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Davit Anhaght ou Davit Nerginatsi dit David de Nerken ou David Armenios

mercredi 28 avril 2021, par ljallamion

Davit Anhaght ou Davit Nerginatsi dit David de Nerken ou David Armenios

Philosophe arménien des 5ème et 6ème siècles

Néoplatonicien [1], Davit influence des générations entières de philosophes arméniens jusqu’au 18ème siècle.

Bien que la tradition arménienne fasse de lui un disciple de Mesrop Machtots et du Catholicos [2] Sahak 1er ainsi qu’un compagnon de Moïse de Khorène, les historiens s’accordent pour dire que Davit serait né après la mort de ces savants dans les années 470, dans le village de Nergin, dans le Taron [3].

Envoyé à l’école néoplatonicienne d’Alexandrie [4], il y reçoit l’enseignement du philosophe néoplatonicien Olympiodore le Jeune scolarque [5] en 541, puis y enseigne à son tour et y effectue des recherches ; il passe ensuite plusieurs années à Athènes [6] et à Constantinople [7], où la renommée que lui acquièrent ses talents d’orateur lui vaut son surnom d’Invincible, avant de retourner en Grande-Arménie [8] à un âge avancé.

Son enseignement y rencontre l’opposition d’une partie du clergé, et Davit se réfugie au monastère de Haghpat [9], où il meurt dans les années 550 ou 560 ; il est ultérieurement canonisé par l’Église arménienne.

Davit est l’auteur de nombreux ouvrages et de plusieurs traductions depuis le grec. Il laisse aussi des écrits dans lesquels il traite de la musique d’un point de vue philosophique.

Ces œuvres sont traduites en arménien dès le 7ème siècle et deviennent des classiques dans ce pays. L’historien du 11ème siècle, Stépanos Taronetsi semble prétendre à tort, qu’il est un disciple de l’érudit Moïse de Khorène.

Davit a influencé les philosophes arméniens postérieurs jusqu’au 18ème siècle, et a été une des bases du cursus universitaire antique

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de V. Calzolari, J. Barnes (eds.), L’œuvre de David l’Invincible et la transmission de la pensée grecque dans la tradition arménienne et syriaque (Commentaria in Aristotelem Armeniaca. Davidis Opera 1), Leyde - Boston : Brill, 2009 (Philosophia Antiqua 116).

Notes

[1] Le néoplatonisme est une doctrine philosophique, élaborée à Rome à partir de 232 par Ammonios Saccas et surtout par Plotin, dont le dernier représentant est Damascios, en 544. Le néoplatonisme ou platonisme de l’Antiquité tardive tentait de concilier la philosophie de Platon avec certains courants de la spiritualité orientale.

[2] Le titre de catholicos est un titre équivalent à celui de patriarche porté par des dignitaires de plusieurs Églises orthodoxes orientales, notamment les Églises de la tradition nestorienne et les Églises monophysites, en particulier l’Église apostolique arménienne.

[3] Le Taron est une région du centre de l’Arménie historique, possédée initialement par les Mamikonian. À la mort de Chmouel Mamikonian, tué à la bataille de Bagrévand le 15 avril 775, son neveu Achot s’empare du Taron. En 968, les deux frères cèdent le Taron à Byzance, en échange de domaines et de charges byzantines. Leurs descendants prennent le nom de Taronitès. Le Taron est à présent compris dans la province de Muş, en Turquie orientale.

[4] L’école néoplatonicienne d’Alexandrie est un courant dans le mouvement du néoplatonisme, qui regroupe, à Alexandrie, divers néoplatoniciens depuis le début du 5ème siècle jusqu’au milieu du 7ème siècle, jusqu’à la conquête arabe en 640.

[5] c’est-à-dire recteur

[6] Athènes est l’une des plus anciennes villes au monde, avec une présence humaine attestée dès le Néolithique. Fondée vers 800 av. jc autour de la colline de l’Acropole par le héros Thésée, selon la légende, la cité domine la Grèce au cours du 1er millénaire av. jc. Elle connaît son âge d’or au 5ème siècle av. jc, sous la domination du stratège Périclès

[7] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[8] Le royaume d’Arménie ou Grande-Arménie (par rapport à l’Arménie Mineure) est fondé en 190 av. jc par Artaxias 1er, fondateur de la dynastie artaxiade. Connaissant son apogée sous le règne de Tigrane le Grand, il devient ensuite un enjeu entre Romains et Parthes, puis entre Romains et Sassanides. Au 1er siècle, son trône passe aux Arsacides, qui le conservent jusqu’en 428, date de l’abolition de la monarchie et du début du marzpanat.

[9] Haghpat ou Haghbat est un monastère arménien situé dans la communauté rurale de Haghpat, marz de Lorri, au nord-est de l’Arménie. Le monastère a été construit entre le 10ème et le 13ème siècles. La fondation fut tracée sous le règne d’Abas Bagratouni, à l’emplacement d’un petit village du 4ème siècle du nom de Haghpat. Il est situé dans le district de Toumanian comme le monastère de Sanahin. L’église Sourp Nshan (« Saint-Signe »), la principale, a été construite sur l’ordre de la reine Khosrovanouch, femme d’Achot le Miséricordieux, pour assurer la longévité et la prospérité de ses fils, Smat et Gourgen. Elle fut achevée plus tard par ses fils, les rois Smbat II et Gourgen 1er Bagratouni vers 989.