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Marie de Berry (1375-1434)

samedi 23 avril 2022, par ljallamion

Marie de Berry (1375-1434)

Duchesse d’Auvergne-Comtesse de Montpensier

Princesse française du temps de la Guerre de Cent Ans [1]. Fille puînée de Jean duc de Berry, frère du roi de France Charles V et de sa première épouse, Jeanne d’Armagnac.

Elle épousa en premières noces à Bourges [2] à l’église Saint-Étienne en août 1386 Louis III de Châtillon , comte de Dunois [3], fils unique de Guy II de Châtillon comte de Soissons, de Blois et de Dunois et de sa femme Marie de Dampierre.

L’époux de Marie de Berry meurt brusquement à Beaumont en Hainaut [4] le 15 juillet 1391 comme le raconte Froissart.

Veuve, Marie se remarie à Paris le 27 janvier 1393 avec Philippe d’Artois , comte d’Eu [5], fils de Jean d’Artois comte d’Eu et de Isabeau de Melun.

Philippe d’Artois suit au printemps 1396 le comte de Nevers le futur Jean sans Peur, en Hongrie afin de combattre contre les Turcs de Bayazid 1er. En septembre, il est capturé au siège de Nicopolis [6], bataille où son impétuosité causa sa perte, et demeure prisonnier des Turcs jusqu’en juin 1397 où il meurt sans avoir pu payer sa rançon. Son corps est rapatrié et enterré à Eu auprès de son deuxième fils, Philippe.

À nouveau veuve, Marie de Berry se remarie en troisièmes noces à Paris le 27 mai 1400 avec Jean 1er duc de Bourbon, fils de Louis II duc de Bourbon et d’Anne, dauphine d’Auvergne [7] ; il a 20 ans, elle en a 25

En 1410, le duc de Bourbon [8] son beau-père meurt. Le mari de Marie de Berry qui était jusque-là comte de Clermont, devient Jean 1er duc de Bourbon. En 1413, il adhère au parti des Armagnacs [9]. Il est présent avec le roi au siège de Compiègne, puis d’Arras en 1414.

En 1415, lors de la bataille d’Azincourt [10], le duc de Bourbon est fait prisonnier par les Anglais. Il commandait l’avant-garde. Il reste 18 ans prisonnier des Anglais, à cause de son incapacité à payer la rançon réclamée.

Lors de cette bataille, le fils aîné de Marie de Berry Charles d’Artois, comte d’Eu est lui aussi fait prisonnier il demeure 23 ans prisonnier des Anglais qui le relâchent en 1438. Son gendre Philippe de Bourgogne mari de sa fille Bonne d’Artois est massacré, huit jours après que Bonne ait donné naissance à leur fils, Jean de Bourgogne (1415-1491) . C’est à la suite de ces malheurs que Christine de Pisan lui dédie, vers 1416-1418, son “Epistre de la Prison de Vie Humaine”.

En 1421, de sa prison anglaise, Jean 1er de Bourbon délègue à sa femme Marie de Berry l’administration de tous ses biens durant son emprisonnement en attendant la majorité de Charles de Bourbon, leur fils.

En 1422, Marie de Berry fonde un monastère à Aigueperse [11] en présence de Colette de Corbie et de son fils Charles de Bourbon. En 1425, elle marie son fils Charles de Bourbon à Agnès de Bourgogne, fille de Jean sans Peur, duc de Bourgogne et sœur du duc Philippe le Bon. La même année, sa fille Bonne d’Artois remariée à Philippe le Hardy duc de Bourgogne meurt en couches.

En 1427, Marie de Berry remet à son fils Charles l’administration du duché de Bourbon. Le 5 janvier 1433, Jean 1er de Bourbon meurt à Londres, son fils devient Charles 1er duc de Bourbon.

En 1434, elle meurt en juin à Lyon lors d’un déplacement dans ses terres de Beaujeu [12]. Elle est enterrée ainsi que son mari dont la dépouille est rapatriée entre 1452 et 1460 au prieuré de Souvigny [13], nécropole des ducs de Bourbon.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Colette Beaune et Élodie Lequain, « Marie de Berry et les livres », dans Anne-Marie Legaré, éd., Livres et lectures de femmes en Europe entre Moyen Âge et Renaissance, Turnhout, Brepols, 2007

Notes

[1] La guerre de Cent Ans est un conflit entrecoupé de trêves plus ou moins longues, opposant, de 1337 à 1453, la dynastie des Plantagenêt à celle des Valois et, à travers elles, le royaume d’Angleterre et celui de France. Le terme même de « guerre de Cent Ans » est une construction historiographique établie au 19ème siècle, pour regrouper cette succession de conflits.

[2] Bourges est une commune française, préfecture du département du Cher. Elle est aussi la capitale historique du Berry, province de l’Ancien Régime correspondant approximativement aux départements actuels de l’Indre et du Cher.

[3] Le Dunois est le pagus qui entoure la ville de Châteaudun. Quelques comtes et vicomtes de l’époque carolingienne sont connus. En 956, Thibaud Ier le Tricheur, comte de Blois, s’empare de Chartres et de Châteaudun, soutenu par le roi Lothaire, ce qui contribue à l’affaiblissement d’Hugues Capet, alors duc de France. Thibaud le Tricheur délègue à Châteaudun des vicomtes, qui prennent peu à peu de plus en plus de pouvoirs, restant sous la suzeraineté du comte de Blois. Les comtés de Blois, de Châteaudun et de Chartres passent à la maison de Châtillon, qui les conserve jusqu’en 1391, date à laquelle Guy de Châtillon vend ses biens à Louis d’Orléans frère cadet de Charles VI. À cette même époque, le dernier vicomte de Châteaudun vend la vicomté à ce même prince. Louis d’Orléans crée alors le comté de Dunois qui échoit à son fils illégitime Jean de Dunois, le célèbre capitaine compagnon de Jeanne d’Arc, par don de Charles d’Orléans, demi-frère légitime de Jean.

[4] Le comté de Hainaut ou Hainau est un ancien comté qui relevait du Saint Empire romain germanique, qui se trouvait en bordure du royaume de France. Le traité de Meerssen en 870 attribue le comté de Hainaut à Charles le Chauve, qui en fait en 877 un fief héréditaire de la couronne de France. Il en confia probablement le gouvernement à un certain Enguerrand, probablement originaire de Flandre. La prise de possession de la Lotharingie par Louis le Jeune en 880 dut mettre fin à cet interim.

[5] Le comté d’Eu était l’un des comtés constitutifs du duché de Normandie. Très tôt, ce comté a été confié à des membres de la famille ducale, et l’on cite dès 996 le Rollonide Godefroi de Brionne.

[6] La bataille de Nicopolis a lieu le 25 ou le 28 septembre 1396 sur la rive droite (sud) du Danube (aujourd’hui Nikopol en Bulgarie). Le sultan ottoman Bayezid 1er bat une croisade menée par Sigismond de Luxembourg, roi de Hongrie.

[7] Le comté d’Auvergne est l’une des plus anciennes seigneuries de France, puisqu’elle a déjà été érigée à la fin de la période romaine. Durant l’ère mérovingienne, il devient même momentanément un duché. La famille des Comtes d’Auvergne gouverne le comté depuis le dixième siècle. Une crise éclate au sein de la famille en 1155, date à laquelle le comte Guillaume VII d’Auvergne est forcé par son oncle Guillaume VIII d’Auvergne à diviser le comté en deux. Guillaume VIII reprend le comté, tandis que Guillaume VII doit se satisfaire du titre de dauphin d’Auvergne. En 1360, le roi de France Jean II de France crée, sur la vieille Terre royale d’Auvergne, un duché d’Auvergne qui se transmet au sein de la famille royale

[8] Le duché de Bourbon, plus communément nommé Bourbonnais, est une région historique et culturelle française. Cette ancienne province a pour chef-lieu Moulins et son territoire correspond approximativement au département de l’Allier, mais certaines portions se trouvent réparties dans des départements voisins, comme le Puy-de-Dôme et le Cher (arrondissement de Saint-Amand-Montrond). La province comme la famille doit son nom à la ville de Bourbon-l’Archambault, qui est le berceau de la première Maison de Bourbon, maison féodale apparue au 10ème siècle. Le Bourbonnais entre dans la famille royale par le mariage, en 1272, de Béatrice de Bourgogne, fille de Jean de Bourgogne, avec Robert de Clermont, fils puîné de Saint Louis. En 1327, il est érigé en duché-pairie par le roi Charles IV. La position géographique du Bourbonnais, situé entre le domaine royal et les duchés d’Aquitaine et d’Auvergne, intéresse particulièrement le pouvoir royal. Les Bourbons sont de tout temps serviteurs du trône, ils sont des conseils des rois en exerçant diverses fonctions (chambriers, connétables, régents). Cette alliance constante et fidèle facilite l’essor et la prospérité du Bourbonnais. Déjà dauphins d’Auvergne, les ducs de Bourbon se voient donner en garde le duché d’Auvergne. En 1531, le duché de Bourbonnais est rattaché à la Couronne de France, à la suite de la défection du connétable de France, Charles III de Bourbon. Ce territoire devient alors un gouvernement, puis une généralité, dont Moulins est le siège.

[9] Les Armagnacs sont le parti qui s’opposa au 15ème siècle, en France, dans une guerre civile, aux Bourguignons

[10] La bataille d’Azincourt (Artois) se déroule le vendredi 25 octobre 1415 pendant la guerre de Cent Ans. Les troupes françaises, fortes de quelque 18 000 hommes, tentent de barrer la route à l’armée du roi d’Angleterre Henri V, forte d’environ 6 000 hommes et qui tente de regagner Calais, devenue anglaise depuis 1347, et donc par là même l’Angleterre.

[11] La ville fut la capitale du comté de Montpensier. Le duc de Bourbon, Jean 1er de Bourbon et son épouse, Marie de Berry ont fait construire le couvent Sainte-Claire. La première pierre est posée le 4 novembre 1423. Les clarisses sont dirigées par sainte Colette. L’église est consacrée le 26 juin 1425

[12] Beaujeu est une commune française située dans le département du Rhône. Beaujeu est la capitale historique de l’ancienne province du Beaujolais. La micro-région entourant Beaujeu, soit approximativement l’ancien arrondissement de Villefranche-sur-Saône

[13] Le prieuré Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Souvigny est situé dans la commune de Souvigny, dans l’Allier, en plein cœur de l’ancienne province du Bourbonnais. Souvigny était au Moyen Âge l’une des cinq filles aînées de la puissante abbaye de Cluny, en Bourgogne. Souvigny possédait beaucoup de paroisses et de petits prieurés, dont il encaissait les revenus dans le Bourbonnais et même au-delà comme Mars-sur-Allier et Champvoux, en Nivernais. Le prieuré est rattaché au diocèse de Clermont, de la province de Bourges. Il prendra le nom de prieuré Saint-Pierre de Souvigny puis prieuré Saint-Mayeul de Souvigny, puis de nouveau Saint-Pierre.