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L’histoire pour le plaisir

Pépi II

mercredi 10 novembre 2021, par ljallamion

Pépi II

Roi de la VIème dynastie égyptienne aux alentours de 2246 à 2152 av. jc

Ce qu’on sait surtout du roi, c’est qu’il resta au pouvoir extrêmement longtemps. Manéthon lui prête 94 années de règne et plus de 100 années de vie, bien que la dernière date de son règne connue avec certitude soit le 31ème comptage du bétail qui correspond à la 62ème année du règne.

Fils de Mérenrê 1er , Pépi II lui succède vers 2246 av. jc. Le nouveau roi est un tout jeune enfant, de l’une des deux filles de Khoui, grand noble d’Abydos [1]. Cette reine, Ânkhnesmérirê II , assure la régence avec le soutien de son frère Djaou , déjà vizir [2] de Mérenrê 1er et oncle de Pépi II. Le jeune roi épouse Neith , sa demi-sœur ou sa tante, fille d’ Ânkhnesmérirê 1ère dite Ânkhésenpépi 1ère .

C’est l’un des derniers membres de la VIème dynastie et sa mort marque la fin, ou au moins le déclin, de l’Ancien Empire [3]. L’Ancien Empire compte deux souverains supplémentaires : Mérenrê II et la reine Nitocris , la première période intermédiaire [4] commençant après le règne de cette dernière. Selon certains auteurs, il y aurait également 4 autres rois à la fin de la VIème dynastie.

Il a fait bâtir un vaste complexe funéraire à Saqqarah [5]-sud.

Pépi II semble avoir poursuivi la politique étrangère de ses prédécesseurs. Le cuivre et la turquoise sont extraits du Ouadi Maghara [6] dans le Sinaï [7], et l’albâtre de Hatnoub [8]. Il est mentionné sur une inscription trouvée à Byblos [9]. Dans le sud, les relations commerciales consistent en des caravanes de marchands qui commercent avec les Nubiens [10]. Hirkhouf mène plusieurs expéditions sous Mérenrê 1er et Pépi II. Sa dernière expédition le mène à un lieu nommé Ian ou Yam [11].

Le désert occidental est parcouru par de multiples routes commerciales, reliant l’oasis d’Al-Kharga [12], l’oasis de Siwa [13], et celle d’Ad-Dakhla [14].

Le déclin de l’Ancien empire commence avant le règne de Pépi II, les nomarques devenant de plus en plus indépendants. Pépi 1er par exemple, se marie avec deux sœurs, filles d’un nomarque, et fait de leur frère un vizir. Leur influence est importante, les enfants des deux sœurs, Mérenrê 1er et Pépi II devenant rois.

Les tombes des hauts dignitaires deviennent de plus en plus élaborées dans les nomes. La charge de nomarque devient héréditaire et exempt de taxe, ajouté à la longueur du règne, le pouvoir central devient faible. Le rôle de vizir est scindé en deux, un pour la Haute Égypte [15] et un pour la Basse Égypte [16].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Audran Labrousse, Les pyramides des reines, 1999, (ISBN 9782850256844)

Notes

[1] Abydos est une ancienne ville sainte d’Égypte vouée au culte du dieu Osiris, et située à 70 km au nord-ouest de Thèbes. Aujourd’hui sur le territoire de l’antique Abydos s’élève l’actuelle ville de Madfounek. Les prêtres d’Abydos prétendaient posséder une relique de toute première importance : la tête du dieu Osiris. On y a découvert les tables d’Abydos qui mentionnent deux séries de noms de pharaons allant jusqu’à la XVIIIème dynastie.

[2] Le vizir, désigne un conseiller ou ministre auprès des dirigeants musulmans, le premier magistrat après le pharaon, dans l’Égypte antique. Ce poste, dont l’appellation a probablement été créée à l’époque du pharaon Snéfrou pour son fils Néfermaât, se définissait comme celui qui est la volonté du maître, les oreilles et les yeux du roi.

[3] L’Ancien Empire égyptien est une période de l’histoire de l’Égypte antique qui couvre une large partie du troisième millénaire (d’environ 2700 à 2200) avant notre ère. Succédant à la période thinite qui a vu l’apparition de l’État en Égypte, elle comprend les IIIème, IVème, Vème et VIème dynasties, puis s’achève par une période de fragmentation politique, la Première Période intermédiaire. Dès l’Antiquité, cette période était considérée par les Égyptiens antiques eux-mêmes comme l’âge d’or de leur civilisation. Il s’agit en effet de la plus longue période de stabilité politique que l’Égypte ancienne ait connue, durant laquelle aucune menace extérieure ne venait perturber l’ordre intérieur.

[4] La Première Période intermédiaire est une séquence historique de l’Égypte antique, à cheval sur les 22ème siècle et 21ème siècle avant notre ère, qui s’étend sur environ 150 ans entre la fin de l’Ancien Empire et le début du Moyen Empire. Elle est marquée par de nombreuses difficultés socio-politiques et représente une déliquescence du pouvoir pharaonique. Elle comprend les obscures VIIème et VIIIème dynasties, sans doute des descendants du roi Pépi II, les IXème et Xème dynasties dites dynasties Héracléopolitaines, ainsi qu’une partie de la XIème dynastie originaire de Thèbes. On dispose de très peu de monuments de cette période, surtout du début de cette ère.

[5] Saqqarah est une vaste nécropole de la région de Memphis. Elle connaît une occupation ininterrompue tout au long de l’histoire de l’Égypte antique : de ce fait, tombes royales et sépultures plus modestes se côtoient et présentent de nombreux témoignages sur la vie quotidienne de l’Égypte ancienne.

[6] Le Ouadi Maghara est un site du Sinaï connu depuis l’Antiquité pour ses débouchés vers les mines de cuivre et de turquoise. Très tôt dans l’histoire de l’Égypte antique, des expéditions ont été organisées afin d’en exploiter les richesses pour répondre aux besoins d’une industrie naissante du cuivre et à l’attrait particulier que les Égyptiens avaient pour la turquoise, cette pierre bleu pâle, associée à la déesse Hathor.

[7] Le Sinaï est une péninsule égyptienne d’environ 60 000 km², à la forme triangulaire et située entre la mer Méditerranée (au nord) et la mer Rouge (au sud). Elle est géographiquement située en Asie du Sud-Ouest. Sa frontière terrestre longe le canal de Suez à l’ouest et la frontière entre l’Égypte et Israël et la bande de Gaza au nord-est.

[8] Hatnub était l’emplacement des carrières d’albâtre égyptiennes et d’une colonie de travailleurs occupés de façon saisonnière dans le désert oriental, à environ 65 km d’ el-Minya , au sud-est d’ el-Amarna. Les poteries, les inscriptions hiéroglyphiques et les graffitis hiératiques sur le site montrent qu’il a été utilisé par intermittence depuis au moins le règne de Khéops jusqu’à la période romaine.

[9] Byblos (appelée aujourd’hui Jbeil) est une ville du Liban. Les Grecs la nommèrent Byblos, car c’est de Gebal que le papyrus était importé en Grèce. Elle se situe aujourd’hui sur le site de la ville moderne de Jbeil, dans le gouvernorat du Mont-Liban (actuel Liban), sur la côte méditerranéenne, à environ 40 kilomètres au nord de Beyrouth. Elle aurait été fondée vers 5000 av. jc. Dès le 4ème millénaire av. jc. Byblos est un centre commercial actif, trafiquant surtout avec l’Égypte antique avec laquelle elle exporte du bois du Liban. Ce rapprochement de l’Égypte a un effet durable sur l’art et la culture de Byblos, elle devient un centre religieux important où l‘on pratique le culte d’Osiris. Elle fait aussi commerce de textile et de vêtements avec la Mésopotamie, notamment avec la ville de Mari et également avec les Minoens de Crète. Les souverains amorrites de Byblos se font enterrer dans des tombeaux avec des objets égyptiens (Tombeau d’Ahiram, roi au 11ème siècle av. jc).

[10] La Nubie est aujourd’hui une région du nord du Soudan et du sud de l’Égypte, longeant le Nil. Dans l’Antiquité, la Nubie était un royaume indépendant dont les habitants parlaient des dialectes apparentés aux langues couchitiques. Le birgid, un dialecte particulier, était parlé jusqu’au début des années 1970 au nord du Nyala au Soudan, dans le Darfour. L’ancien nubien était utilisé dans la plupart des textes religieux entre les 8ème et 9ème siècles.

[11] Le pays dont le nom est par défaut transcrit Yam ou Ian est un royaume antique jouxtant au sud-ouest l’Égypte pharaonique. Son étendue le long de pistes caravanières s’étirant sur plusieurs centaines de kilomètres fait encore l’objet de spéculations. C’est par son intermédiaire que les pharaons entretiennent à partir de la VIe dynastie, soit aux environs de 2200 av. jc, un commerce avec les régions restées inconnues de l’Afrique noire. C’est en particulier au Yam que le nomarque Hirkhouf, prince marchand d’Éléphantine, qui est la ville la plus méridionale de l’Ancien Empire, découvre un corps de ballet animé par des pygmées capturés dans l’intérieur du continent, semblables à un homme amené du Pount à la cour du pharaon Isési 150 ans plus tôt

[12] L’oasis d’al-Kharga est la plus méridionale des cinq grandes oasis du désert Libyque, en Égypte. Située à environ 200 km de la vallée du Nil, elle s’étend sur 150 km mais sa largeur ne dépasse pas 30 km. Cette riche oasis comporte plusieurs sources et puits d’eau naturelle dont la température, qui atteint 43 °C, est réputée comme particulièrement efficace pour le traitement des rhumatismes et des allergies.

[13] Siwa est une oasis de l’ouest de l’Égypte, proche de la frontière libyenne et à 560 km du Caire. Elle est la plus septentrionale des oasis égyptiennes s’abreuvant sur les nappes souterraines, à 300 km des côtes méditerranéennes de Marsa Matrouh. On la sait occupée depuis la haute Antiquité (sans être certain de la continuité de cette occupation). Aujourd’hui, la langue berbère y est parlée sous sa forme dialectale le siwi, (jlan en isiwan), comportant un taux d’arabisation linguistique d’environ 40 %.

[14] L’oasis d’Al-Dakhla est une des sept oasis située dans le désert égyptien à 111 mètres d‘altitude. Elle est située à 350 km de la vallée du Nil, entre les oasis d’Al-Farafra et de Kharga. L’oasis mesure environ 80 km d’est en ouest et environ 25 km du nord au sud. C’est une ville très pittoresque, symbole de la tradition des oasis égyptiennes.

[15] La Haute-Égypte est la partie sud de l’actuelle Égypte. De tout temps, le Nil ayant été l’axe de préoccupation principal des Égyptiens, c’est donc à lui que fait référence le qualificatif haut. Le Nil prenant sa source en Afrique centrale (dans la région des Grands Lacs) et se jetant dans la mer Méditerranée dans le delta au nord, il est logique (selon la loi de l’écoulement des fleuves) que le sud du pays soit plus élevé que le nord. C’est pourquoi la Haute Égypte correspond à la partie méridionale du pays, de la région d’Aphroditopolis (au sud de Memphis) jusqu’au haut barrage d’Assouan, près de la première cataracte, c’est-à-dire à la frontière nord de la Basse Nubie.

[16] L’Égypte se définit essentiellement par rapport au Nil. La Basse Égypte est donc « basse » par référence au sens de l’écoulement du fleuve (du sud, plus haut, vers le nord, en aval) et donc à son altitude. Son relief est également peu accusé. C’est la partie la plus au nord de l’Égypte, depuis la Méditerranée, avec le delta du Nil, jusqu’à la région du Fayoum avec Le Caire.