Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Jean Moschus

jeudi 7 juin 2018, par ljallamion

Jean Moschus (vers 550-619)

Moine syrien de l’époque byzantine et auteur d’écrits spirituels

Manuscrit hagiographique byzantin. (Début du 11ème siècle, Bibliothèque Nationale Paris)Jean, fils de Moschus, serait né à Damas. Il devient moine dans la grande laure [1] de saint Théodose ou Théodose le Cénobiarque , près de Jérusalem, puis ermite près du Jourdain [2] et enfin moine à la nouvelle laure de saint Sabas [3], au sud-ouest de Bethléem [4] qui font partie des monastères de Judée.

Il se rend en Égypte avec son disciple Sophrone, futur patriarche de Jérusalem [5], à la rencontre des moines du désert vers 578. Il est dans le Sinaï [6] en 583 et fait partie de la communauté des moines d’AEliatae, parmi lesquels il demeure une dizaine d’années.

Il retourne ensuite en Palestine, où il fait le tour des monastères de la région de Jérusalem et de la Mer Morte. Il se rend à Antioche [7] en 604 et en Égypte en 607, fuyant les invasions perses. Il se réfugie ensuite à Chypre et à Rome où il meurt en 619.

Il fut enterré au monastère de saint Théodose [8].

Il est l’auteur d’un des ouvrages hagiographiques [9] les plus célèbres de cette époque, le Leimon [10] qui recense et commente les faits et les écrits des moines de son époque et dont Sophrone est le dédicataire. De ce fait Jean Moschus est appelé aussi Jean le Limonaire. Cet ouvrage fut traduit en latin et diffusé pendant tout le Moyen Âge et faisait partie du cycle obligé des études.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Catholic Encyclopedia, « Johannes Moschus », Encyclopedia Press, 1913.

Notes

[1] Dans l’Église orthodoxe et dans les Églises orientales, une laure est un établissement monastique où les moines vivent, durant la semaine, comme des ermites, dispersés dans une région éloignée des zones habitées. Le samedi soir, le dimanche et les jours de fête, ils se rassemblent pour chanter ensemble les offices, prendre les repas en commun et recevoir l’enseignement d’un ancien. Il s’agit d’un mode de vie monastique mixte : semi-cénobitique et semi-érémitique. Le terme peut également désigner un grand monastère orthodoxe auquel est conféré un statut d’honneur en raison de son importance. C’est particulièrement le cas dans l’Église russe.

[2] Le Jourdain est un fleuve du Moyen-Orient, qui a donné son nom à la Jordanie, à la Cisjordanie et à la ville de L’Isle-Jourdain en France. Du mont Hermon à la mer Morte, le Jourdain s’écoule sur 360 km et sa vallée est la plus basse du monde puisqu’il rejoint la mer Morte à l’altitude de - 421 m sous le niveau des océans.

[3] Le monastère Mar Saba ou laure de Saint-Sabas est un monastère orthodoxe hiérosolymitain situé à quelques kilomètres de la ville de Bethléem dans le désert de Judée, en Cisjordanie. C’est un des plus anciens monastères chrétiens.

[4] Bethléem est une ville située en Cisjordanie, une région de Palestine, à environ 10 km au sud de Jérusalem, qui compte essentiellement des Palestiniens musulmans. La ville compte une petite communauté de chrétiens palestiniens, une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. Son agglomération s’étend aux villes de Beit Jala et Beit Sahour. La ville est un important centre religieux. La tradition juive, qui l’appelle aussi Éphrata, en fait le lieu de naissance et de couronnement du roi d’Israël David. Elle est considérée par les chrétiens comme le lieu de naissance de Jésus de Nazareth. C’est un lieu de pèlerinage qui génère une activité économique importante à la période de Noël. La ville est également le siège d’un lieu saint du judaïsme, le tombeau de Rachel, situé à l’entrée de la ville.

[5] Dans l’Église chrétienne, un patriarcat est une région soumise à l’autorité d’un patriarche. En 325, le premier concile œcuménique qui siège à Nicée accorde un privilège d’honneur aux évêques de Rome, d’Antioche, d’Alexandrie et de Jérusalem.

[6] Le Sinaï est une péninsule égyptienne d’environ 60 000 km², à la forme triangulaire et située entre la mer Méditerranée (au nord) et la mer Rouge (au sud). Elle est géographiquement située en Asie du Sud-Ouest. Sa frontière terrestre longe le canal de Suez à l’ouest et la frontière entre l’Égypte et Israël et la bande de Gaza au nord-est. Cette région au climat désertique chaud est aujourd’hui habitée par plus de 400 000 Égyptiens, principalement au nord le long de la frontière israélienne et de la bande de Gaza. Les villes les plus connues sont : Charm el-Cheikh et Taba, qui sont des destinations touristiques importantes. Le point le plus élevé, situé au sud de la péninsule, est le mont Sainte-Catherine culminant à 2 642 m et qui est aussi le sommet le plus haut d’Égypte. Le mont Sinaï, voisin, est d’après la Bible le lieu où Moïse aurait reçu les Dix Commandements. Toutefois, les historiens et les archéologues rejettent généralement l’idée que le site marquerait l’emplacement du mont décrit dans la Bible

[7] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay. Elle est située au bord du fleuve Oronte. Antioche était la ville de départ de la route de la soie.

[8] Le monastère de Théodose le Grand est historiquement le premier monastère, ou laure, de moines cénobites en Palestine. Il se trouve à onze kilomètres à l’est de Bethléem dans le désert de Juda qui fait partie du territoire actuel de la Cisjordanie. Ce monastère a été fondé en l’an 476 par saint Théodose le Grand, près d’une grotte où selon la Tradition les rois mages se sont reposés au retour de l’Adoration de l’Enfant Jésus. Le monastère est dédié à la Mère de Dieu. Pendant la période de son rayonnement le plus intense (6ème siècle - début du 7ème siècle), le monastère de Théodose accueillait environ 700 personnes. Les moines vivaient selon la règle de saint Basile. Le monastère a existé jusqu’au début du 16ème siècle, date à laquelle il fut détruit par les Turcs.

[9] L’hagiographie est l’écriture de la vie et / ou de l’œuvre des saints. Pour un texte particulier, on ne parle que rarement d’« une hagiographie », mais plutôt d’un texte hagiographique ou tout simplement d’une vie de saint. Le texte hagiographique étant destiné à être lu, soit lors de la prière Chrétienne de la nuit (Lectures) soit en public dans le cadre de la prédication, on lui donne souvent le nom de légende (du latin legenda, « ce qui doit être lu », terme utilisé dans son acception la plus littérale et non dans son sens péjoratif de récit dépourvu de tout enracinement dans l’histoire événementielle). Un texte hagiographique recouvre plusieurs genres littéraires ou artistiques parmi lesquels on compte en premier lieu la vita, c’est-à-dire le récit biographique de la vie du saint. Une fresque à épisode est également une hagiographie, de même qu’une simple notice résumant la vie du bienheureux. Par rapport à une biographie, l’hagiographie est un genre littéraire qui veut mettre en avant le caractère de sainteté du personnage dont on raconte la vie.

[10] Pré spirituel