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Alexandre Farnèse (cardinal) dit Alexandre Farnèse le jeune

jeudi 4 novembre 2021, par ljallamion

Alexandre Farnèse (cardinal) dit Alexandre Farnèse le jeune (1520-1589)

Cardinal en 1534

Ce fut un homme cultivé et un grand mécène ; grâce à la fascination qu’il suscita, il entretint beaucoup d’histoires sentimentales avec de nobles dames.

Alexandre est le premier des 5 enfants de Pierre-Louis Farnèse, duc de Parme [1], et de Gerolama Orsini de Pitigliano. Il naît au château de Valentano [2] ; la famille le destine immédiatement à la carrière ecclésiastique. Alexandre commence ses études à Parme puis les poursuit auprès du collège Ancarano de Bologne [3] en compagnie de son frère Octave ; ils reçoivent un enseignement dans les matières littéraires, juridiques et théologiques.

Le 18 décembre 1534, à seulement 14 ans, il est nommé cardinal par son grand-père Paul III, depuis peu élu pape. Son cousin Guidascanio Sforza , fils de Costanza Farnèse [4], sœur de Pierre-Louis, et du comte Bosio II Sforza de Santa Fiora est aussi nommé cardinal, à peine âgé de 16 ans.

Le jeune Alexandre reçoit la barrette rouge des mains du cardinal Del Monte, le futur Jules III. Après sa nomination, le pape lui désigne comme précepteur Marcello Cervini, un jeune prêtre qui s’installe au palais Farnèse [5].

En août 1535, en raison de la mort du cardinal Hippolyte de Médicis , Alexandre devient vice-chancelier de l’Église et archevêque d’Avignon [6]. Sans cesser d’appartenir à l’ordre des cardinaux diaconiens [7], il change son titre de Sant’Angelo in Foro Piscium en celui de San Lorenzo in Damaso. Après cette promotion, le pape adjoint à Marcello Cervini Bernardino Maffei , un poète et collectionneur de médailles dont il se sert pour ses leçons d’histoire.

Au cours de cette période, il reçoit le diocèse de Jaen [8] qui lui est attribué après la mort du cardinal Esteban Gabriel Merino , évêque de Bari [9], au mécontentement de Charles Quint qui avait un autre candidat en vue. Le différend dure jusqu’en 1536, lorsque Alexandre échange l’évêché de Jaen avec celui de Monreale [10], dont la rente se monte à 15 000 écus l’an. Ses rentes, 10 ans après, sont estimées à 60 000 écus.

En 1538, il prend le secrétariat de Paul III aidé par Marcello Cervini, puis par Nicolò Ardinghello , Girolamo Dandini et Bernardino Maffei. Il s’occupe de la ligue anti-turque et prépare le voyage de Paul III à Nice [11] pour essayer de rétablir l’entente entre Charles Quint et le roi de France François 1er, proposant en juin 1539 un mariage entre l’empereur, veuf depuis peu, et Marguerite, la propre fille du roi de France.

En 1546, au côté de son frère Octave, Alexandre participe comme légat pontifical [12] auprès de Charles Quint à la guerre contre la ligue de Smalkalde [13].

En 1547, Pierre-Louis, le père d’Alexandre, est assassiné à Plaisance. Se pose alors la question de la succession du duché de Parme, que Paul III veut voir revenir dans l’Église pour éviter que Charles Quint ne se l’accapare. Il nomme Octave nouveau duc, mais espère récupérer la ville de Parme. Son petit-fils Octave lutte âprement pour faire respecter son droit. C’est un coup dur pour le pape qui, âgé de 81 ans, doit s’aliter. Alexandre, sentant la fin imminente, adopte les mesures que les circonstances exigent.

Il fait fermer les portes de Rome de façon à manipuler l’information et il enjoint au légat pontifical de Parme de confier la ville à Octave. Camillo Rosini, commandant de la place de Parme pour le compte du pape, venant à apprendre la vacance répond qu’il a reçu Parme d’un pape et qu’il ne la laissera seulement que sur l’ordre d’un nouveau pape, ordre qui vient de Jules III en remerciement de l’aide reçue lors du conclave.

Le nouveau pape attribue au duc plus de 2 000 écus l’an pour la charge de gonfalonier [14]. Quelques mois plus tard, l’empereur Charles Quint restitue Plaisance au duc Octave qui l’avait occupée après l’assassinat de Pierre-Louis.

En 1551 Alexandre est envoyé par Jules III auprès d’Octave pour le convaincre de restituer son duché, mais Alexandre désobéit au pape et se tient éloigné pendant un an de la cour pontificale. Il se réfugie au Palazzo Vecchio de Florence [15], auprès de Cosme de Médicis. Le pape furieux de la désobéissance du cardinal Farnèse confisque les diocèses de Monreale et les meubles du palais Farnèse qui sont vendus 30 000 écus. Le 8 juin de cette même année, Jules III déclare la guerre aux récalcitrants. Les opérations militaires se déroulent mal, aussi le pape renoue avec le « fils prodigue » : tous les biens des Farnèse sont restitués et le cardinal fait son retour à Rome en juin 1552.

Après cet épisode, le cardinal se rend auprès de la cour d’Henri II. Il reçoit l’évêché de Grenoble [16] et la promesse d’autres bénéfices vacants qui s’élèvent à 40 000 écus. Durant sa permanence, il est logé dans un appartement du château de Saint-Germain. En échange du traitement de faveur qu’il reçoit, Alexandre met à la disposition des ambassadeurs du roi auprès du Saint-siège les maisons que la famille possède à Rome. Au cours de l’été 1554, il retourne en Italie sur l’insistance du pape. En raison des revenus provenant des différents diocèses dont Alexandre a la charge, cette période est la plus prolifique.

1556 voit la naissance de sa fille Clelia célèbre pour sa beauté. L’enfant est confiée à sa tante Victoire Farnèse , duchesse d’Urbino [17], qui l’éduque avec sa cousine Lavinia Della Rovere [18].

En 1568, il fait construire l’église du Gesù [19], commencée sous la direction de Jacopo Barozzi dit Vignole , et terminée par Giacomo Della Porta , qui devient architecte en chef après la mort de Vignole.

En 1570, Clelia épouse Giovan Giorgio Cesarini , un aristocrate couvert de dettes dont elle a un fils, Giuliano. Alexandre aime beaucoup sa fille, mais il ne lui laisse pas une vie matrimoniale malheureuse : il l’emprisonne au château de Ronciglione [20], jusqu’à ce qu’elle accepte de se marier avec Marco III Pio de Savoie . Le mariage est célébré à Caprarola [21] en novembre 1587.

En 1580, il opte pour le titre de cardinal-évêque d’Ostie [22], c’est-à-dire qu’il devient doyen du Collège des cardinaux [23].

Le 28 février 1589, Alexandre meurt. Le 4 mars, selon ses volontés testamentaires, il est inhumé dans l’église du Gesù. 42 cardinaux sont présents à ses funérailles.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Alexandre Farnèse (cardinal) /Portail du Vatican/ Portail de l’Italie/ Catégories : Maison Farnèse/ Évêque de Bitonto/ Évêque de Cahors/ Évêque de Jaén, Évêque de Parme, Évêque de Viviers, Archevêque d’Avignon, Archevêque de Bénévent, Archevêque de Monreale, Archevêque de Tours, Chancelier apostolique, Abbé d’Hautecombe, Abbé de Saint-Étienne de Caen, Légation à Avignon, Cardinal italien du XVIe siècle

Notes

[1] Parme est une ville italienne de la province de Parme, dans la région d’Émilie-Romagne. Située entre la chaîne des Apennins et la plaine du Pô, la ville est divisée en deux par la rivière Parma, affluent du Pô.

[2] Valentano est une commune italienne au nord de la province de Viterbe dans le Latium.

[3] Bologne est une ville italienne située dans le nord-est du pays, entre le Pô et les Apennins. C’est le chef-lieu de la région d’Émilie-Romagne (plaine du Pô) et de la province de même nom et l’une des principales villes d’Italie. Elle est considérée comme le siège de la plus ancienne université du monde occidental puisqu’elle a été fondée en 1088. Plus de 900 ans après sa fondation, l’université est encore aujourd’hui le cœur de la ville

[4] La famille Farnèse est une ancienne famille romaine dont les possessions sont regroupées autour du lac de Bolsena. C’est une famille italienne de seigneurs puis de ducs, originaire du Latium dans les États pontificaux et de Toscane qui donne de nombreux militaires de l’armée pontificale et des armées de Florence, de Venise, de Naples et de Sienne, un vice-roi en Espagne, ainsi que des gouverneurs en Italie, aux Pays-Bas et en Espagne, des sénateurs, des évêques, des cardinaux, des religieuses et un pape dont descend la lignée la plus renommée qui règne sur les duchés de Parme et Plaisance et de Castro. De nombreuses unions se nouent d’abord avec la petite noblesse italienne, puis avec les plus illustres familles de la péninsule, les Colonna, les Aldobrandini ; et ensuite avec d’autres maisons régnantes italiennes et non italiennes : Habsbourg, Aviz, Médicis, Sforza, Savoie, Este, Wittelsbach, Bourbons, Borromeo, Valois.

[5] Le palais Farnèse est un palais de la haute Renaissance de Rome. Depuis 1874, il est le siège de l’ambassade de France en Italie et depuis 1875, également celui de l’École française de Rome.

[6] L’archidiocèse d’Avignon est une église particulière de l’Église catholique en France. Son siège est situé à la cathédrale Notre-dame des Doms d’Avignon. Érigé dès le 4ème siècle, le diocèse d’Avignon est d’abord suffragant de l’archidiocèse d’Aix. De 1309 à 1376, Avignon est la résidence des papes. En 1475, le diocèse est élevé au rang d’archidiocèse avec, pour suffragants, les trois diocèses de Carpentras, Cavaillon et Vaison. Depuis 1822, il couvre le département du Vaucluse.

[7] Dans les Églises chrétiennes, la diaconie est l’institution qui organise la charité envers les pauvres et les malades de la communauté. Elle est présentée comme la mise en œuvre de l’Évangile de Jésus-Christ à l’égard des pauvres, comme un témoignage personnel et communautaire et comme un service à l’égard de la personne et de la société.

[8] diocèse de Jaen

[9] Bari est une ville italienne, chef-lieu de la ville métropolitaine de Bari et de la région de Pouilles, sur la côte adriatique. Bari est connu pour être la ville où se trouvent les reliques de saint Nicolas. Ce privilège a fait de Bari et de la basilique de Bari l’un des centres importants de l’Église orthodoxe en Occident. Bari a une forte tradition marchande et est depuis toujours un centre névralgique du commerce et des échanges politico-culturels avec l’Europe et le Moyen-Orient. Son port est actuellement le plus grand port de passagers de la mer Adriatique.

[10] Monreale est une ville de la province de Palerme en Sicile (Italie). Elle est célèbre pour sa cathédrale d’architecture arabo-normande.

[11] Nice est une commune du sud-est de la France, préfecture du département des Alpes-Maritimes. Située à une trentaine de kilomètres de la frontière franco-italienne, elle est établie sur les bords de la mer Méditerranée, le long de la baie des Anges et à l’embouchure du Paillon. Capitale de la Viguerie de Nice, elle faisait autrefois partie de la Ligurie antique entre le fleuve du Var et de la Magra, de la Regio IX Liguria romaine, du Royaume d’Italie (Saint-Empire romain) entre le 9ème et le 11ème siècle, de la ligue ligure et de la République de Gênes, avant de choisir en 1388 la protection du Comté de Savoie à la suite de la guerre de l’Union d’Aix (dédition de Nice à la Savoie). En 1526 elle devient la capitale du Comté de Nice. En 1720, à la suite de la Paix de La Haye, la Savoie cède la Sicile (qu’elle avait acquise en 1713 par les Traités d’Utrecht) et reçoit la Sardaigne donnant naissance au Royaume de Piémont-Sardaigne. Ce nouvel ensemble forme ainsi l’un des États italiens pré-unitaires, dont la capitale est fixée à Turin. Nice est annexée par la France en 1860.

[12] Le légat apostolique ou plus communément légat du pape, ou légat pontifical, est un représentant extraordinaire du pape chargé d’une mission spécifique, généralement diplomatique. Il se distingue en cela du nonce apostolique qui est un ambassadeur permanent du Saint Siège auprès des gouvernements étrangers.

[13] La ligue de Smalkalde ou Schmalkalden est une union militaire au sein de l’Empire romain germanique de Charles Quint, formée pour des motifs idéologiques en 1531, par des princes protestants allemands du Nord dirigés par Philippe de Hesse, puis l’Électeur Jean Frédéric de Saxe. Elle entre en guerre contre l’empereur en 1545, c’est la guerre de Smalkalde.

[14] Le gonfalonnier ou gonfalonier est la personne chargée de porter le gonfalon (Le terme a d’abord été utilisé pour désigner un étendard ou une enseigne réunissant autour de ses plis les vassaux d’un seigneur suzerain. Il pouvait également être utilisé lors du rassemblement de l’ost.). Ce terme est particulièrement utilisé au cours du Moyen Âge en Occident.

[15] Le Palazzo Vecchio est l’hôtel de ville de Florence, chef-lieu de la Toscane en Italie. Ce palais forteresse, en forme de parallélépipède situé sur la Piazza della Signoria, est un des plus beaux bâtiments de la ville. Il côtoie la Loggia dei Lanzi et les Offices. Son nom remonte au transfert des Médicis pour le nouveau Palais Pitti situé de l’autre côté de l’Arno, à partir de là, le palais sera qualifié de vecchio (« vieux » en italien). La construction du palais débuta en 1299 sous la direction de l’architecte Arnolfo di Cambio. À l’origine, il portait le nom de Palazzo della Signoria (Palais de la Seigneurie) et était le siège du gouvernement de Florence (la Signoria).

[16] Le diocèse de Grenoble-Vienne-les-Allobroges (diocesis Gratianopolitana-Viennensis Allobrogum) est un diocèse français suffragant de Lyon. Le diocèse de Grenoble a été fondé vers 380, par la décision de l’empereur Gratien. Son premier évêque connu est saint Domnin. Les évêques étaient princes de Grenoble. Le territoire du diocèse s’étendait sur une grande partie du Haut Dauphiné, mais une partie de la Combe de Savoie (70 paroisses autour de Chambéry) en relevait également jusqu’au début du 18ème siècle.

[17] Urbino est une commune de la province de Pesaro et Urbino dans la région Marches en Italie centrale. Capitale des princes della Rovere, la ville s’imposa comme un centre militaire et scientifique majeur dans l’Italie de la Renaissance, avec des personnalités comme Piero della Francesca, Commandino, Bernardino Baldi ou Guidobaldo del Monte. Elle est également surnommée "l’Athènes de l’Italie". Capitale du duché d’Urbino, la ville connut son apogée sous le règne du duc Frédéric III de Montefeltro. La cour est brillante à la Renaissance : le peintre Piero della Francesca en était le fleuron. À l’extinction des princes della Rovere, le duché et sa capitale furent incorporés aux États pontificaux en 1631.

[18] La famille Della Rovere est une famille italienne originaire du Piémont (où le nom de famille en langue piémontaise était Dla Rol) formée de deux souches, l’une noble et turinoise, l’autre roturière et savonoise, qui se sont alliées quand la seconde a produit successivement deux papes, Sixte IV et Jules II. Elle a illustré l’histoire de l’Italie au cours de plusieurs siècles et compte en outre parmi ses membres plusieurs cardinaux, ainsi qu’un doge de Gênes. Au début du 16ème siècle, l’une des branches de la famille obtient le duché d’Urbino.

[19] L’église du Gesù, ou église du Saint Nom de Jésus, est un édifice religieux catholique de Rome, en Italie, sis non loin de la piazza Venezia. Édifice emblématique de l’art jésuite, elle servit de modèle à de nombreuses églises jésuites de par le monde. Elle est aussi l’église-mère de la Compagnie de Jésus.

[20] Ronciglione est une commune italienne, située dans la province de Viterbe, dans la région Latium, en Italie centrale.

[21] Caprarola est une commune de la province de Viterbe dans la région Latium en Italie.

[22] Par le port d’Ostie, transitaient les marchandises nécessaires à la population romaine, qui comptait le million d’habitants sous l’Empire au 2ème siècle. Ostie compta jusqu’à 50.000 habitants : armateurs, marchands, artisans, fonctionnaires, marins...

[23] Le doyen du Collège des cardinaux ou doyen du Sacré Collège est le président du Collège des cardinaux de l’Église catholique romaine qui appartient à l’ordre des cardinaux-évêques. Il reçoit le titre d’évêque titulaire d’Ostie. Il lui revient de consacrer évêque le nouveau pape, s’il ne l’est pas encore.