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Édith de Wessex

lundi 3 mai 2021, par ljallamion

Édith de Wessex (vers 1027-1075)

Épouse d’Édouard le Confesseur

Elle est principalement connue grâce à la Vita Ædwardi regis [1].

Fille aînée de Godwin, puissant et influent comte de Wessex [2] et de Gytha Thorkelsdóttir , une noble d’origine scandinave. Elle grandit à Wilton [3], dans le Wiltshire [4] et épouse le roi Édouard le Confesseur le 23 janvier 1045. Leur mariage ne donne naissance à aucun enfant.

En 1051, Godwin se brouille avec le roi, qui l’exile du royaume et répudie Édith. Il est possible que son infertilité ait pesé dans cette décision. Selon les sources, il l’enferme à l’abbaye de Wherwell [5] ou la renvoie à Wilton. Cette séparation n’est que de courte durée : Godwin retrouve les faveurs du roi dès l’année suivante et Édith, sa position de reine.

Dans les dernières années du règne d’Édouard, elle intercède en vain en faveur de son frère Tostig , chassé de son comté de Northumbrie [6] en 1065 par une révolte de ses sujets. Son autre frère Harold préfère négocier avec les rebelles, qui ont gain de cause : Tostig est remplacé par Morcar , le beau-frère de Harold.

Le 4 janvier 1066, le roi meurt entouré de la reine Édith, de Stigand, archevêque de Cantorbéry [7], de Robert FitzWimarc , un Normand qui lui était proche, et de Harold, qui est appelé à lui succéder. Le rôle qu’elle joue durant le bref règne de Harold est impossible à établir avec certitude, mais les sources normandes la présentent comme favorable à l’avènement de Guillaume le Conquérant.

Elle reste une propriétaire terrienne importante après la conquête normande, présente à Wilton, mais surtout à Winchester [8], où elle meurt le 18 décembre 1075. Elle est inhumée auprès de son mari en l’abbaye de Westminster [9]. Avant sa mort, elle commande l’écriture de la Vita Ædwardi regis [10] à un auteur inconnu. Ce texte retrace dans sa première partie l’histoire de sa famille, avant de devenir une biographie de son défunt mari.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du livre de Pauline Stafford, Queen Emma and Queen Edith : Queenship and Women’s Power in Eleventh-century England, Blackwell Publishers, 1997 (ISBN 0-631-22738-5).

Notes

[1] une biographie de son mari écrite à son instigation

[2] En 1019, le comté de Wessex est conféré à Godwin par le premier roi qui ne fait pas partie de cette maison de Wessex : Knut le Grand. À la mort de Godwin en 1053, le comté est transféré à son fils, Harold Godwinson, qui règne brièvement sur l’Angleterre en 1066, de la mort de son beau-frère Édouard le Confesseur à sa propre mort durant la bataille d’Hastings ce 14 octobre. Le comté ne survit que quelques années à Harold. Guillaume le Conquérant l’attribue à son plus fidèle compagnon, William FitzOsbern, lequel aide Guillaume à consolider son nouveau royaume jusqu’à sa mort en 1071. Guillaume ne transfère pas ce comté à Roger, le fils de William, qui n’hérite que du titre de comte de Hereford.

[3] Wilton est une ville d’Angleterre, dans le Wiltshire. Située au confluent de la Wylye et de la Nadder, la ville est de nos jours étouffée par sa grande voisine Salisbury. Elle était célèbre jadis pour ses tapis et draps. Wilton fut la capitale du Wessex et la résidence du prince breton Carvilius. Cette ville eut au 10ème siècle un évêché qui fut transféré depuis à Old Sarum. Durant l’Anarchie, en 1143, Robert, comte de Gloucester, défit Étienne de Blois lors de la bataille de Wilton. Aux environs est Wilton House, le château des comtes de Pembroke.

[4] Wiltshire est un comté cérémonial du sud-ouest de l’Angleterre. Il est bordé par les comtés d’Hampshire, Dorset, Somerset, Gloucestershire, Oxfordshire et Berkshire. Son chef-lieu administratif est Trowbridge, située à l’ouest du comté. Le comté est renommé pour les pierres de Stonehenge, l’énorme cromlech d’Avebury et la cathédrale de Salisbury.

[5] L’abbaye de Wherwell est fondée vers 986 par Aelfthryth, la mère du roi Aethelred le Malavisé, qui semble s’y être retirée vers la fin de sa vie. Après sa mort, son fils confirme par une charte de 1002 les privilèges de la communauté de Wherwell, et notamment le droit des religieuses d’élire elles-mêmes leur abbesse. L’abbaye disparaît en 1539, dans le cadre de la Dissolution des monastères ordonnée par le roi Henri VIII.

[6] La Northumbrie est un royaume médiéval situé dans le nord de l’actuelle Angleterre et constituait l’un des principaux royaumes de l’Heptarchie. Sa notoriété est surtout liée à son rôle dans la propagation du christianisme nicéen dans l’île et à la constitution d’un centre culturel d’importance européenne avec l’archevêché d’York. Le nom de Northumbria désigne à l’origine les terres envahies par les Angles au 6ème siècle situées au nord de la rivière Humber. La Northumbrie en tant que royaume se constitue au début du 7ème siècle par l’union de deux autres entités Angles : celle de Bernicie (Bernicia) au nord et celle de Deirie (Deira) au sud.

[7] L’archevêque de Cantorbéry est, après le Gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre (c’est-à-dire le monarque du Royaume-Uni), le chef de l’Église d’Angleterre et de la Communion anglicane.

[8] Winchester est la ville capitale du comté de Hampshire, au sud de l’Angleterre. Elle devient la grande capitale du royaume du Wessex du 6ème siècle au 9ème siècle, puis d’Angleterre jusque sous les premiers rois normands au 11ème siècle. Elle reste une des résidences principales des rois jusqu’à George 1er, tout en s’affirmant un des évêchés les plus riches d’Angleterre. Son évêque, qui siège à la chambre des Lords, a aujourd’hui le cinquième rang dans la hiérarchie anglicane.

[9] L’abbaye de Westminster est l’un des édifices religieux les plus célèbres de Londres. Sa construction date pour l’essentiel du 13ème siècle, sous Henri III. C’est le lieu de sépulture d’une partie des rois et reines d’Angleterre et aussi des hommes et des femmes célèbres. Le « Coin des poètes » fait honneur aux écrivains du royaume. La quasi-totalité des couronnements des monarques anglais a eu lieu dans cette abbaye.

[10] La Vita Ædwardi regis qui apud Westmonasterium requiescit (« Vie du roi Édouard qui repose à Westminster »), ou simplement Vita Ædwardi regis (« Vie du roi Édouard »), est un texte médiéval composé par un auteur anonyme vers 1067 sur commande de la reine Édith de Wessex, veuve du roi Édouard le Confesseur. Il est attesté dans un seul manuscrit produit vers 1100 et conservé à la British Library