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Jonas d’Orléans

lundi 20 décembre 2021, par ljallamion

Jonas d’Orléans (vers 760-vers 843)

Auteur ecclésiastique-Poète à la cour de Charlemagne

Né en Aquitaine [1] au 8ème siècle, il y étudie les lettres avant d’entrer dans les ordres. En 818, il succède à Théodulf sur le siège épiscopal d’Orléans [2]. Jonas a assisté à la naissance de la dynastie carolingienne, c’est également un proche de Louis le Pieux et de Pépin 1er d’Aquitaine.

Il évolue en fonction de Missi dominici [3] du roi et joue un rôle important dans les Synodes. Les informations disponibles sur la vie de Jonas d’Orléans sont très fragmentaires.

Ces informations proviennent de Jonas lui-même, qui écrit au roi Pépin d’Aquitaine au début de son De institutione regia .

En 817, l’empereur Louis le Pieux rédige “l’Ordinatio Imperii” désignant son fils Lothaire comme son successeur sur le trône impérial et faisant de ses autres fils, Pépin et Louis, les rois d’Aquitaine et de Bavière [4]. Mais Bernard d’Italie, fils de Pépin, écarté de ce partage, se soulève contre son empereur.

Cette tentative de révolte se termine par un échec et par la mort de Bernard en 818, après que Louis le Pieux lui a fait crever les yeux. Pour ce geste, l’empereur doit faire pénitence devant les évêques réunis à Attigny [5] en 822.

C’est à la suite des événements de 818 que Jonas est nommé évêque d’Orléans par l’empereur, remplaçant ainsi Théodulf, emprisonné aux alentours de 817 pour l’implication dans ces intrigues dont Louis et sa cour l’accusent. Témoignage de l’estime de Louis le Pieux à l’égard de Jonas, cette nomination à un poste important survient dans un climat très tendu.

Estimé de ses contemporains pour sa culture et son talent épistolaire, Jonas est également mis à contribution par l’empereur pour résoudre des problèmes touchant autant aux domaines religieux que politique. Il participe au règlement de plusieurs conflits, en qualité de missus de l’empereur. Il joue également un rôle dans les différentes assemblées d’évêques réunies dans les années 820 et 830.

Il est encore en vie en 835 au concile de Thionville [6] dont il rédige le compte rendu le 4 mars 835. Jonas d’Orléans est connu pour avoir rédigé, en 831,

Jonas a écrit le “De cultu imaginum”, qui se rapporte au synode de Paris en 825 et attaque l’évêque iconoclaste [7] Claude de Turin, mais ne fut publié qu’en 840, et le “De institutione laïcali”, publié en deux versions successives aux alentours de 828 ou 829.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Odile Dubreucq, Le De Institutione Laicali De Jonas d’Orléans, édition, traduction, commentaire, thèse de doctorat, Paris IV, 2007

Notes

[1] L’Aquitaine est le nom donné depuis au moins le 1er siècle av. jc à une région ancrée sur la façade Atlantique et le versant nord des Pyrénées. En 507, Clovis, appelé par les évêques de Novempopulanie, l’intègre au royaume des Francs, en battant Alaric II, roi des Wisigoths, à la bataille de Vouillé. 671 voit l’indépendance de l’Aquitaine, dirigée par le duc Loup 1er de Vasconie. Entre 719 et 732, les ducs Eudes et son fils Hunald 1er détiennent l’Albigeois où ils ont des biens. Eudes combat les Sarrasins en Albigeois. En 721, le duc Eudes bat le Califat omeyyade à la Bataille de Toulouse. 732 voit la défaite du duc d’Aquitaine et l’invasion de la Vasconie par l’émir Abd el Rahman, arrêté à la bataille de Poitiers par Charles Martel, qui commence la réunion de l’Aquitaine sous contrôle des Vascons au royaume franc. 742 et 743 voient les campagnes des fils de Charles Martel, Carloman et Pépin le Bref, contre l’Aquitaine et la Vasconie (et la Bavière). Entre 760 et 768, Pépin le Bref entreprend chaque printemps des expéditions sanglantes contre le duc Waïfre, fils d’Hunald 1er. Le 2 juin 768, ce dernier est finalement tué par un des siens, Waratton, sur ordre de Pépin. En 778, l’armée de Roland, piégée par le wali de Saragosse, a été défaite par les Vascons dans les montagnes basques de Roncevaux en revenant de Pampelune. Puis Charlemagne crée en 781 pour son fils Louis le Débonnaire alors âgé de 3 ans, le royaume d’Aquitaine englobant les territoires du Rhône à l’Atlantique.

[2] Le diocèse d’Orléans est un diocèse catholique français, qui correspond aux limites du département du Loiret depuis la Révolution française. Le diocèse d’Orléans a été fondé au 3ème siècle. Avant 1789, le diocèse s’étend sur la moitié ouest du Loiret, avec des extensions dans le département d’Eure-et-Loir (quelques paroisses) et un tiers du département de Loir-et-Cher (au sud-est).

[3] Les missi dominici, sont un organe et une charge institués en 789 et renouvelés en 802 par le pouvoir carolingien. Les missi sont des envoyés spéciaux des souverains carolingiens qui contrôlent les représentants du pouvoir royal au niveau local. Ils permettent au souverain de hiérarchiser son administration, de centraliser le pouvoir et sont l’expression d’une idéologie proprement impériale. Envoyés en collège de deux ou trois - et souvent plus -, comptant en général au moins un comte et un évêque, ils sont dans un premier temps étrangers au district - missatica - qu’ils administrent. Des missi extraordinaires représentent l’empereur dans des circonstances spéciales et, éventuellement, en dehors de leur région d’exercice habituel.

[4] Le duché de Bavière est une ancienne principauté allemande qui fut membre du Saint-Empire romain germanique puis rattaché à l’Électorat de Bavière. Sa capitale était la ville de Munich. Vers l’an 600, le territoire de l’actuel État libre de Bavière était occupé par trois tribus : les Baiern, qui ont donné leur nom au pays (Bavière se dit Bayern en allemand), les Francs et les Suèves. Tandis que l’actuelle Bavière du Nord tombait sous la souveraineté des Francs, les Alamans et les Bavarois formaient, au sud, des territoires souverains séparés par la rivière Lech. À ses débuts, le duché de Bavière s’étendait loin vers l’est et le sud, jusqu’à la Carinthie actuelle, en Basse-Autriche et en Haute-Italie. Mais le cœur du pays se situait sur le Danube. Aux 10ème et 12ème siècles, ces territoires ont donné naissance aux duchés de Bavière, de Carinthie et d’Autriche. Le principal siège ducal était Ratisbonne.

[5] Au Haut Moyen Âge, Attigny a une certaine importance, puisqu’elle abrite une résidence royale depuis Clovis II qui y construisit un palais en 647. Elle fut également résidence impériale carolingienne et la présence de Charlemagne y est citée à de nombreuses fêtes de Noël ou de Pâques. Charles II le Chauve résida de nombreuses fois au palais. Le duc saxon Wittekind, ennemi principal de Charlemagne pendant ses guerres contre les Saxons (772-805), y reçut le baptême en 786 par Charlemagne. Il s’y tint plusieurs conciles, comme le Concile de 765 ou bien encore celui de 822 dans lequel Louis le Débonnaire fit pénitence publique, dite pénitence d’Attigny.

[6] Le concile de Thionville, appelé parfois synode de Thionville (février 835), fut célébré pour réintégrer solennellement l’empereur Louis le Pieux et juger les évêques, en particulier Ebbon, qui, lors de la destitution de l’empereur au concile de Compiègne dit aussi de Soissons, en novembre 833, sous l’influence de Lothaire, avaient pris position contre Louis.

[7] L’iconoclasme est, au sens strict, la destruction délibérée de symboles ou représentations religieuses appartenant à sa propre culture, généralement pour des motifs religieux ou politiques. Ce courant de pensée rejette l’adoration vouée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier. L’iconoclasme est opposé à l’iconodulie. L’iconoclasme ou Querelle des Images est un mouvement hostile au culte des icônes, les images saintes, adorées dans l’Empire romain d’Orient. Il se manifesta aux 8ème et 9ème siècles par des destructions massives d’iconostases et la persécution de leurs adorateurs, les iconophiles ou iconodules. Il caractérise également la Réforme protestante.