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Dihya ou Damya dit Kahena ou Kahina

vendredi 17 août 2018, par ljallamion

Dihya ou Damya dit Kahena ou Kahina

Reine berbère zénète des Aurès

Mémorial de Dihya à Khenchela , en AlgérieElle a combattu les Omeyyades [1] lors de l’expansion islamique en Afrique du Nord au 7ème siècle.

Elle est la fille de Tabat , le chef d’une tribu berbère, les Djerawa [2].

La conquête de l’Afrique du Nord est décidée par le chef de la dynastie omeyade, Muawiya 1er. À l’aube de l’invasion, l’unité politique et administrative de la Berbérie orientale et centrale [3] était en grande partie réalisée par Kusayla , chef de la résistance à la Conquête musulmane du Maghreb. Kusayla, entre en conflit avec Oqba Ibn Nafi Al Fihri , général de l’armée des Omeyades.

À son décès en 686, Dihya prend la tête de la résistance. Elle était issue de la tribu des Djerawa [4], une tribu berbère zénète [5] de Numidie [6], selon les chroniqueurs en langue arabe au Moyen Âge.

Fille unique, elle aurait été élue ou nommée par sa tribu après la mort de son père. Dihya procéda à l’appel de nombreuses tribus de l’Afrique du Nord orientale et du Sud pour déclencher la guerre contre les Omeyades.

Elle défait par deux fois la grande armée des Omeyyades grâce à l’apport des cavaliers des Banou Ifren [7].

À la première bataille, Dihya remporte une victoire sur les troupes d’ Ibn Numan à Meskiana [8]. Dans la vallée déserte et asséchée, Dihya dissimule son armée pendant la nuit, en partie dans la montagne, en partie derrière, sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d’Ibn Numan. Lorsque les Arabes attaquent, ils sont accueillis par une pluie de flèches tirées entre les jambes des chameaux des Berbères. Les Arabes écrasés, les Aurésiens les poursuivent jusqu’à Gabès [9]. Cette prestigieuse victoire, appelée aussi « bataille des chameaux », leur permet de repousser les troupes du calife jusqu’en Tripolitaine [10].

Ibn Numan est à nouveau battu par Dihya en 695 près de TabarKa [11].

Elle règne sur tout l’Ifriqiya [12] pendant 5 ans. Vaincue par Hassan Ibn en N’uman dans la dernière bataille contre les Omeyyades, elle se réfugie dans l’Amphithéâtre d’El Jem [13]. Elle est enfin faite prisonnière, puis décapitée au lieudit Bir El Kahina.

Dihya sera la seule femme de l’histoire à combattre l’empire omeyyade. Les Omeyyades demandent aux Zénètes de leur fournir douze mille combattants pour la conquête de l’Andalousie comme condition à la cessation de la guerre.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de A. Hannoum, « Historiographie et légende au Maghreb : la Kahina ou la production d’une mémoire », Annales, 1999

Notes

[1] Les Omeyyades, ou Umayyades sont une dynastie arabe de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre Umayya ibn Abd Shams, grand-oncle de Mahomet. Ils sont originaires de la tribu de Quraych, qui domine La Mecque au temps de Mahomet. À la suite de la guerre civile ayant opposé principalement Muʿāwiyah ibn ʾAbī Sufyān, gouverneur de Syrie, au calife ʿAlī ibn ʾAbī Ṭalib, et après l’assassinat de ce dernier, Muʿāwiyah fonde le Califat omeyyade en prenant Damas comme capitale, faisant de la Syrie la base d’un Califat qui fait suite au Califat bien guidé et qui devient, au fil des conquêtes, le plus grand État musulman de l’Histoire.

[2] Les Djerawa, était une confédération tribale berbère zénète nomade qui a prospéré au nord-ouest de l’Afrique durant le 7ème siècle. La confédération des Djerawa aurait été soit convertie au judaïsme soit convertie au christianisme. Sous la reine Kahina, ils ont mené la résistance berbère à la conquête musulmane du Maghreb, à la fin du 7ème siècle.

[3] les Aurès, l’est de l’Algérie

[4] Les Djerawa, était une confédération tribale berbère zénète nomade qui a prospéré au nord-ouest de l’Afrique durant le 7ème siècle. La confédération des Djerawa aurait été soit convertie au judaïsme soit convertie au christianisme. Sous la reine Kahina, ils ont mené la résistance berbère à la conquête musulmane du Maghreb, à la fin du 7ème siècle.

[5] Les Zénètes sont une tribu berbère qui habitait une zone s’étendant de l’ouest de l’Égypte, au Maroc, dans l’antiquité, avec les Sanhadjas et Masmoudas. Leur mode de vie était principalement nomade. Ils sont à l’origine de nombreuses dynasties au Maghreb, tels que les Mérinides, les Zianides, les Ifrenides, ou les Wattassides. Les Zénètes ont adopté l’Islam tôt, au 7ème siècle. Tandis que d’autres tribus berbères continuaient à bien résister à la conquête musulmane au 8ème siècle, ils ont été rapidement arabisés. Ils ont également formé un contingent substantiel pour la conquête musulmane de la péninsule ibérique.

[6] La Numidie est d’abord un ancien royaume berbère, qui alterna ensuite entre le statut de province et d’état vassal de l’Empire romain. Elle est située sur la bordure nord de l’Algérie moderne, bordé par la province romaine de Maurétanie, de nos jours l’Algérie et le Maroc, à l’ouest, la province romaine d’Afrique, la Tunisie, à l’est, la mer Méditerranée vers le nord , et le désert du Sahara vers le sud. Ses habitants étaient les Numides.

[7] Les Ifrenides, Ayt Ifran, Banou Ifran ou Beni Ifren sont une puissante tribu berbère, appartenant à la branche des Zénètes. Ils créaient au 8ème siècle dans le Maghreb central, un royaume sufrite dont la capitale était Tlemcen

[8] entre Tebessa et Aïn Beïda, dans la Wilaya d’Oum El Bouaghi de l’actuelle Algérie

[9] Gabès est une ville du sud-est de la Tunisie et le chef-lieu du gouvernorat du même nom.

[10] La Tripolitaine est une région historique de la Libye dont le nom, qui signifie « trois villes » en grec ancien, vient de Oea, Leptis Magna et Sabratha, les trois villes les plus importantes de la région depuis l’Antiquité. La Tripolitaine a ensuite donné son nom à Tripoli, appellation moderne d’Oea.

[11] Tabarka est une ville côtière du Nord-Ouest de la Tunisie située à une centaine de kilomètres de Tunis et à quelques kilomètres de la frontière algéro-tunisienne. Rattachée au gouvernorat de Jendouba, elle constitue une municipalité. La ville est le centre d’attraction des populations villageoises de la Kroumirie, région montagneuse parsemée de chênes-lièges. L’histoire de la ville est un panachage des civilisations berbère, phénicienne, romaine, arabe et turque. Thabraca, fondée par les Numides, devient ensuite une colonie romaine. Elle est alors utilisée comme port principal pour l’exportation du marbre polychrome extrait des carrières de la ville de Simitthus située dans les monts voisins de Kroumirie. Plus tard, sous le règne du roi vandale Genséric, la ville se dote de deux monastères, l’un pour les hommes et l’autre pour les femmes. En 702 se déroule à Tabraqua la dernière bataille entre la civilisation berbère, dirigée par leur reine Kahena, et les Arabes dirigés par Hassan Ibn Numan qui, après avoir pris Carthage, reçoit 50 000 hommes en renfort du calife Abd al-Malik

[12] L’Ifriqiya, est une partie du territoire d’Afrique du Nord pour la période du Moyen Âge occidental, qui correspond aux provinces d’Afrique romaine dans l’Antiquité tardive. Le territoire de l’Ifriqiya correspond aujourd’hui à la Tunisie, à l’est du Constantinois (est de l’Algérie) et à la Tripolitaine (ouest de la Libye). C’est sous ce nom que ce territoire est connu au moment de l’arrivée des Arabes musulmans et de la résistance qui leur est opposée par les populations berbères païennes, chrétiennes ou juives. Le continent, qui était auparavant nommé « Libye » par Hérodote tire son nom de cette dénomination que les Romains imposèrent par leur conquête.

[13] El Jem ou El Djem est une ville tunisienne située aux portes de la région du Sahel. Fondée sur les ruines de la cité antique de Thysdrus ou Thysdritania colonia, elle est célèbre pour son amphithéâtre, le plus grand de l’Empire romain (entre 27 000 et 30 000 spectateurs) après le Colisée de Rome (45 000 spectateurs) et celui de Capoue.