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Renaissance du courant humaniste

samedi 25 août 2012, par ljallamion

Renaissance du courant humaniste

Francesco Pétrarque

Le mouvement humaniste de la Renaissance, caractérisé par le retour aux auteurs anciens et à l’étude de l’éloquence et de la langue latine classique, débute au 14ème siècle. Pétrarque en est considéré comme l’initiateur. Ce grand admirateur de la Rome antique se fait historien et archéologue, recherche et recopie les manuscrits anciens. Admiré de ses contemporains pour ses élégants écrits en latin, il passera à la postérité grâce à ses poèmes en langue vernaculaire, le Toscan.

Le franciscain Raymond Lulle, prêche la conversion des infidèles et présente l’idéal d’une société unie dans "une langue, une croyance, une foi" écrit en catalan ou il prolonge son désir d’universalité dans une méthode qui permettrait de tout connaître par combinaison d’un petit nombre de principes. En dressant son « arbre de science », il veut donner une vision globale de tout le savoir profane et religieux.

La guerre de Cent Ans va frapper de plein fouet la France médiévale à un moment où celle-ci est au sommet de sa gloire. Le pays a connu aux 12ème et 13ème siècles une longue période de prospérité économique, de croissance démographique, de création artistique et d’expansion territoriale. Elle est ainsi devenu la principale puissance d’Europe.

Mais les premiers signes d’épuisement, liés à la surpopulation des campagnes et au déclin économique, se manifestent sous les règnes de Philippe IV le Bel et de ses 3 fils. La contestable élection de Philippe VI de Valois au trône va entraîner le royaume vers sa ruine.

La France et l’Occident sortiront bouleversés de la guerre de Cent Ans. Une nouvelle classe d’artisans, de marchands et de paysans libres prendra son essor tandis que s’éteindra la vieille chevalerie de tradition féodale.

La Peste Noire

Un malheur ne vient jamais seul dans ce siècle maudit. La peste qui avait régulièrement sévi en Europe du 6ème au 11ème siècle avait pratiquement disparue. Apparue en Asie centrale en 1337 elle laissa 13 millions de morts après son passage en Chine !

En 1347 elle détruit l’armée de la Horde d’Or* qui assiégeaient les génois dans Caffa en Crimée. De là, l’épidémie se propagea en Sicile pour atteindre en 1348 la France et l’Espagne. Répandue par les voies commerciales, elle fait disparaître un quart de la population européenne, et touche tous les milieux sociaux ; des membres de la famille royale en meurt. Il faudra plus d’un siècle pour gommer ses traces. Cette épidémie resurgira épisodiquement dans les années suivantes, et marquera fortement les esprits.

La peste noire n’est pas sans conséquences sur la vie de la société à cette époque. En effet les médecins attribuent le mal à la corruption de l’air ou au passage d’une comète. Les soins prodigués sont saignées, purgations, diètes, voir fuite !

La foule cherche des coupables et accuse les Juifs d’avoir empoisonner les puits. Les Juifs connaissent alors plusieurs semaines de terreur. A peine apparue en Espagne en 1348, on massacra dans les grandes villes des juifs par centaines, dont 300 uniquement à Barcelone. Ignorant le véritable agent de transmission de la peste la foule les brûla aux cris de mort aux traîtres, or il y avait parmi eux de nombreux médecins et chirurgiens qui à défaut de les guérir auraient pu leur donner des soins et des conseils car ils étaient les seuls à pouvoir pratiquer des autopsies, ce qu’interdisait la religion chrétienne

Cette rumeur s’amplifia plus vite que la maladie, puisque un an avant que la peste n’arrive en Suisse et en Alsace alémanique, à Stuttgart et à Cologne, on profitait de la confusion pour immoler des centaines de juifs vivants.

Même la bulle de Clément VI qui expliquait aux gens que la peste faisait également des ravages dans les lieux et villages où il n’y avait pas de juifs, prouvant leur innocence n’arrêta pas les bûchers. Devant l’ampleur de cette nouvelle chasse aux sorcières, le pape excommunie tous ceux qui se livrèrent à des brutalités sur les Juifs. Malgré tous 2 000 mourront encore à Strasbourg en 1349. C’est à cette époque qu’apparaissent les flagellants qui cherchent à s’attirer le pardon de Dieu en se fouettant le torse avec des lanières de cuir renforcées de pointes de fer. Le pape interdira également ses pratiques.

Crise de mortalité, crise de fécondité. la Peste Noire de 1348 et ses récurrences jusqu’au milieu du 15ème siècle entraîne une véritable catastrophe démographique. La population européenne a diminué d’un tiers par rapport à son niveau de 1300. En France, c’est pire. Le point le plus bas sera atteint vers 1430, au moment où Jeanne d’Arc occupera le devant de la scène. La France, dans ses limites actuelles, ne compte plus que 8 à 10 millions d’habitants environ : en un siècle, elle a peut-être perdu 60% de sa population ; elle est revenue au niveau de l’an 1000.

Comment a-t-elle pu atteindre une telle ampleur. Il ne faut pas oublier qu’en ce temps les greniers avaient non seulement un rôle de garde-manger et servaient à y entasser les sacs de grains, les aliments déshydratés, le lard salé ou fumé. On y mettait aussi le linge à sécher et les provisions devant servir en cas de siège ou d’invasions surprises. Les mauvaises conditions d’hygiène de l’époque, la vétusté des logements, les nombreux champs de batailles où les morts et cadavres de chevaux entremêlés, offraient de véritables festins aux colonies de rats vagabonds qui y proliféraient et qui répandirent la maladie

Même si l’on ne connaissait pratiquement rien sur la vie des bacilles, des microbes et des bactéries, les gens apprirent très vite qu’il fallait éviter de toucher et de s’approcher des malades contaminés.

Jean de Venette témoin de la grande épidémie de peste de 1348 décrivait ainsi ses observations : " les gens n’étaient malades que 2 ou 3 jours et mourraient rapidement, le corps presque sain. Celui qui aujourd’hui était en bonne santé, était mort demain et porté en terre ".

L’’ignorance du véritable agent de transmission contagieux engendre la peur, l’isolement, le repliement sur soit. Certains invoquent le ciel d’autres parlent de générations spontanées !

L’ombre de la mort sévit partout. Elle traîne avec elle son cortège de vols, de règlements de comptes puisque la justice est inexistante, la tristesse, les larmes, le suicide, la faim, la peur, la misère, la soif et le désespoir. Tout le monde se méfie des voisins qui sont peut-être déjà porteurs de la terrible maladie, alors on tue tous les animaux et on part à l’aventure le long des routes en traversant de nombreux villages aux volets fermés, aux places désertes et silencieuses, lorsque les maisons et les fermes ne sont pas carrément abandonnées. La famille éclate, certains sont orphelins, d’autres sont séparés de leur femme, de leur époux, de leurs frères et sœurs.

Dans les hôpitaux les médecins n’approchent pas les malades, ils s’aspergent de vinaigre, pendant que les prêtres munis de masques à bec pointus donnent la communion ou l’extrême onction avec des cuillères d’argent fixées à de longues spatules.

On jette dans les rues des monceaux de cadavres que l’on entasse rapidement dans des charrettes précédées de clochettes. Des familles entières disparaissent. Par ailleurs, il n’était pas rare de voir de modestes habitants des villes hériter tout d’un coup d’une grande fortune ou d’un château en Loire ou en Bordelais uniquement parce que tous les autres héritiers plus proches avaient été emportés par la terrible maladie. Et l’on assiste soudain à des scènes insolites, des paysans nouveaux riches, habillés de soie qui s’enivrent avec des vieux millésimes de grands vins, dans des grands châteaux abandonnés.

Tout cela au milieu d’un affrontement stupide et une guerre qui vient de commencer entre la France et l’Angleterre et qui durera cent ans. En 1349 la peste se répand en Allemagne, Magdebourg perd 50 % de ses citoyens, alors qu’on recense 65% de pertes à Hambourg et même 70% à Brême. En 1359 elle frappe en Alsace et en Belgique. En 1360 elle arrive en Angleterre, en Europe centrale, revient en France et resurgit en 1369 en Angleterre ou en une seule année un quart de la population disparaît. Ce chiffre monta à 40 % de la population anglaise dans les années qui suivirent . Sur 3 millions 1/2 d’habitants, il n’en resta plus que 2 millions après le passage de ce terrible fléau !

Après une absence de 4 siècles la planète toute entière va connaître 370 années d’épidémies de peste qui se renouvelleront de 1348 à 1721 avec une cadence plus ou moins constante de 3 à 4 épidémies par siècle écoulé. La peste et les autres épidémies sont d’autant plus mortelles qu’elles atteignent une population parfois très mal nourrie, affaiblie. En effet. au début du 15ème siècle, l’assèchement des marais, les défrichements ont atteint leurs limites, tout comme les rendements agricoles. Les campagnes ne parviennent plus à nourrir une population devenue trop nombreuse. Avant même le déclenchement de la guerre de Cent Ans, avant même la Peste Noire, une grande famine, très meurtrière, touche la Flandre, le nord de la France et l’Europe de 1315 à 1317 dont la conséquence sont 2 étés de pluies diluviennes en 1315 et 1316.

Les combats et les épidémies aggravent la crise des campagnes. Elles sont dépeuplées, mais on meurt toujours de faim : on manque de bras, pas de terres. Les intempéries s’en mêlent pendant les hivers 1480-1481 et sont particulièrement longs et rigoureux. Il s’accompagne d’une famine généralisée dans tout le royaume.

C’est seulement dans la deuxième moitié du 15ème siècle qu’un redressement démographique s’amorce, vigoureux et durable. La population triple entre 1470 et le milieu du 16ème siècle. La France retrouve son niveau démographique de l’époque de Saint Louis, 3 siècles auparavant.

Un prince Guelfes au service du roi de France

Les Grimaldi, une des plus influentes familles guelfes de Gênes, avaient été chassés à 2 reprises de leur ville par les Gibelins. En 1270, ils avaient déjà riposté en s’emparant de Vintimille, Menton et Roquebrune.

Le 8 janvier 1297, François Grimaldi, vêtu pour la circonstance en moine franciscain, parvint à tromper ses adversaires et à s’emparer de la forteresse gardant le célèbre Rocher et le port d’Hercule, évitant ainsi un siège qui se serait avéré trop coûteux en moyens et en vies humaines. S’emparer d’une telle place forte et de son port, c’était aussi se ménager les meilleures chances de reconquérir Gênes.

Par cette action, il venait de graver durablement le nom de sa famille sur les flancs du Rocher de Monaco.

Pour l’heure, sa position restait très précaire. Les événements précédant l’année 1297 en Europe, l’émiettement politique du Saint Empire Romain Germanique, le désordre interne de nombreuses villes italiennes en proie aux luttes intestines entre familles rivales guelfes et gibelines et l’indécision de Charles II d’Anjou, comte de Provence en témoignent.

Le Rocher appartenait à Gênes depuis 1215. Les Grimaldi et leurs partisans conserveront le Rocher pendant un peu plus de 4 ans, au cours desquels ils poursuivront une chasse sans merci aux navires et au commerce des Gibelins depuis l’Italie jusqu’aux ports du Languedoc.

Durant cette période, Charles II d’Anjou s’enfonçait dans une situation de plus en plus difficile, menacé notamment par les prétentions territoriales aragonaises. Il lui fallait l’appui d’une flotte supplémentaire et il espérait compter sur celle de Gênes. Comprenant le parti qu’il pourrait tirer à se substituer à cette dernière, Rainier Grimaldi sut faire prévaloir sa force navale et ses qualités manœuvrières. II ne s’agissait plus de combattre pour ses seuls intérêts personnels, mais de mettre ses moyens au service d’un Prince qui saurait, un jour, le récompenser.

Ainsi, lorsqu’à l’initiative bienveillante de Charles II, il fut question de restituer Monaco à Gênes, les Grimaldi surent mener les négociations avec clairvoyance et sang-froid, en faisant valoir leurs propres conditions, il n’était plus question de capituler et d’être traités en vaincus mais bien de discuter d’égal à égal.

Si pour beaucoup de contemporains, après la sédition de décembre 1295 la rentrée de Monaco au sein de la République de Gênes fut sans doute comprise comme un retour à la situation antérieure, les Guelfes, vaincus, se réfugièrent en Provence, où Rainier Grimaldi, qui semble alors à la tête de sa famille, commença à armer des navires contre Gênes affichant ainsi sa volonté d’indépendance. Il fut l’initiateur de l’Histoire de l’indépendance monégasque.

Il se mis au service du Roi de France Philippe le Bel, pour lequel il remporta, en 1304, la brillante victoire navale de Zeriksee contre la flotte flamande, ce qui lui valut le titre d’amiral de France. Il annonça ainsi un comportement tout à fait original que les Grimaldi reprendront après lui, faire apprécier sa force par un puissant voisin qui aura intérêt à l’utiliser, mais à condition d’en obtenir aide et protection dans le sens d’une émancipation politique.