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Oreste (préfet d’Alexandrie)

jeudi 2 septembre 2021, par ljallamion

Oreste (préfet d’Alexandrie)

L'Empire Byzantin vers 550Il est préfet impérial d’Alexandrie [1] peu de temps après que le jeune Cyrille succéda comme patriarche d’Alexandrie [2] à son oncle Théophile d’Alexandrie.

Oreste résiste aux volontés de Cyrille d’empiétement ecclésiastique sur des prérogatives civiles. Le conflit qui s’engage entre les deux responsables est symbolique de tous les conflits futurs entre le pouvoir civil et le pouvoir religieux.

Le préfet Oreste, récemment converti au christianisme, mais modéré et tolérant, est inquiet de la volonté de pouvoir de Cyrille et envoie à ce sujet un rapport cinglant à l’empereur Théodose II. Vers 414/415, Cyrille d’Alexandrie va alors se servir de ses fidèles les plus agités les parabolanes [3], qui marchent sur Alexandrie. Au cours d’échauffourées, l’un de leurs meneurs, Ammonios, est tué, ravivant la colère de la foule qui réclame qu’il soit déclaré martyr. L’empereur doit intervenir pour calmer les hostilités entre son préfet et le patriarche.

Le préfet Oreste bénéficie aussi de l’amitié et du soutien politique d’Hypatie, fille de Théon, philosophe néo-platonicienne [4], qui jouissait d’une autorité morale considérable à Alexandrie. Nombre de jeunes gens de familles aisées venaient étudier auprès d’elle la pensée de Plotin, beaucoup obtenant ensuite des postes élevés soit dans le gouvernement, soit dans l’Église.

Fanatisés, les parabolanes, ne tolérant plus l’enseignement philosophique d’Hypatie, l’accusent de pratiques magiques, se dirigent vers sa maison, l’enlèvent et la lynchent sauvagement dans les rues d’Alexandrie. Socrate le Scolastique raconte qu’un groupe sous les ordres du lecteur Pierre déshabillèrent Hypatie et la tuèrent à coups de pots cassés.

Une enquête, diligentée par le préfet Oreste, est ouverte, mais est promptement étouffée par crainte d’un nouveau soulèvement des pauvres d’Alexandrie, solidaires des parabolanes et du patriarche Cyrille.

Après cette date, on perd la trace du préfet, peut-être muté dans une autre ville après ces troubles dans une ville meurtrie, qui avait été par le passé l’une des grandes métropoles du monde méditerranéen, empreinte grâce au Muséïon de culture [5], de philosophie et de tolérance

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Oreste (préfet d’Alexandrie)/ Portail de la Rome antique/ Catégories : Fonctionnaire impérial

Notes

[1] Alexandrie est une ville en Égypte. Elle fut fondée par Alexandre le Grand en -331 av. jc. Dans l’Antiquité, elle a été la capitale du pays, un grand centre de commerce (port d’Égypte) et un des plus grands foyers culturels hellénistiques de la mer Méditerranée centré sur la fameuse bibliothèque, qui fonda sa notoriété. La ville d’Alexandrie est située à l’ouest du delta du Nil, entre le lac Maréotis et l’île de Pharos. Cette dernière était rattachée à la création de la ville par l’Heptastade, sorte de digue servant aussi d’aqueduc, qui a permis non seulement l’extension de la ville mais aussi la création de deux ports maritimes.

[2] L’Histoire des patriarches de l’Église d’Alexandrie, en fait à l’origine Biographies de la Sainte Église (Siyar al-Bī’ah al-Muqaddasah), est un ouvrage historiographique majeur de la tradition de l’Église copte. Il s’agit de l’équivalent pour le patriarcat copte de ce qu’est le Liber Pontificalis pour la papauté romaine : un recueil des biographies de tous les patriarches successifs, rédigées, puis compilées, à différentes époques. Ces biographies sont toutes en arabe. Le recueil nous est parvenu dans deux recensions divergentes, l’une désignée par les spécialistes comme « recension primitive », l’autre comme « vulgate ». La tradition d’ajouter des biographies au recueil a été poursuivie jusqu’au 20ème siècle.

[3] basés dans le désert de Nitrie

[4] L’école néoplatonicienne d’Alexandrie est un courant dans le mouvement du néoplatonisme, qui regroupe, à Alexandrie, divers néoplatoniciens depuis le début du 5ème siècle jusqu’au milieu du 7ème siècle, jusqu’à la conquête arabe en 640.

[5] Le Mouseîon d’Alexandrie en Égypte ptolémaïque, est l’un des plus importants centres intellectuels du monde hellénistique. La construction du musée est l’une des nombreuses illustrations de la politique culturelle de Ptolémée 1er, celle de la recherche d’une véritable suprématie intellectuelle lagide. L’ancien sômatophylaque d’Alexandre le Grand voulut faire de son musée celui du monde grec, à l’image du vers d’un poète grec rapporté par Athénée de Naucratis dans son Deipnosophistes, faisant du musée du mont Hélicon celui de la Grèce. Expression du désir constant de conserver des liens avec la tradition et la culture grecques, le musée d’Alexandrie a aussi été le moyen pour les Ptolémées de faire valoir leur supériorité culturelle face à des rivaux antigonides et attalides qui redoublaient d’efforts pour édifier de nombreux musées et académies. Bien qu’il ait été gravement endommagé en 47 av. jc, le musée d’Alexandrie a survécu, notamment à travers l’héritage qu’il a diffusé partout en Europe.