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Henri 1er de Montmorency

jeudi 7 octobre 2021, par ljallamion

Henri 1er de Montmorency (1534-1614)

Duc de Montmorency-Connétable de France-Gouverneur du Languedoc pendant cinquante et un ans-Seigneur de Damville

Deuxième fils du connétable [1] Anne de Montmorency et de Madeleine de Savoie . Né au château de Chantilly, il est gouverneur du Languedoc [2] en 1563. En juin 1558, il épouse, au château d’Écouen, Antoinette de La Marck, fille de Robert IV .

En 1561, selon Hilarion de Coste , il accompagne Marie Stuart à son retour en Écosse.

Combattant dans le camp des catholiques durant les guerres de Religion [3], il est fait maréchal de France [4] en 1567. De 1567 à 1580, il succède à son père, Anne de Montmorency, en tant que gouverneur de Caen [5]. Au début des guerres de religion, il se démarque de ses frères par sa proximité avec les Guise [6] et l’Espagne. Il se brouille à plusieurs reprises à ce sujet avec son frère aîné François de Montmorency , mais appelé à devenir son héritier, il se réconcilie avec lui.

Après le massacre de la Saint-Barthélemy [7] et devant la mainmise du pouvoir par le parti ultra-catholique, il se rapproche politiquement, et conjointement avec ses frères, des protestants.

Après l’arrestation de François de Montmorency le 5 mai 1574, il fait alliance avec les protestants du Languedoc [8]. Il est protégé par sa garde albanaise. Lorsque le roi Henri III demande sa soumission, il refuse, et prend l’offensive de la prise de Saint-Gilles [9], Aigues-Mortes [10] le 12 janvier 1574.

En 1576, il rejoint le parti du roi, contre la promesse d’obtenir le marquisat de Saluces [11] en Italie. Montpellier [12] se soulève alors contre cette trahison, et il l’assiège en 1576/1577.

À la mort de son frère François en 1579, il devient duc de Montmorency [13], comte de Dammartin [14] et d’Alais [15], baron de Châteaubriant [16], seigneur de Chantilly et d’Écouen. Par méfiance du roi, il reste éloigné de la cour de France et continue de résider en Languedoc où il fait construire son château de la Grange-des-Prés [17] à Pézenas [18].

Plus tard, il devient l’un des chefs du parti des Politiques, opposé à la Ligue et à l’influence espagnole. Il combat ainsi avec le protestant Henri de Navarre. Devenu roi sous le nom d’Henri IV, celui-ci le nomme connétable de France en 1593.

En 1593, il se remarie à Agde [19] avec Louise de Budos , avec laquelle il a 2 enfants. Il se remarié en 1601 avec Laurence de Clermont [20]-Montoison

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Claude Tiévant, Le Gouverneur de Languedoc pendant les premières guerres de religion (1559-1574) : Henri de Montmorency-Damville, Paris, Publisud, coll. « La France au fil des siècles », 1993, 372 p. (ISBN 2-86600-517-1)

Notes

[1] Tirant son nom de son origine de “comte de l’étable”, le connétable a, au Moyen Âge, la charge de l’écurie et de l’organisation des voyages du roi. Au 14ème siècle, sa fonction évolue vers le commandement de l’armée en temps de guerre et le conseil militaire du roi en temps de paix. Du Guesclin, Clisson, Bourbon… font partie des grands connétables de France. Supprimée en 1627, la charge de connétable est rétablie par Napoléon 1er en 1804 pour son frère Louis.

[2] Le Languedoc est un territoire du sud de la France traditionnellement divisé en Haut Languedoc, qui correspond approximativement à l’actuelle région Midi-Pyrénées, et Bas Languedoc, qui correspond approximativement à l’ancienne région Languedoc-Roussillon. Le Languedoc fait partie de l’Occitanie, vaste espace géographique de langue d’oc. Le territoire du Languedoc (région où l’on parle la langue d’oc) est rattaché au domaine royal au 13ème siècle à la suite de la croisade contre les Albigeois mettant fin au catharisme. Le territoire sous contrôle des États de Languedoc s’est ensuite progressivement réduit à l’ancienne province du Languedoc. C’est en 1359 que les villes des trois sénéchaussées de Beaucaire, Carcassonne et Toulouse concluent entre elles une « union perpétuelle » puis exigent des officiers royaux d’être « convoquées ensemble » et non plus séparément, par sénéchaussée. Vers la fin du 14ème siècle, pays des trois sénéchaussées, auquel le nom de Languedoc allait être réservé, désigne les deux sénéchaussées de Beaucaire Nîmes et de Carcassonne et la partie occidentale de celle de Toulouse, conservée au traité de Brétigny. Le pays de Foix, qui relève de la sénéchaussée de Carcassonne jusqu’en 1333 puis de celle de Toulouse, cesse d’appartenir au Languedoc. En 1469, le Languedoc est amputé de presque toute la partie de la sénéchaussée de Toulouse située sur la rive gauche de la Garonne. Le roi Louis XI détache les deux jugeries de Rivière (Montréjeau) et de Verdun (aujourd’hui Verdun-sur-Garonne) de la sénéchaussée toulousaine pour les incorporer au duché de Guyenne, apanagé à son frère, le prince Charles. En contrepartie, le roi incorpore au Languedoc quelques communautés d’habitants du diocèse de Comminges, situées sur la rive droite de la Garonne, connues comme le Petit Comminges

[3] En France, on appelle guerres de Religion une série de huit conflits (guerres civiles, guerres de religion et opérations militaires) qui ont ravagé le royaume de France dans la seconde moitié du 16ème siècle et où se sont opposés catholiques et protestants (appelés aussi huguenots). À partir du 16ème siècle, un schisme provoqué par les idéaux de la Réforme conduit à une opposition entre protestants et catholiques sous la forme d’une sanglante guerre civile. Les premières persécutions contre ceux qui adhèrent aux idées nouvelles commencent dans les années 1520. Mais il faut attendre les années 1540 et 1550 pour voir le développement des clivages. À la fin du règne de Henri II, le conflit se politise. Les guerres de Religion commencent en 1562 et se poursuivent, entrecoupées de périodes de paix, jusqu’en 1598, avec la mise en place de l’édit de Nantes.

[4] Depuis la création du titre, en 1185, il y a eu 342 maréchaux de France. L’office de maréchal n’est devenu militaire que depuis le début du 13ème siècle. À son origine, le maréchal de France n’a qu’un rôle d’intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du 13ème siècle, tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, en 1185. Après l’abolition de l’office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l’armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu’il confie au plus prestigieux de ses maréchaux. Outre leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l’ordre dans les campagnes, par l’intermédiaire des prévôts des maréchaux, d’où l’appellation de « maréchaussée » donnée à l’ancêtre de la gendarmerie. Jusqu’en 1793, date de l’abolition de cette charge, il y eut 263 maréchaux de France.

[5] Caen est une commune française du Nord-Ouest4 de la France en Normandie. Préfecture du département du Calvados. En 1417, la ville de Caen oppose à nouveau une résistance héroïque à l’envahisseur anglais qui massacre 2 000 bourgeois, pille et traite les survivants en rebelles à « leur » roi. La région de Caen sera le lieu d’une très vive résistance à l’occupant anglais qui y procédera à un grand nombre d’exécutions de résistants entre 1418 et 1450. La fondation, en 1432, de l’université de Caen fait partie des mesures du duc de Bedford, régent de Normandie, afin de tenter de se concilier la population caennaise. La fin de l’année 1434 voit un soulèvement commandé par Jean de Chantepie. Caen est reprise par les Français le 1er juillet 1450. La Normandie redevenue française, Charles VII la récompensera de sa « fidélité et loyauté » en confirmant tous ses privilèges et libertés en 1458 (confirmation de la Charte aux Normands).

[6] La maison de Guise était une famille illustre de la noblesse française. Branche cadette de la maison de Lorraine, elle marqua l’histoire de France pendant les guerres de religion. La Maison de Guise est fondée par Claude de Lorraine, second fils du duc René II de Lorraine qui lui légua toutes les possessions "françaises" de la Maison de Lorraine, dont Guise. Claude de Guise fut naturalisé français et créé duc et pair par François 1er, il fut le premier duc de Guise. Sa fille Marie de Guise épousa le roi Jacques V d’Écosse, et fut régente d’Écosse durant la minorité de leur fille Marie Stuart.

[7] Le massacre de la Saint-Barthélemy est le massacre de protestants déclenché à Paris, le 24 août 1572, jour de la saint Barthélemy, prolongé pendant plusieurs jours dans la capitale, puis étendu à plus d’une vingtaine de villes de province durant les semaines suivantes. Cet événement des guerres de Religion résulte d’un enchevêtrement complexe de facteurs, aussi bien religieux et politiques que sociaux. Il est la conséquence des déchirements militaires et civils de la noblesse française entre catholiques et protestants, notamment de la vendetta entre le clan des Guise et celui des Châtillon-Montmorency. Il est le résultat d’une sauvage réaction parisienne, ultra-catholique et hostile à la politique royale d’apaisement. Il reflète également les tensions internationales entre les royaumes de France et d’Espagne, avivées par l’insurrection aux Pays-Bas. Pendant longtemps, la tradition historiographique a fait du roi Charles IX et de sa mère, Catherine de Médicis, les principaux responsables du massacre. Faute de sources, les historiens sont restés longtemps partagés sur le rôle exact de la couronne. Ils retiennent aujourd’hui que seuls les chefs militaires du clan protestant étaient visés par l’ordre royal. Dès le matin du 24 août, Charles IX avait ordonné l’arrêt immédiat des tueries mais, dépassé par la fureur du peuple, il n’avait pu les empêcher.

[8] Le Languedoc est un territoire du sud de la France traditionnellement divisé en Haut Languedoc, qui correspond approximativement à l’actuelle région Midi-Pyrénées, et Bas Languedoc, qui correspond approximativement à l’ancienne région Languedoc-Roussillon. Le Languedoc fait partie de l’Occitanie, vaste espace géographique de langue d’oc. Le territoire du Languedoc (région où l’on parle la langue d’oc) est rattaché au domaine royal au 13ème siècle à la suite de la croisade contre les Albigeois mettant fin au catharisme. Le territoire sous contrôle des États de Languedoc s’est ensuite progressivement réduit à l’ancienne province du Languedoc. C’est en 1359 que les villes des trois sénéchaussées de Beaucaire, Carcassonne et Toulouse concluent entre elles une « union perpétuelle » puis exigent des officiers royaux d’être « convoquées ensemble » et non plus séparément, par sénéchaussée. Vers la fin du 14ème siècle, pays des trois sénéchaussées, auquel le nom de Languedoc allait être réservé, désigne les deux sénéchaussées de Beaucaire Nîmes et de Carcassonne et la partie occidentale de celle de Toulouse, conservée au traité de Brétigny. Le pays de Foix, qui relève de la sénéchaussée de Carcassonne jusqu’en 1333 puis de celle de Toulouse, cesse d’appartenir au Languedoc. En 1469, le Languedoc est amputé de presque toute la partie de la sénéchaussée de Toulouse située sur la rive gauche de la Garonne. Le roi Louis XI détache les deux jugeries de Rivière (Montréjeau) et de Verdun (aujourd’hui Verdun-sur-Garonne) de la sénéchaussée toulousaine pour les incorporer au duché de Guyenne, apanagé à son frère, le prince Charles. En contrepartie, le roi incorpore au Languedoc quelques communautés d’habitants du diocèse de Comminges, situées sur la rive droite de la Garonne, connues comme le Petit Comminges

[9] Saint-Gilles, aussi appelée Saint-Gilles-du-Gard, est une commune française située dans le département du Gard,

[10] Aigues-Mortes, est une commune française située dans la pointe sud du département du Gard. Au début du 14ème siècle, Philippe le Bel utilisa le site fortifié pour y incarcérer les Templiers. Entre le 8 et le 11 novembre 1307, 45 d’entre eux furent mis à la question, reconnus coupables et retenus prisonniers dans la Tour de Constance.

[11] Le marquisat de Saluces ou Saluzzo est un ancien marquisat ou marche italien, situé dans les Alpes, entre l’Italie et la France, dont la capitale est Saluces. Le marquisat de Saluces fait partie des États géostratégiques alpins avec le duché de Savoie ou encore le marquisat du Montferrat. Centré sur la ville de Saluces, il contrôle les vallées alpines comprises entre la Sture et le Pô. Cette situation permettait aux seigneurs de Saluces de contrôler l’un des passages alpins entre la France (Dauphiné et Provence) et le Piémont.

[12] La Seigneurie de Montpellier était une juridiction médiévale centrée sur la ville de Montpellier (France) et de ses environs. La Seigneurie de Montpellier voit le jour le 26 novembre 985, lorsque le comte Bernard II de Melgueil (Mauguio) octroie au chevalier Guilhèm en échange de son dévouement, l’ancien territoire situé entre l’antique voie domitienne, le Lez et La Mosson. Ses héritiers construiront sur leur nouveau fief un véritable bourg fortifié, doté d’un château et d’une chapelle qui deviendra la ville de Montpellier.

[13] Montmorency est une commune française, chef-lieu de canton du Val-d’Oise, située à environ treize kilomètres au nord des portes de Paris, et vingt et un kilomètres par la route de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Elle prend au 12ème siècle le nom de Montmorency et s’attribue le titre de « Premiers barons chrétiens ». Une commune voisine non limitrophe, à six kilomètres à l’ouest environ à vol d’oiseau, porte le nom de la famille Bouchard : Le Plessis-Bouchardc . En attendant, ses descendants plus immédiats agrandissent leur domaine de Montmorency au détriment de celui de l’abbaye et diminuent l’influence de celle-ci en implantant des établissements religieux concurrents sur leurs terres. Ainsi Mathieu 1er de Montmorency fonde le prieuré de Bois-Saint-Père près du château de la Chasse et la collégiale Saint-Martin à Montmorency. Dans la même lancée, son fils Bouchard V établit les religieux de Grandmont dans la forêt de Montmorency. La protection qu’assure le château entraîne à sa proximité la création d’une première agglomération. Louis VI le Gros attaqua et prit Montmorency, puis en fit raser la forteresse pour punir la révolte du seigneur. Le château féodal est reconstruit en pierre au 12ème siècle, ainsi qu’une enceinte de 90 mètres qui ceint la petite ville.

[14] Le nom Dammartin-en-Goële viendrait de Domnus Martinus, le nom latin de saint Martin de Tours, qui évangélisa la région de la Goële au 4ème siècle. Petite ville de l’arrondissement de Meaux dans le département de Seine-et-Marne, ancien bourg de la région d’Île-de-France, elle paraît remonter aux temps les plus reculés ; Dammartin-en-Goële, dit Velly, était en 1031 une des places les plus considérables de France. Au centre de la plaine céréalière de France, le comté de Dammartin contrôlait les routes de Paris à Soissons et Laon. Il semble que ce comté soit initialement détenu par Constance, l’épouse de Manassès Calvus, le premier comte.

[15] La Ferté-Alais est une commune française située à 42 kilomètres au sud de Paris dans le département de l’Essonne. Jadis forteresse fermant l’accès au domaine royal français par la vallée de l’Essonne puis village industriel animé par l’exploitation des carrières de grès, sable et plus tard calcaire

[16] Châteaubriant est une commune de l’Ouest de la France, située dans le département de la Loire-Atlantique. Elle fait partie de la Bretagne historique et du pays de la Mée. Entourée d’un paysage à dominante rurale, elle s’est développée autour de son château qui fut le théâtre de combats liés à l’affrontement entre la Bretagne et la France.

[17] Le domaine de la Grange des Prés est un monument historique de Pézenas dans l’Hérault

[18] Pézenas est une commune française située dans le département de l’Hérault. Avec l’arrivée et la présence des Montmorency comme gouverneurs du Languedoc pendant un siècle, l’influence de Pézenas continue de croître. Anne de Montmorency, puissant connétable de France, est promu gouverneur en 1526 pour avoir soutenu militairement et politiquement le roi François 1er, particulièrement lors de la négociation du traité de Madrid qui permet la libération du roi, fait prisonnier lors de la bataille de Pavie en 1525. 37 ans après, en 1563, son fils Henri 1er de Montmorency lui succède. Il fait construire le château de la Grange des Prés, aux portes de Pézenas, nouveau lieu de pouvoir militaire et diplomatique. Le château comporte un magnifique jardin à l’italienne. Il se rallie à Henri de Navarre qui le promeut connétable de France après être devenu le roi Henri IV. Il se retire en 1612 dans son château de la Grange des Prés avant de décéder 2 ans après à 80 ans après être resté 51 ans gouverneur du Languedoc.

[19] Agde est une commune française située dans le département de l’Hérault. Ville portuaire depuis l’Antiquité, favorisée vers la fin du 17ème siècle par l’ouverture du canal du Midi, Agde tira longtemps l’essentiel de ses revenus du commerce maritime et de la pêche. La ville a subi le déclin de son port sur l’Hérault, à cinq kilomètres de la mer, surclassé par celui de Sète dès l’arrivée des navires à vapeur.

[20] La maison de Clermont, puis de Clermont-Tonnerre, est une famille noble française subsistante d’extraction chevaleresque, dont la filiation est prouvée depuis la fin du xie siècle. Cette famille de Clermont est originaire du Dauphiné, plus précisément du petit village de Clermont-en-Viennois (faisant aujourd’hui partie de la commune de Chirens) situé en haut d’une colline près du lac de Paladru. Non loin de ce village subsistent les ruines d’un château féodal construit vers les xiie et xiiie siècles par les premiers Clermont1, siège de la baronnie puis du comté de Clermont (Antoine, en 1547). La première mention du château date de 1107. Cette terre était le siège de la première des anciennes baronnies du Dauphiné