prophète de l’islam, Mahomet, après qu’il eut, selon le Coran, reçu l’ordre de Dieu de quitter La Mecque, ville distante de plus de 430 km. C’est aussi là qu’il mourut et fut enterré en 632. La ville abrite son tombeau dans la Masjid An Nabawi (mosquée du Prophète) ainsi que les premiers califes Abou Bakr et Omar, les autres personnes importantes de l’islam restant au cimetière Al-Baqi.

[6] Un hadith ou hadîth est une communication orale du prophète de l’islam Mahomet et, par extension, un recueil qui comprend l’ensemble des traditions relatives aux actes et aux paroles de Mahomet et de ses compagnons, précédées chacune d’une chaîne de transmetteurs remontant jusqu’à Mahomet. Considérés comme des principes de gouvernance personnelle et collective pour certains courants musulmans, ils sont aussi désignés sous le nom de « la tradition du Prophète ».

[7] Le Muwaṭṭa est une des premières rédactions de la loi musulmane, compilée et éditée par Imam Malik. Il est considéré comme la plus ancienne source existante des Hadiths, les traditions de Mahomet qui constituent la base de la jurisprudence de l’islam en plus du Coran. Néanmoins il ne s’agit pas à proprement parler d’un recueil de hadiths ; bon nombre des préceptes juridiques qu’il contient ne sont pas du tout basés sur les hadiths. Le livre rassemble les rituels, les rites, les coutumes, les traditions, les règles et les lois de l’époque de Mahomet. Une grande partie du livre porte sur des domaines qui ne sont pas strictement « juridiques » dans le sens occidental du terme, comme le Hajj (pèlerinage), le sacrifice, les relations, etc. Au-delà de la loi il présente donc une utilité, pour l’étude historique de la Sociologie du monde Arabe, par exemple.

[8] Le Yémen est l’un des plus anciens centres de civilisation du Moyen-Orient, dans l’antiquité le pays était un territoire du Royaume de Saba. Il est aussi l’une des premières nations à adopter l’Islam et important centre de la théologie Chaféite.

[9] Le chiisme constitue l’une des deux principales branches de l’islam, l’autre étant le sunnisme. Il regroupe environ 10 à 15 % des musulmans, dont 90 % de la population iranienne

[10] Le Hedjaz est une région du nord-ouest de l’actuelle Arabie saoudite. Sa principale ville est Djeddah, mais la cité la plus connue est La Mecque, ainsi que Médine. Cette région fut contrôlée tour à tour durant la majeure partie de son histoire par les puissances régionales, l’Égypte ou l’Empire ottoman. Elle fut néanmoins brièvement indépendante au début du 20ème siècle, lorsqu’elle se souleva contre l’Empire ottoman lors d’une rébellion encouragée par Lawrence d’Arabie durant la Première Guerre mondiale. Husseyn ibn Ali, chérif de la Mecque, proclama son indépendance en 1916. En 1924-1925, l’autorité du chérif fut renversée par les ibn Saoud, régnant sur la nation voisine du Nejd. Cette annexion permit la création de l’Arabie saoudite moderne en 1932.

[11] hanafite

[12] l’évidence

[13] Fostat aussi appelée Fustat, al-Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l’Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l’Égypte par les Arabes en 641. C’est là que la première mosquée du pays et de l’Afrique fut bâtie