Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Francesco Durante

dimanche 23 janvier 2022, par ljallamion

Francesco Durante (1684-1755)

Compositeur italien de musique baroque

Né à Frattamaggiore [1] dans une famille de musiciens, Francesco Durante était le septième des 11 enfants de Gaetano Durante et Orsola Capasso. Son père servi comme sexton et chanteur à St Maria degli Angeli et Sossio [2], où lui et sa femme s’étaient mariés le 31 octobre 1674 et où tous leurs enfants furent baptisés.

On ne sait rien de l’éducation de Francesco jusqu’à la mort de son père le 18 mars 1699, lorsque son oncle a repris sa formation musicale.

Il se rendit à Naples [3] en 1699, à la mort de son père, pour poursuivre ses études musicales auprès de son oncle Angelo organiste [4] réputé, compositeur de pièces religieuses très estimées, ce prêtre était alors primo maestro [5] au Conservatoire Sant Onofrio [6].

Il vécut à Naples sans se plier au culte de l’opéra. À Naples en 1705, il fit jouer sa première œuvre connue, un “scherzo drammatico” aujourd’hui perdu.

Durant quelques mois, entre 1710 et 1711, il enseigna au conservatoire de Sant’Onofrio, avant de prendre le chemin de Rome où il séjourna probablement en 1718.

Avec son contemporain et rival Leo, auquel il succéda au Conservatoire Sant’Onofrio, Durante est l’un des principaux représentants de l’école napolitaine [7] de la première moitié du 18ème siècle.

Ce fut avant tout un pédagogue. Pergolèse , Niccolò Vito Piccinni , Giovanni Paisiello furent ses élèves, homme simple, d’humeur égale, paisible et intègre

Francesco Durante a su affirmer son originalité, comme le prouve sa musique, qui unit la pureté du style ancien aux audaces harmoniques.

Il composa au moins trois oratorios [8] et quantité d’œuvres religieuses, dont les manuscrits sont dispersés dans toute l’Europe, preuve de sa réputation internationale : 14 messes, une cinquantaine de motets [9]. Les motets sont soit a cappella, soit avec accompagnement instrumental.

A Naples, où l’opéra était une raison de vivre plus qu’une mode, il eut pour élèves Tommaso Traetta , Piccinni, Pergolèse et Paisiello, qui tous avaient pour lui de la vénération. Jamais, cependant, Francesco Durante ne chercha au théâtre les succès que lui aurait valus sa maîtrise de l’art vocal. Laissant aux autres les triomphes faciles, les formules éprouvées et répétitives, il poursuivit en solitaire ses recherches harmoniques et se consacra à la restauration de la grande tradition religieuse héritée de Palestrina.

Durante fit ensuite à Rome un séjour dont la date est mal déterminée (peut-être entre 1705 et 1710), et on pense qu’il étudia avec Pasquini. Années essentielles, car toute son œuvre portera la marque de l’école romaine, prééminence de la musique sacrée, dédain pour l’opéra, recherche d’un style vocal "à la Palestrina", intérêt pour les techniques du clavier et pour la forme du concerto...

Il se peut que Durante ait séjourné à nouveau à Rome entre 1710 et 1720, mais c’est à Naples qu’il fait jouer le 18 février 1719 La cerva assessata ovvero L’anima nelle fiamme, drame sacré qui s’apparente aux tragédie cristiane de Vinci et Porpora.

Nommé en 1728, maître de musique au Conservatoire dei Poveri di Gesù Cristo [10] à Naples

Il démissionna de ce poste en 1739, sans qu’on en connaisse les raisons et, en septembre, Francesco Feo lui succéda, puis en 1742, il succède à Nicola Porpora au conservatoire Santa Maria di Loreto [11], le plus ancien et le plus grand conservatoire napolitain dont il sut relever le niveau.

A la mort de Léo, le 31 octobre 1744, la position de primo maestro au Conservatoire de Saint-Onofrio devint vacante, Durante, alors âgé de 60 ans, reçut la succession à partir du 1er janvier 1745. Il demanda également au roi de le nommer Le successeur de Leo en tant que primo maestrode la chapelle royale. Une compétition, cependant, a eu lieu, à laquelle Durante a participé le 21 avril 1745 avec Giuseppe de Majo , Giuseppe Marchitti, Nicola Sala et d’autres.

Sa réputation de compositeur d’église, établie par une longue série de motets, messes, psaumes et cantates, franchira bientôt les limites de Naples, comme en témoignent en 1746 une Messa de’morti pour 8 voix créée à Rome, l’un des plus beaux Requiem du 18ème siècle et un Miserere, donné à Bari [12] en 1754.

En 1728, sa nomination comme primo maestro au Conservatoire des Pauvres de Jésus-Christ, puis au Conservatoire Santa Maria di Lotero en 1742, montre bien en quelle estime on tenait son enseignement.

Les titres des manuscrits de ses 6 Sonates pour clavecin en 1732 ou de ses œuvres vocales indiquent d’ailleurs clairement leur destination pédagogique. Mais sous ces intitulés austères se cachent une grande originalité et une brillante imagination.

Il mourut en 1755, d’une indigestion de melons, dit-on.

La vie de Durante ne fut toutefois pas exempte de nuages. Il eut à souffrir des querelles entre "leisti" [13]) et "durantisti", les premiers l’accusant d’un excès de sentimentalisme. Son premier mariage, avec Orsola de Laurentis une femme plus âgée, qui vendait ses partitions pour payer ses dettes de jeu, fut un calvaire qui dura 27 ans, et sa 2ème épouse Anna Furano, de Naples mourut le 10 août 1747. Quatre mois plus tard, le 18 décembre 1747, il se remaria avec Angela Anna Carmina Giacobbe, 22 ans, nièce d’Anna Furano et domestique dans sa maison.

Durante, qui toucha tous les genres de musique, laisse une œuvre extrêmement abondante. Il est regardé au 19ème siècle comme le chef de l’école musicale moderne.

Son œuvre est immense et 62 volumes manuscrits sont conservés à la Bibliothèque nationale de France

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Francesco Durante/ Portail de la musique classique/ Catégories : Compositeur italien du XVIIIe siècle/ Compositeur italien de la période baroque/ Philippe BEAUSSANT/ « DURANTE FRANCESCO - (1684-1755) », Encyclopædia Universalis, consulté le 2 juin 2018/ texte de Oxford University Press 2007-1008 acc. 5 juillet 2008 (Auteur : Hanns-Bertold Dietz)/ Contribution de Thomas Braatz (juillet 2008)

Notes

[1] Campanie

[2] la Basilique de San Sossio Levite et martyr (ancienne Santa Maria degli Angeli et San Sosio) est le principal lieu de culte catholique de la commune italienne de Frattamaggiore dans le Diocèse de Aversa, elle est le cœur historique et religieux de la ville. La basilique abrite également le Musée d’Art Sacré Sansossiano. L’église date de 10ème siècle, elle est de style roman.

[3] Naples est une ville d’Italie, chef-lieu de la région de Campanie. L’histoire de Naples s’étend sur plus de 28 siècles. Sous le nom de Parthénope, elle fut fondée durant l’Antiquité par la cité voisine de Cumes. Elle s’étend ensuite rapidement jusqu’à devenir un des principaux centres commerciaux, culturels, philosophiques et politiques de la Grande-Grèce puis de l’Empire romain. Après avoir été brièvement dépendante de l’Empire byzantin, elle devient autonome au sein du duché de Naples. Dès le 13ème siècle et pour ensuite plus de 600 ans, elle devient successivement la capitale du royaume de Naples puis du royaume des Deux-Siciles. Elle reste alors un des principaux centres de développement économiques et technologiques d’Europe jusqu’à son annexion au royaume d’Italie en 1860, date à laquelle elle entame un relatif déclin socio-économique.

[4] L’orgue est un instrument à vent multiforme dont la caractéristique est de produire les sons à l’aide d’ensembles de tuyaux sonores accordés suivant une gamme définie et alimentés par une soufflerie. L’orgue est joué majoritairement à l’aide d’au moins un clavier et le plus souvent d’un pédalier.

[5] directeur

[6] Le Conservatoire de Sant’Onofrio a Porta Capuana était l’un des quatre conservatoires napolitains qui par leur fusion ont donné naissance à l’actuel Conservatoire de San Pietro a Majella. Avec les trois autres écoles de musique, cette institution était aux 17ème et 18ème siècles au cœur de la glorieuse école napolitaine de musique. Il doit son nom à l’église Sant’Onofrio a Porta Capuana.

[7] L’École napolitaine de musique désigne un groupe de compositeurs qui, à partir de 1650 et pour un siècle environ, dominèrent à partir de Naples l’histoire de l’opéra et en marquèrent très fortement le style.

[8] Un oratorio est une œuvre lyrique dramatique représentée sans mise en scène, ni costumes, ni décors. Généralement composé pour voix solistes, chœur et orchestre symphonique, avec parfois un narrateur, son sujet est le plus souvent religieux (épisode extrait de la Bible ou des Évangiles, de la vie du Christ ou d’un(e) saint(e)… ). Il peut être aussi profane (héros mythologique, sujet historique, hymne à la nature…). Formellement assez proche de la cantate et de l’opéra, l’oratorio comprend généralement une ouverture, des récitatifs, des airs et des chœurs.

[9] Un motet est une composition musicale apparue au 13ème siècle, à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement musical, courte et écrite à partir d’un texte religieux ou profane. Ce genre musical à deux voix atteignit son apogée à la fin du 12ème siècle, avec l’école de Notre Dame de Paris et ses maîtres, Léonin et Pérotin. Le motet a remplacé le conduit. Au début du 16ème siècle, le motet s’enrichit grâce à Josquin Desprez et atteint son apogée avec Palestrina. Le nombre des voix était le plus souvent de quatre, mais pouvait atteindre six, huit, et même douze. À l’extrême, le motet Spem in alium de Thomas Tallis ne compte pas moins de 40 voix indépendantes. En France, le motet fut illustré, notamment, par Henry Du Mont et Pierre Robert, sous-maîtres de la Chapelle de Louis XIV ; sous l’égide de Louis XIV, Lully, puis Delalande, inaugurèrent le « grand motet » ou « motet à grand chœur », équivalent de l’antienne (anthem) des Anglais et de la cantate des Allemands.

[10] Le Conservatoire dei Poveri di Gesù Cristo était l’un des quatre conservatoires napolitains qui par leur fusion ont donné naissance à l’actuel Conservatoire de San Pietro a Majella. Avec les trois autres écoles de musique, cette institution était aux 17ème et 18ème siècles au cœur de la glorieuse école napolitaine de musique.

[11] Le Conservatoire de Santa Maria di Loreto était l’un des 4 conservatoires napolitains qui par leur fusion ont donné naissance à l’actuel Conservatoire de San Pietro a Majella. Avec les 3 autres écoles de musique, cette institution était aux 17ème et 18ème siècles au cœur de la école napolitaine de musique. Il s’agit du plus ancien conservatoire de Naples

[12] Bari est une ville italienne, chef-lieu de la ville métropolitaine de Bari et de la région de Pouilles, sur la côte adriatique. Bari est connu pour être la ville où se trouvent les reliques de saint Nicolas. Ce privilège a fait de Bari et de la basilique de Bari l’un des centres importants de l’Église orthodoxe en Occident. Bari a une forte tradition marchande et est depuis toujours un centre névralgique du commerce et des échanges politico-culturels avec l’Europe et le Moyen-Orient. Son port est actuellement le plus grand port de passagers de la mer Adriatique.

[13] partisans du musicien Léo