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L’histoire pour le plaisir

Charles de Montchal

lundi 28 mars 2022, par ljallamion

Charles de Montchal (1589-1651)

Archevêque de Toulouse

Il est l’un des plus savants prélats qui aient occupé ce siège épiscopal français. Né à Annonay [1], d’un apothicaire de cette ville, il obtint une bourse à Paris au collège d’Autun [2], dont il devint dans la suite le principal, et y fit ses études avec une rare distinction. Ayant embrassé l’état ecclésiastique, il fut pourvu d’un canonicat du chapitre d’Angoulême [3], et succéda en 1628 sur le siège de Toulouse [4] au cardinal de la Valette, qui donna sa démission en faveur de son ancien maître. Il s’appliqua avec zèle à l’administration de son diocèse, plaça des pasteurs instruits à la tète des paroisses, et distribua souvent lui-même au peuple le pain de la parole.

Député aux assemblées générales du clergé, il fut exclu en 1641 de celle de Mantes [5], pour s’être opposé aux volontés du cardinal de Richelieu. Cette disgrâce lui mérita l’honneur d’être élu président de l’assemblée de 1645 où il prit encore la défense des immunités ecclésiastiques. Il fonda dans sa ville épiscopale un séminaire pour les jeunes clercs et une maison de secours pour les pauvres valides, et contribua à former divers autres établissements pieux.

Ce prélat avait la réputation d’un des bons hellénistes de son temps. Il s’était attaché particulièrement à l’étude des historiens ecclésiastiques, et ses confrères l’avaient engagé à s’occuper d’une nouvelle édition de l’Histoire d’Eusèbe, dont il avait rétabli le texte et corrigé la version latine dans une infinité d’endroits.

Il possédait une riche bibliothèque, remarquable surtout par le nombre de manuscrits grecs, arabes et hébreux qu’il avait recueillis à grands frais dans toute l’Europe : il se faisait un plaisir de les communiquer aux savants, dont il était l’un des plus zélés protecteurs ; et il y en eut quelques-uns de publiés par ses soins.

Montchal, s’étant rendu à Carcassonne [6] pour assister aux États de Languedoc [7], y mourut le 22 août 1651. Son corps fut transporté à Toulouse et inhumé dans le chœur de la cathédrale, où l’on voyait son épitaphe, rapportée dans la Gallia christiana [8]

P.-S.

Source : « Charles de Montchal », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865

Notes

[1] Annonay est une commune française située dans le département de l’Ardèche. En 1524, Annonay est rattachée au domaine du roi de France à la suite de la révolte du connétable de Bourbon : ses biens, dont fait partie Annonay, sont confisqués. La contrée est dominée ensuite par les Lévis-Ventadour (héritiers des Thoire-Villars) et leurs descendants les Rohan-Soubise

[2] Le collège d’Autun (ou d’Annonay ou du Cardinal Bertrand) est un collège de l’ancienne université de Paris. Il fut fondé en 1337, par Pierre 1er Bertrand, évêque d’Autun, dans l’Hôtel d’Autun, au 22 rue Saint-André-des-Arts à Paris, pour quinze écoliers. Le 21 avril 1530, un prêtre nommé Pierre Poncet, assassina dans le collège le curé de Méru et son valet. Il fut arrêté, dégradé et brûlé vif, après avoir eu le poing coupé. En 1764, il fut réuni au collège Louis-le-Grand. Les bâtiments devenus propriété de l’État furent transformés en école gratuite de dessin, avant d’être vendus le 28 mars 1807 et démolis en 1823.

[3] Angoulême est une commune du Sud-Ouest de la France, préfecture du département de la Charente. Établie sur un éperon dominant un méandre de la Charente et les confluents de celle-ci avec la Touvre et l’Anguienne, la ville est surnommée le balcon du Sud-Ouest. Ancienne capitale de l’Angoumois sous l’Ancien Régime, Angoulême a longtemps été une place forte convoitée en raison de sa position de carrefour de voies de communication importantes, et a subi de nombreux sièges. De son passé tumultueux, la cité, juchée sur son éperon rocheux et reconnue ville d’art et d’histoire, a hérité d’un remarquable patrimoine historique, religieux et urbain qui attire de nombreux visiteurs et touristes de passage.

[4] Érigé au 3ème siècle, le diocèse de Toulouse est élevé au rang d’archidiocèse métropolitain en 1317. Depuis 1822, il couvre le département de la Haute-Garonne.

[5] Mantes-la-Jolie est une commune française, chef-lieu d’arrondissement du département des Yvelines, dans la région Île-de-France. C’est une ville moyenne, située sur la rive gauche de la Seine, à 57 km à l’ouest de Paris. Carrefour de voies fluviales et terrestres, Mantes apparut très tôt comme un lieu de commerce et d’échanges, mais également, à l’époque médiévale, comme une place forte stratégique sur la frontière de l’Île-de-France, face à la Normandie. En 1615, Marie de Médicis fait détruire la citadelle dont les pierres servent ensuite à la construction de l’église et du couvent des Capucins qu’elle fonde à Limay. En 1617, lors d’un voyage à Rouen, Louis XIII s’arrête dans la ville. Le 9 juillet 1640, Jean de Rotrou se marie dans la ville avec Marguerite Camus, fille d’un bourgeois mantois. En 1641, une assemblée générale du clergé se déroule dans la ville. En 1645, Anne d’Autriche, Louis-Dieudonné et Philippe duc d’Anjou, alors enfants, accompagnés du cardinal de Mazarin, passèrent quelques jours à Mantes. Le cardinal logea au château et les enfants furent accueillis dans une maison qui serait située actuellement au 1, rue Baudin. Durant la Fronde, le maire de Mantes ouvre les portes de la ville à l’armée des princes. Il sera destitué par la suite.

[6] Carcassonne est une commune française, préfecture du département de l’Aude. Jusqu’à la signature en 1659 du traité des Pyrénées, la Cité conserve son rôle militaire à la frontière entre la France et l’Aragon. Le 16ème siècle est déchiré par les Guerres de Religion : la ville basse soutient les protestants, la ville haute reste catholique. Des échauffourées ont lieu entre les deux sites jusqu’à l’Édit de Nantes

[7] Les États de Languedoc sont une assemblée provinciale d’Ancien Régime propre à la province de Languedoc, ce qui en faisait un pays d’états.

[8] La Gallia Christiana est un ensemble encyclopédique en seize gros volumes rédigés en latin sur l’histoire de l’Ancienne France chrétienne, qui a connu plusieurs éditions et rééditions du 17ème au 19ème siècle. Il s’agit d’un guide historique détaillé de la totalité des diocèses et des monastères français avec listes biographiques des archevêques, évêques, abbés et abbesses..