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L’Église En pleine crise

vendredi 23 novembre 2012

L’Église En pleine crise

Le Grand Schisme débute avec l’élection d’un pape italien, Urbain VI, en 1378. 13 des cardinaux qui l’avaient élu, français pour la plupart, consternés par son comportement incohérent, déclarèrent l’élection invalide et choisirent un nouveau pape, un Français, Clément VII. Urbain se vengea en excommuniant Clément et ses fidèles et en créant son propre collège.

Le schisme

Le Roi de France Charles VI était privé de sa raison. la Reine Isabeau de Bavière trahissait l’État. Les 2 factions des Bourguignons et des Orléanais dits Armagnacs, désolaient le royaume. Les Anglais intervenaient, fatalement appelés dans ces différends. Le duc d’Orléans, frère de Charles VI, venait d’être assassiné en 1407 dans une rue de Paris par un homme du duc de Bourgogne. Des prédicateurs faisaient en chaire l’apologie du crime et celle du prince qui l’avait fait exécuter. Enfin, Rome redevenue République, après avoir chassé les 2 pontifes rivaux, était administrée par un corps sans puissance qui prenait ridiculement le titre de Sénat romain. C’est à cette époque qu’une ambassade vraiment extraordinaire fut envoyée par le Roi de France auprès des 2 papes, pour les engager, par la persuasion ou par la menace, à cesser de troubler la paix de l’Église. Le personnel remarquable de cette ambassade se composait du patriarche d’Alexandrie, de l’archevêque de Tours, des évêques de Cambrai, Meaux, Troyes et Évreux, des abbés de Saint-Denis, de Clairvaux et plusieurs autres, de 3 seigneurs séculiers, de Gerson, chancelier de l’Université de Paris, et de plus de 20 autres docteurs.

Les ambassadeurs avaient mission d’annoncer aux 2 pontifes la soustraction de la France à leur obéissance, s’ils refusaient, par la cession de l’un deux, de dédoubler le suprême pontificat. Savone était le lieu fixé pour les conférences. Grégoire XII, qui se trouvait en ce moment à Marseille, parut d’abord disposé à céder, mais Benoît XIII montra plus de résistance. La tiare a, comme les autres couronnes, un prestige auquel on renonce difficilement. Grégoire ne tarda pas à revenir de son premier bon mouvement, et les 2 papes ennemis s’accordèrent dans le refus de se rendre à Savone où l’on devait travailler à l’union.

Grégoire XII envoya des ambassadeurs à la cour de France. Les ambassadeurs français allèrent expliquer leurs vues devant le prétendu sénat romain, ils s’abouchèrent avec les cardinaux de Benoît XIII, avec les cardinaux de Grégoire XII. Car, s’il y avait alors 2 papes, il y avait aussi 2 sacrés collèges auxquels les ambassadeurs présentèrent des requêtes. Bientôt Benoît XIII lança l’excommunication sur tous ceux qui favorisaient la voie de cession ; Grégoire XII fit de nouveaux cardinaux et fut abandonné par les anciens qu’il excommunia. Benoît XIII publia contre la France une bulle foudroyante. Elle fut lue et déchirée dans le conseil du Roi. La soustraction d’obéissance aux 2 papes fut proclamée par lettres patentes, avec le consentement des grands et du clergé. Alors Benoît XIII se retira à Perpignan où il fit aussi sa promotion de cardinaux. Enfin, un concile général fut convoqué à Pise en 1408 par les cardinaux des 2 obédiences. En même temps Benoît XIII convoqua un concile dans le Roussillon, tandis qu’un concile national fut réuni à Paris. Cependant le schisme s’était étendu, l’évêque de Liège, assiégé dans Maëstricht par ses diocésains, y trouvait une fin tragique. L’archevêque de Reims, se rendant au concile général, fut assassiné à Gênes.

La papauté perdit une grande partie de sa crédibilité lors de son séjour à Avignon et pendant toute la durée du Grand Schisme.

Pour sortir de la crise, évêques et cardinaux décidèrent de donner au concile une autorité supérieure à celle du pape. Mais cette tentative de réforme échouera devant le refus des souverains pontifes de céder une partie de leur suprématie monarchique. La papauté poursuivit son déclin.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire du 15ème siècle/ L’Église En pleine crise (archives Ljallamion, petit mourre, encyclopédie imago mundi, l’histoire, ect....)