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Marcellus (préfet de Judée)

mardi 19 octobre 2021, par ljallamion

Marcellus (préfet de Judée)

Préfet romain de la province de Judée

emblème consul C’était un ami de Lucius Vitellius, qui l’a nommé après le renvoi de Ponce Pilate à Rome en 36 ou 37 pour qu’il s’explique auprès de l’empereur.

On peut supposer toutefois, que Marcellus n’était pas vraiment un gouverneur de la Judée, mais seulement un fonctionnaire subalterne de Vitellius. En effet, c’est le seul cas où Flavius Josèphe, dans la désignation de la fonction de Marcellus, utilise l’expression epimeletes [1], ce qui est rare, et nous ne sommes pas certain que Marcellus avait vraiment les pouvoirs d’un préfet, ou était simplement un gardien préposé.

Aucun acte officiel de Marcellus n’est signalé. En 37, il a été remplacé par Marullus.

Cependant, nous disposons d’un aperçu qui pourrait refléter le changement de la situation à Jérusalem [2], après le départ de Pilate. Il s’agit du contraste entre le procès et l’exécution de Jésus de Nazareth et celle du premier martyr chrétien Saint-Étienne.

Dans le premier cas le Sanhédrin [3] a adopté la peine de mort, mais n’ose pas l’exécuter sans l’aval du préfet et le supplice a été effectué par le pouvoir romain ; dans le cas d’Étienne, les Romains ont été ignorés et l’exécution précipitée a été effectuée par la communauté juive avec l’ancienne méthode de la lapidation.

Il semblerait qu’un surveillant temporaire peut avoir préféré stationner à Césarée [4] et fermer les yeux sur les actes des autorités juives dans une période plutôt troublée par les derniers événements : guerre avec les arabes de Pétra [5] provoquée par ce meurtre et la répudiation de la fille du roi Arétas IV, mariage très contesté d’Hérodiade avecHérode Antipas, quasi émeute à Jérusalem qui oblige Ponce Pilate à libérer Jésus Barabbas, crucifixion de Jésus, protestation des Juifs et des Samaritains [6] ; ces problèmes venaient s’ajouter aux provocations de Pilate ayant eu lieu de 26 à 34, et ceci avait conduit Lucius Vitellius à renvoyer Ponce Pilate avec une procédure exceptionnelle.

À la fin de la fête de Pâque 37, Vitellius, présent à Jérusalem, destitue le grand prêtre Joseph Caïphe et nomme Jonathan ben Hanan pour le remplacer, ce qui semble confirmer que Marcellus n’a que des pouvoirs limités, car ce pouvoir de destitution/nomination des grands prêtres est une prérogative des gouverneurs de Judée et pas de celui de Syrie [7].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Marcellus (prefect of Judea) »

Notes

[1] c’est-à-dire « préposé », chargé de mission

[2] Ville du Proche-Orient que les Israéliens ont érigée en capitale, que les Palestiniens souhaiteraient comme capitale et qui tient une place centrale dans les religions juive, chrétienne et musulmane. La ville s’étend sur 125,1 km². En 130, l’empereur romain Hadrien change le nom de Jérusalem en « AElia Capitolina », (Aelius, nom de famille d’Hadrien ; Capitolina, en hommage au dieu de Rome, Jupiter capitolin) et il refonde la ville. Devenue païenne, elle est la seule agglomération de la Palestine à être interdite aux Juifs jusqu’en 638. Durant plusieurs siècles, elle est simplement appelée Aelia, jusqu’en 325 où Constantin lui redonne son nom. Après la conquête musulmane du calife Omar en 638, elle devient Iliya en arabe, ou Bayt al-Maqdis (« Maison du Sanctuaire »), équivalent du terme hébreu Beit ha-Mikdash (« Maison sainte »), tous deux désignant le Temple de Jérusalem, ou le lieu du voyage et d’ascension de Mahomet, al-Aqsa, où se situait auparavant le temple juif

[3] Le Sanhédrin est l’assemblée législative traditionnelle du peuple juif ainsi que son tribunal suprême qui siège normalement à Jérusalem. Son nom n’est pas d’origine hébraïque mais dérive du grec sunédrion, signifiant « assemblée siégeante ». Composé de 71 sages experts en Loi Juive, il doit comporter 23 membres pour décider en matière judiciaire ; il est alors nommé petit sanhédrin et siège dans les principales villes.

[4] Césarée, en Israël, est le nom d’une ville antique et moderne, située sur la côte méditerranéenne à 20 km au sud de la ville de Dor, entre Netanya et Hadera. Les vestiges impressionnants de la ville antique permettent d’admirer les ruines de la capitale royale d’Hérode Ier le Grand, et nombre de monuments d’époque romaine et médiévale des Croisades.

[5] Pétra, est une ancienne cité cananéenne de l’actuelle Jordanie située dans le Wadi Rum. Créée dans l’Antiquité vers la fin du 8ème siècle av. jc par les Édomites, elle est ensuite occupée vers le 6ème siècle av. jc par les Nabatéens qui la font prospérer grâce à sa position sur la route des caravanes transportant l’encens, les épices et d’autres produits précieux entre l’Égypte, la Syrie, l’Arabie du Sud et la Méditerranée.

[6] Les Samaritains sont un peuple peu nombreux se définissant comme descendant des anciens Israélites, et vivant en Israël et en Cisjordanie. On appelle parfois leur religion le samaritanisme. Les Samaritains offrent le paradoxe d’être à la fois une des plus petites populations du monde, puisqu’ils sont 712 en 2007, et une des plus anciennes dotées d’une histoire écrite, puisque leur existence est attestée au 1er millénaire av. jc en Samarie. Ils ont dominé cette région jusqu’au 6ème siècle, dans le nord de l’actuel Israël.

[7] La Syrie est l’une des provinces les plus importantes de l’Empire romain, tant par sa richesse que sur le plan militaire. Étendue de la Méditerranée à l’Euphrate, elle constitue un riche creuset de civilisations, composées entre autres de Juifs, de Phéniciens, ou de Nabatéens, hellénisés pour la plupart d’entre eux. La Syrie est conquise par Pompée en 64 av. jc. En 63 av. jc, après avoir vaincu le roi Mithridate VI, il transforme le royaume de Syrie en province romaine, mettant ainsi fin à la dynastie séleucide. L’acquisition du territoire n’est cependant pas sa mission originelle. Le gouvernement de cette riche région constitue rapidement un enjeu majeur à Rome. Crassus, qui l’a obtenu, y trouve la mort en tentant une expédition militaire contre les Parthes en 53 av. jc, à Carrhes. Sous Auguste, la province est placée sous l’autorité d’un légat d’Auguste propréteur de rang consulaire, résidant à Antioche, la capitale. Les frontières de la province connaissent à plusieurs reprises des modifications. Le royaume de Judée, devenu province de Judée, est renommé Syrie-Palestine durant le règne de l’empereur Hadrien, mais n’appartient pas à la province de Syrie proprement dite. Les frontières varient aussi avec l’Arabie nabatéenne. La Syrie englobe l’Iturée et le territoire de Palmyre. Si les conquêtes de Trajan sont éphémères, la frontière sur l’Euphrate est durablement déplacée jusqu’à Doura Europos, lors de la guerre parthique de Lucius Verus, entre 161 et 166. À partir de la seconde moitié du 2ème siècle, le sénat romain comprend un nombre important de Syriens, comme Claudius Pompeianus ou Avidius Cassius sous Marc Aurèle. Dans la première moitié du 3ème siècle, des Syriens accèdent au pouvoir impérial, avec la dynastie des Sévères.