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Siddhārtha Gautama dit Shakyamuni ou le Bouddha

vendredi 28 janvier 2022, par ljallamion

Siddhārtha Gautama dit Shakyamuni ou le Bouddha

Chef spirituel qui vécut au 6ème ou au 5ème siècle av. jc

Fondateur historique d’une communauté de moines errants qui donnera naissance au bouddhisme [1].

Il naît à Lumbinî [2], sur la route de Kapilavastu [3], la capitale du clan familial, dans l’actuel Teraï népalais [4], de Māyādevī dite Māyā et Śuddhodana , souverain des Śākyas [5] appartenant à la caste des kṣatriyas [6] guerriers et administrateurs, et fut actif dans les États de Kosala [7] et Magadha [8].

Il aurait vécu à peu près 80 ans, mais les traditions ne s’accordent pas sur les dates exactes de sa vie.

Tous les courants bouddhistes le considèrent comme le samyaksambuddha [9] de notre ère, qui non seulement a atteint l’éveil, mais est capable de mettre en branle la roue de la Loi et de propager l’enseignement bouddhiste dans le monde. Son enseignement se transmit oralement pendant 3 à 4 siècles avant d’être couché dans les textes du canon pali [10].

Toutes les traditions concordent sur le fait qu’il est contemporain des deux rois du Magadha [11] Bimbisâra et son fils Ajataśatru .

À l’époque de Gautama, le nord de l’Inde est divisé en janapadas*  [12]. Malgré l’existence d’un système de castes, le territoire abrite un certain nombre de républiques et chefferies au pouvoir politique diffus et à la stratification sociale limitée, appelées “gana-sanghas”. Les Shakyas auxquels Gautama appartenait, dépendants du janapada de Kosala selon l’Agganna sutta [13], vivaient probablement dans un système oligarchique, voire républicain, et ne semblent pas avoir suivi un système de castes.

Des notions importantes de l’hindouisme se verront remaniées dans le bouddhisme, comme le concept de réincarnation ou renaissance dans une vie future, de karma, les dhyanas, le statut de dieux comme Brahma.

La plupart des bouddhistes le considèrent comme un être humain devenu Bouddha par lui-même. Les récits de la naissance de Gautama sont cependant remplis de détails mythiques.

Les récits de sa naissance racontent que le sage Ashita, ancien guru [14] de Śuddhodana et alors ermite dans l’Himalaya, aurait vu grâce à ses pouvoirs la naissance de Gautama et vint lui-même examiner l’enfant, sur le corps de qui il reconnut les marques d’un bouddha. Lors du choix du prénom au cinquième jour, huit brahmanes éminents étaient présents ; sept prédirent que l’enfant serait soit un grand roi soit un ascète, mais le plus jeune, Kondañña, vit clairement qu’il était le prochain bouddha.

Certains textes du canon pali prétendent qu’il connut sa première expérience de méditation et atteignit le premier degré du jhana [15] alors qu’il n’était encore qu’un jeune enfant, assis sous un jambu [16] lors d’une cérémonie de labour effectuée par son père. D’autres textes situent l’événement plus tard dans sa vie.

Selon les Jatakas [17], c’est à 16 ans qu’il épousa la jeune princesse Yaśodharā qui lui donnera un fils, Rāhula .

Gautama aurait passé ses 29 premières années dans le respect de l’hindouisme [18] et entraîné au maniement de l’arc comme un vrai kṣatriya, mais pourtant tenu à l’abri de la vue de la souffrance et de la mort, et même maintenu selon certaines versions dans l’enceinte du palais familial. Les brahmanes lui ayant prédit un avenir de roi ou d’ascète avaient en effet recommandé à son père de prendre cette précaution s’il voulait éviter que la deuxième option ne se réalise. Śuddhodana espérait bien sûr que son fils deviendrait un roi et pensait qu’une vie de facilité l’empêcherait de réfléchir aux difficultés et à la souffrance.

La tradition affirme qu’à 29 ans, alors qu’il se promène hors de l’enceinte du palais, il découvre la souffrance endémique de son peuple qui lui avait été cachée jusqu’alors et le fossé qui la sépare du luxe de sa vie aristocratique.

La tradition affirme qu’il rejette alors titre et palais, c’est l’abhiniskramana [19]. Selon la tradition palie, c’est une nuit de pleine lune du mois d’āsālha qu’il quitte Kapilavastu sur son cheval Kanthaka accompagné de son cocher Channa, les quatre gardiens célestes étouffant le galop et le hennissement du cheval pour que personne ne s’aperçoive de rien. Il commence alors une vie d’ascèse, suivant les enseignements de plusieurs ermites, et entreprend des pratiques méditatives austères.

Quatre conciles se tinrent successivement jusqu’au 3ème siècle apr. jc pour tenter de définir les textes essentiels communs à tous les bouddhistes, indépendamment de leur secte. Ce furent à chaque fois des échecs : on retint donc les principes essentiels.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de André Bareau, Recherches sur la biographie du Buddha, Presses de l’École française d’Extrême-Orient, 3 vol., 1963, 1970 et 1971.

Notes

[1] Le bouddhisme est, selon le point de vue occidental, une religion (notamment une religion d’État) ou une philosophie, voire les deux, dont les origines sont en Inde au 5ème siècle av. jc à la suite de l’éveil de Siddhartha Gautama et de son enseignement. Le bouddhisme est né en Inde à peu près à la même époque que Mahâvîra, qui rendit plus populaire le jaïnisme, avec lequel il partage une certaine tendance à la remise en cause de l’hindouisme (en particulier de la caste sacerdotale des brahmanes) tel que ce dernier était pratiqué à l’époque (6ème siècle av. jc). Le bouddhisme a repris et aménagé beaucoup de concepts philosophiques de l’environnement religieux de l’époque (tels que dharma et karma, par exemple).

[2] situé dans l’actuel Népal

[3] Kapilavastu était la capitale du clan des Śākya auquel appartenait Siddhārtha Gautama, le futur Bouddha. Suivant la tradition, c’est là que se trouvait le palais du roi Śuddhodana son père, où Gautama aurait séjourné jusqu’à l’âge de 29 ans. Le roi du Kosala, Virûdhaka, suzerain des Śākya, aurait détruit la ville du vivant du Bouddha. On a situé Kapilavastu soit sur le site de Tilaurakot dans le district de Lumbinî au Népal, soit dans l’Uttar Pradesh, Inde.

[4] Le Teraï, ou Téraï est la partie népalaise de la plaine indo-gangétique qui couvre également une partie de l’Inde du Nord. La région est parsemée de prairies marécageuses, de savanes et de forêts tropicales. Son altitude est comprise entre 60 et 300 mètres. Le climat du Teraï est subtropical. Il constitue le grenier à blé du pays ainsi qu’un centre industriel et financier actif. La région est essentiellement peuplée d’ethnies représentant près de la moitié de la population du pays, culturellement et linguistiquement plus proches des ethnies indiennes que les habitants des collines et montagnes du nord du Népal.

[5] Les Śākyas, Shakyas ou Sakyas, étaient une tribu établie au nord de la péninsule indienne aux 6ème et 5ème siècles av. jc. Ils appartenaient à la caste des kshatriyas voués à la guerre et à l’administration. Ils sont surtout connus comme le clan dont est issu le Bouddha. Le roi Ashoka et les rois de Ceylan sont présentés dans la littérature bouddhique comme leurs descendants. Leur territoire s’étendait au nord de Gorakhpur sur les contreforts de l’Himalaya, sur l’actuel Uttar Pradesh oriental et le Teraï népalais, atteignant Magadha à l’est. Leurs rois étaient sans doute élus et ils avaient une salle d’assemblée (santhagara) à Kapilavastu, leur ville (ou village) principale, ainsi qu’à Catuma. Certaines sources mentionnent que le Bouddha aurait été invité à inaugurer par des prêches la nouvelle assemblée de Kapilavastu.

[6] Le kshatriya, désigne un membre d’une des quatre castes en Inde, une des varnas. La caste des Kshatriyas désigne la caste des rois, des nobles et des guerriers

[7] Le Kosala ou Koshala fut parmi les seize États les plus puissants de l’Inde vers 600 av. jc. Il correspond à l’actuel État indien de l’Oudh. État suzerain de nombreux territoires satellites, dont Kapilavastu, il s’opposa longuement à son voisin, le Magadha, avant d’être absorbé à la suite d’un longue guerre vers 450 av. jc. Le Kosala possédait deux cités principales : Ayodhya, anciennement Saketa, et Sāvatthī.

[8] au nord-est de l’Inde actuelle

[9] bouddha pur et parfait

[10] Le Tripitaka ou Trois corbeilles est l’ensemble des textes du canon bouddhique. Il est parfois également appelé canon pali. Il s’agit d’un très vaste recueil de textes fondateurs sur lesquels s’appuient l’ensemble des courants bouddhistes theravâda. Son nom viendrait du fait que les textes anciens, rédigés sur des feuilles de palme, auraient été rangés dans des paniers. Les « trois corbeilles » sont les trois sections du tripitaka : Sūtra Piṭaka, Vinaya Piṭaka, et Abhidharma Piṭaka. Il aurait été mis par écrit pour la première fois au Sri Lanka au 1er siècle av. jc, à l’occasion du 4ème concile. La première version imprimée date du 19ème siècle et fut réalisée en Birmanie.

[11] Le Magadha est le plus grand des seize royaumes de l’Inde ancienne. Le noyau du royaume était la région du Bihar au sud du Gange, sa première capitale était Rajagriha, puis Pataliputra. Magadha s’élargit pour inclure la plupart du Bihar et du Bengale avec la conquête de Licchavi et d’Anga, suivie par une grande partie de l’Uttar Pradesh et de l’Orissa.

[12] cités-États

[13] Le Dīgha Nikāya, ou collection des longs discours du Bouddha, est un recueil de trente-quatre suttas faisant partie du Sutta Pitaka (Corbeille des enseignements). Il est divisé en trois sections, ou vaggas.

[14] Guru, ou gourou, est un terme qui signifie « précepteur », « mentor », « guide spirituel », « maître ». Il désigne, en Inde, un enseignant reconnu de la religion, de la spiritualité, de la danse, de la musique ou de tout autre domaine de connaissance. Dans le domaine spirituel, le guru est l’initiateur ou le leader d’une école de pensée autoproclamée ou traditionnelle dans le cadre d’un âshram ou gurukula. Les rapports entre le guru et le disciple (chela) sont ceux qui existent entre un patriarche et un jeune enfant, ce dernier devant libérer son maître des tâches du quotidien (lessive, cuisine, ménage) en échange de l’enseignement qu’il reçoit, ce contrat étant considéré, en Inde, comme faisant partie de l’apprentissage

[15] Dhyāna, est un terme sanskrit qui correspond dans les Yoga Sūtra de Patañjali au septième membre (aṅga) du Yoga. Ce terme désigne des états de concentration cultivés dans l’hindouisme, le bouddhisme, et le jaïnisme. Il est souvent traduit par « absorption », bien qu’étymologiquement il signifie simplement méditation ou contemplation

[16] Le jambosier rouge est un arbre fruitier originaire du Sud-Est asiatique (Indonésie, Malaisie), appartenant à la famille des Myrtacées. Il est aussi appelé te tumu Ahi’a en Polynésie française, Pommier d’amour en Guyane, Pôm Tahiti en créole antillais, Pomme d’eau en Martinique, Pomme canaque en Nouvelle-Calédonie, Jamalac dans l’île Maurice et aux Seychelles (en référence à un arbre fruitier de la même famille originaire de l’Indonésie), Jambos à La Réunion, Jambose rouge, Pomme malacca en Guadeloupe (du nom d’une région de la Malaisie qui fait référence à l’origine de la pomme), Makoba à Madagascar, et Makopa aux Philippines.

[17] Les Jātakas sont des contes et histoires qui narrent les nombreuses vies antérieures de bouddhas, et spécialement celles du bouddha historique Shakyamuni. Les histoires de ce dernier forment un ensemble de 547 textes (dernière version en pâli) de longueur inégale, qu’on a regroupées en vingt-deux catégories (nipāta). Les contes se présentent dans un ordre différent dans les versions vernaculaires thaï, lao ou birmane. Il s’agit d’un des genres les plus populaires de la littérature bouddhiste.

[18] L’hindouisme, ou indouisme, ou sanatana dharma, est l’une des plus anciennes religions du monde encore pratiquées qui n’a ni fondateur, ni dogme imposé, ni institution cléricale organisée uniformément (les brahmanes peuvent être de différentes écoles). C’est actuellement la troisième religion la plus pratiquée dans le monde après le christianisme et l’islam. Elle est issue du sous-continent indienn qui reste son principal foyer de peuplement. Le terme persan hindu désignait au départ, pour les musulmans qui pénétrèrent en Inde, les habitants du bassin de l’Indus

[19] la grande renonciation