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Aÿ ou Aÿ II

dimanche 3 avril 2022, par ljallamion

Aÿ ou Aÿ II

Douzième et avant-dernier pharaon de la XVIIIème dynastie

On situe son règne aux alentours de 1327 à 1323 av. jc. Beaucoup d’incertitudes demeurent sur les événements de cette époque contemporaine de la vie du Père Divin Aÿ, et des circonstances de son accession au trône.

D’origine incertaine, mais peut-être apparenté à la famille de Tiyi 1ère, l’épouse d’Amenhotep III originaire d’Akhmîm [1], il connaît une carrière ascendante sous le règne de 2 de ses prédécesseurs, est contemporain de la réforme amarnienne [2], autant que du retour à l’orthodoxie thébaine, avant de monter sur le trône à un âge avancé, grâce à son mariage avec la reine Ânkhésenamon, la veuve de Toutânkhamon.

Il ne profitera du pouvoir royal que 4 années, avant que ne lui succède finalement le général Horemheb, considéré comme le roi ayant mis un terme définitif à l’époque amarnienne.

Les origines de Aÿ sont incertaines. Il pourrait être le fils de Youya Prophète de Min et Touya ou Tyouyou , et donc le frère de Tiyi 1ère, l’épouse d’Amenhotep III, appartenant déjà, dans ce cas, à une famille très influente originaire d’Akhmîm.

Il épouse Tiyi II, et a au moins un fils, Nakhtmin qui, sous Toutânkhamon, a le titre de général.

Son épouse, Tiyi II, est citée comme nourrice de Néfertiti, la grande épouse royale d’Akhénaton, et Moutnedjemet , la future épouse d’Horemheb, comme Sœur de la grande épouse royale. Aussi certains spécialistes pensent-ils qu’Aÿ fut le père des deux femmes, bien qu’il n’y ait aucune certitude.

Aÿ est déjà un haut fonctionnaire sous le règne d’Akhénaton, où il est mentionné d’abord comme “Supérieur de la charrerie”.

Il cumule rapidement titres, honneurs et fonctions, parmi lesquels Scribe royal, Intendant de tous les chevaux du roi, chef des Amis du roi, Père Divin et Flabellifère à la droite du roi. Ces deux derniers titres, illustrant de très hautes fonctions, montrent qu’il faisait partie de l’entourage proche du roi réformateur à Akhetaton [3]. Il fut d’ailleurs certainement un des principaux fidèles de la nouvelle doctrine royale.

Après la mort du pharaon hérétique et la succession trouble qui suit, Aÿ reste un proche du nouveau roi et accompagne vraisemblablement Toutânkhamon lors de son retour à Thèbes. Il conserve le rang de Père Divin, peut-être en tant que tuteur du jeune roi. Il met en œuvre la politique de réconciliation du pouvoir royal avec le clergé thébain d’Amon. Le général Horemheb, autre grand personnage éminent du règne de Toutânkhamon, tient également un rôle de régent, de bras droit du roi, et d’héritier potentiel.

Pourtant, dans la tombe de Toutânkhamon, c’est Aÿ qui est représenté conduisant les funérailles, à la place habituellement occupée par le fils et successeur du roi défunt. Ainsi à la mort du jeune roi, prend-il le pouvoir, à un âge déjà avancé, et épouse peut-être la veuve de Toutânkhamon, Ânkhésenamon, troisième fille d’Akhénaton, afin de légitimer son accession au trône.

On peut s’étonner que le Père Divin Aÿ, fidèle d’Aton et courtisan apprécié d’Akhénaton, ait pu se maintenir au plus près du pouvoir royal après le retour à Thèbes, et se soit même finalement assis sur le trône sans être porteur du sang royal.

Après la mort du jeune pharaon Toutânkhamon, sa veuve, Ânkhésenamon, demande au grand roi des Hittites [4], Suppiluliuma 1er, de lui envoyer un de ses fils pour qu’il devienne son consort [5]. Après hésitation, le roi lui envoie son troisième fils, Zannanza . Celui-ci est assassiné en route vers l’Égypte, probablement sur les ordres du grand vizir Aÿ, qui épouse par la suite la jeune reine pour devenir pharaon.

Une fois roi, Aÿ poursuit l’œuvre de son prédécesseur. Pendant son court règne de 4 ans, il construit à Karnak [6] et Louxor [7]. Il se fait aménager un temple funéraire à Médinet Habou [8] qu’Horemheb reprendra à son compte et fera agrandir, et consacre un temple rupestre à Akhmîm.

Après sa mort, en effet, la damnatio memoriae, ordonnée par son successeur et les souverains ramessides à l’encontre de tous les protagonistes de l’époque amarnienne, frappera également Aÿ, qui fut longtemps un serviteur d’Akhénaton. Sa mémoire fut ainsi officiellement bannie, les images le représentant et son nom furent martelés, et son sarcophage détruit.

Ainsi, c’est le souverain Horemheb, dernier roi de la XVIIIème dynastie, qui représente véritablement le changement, et annonce la XIXème dynastie.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Aÿ/ Portail de l’Égypte antique/Catégories : Pharaon/ XVIIIème dynastie égyptienne

Notes

[1] Akhmîm est une ville de Haute Égypte, située sur la rive droite du Nil en face de Sohag, à environ 130 kilomètres au sud d’Assiout. L’antique cité d’Akhmîm, connue sous le nom d’Ipou ou Khent-Menou sur les listes géographiques égyptiennes, était le chef-lieu du IXème nome de Haute Égypte, le nome du dieu Min. À l’époque gréco-romaine, son appellation était Panopolis, la cité de Pan car on y vénérait le dieu ithyphallique Min, que les Grecs assimilaient à leur dieu Pan. Avec Coptos, Akhmîm était l’un des points de départ des expéditions minières vers le désert oriental. Outre le dieu de la fertilité Min, patron des caravaniers, une déesse locale, Aprit-Isis ou Triphis, y était adorée en tant que « souveraine de Panopolis » et mère d’Horus l’enfant.

[2] La période amarnienne désigne la période durant laquelle le pharaon Akhenaton régna dans sa nouvelle capitale, Akhetaton. Sur le plan religieux, cette période est marquée par un ensemble de réformes uniques dans l’histoire de l’Égypte ancienne : « le roi hérétique » proclame la suprématie du dieu solaire Aton, ferme les temples du dieu thébain Amon, interdit le culte des dieux traditionnels et confisque les biens du clergé au profit de l’État. En même temps, il abandonne Thèbes, la capitale religieuse, et édifie sa nouvelle capitale plus au nord, dans un lieu désertique de la Moyenne-Égypte, à Amarna. La cour, de même que la chancellerie royale, déménagent à Akhetaton et les notables qui suivent le roi dans sa nouvelle capitale se font creuser leurs sépultures dans les falaises entourant le site. Construite à la hâte et en grande partie en briques crues, la ville ne résiste pas à l’épreuve du temps, ni à la hargne des successeurs d’Akhenaton qui ont cherché à effacer toute trace de l’hérésie amarnienne. Dans le domaine de l’art aussi, la période amarnienne est en rupture avec le passé : l’art amarnien se caractérise par une représentation des personnages, surtout de la famille royale, qu’on a qualifiée d’expressionniste ou de caricaturale. Cette représentation contraste avec une figuration délicate de la nature, un naturalisme où abondent les plantes, les fleurs et les animaux.

[3] Akhetaton, à mi-chemin entre Memphis et Thèbes, fut la capitale éphémère de l’Égypte antique durant le règne du pharaon Akhénaton. Elle fut fondée vers 1353 av.jc. Elle était située sur le site d’Amarna. Akhénaton fonde la ville en l’an 9 de son règne, sur un site de Moyenne Égypte encore vierge de tout culte. Toute la cour et l’administration égyptienne déménagent dans la nouvelle capitale, dont les temples, dédiés au dieu unique Aton, sont construits à ciel ouvert pour permettre à ses rayons bienfaisants d’y pénétrer. Après la chute d’Akhénaton et le retour à l’orthodoxie religieuse (le culte d’Amon), Akhetaton est livrée à l’abandon et ses édifices de pierre servent de carrière pour la ville voisine d’Hermopolis Magna.

[4] Les Hittites sont un peuple ayant vécu en Anatolie au 2ème millénaire av. jc. Ils doivent leur nom à la région dans laquelle ils ont établi leur royaume principal, le Hatti, situé en Anatolie centrale autour de leur capitale, Hattusan. À partir de la seconde moitié du 17ème siècle avant notre ère, les rois du Hatti construisent un des plus puissants royaumes du Moyen-Orient, dominant l’Anatolie jusqu’aux alentours de 1200 av. jc. À partir du 14ème siècle avant notre ère, ils réussissent à faire passer la majeure partie de la Syrie sous leur coupe, ce qui les met en rivalité avec d’autres puissants royaumes du Moyen-Orient : l’Égypte, le Mitanni et l’Assyrie.

[5] son époux

[6] Le complexe religieux de Karnak abusivement appelé temple de Karnak ou tout simplement Karnak comprend un vaste ensemble de ruines de temples, chapelles, pylônes, et d’autres bâtiments situés au nord de Thèbes, aujourd’hui la ville de Louxor, en Égypte, sur la rive droite du Nil. Le complexe de Karnak, reconstruit et développé pendant plus de 2 000 ans par les pharaons successifs, de Sésostris 1er au Moyen Empire à l’époque ptolémaïque, s’étend sur plus de deux km², et est composé de trois enceintes. Il est le plus grand complexe religieux de toute l’Antiquité. Temple le plus important de la XVIIIème dynastie, il était consacré à la triade thébaine avec à sa tête le dieu Amon-Rê. Le complexe était relié au temple de Louxor par une allée de sphinx de près de trois kilomètres de long.

[7] Thèbes (aujourd’hui Louxor) est le nom grec de la ville d’Égypte antique Ouaset (« Le sceptre » ou « La Puissante »), appartenant au quatrième nome de Haute Égypte. D’abord obscure capitale de province, elle prend une importance nationale à partir de la XIème dynastie. Elle est en effet la ville d’origine des dynastes de la famille des Antef, qui fondent la XIème dynastie avec Montouhotep 1er et Montouhotep II, liquidateurs de la Première Période Intermédiaire et rassembleurs des Deux Terres, c’est-à-dire de la Haute Égypte et de la Basse Égypte.

[8] Médinet Habou, est une cité proche de Thèbes en Égypte, sur la rive ouest du Nil, en face de la cité moderne de Louxor et de son ancien temple dédié à Amon-Min. Aujourd’hui, on la connaît surtout pour le temple des millions d’années de Ramsès III qui fut bâti à proximité d’un temple d’Amon de Djemé, connu aujourd’hui sous le nom de petit temple. C’est ce temple qui donna son nom au site.