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Henri Arnauld

dimanche 28 février 2021, par ljallamion

Henri Arnauld (1597-1692)

Évêque janséniste

Né à Paris le 30 octobre, Henri Arnauld est le second fils d’Antoine Arnauld l’avocat et de Catherine Marion. Il est le frère de Robert Arnauld d’Andilly , du Grand Arnauld et des mères Agnès et Angélique, abbesses de Port-Royal [1]. Il est enfin l’oncle de Simon Arnauld de Pomponne, ministre de Louis XIV.

Henri Arnauld fait des études de droit et reçoit en parallèle la tonsure en 1615. Il exerce un temps le métier d’avocat, à la suite de son père. Après la mort de celui-ci, il refuse d’être pensionné par les protecteurs de son père et se tourne vers une carrière ecclésiastique. Il prend le nom de M. De Trie ou Trye, du nom d’un fief hérité de sa mère, près de Montmorency [2].

En 1621, il part à Rome comme secrétaire du cardinal Guido Bentivoglio, ancien nonce apostolique [3] en France. Il refuse la charge d’auditeur de rote [4], prestigieuse mais contraignante. Il y rencontre l’ambassadeur de France à Rome, Noël Brûlart de Sillery , qui lui pourvoit l’abbaye Saint-Nicolas d’Angers [5] en 1622.

Il en prend possession en 1624, et devient la même année aumônier ordinaire du roi et prend les ordres mineurs et majeurs à Rome. Il rentre en France en 1625 et partage sa vie entre Paris et Pomponne [6] domaine de son frère Robert Arnauld d’Andilly.

Grâce à la protection de son cousin Manassès de Pas de Feuquières , il reçoit l’archidiaconé [7] de Vittel [8] avant d’être élu évêque de Toul [9] en 1637. L’élection est acceptée par le roi Louis XIII mais le pape Urbain VIII refuse de lui envoyer sa bulle de provision. Il fréquente alors les salons, notamment celui de Catherine de Rambouillet dite Madame de Rambouillet , écrit des vers et correspond notamment avec Jean Chapelain, Balzac ou Valentin Conrart.

D’après les Mémoires de son frère, il refuse l’évêché de Périgueux [10] et la charge de visiteur général en Catalogne [11] et se tourne encore une fois vers l’Italie. Le cardinal Mazarin le charge d’une mission diplomatique en 1645 après l’avoir nommé conseiller d’État.

Il doit réconcilier le pape Innocent X avec la famille Barberini [12] afin de s’opposer au parti espagnol à Rome. Henri Arnauld demeure en Italie de 1645 à 1648, en compagnie de son neveu Antoine , effectuant également de courtes missions à Parme [13] ou à Florence [14].

Peu de temps après être rentré en France, il est nommé évêque d’Angers par le roi le 30 janvier 1649. Sacré dans l’église de l’abbaye de Port-Royal de Paris [15], il gagne définitivement Angers à la fin de l’année 1650, décidant de strictement résider dans son diocèse. Avec Nicolas Pavillon , il constitue le modèle de l’évêque janséniste. Il s’entoure de personnes capables et intelligentes et entreprend de visiter régulièrement son diocèse et surveille le clergé séculier.

En janvier 1652, alors qu’il était parti porter ses condoléances à un ami, la fronde angevine éclate. Il est arrêté aux Ponts-de-Cé [16] alors qu’il regagne Angers. Réfugié à Brissac [17] puis à Saumur [18], il exhorte la régente Anne d’Autriche à l’indulgence et réussit à diminuer les représailles que les troupes royales devaient faire subir à Angers, sans pouvoir empêcher les exils des conjurés.

Son jansénisme amène cependant des situations de conflits avec le pouvoir royal. En particulier, il fait partie des quatre évêques qui refusent de signer le Formulaire, avec Nicolas Pavillon, François-Étienne de Caulet dit François de Caulet et Nicolas Choart de Buzenval .

Après la Paix de l’Église, Henri Arnauld se voue entièrement à son diocèse : il rédige un catéchisme avec les évêques de Luçon [19] et de La Rochelle [20], tente de convertir les protestants d’Anjou [21], poursuit ses visites pastorales. Il est ainsi en odeur de sainteté dans son diocèse et dans les cercles jansénistes [22].

Il meurt le 8 juin 1692. Le corps est exposé pendant 6 jours pour permettre aux angevins de se recueillir. Il est enterré dans le bras gauche du transept de la cathédrale d’Angers, sous une dalle en marbre

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Henri Arnauld/ Portail d’Angers/ Portail de l’Anjou et de Maine-et-Loire/ Catégories : Personnalité du jansénisme/ Évêque d’Angers/ Famille Arnauld

Notes

[1] Le site de Port-Royal des Champs est un ensemble constitué des ruines de l’abbaye de Port-Royal, du musée national de Port-Royal des Champs anciennement musée des Granges, et d’un domaine forestier et paysager. Au cœur de la vallée de Chevreuse, au sud-ouest de Paris, dans la commune de Magny-les-Hameaux (Yvelines), il est situé au bout de la plaine de Trappes. Il ne reste aujourd’hui presque rien de ce monastère fondé en 1204, témoin de l’histoire de l’abbaye de Port-Royal et du jansénisme. Cet endroit fut le théâtre d’une intense vie religieuse, intellectuelle et politique du 13ème siècle à nos jours. D’abord simple abbaye cistercienne féminine au cœur du Bassin parisien, Port-Royal devient au 17ème siècle l’un des hauts lieux de la réforme catholique puis l’un des symboles de la contestation politique et religieuse face à l’absolutisme royal et aux réformes théologiques et ecclésiologiques de l’Église tridentine.

[2] Montmorency est une commune française, chef-lieu de canton du Val-d’Oise, située à environ treize kilomètres au nord des portes de Paris, et vingt et un kilomètres par la route de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Elle prend au 12ème siècle le nom de Montmorency et s’attribue le titre de « Premiers barons chrétiens ». Une commune voisine non limitrophe, à six kilomètres à l’ouest environ à vol d’oiseau, porte le nom de la famille Bouchard : Le Plessis-Bouchardc . En attendant, ses descendants plus immédiats agrandissent leur domaine de Montmorency au détriment de celui de l’abbaye et diminuent l’influence de celle-ci en implantant des établissements religieux concurrents sur leurs terres. Ainsi Mathieu 1er de Montmorency fonde le prieuré de Bois-Saint-Père près du château de la Chasse et la collégiale Saint-Martin à Montmorency. Dans la même lancée, son fils Bouchard V établit les religieux de Grandmont dans la forêt de Montmorency. La protection qu’assure le château entraîne à sa proximité la création d’une première agglomération. Louis VI le Gros attaqua et prit Montmorency, puis en fit raser la forteresse pour punir la révolte du seigneur. Le château féodal est reconstruit en pierre au 12ème siècle, ainsi qu’une enceinte de 90 mètres qui ceint la petite ville.

[3] Le nonce apostolique est un agent diplomatique du Saint-siège, accrédité comme ambassadeur de ce dernier auprès des États.

[4] La Rote romaine est l’un des trois tribunaux de l’Église catholique romaine. Ses bureaux sont situés au palais de la Chancellerie apostolique à Rome. Son nom vient de la salle circulaire où se réunissaient les auditeurs des causes du Sacré Palais apostolique assistant le pape, pour juger les causes portées devant lui ou, de façon plus vraisemblable, du fait du jugement par tour de trois auditeurs. Issue de la Chancellerie apostolique, ce conseil qui instruit les causes, Innocent III1 en fait un tribunal en lui donnant le pouvoir de prononcer la sentence. Jean XXII lui donne son premier règlement par la constitution apostolique Ratio Juris en 1331.

[5] L’abbaye Saint-Nicolas était une abbaye fondée vers 1021 par Foulques Nerra à Angers dans le département de Maine-et-Loire.

[6] Pomponne est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne

[7] Dans l’Église catholique, un archidiaconé est une circonscription territoriale religieuse, subdivision d’un diocèse, placée sous l’autorité d’un vicaire épiscopal (qui peut porter le titre d’archidiacre le temps de son service), nommé par l’évêque pour le seconder sur cette partie territoriale du diocèse. Dans l’ancien diocèse de Paris, on disait archidiaconat. C’est dans ce ressort que l’archidiacre effectue ses « visites archidiaconales » dans les paroisses, accomplissant ainsi sa fonction de contrôle des curés par délégation de l’évêque.

[8] Vittel est une commune française située dans le département des Vosges.

[9] Le diocèse de Toul est un ancien diocèse de l’Église catholique en France. Érigé au 4ème siècle, il est un des diocèses historiques de la Lorraine. Supprimé en 1801, il n’a pas été rétabli. Depuis 1824, les évêques diocésains de Nancy relèvent le titre d’évêque de Toul.

[10] Le diocèse de Périgueux est érigé dès le iiie siècle. En vertu d’une bulle pontificale de 1854, l’évêque porte aussi le titre d’évêque de Sarlat, diocèse supprimé en 1801.

[11] La Catalogne est une communauté autonome et une région historique d’Espagne, régie par un statut d’autonomie. En 718, elle est passée sous contrôle musulman et est devenue une partie d’al-Andalus, une province du Califat omeyyade. Ensemble de comtés qui forment la marche d’Espagne de l’Empire carolingien depuis la conquête par Charlemagne (785-801), la Catalogne naît au 9ème siècle. Le « père fondateur » de la Catalogne serait Guifred le Velu, nommé comte de Barcelone en 878 au concile de Troyes. Guifred le Velu est l’ancêtre de la dynastie de Barcelone, qui construit peu à peu l’État catalan autour du comté de Barcelone, en ignorant la suzeraineté des rois francs considérés de plus en plus comme incapables d’assurer la protection comme en témoigne la prise de Barcelone en 985 par les troupes maures d’Almanzor sans que le roi Lothaire, pourtant appelé à l’aide par le comte Borrell II, n’intervienne. Ces comtés sont également parmi les lieux de naissance de la paix de Dieu à la fin du 10ème siècle, et surtout de la trêve de Dieu qui en découle au 11ème siècle, ainsi que de leur institutionnalisation sous le contrôle des Églises locales et de leurs prélats (évêques et abbés réformateurs). La pratique de ces « assemblées de paix » (qui préfigurent les corts) comme le maintien d’une forte culture juridique de l’écrit (attestée par la rédaction de conventions ou convenientiæ) vont constituer les bases de cet État catalan en construction, dans une société profondément féodalisée depuis la crise du 11ème siècle

[12] La famille Barberini est une célèbre famille italienne florentine, originaire du bourg de Barberino en Toscane, et dont plusieurs membres ont joué un rôle important au 17ème siècle. La famille fut agrégée à la noblesse vénitienne en 1623 dans la personne de Don Carlo Barberin, préfet de Rome, frère du pape Urbain VIII, dont les descendants jouissent du titre de Princes de Palestrina et de Grand d’Espagne.

[13] Le duché de Parme et de Plaisance était un petit État de la péninsule italienne qui exista entre 1545 et 1802 puis de 1814 à 1859. Les ducs de Parme et de Plaisance furent également ducs de Plaisance excepté dans les premières années du règne d’Octave Farnèse (1549 -1556) et sous le règne des deux ducs choisis par Napoléon Bonaparte en 1808.

[14] Florence est la huitième ville d’Italie par sa population, capitale de la région de Toscane et siège de la ville métropolitaine de Florence. Berceau de la Renaissance en Italie, capitale du royaume d’Italie entre 1865 et 1870

[15] L’abbaye de Port-Royal de Paris a été fondée au 16ème siècle pour décongestionner la maison-mère située en l’abbaye de Port-Royal des Champs. Elle a été fermée en 1790 à la suite de l’expulsion des religieuses, ensuite remplacées par les soeurs visitandines.

[16] Les Ponts-de-Cé est une commune française située dans le département de Maine-et-Loire

[17] Brissac-Quincé est une ancienne commune française située dans le département de Maine-et-Loire. Au 9ème siècle Brissac est le chef-lieu d’un territoire désigné en latin sous le nom de pagus Bragascencis (pays de Brissac)

[18] Saumur est une commune française sous-préfecture du département de Maine-et-Loire. Au temps de la Fronde, Saumur resta fidèle au roi. Mazarin et toute la cour y vinrent, en 1652, pour agir contre Angers, un moment révolté. Turenne, abandonnant la Fronde, y rejoignit la cour et y fit sa réconciliation avec elle. La révocation de l’édit de Nantes, en 1685, frappa cruellement Saumur. C’est la plus grande calamité dont cette ville ait été atteinte dans tout le cours de son histoire. Les protestants émigrèrent en masse et la population tomba à 6 000 habitants, c’est-à-dire qu’elle diminua dans la proportion des deux tiers, ces deux tiers renfermant la partie prépondérante par ses lumières, son activité, son industrie et ses richesses. L’édifice de prospérité élevé par Duplessis-Mornay s’écroula complètement.

[19] Devenue évêché par la volonté du pape Jean XXII en 1317, la cité est la capitale spirituelle du Bas-Poitou. En mai 1469, par ses lettres patentes, le roi Louis XI autorisa la sécularisation de l’église de Luçon, selon les lettres accordées auparavant par le pape Paul II. Avant de devenir ministre de Louis XIII, le grand maître de la diplomatie française, le cardinal de Richelieu fut l’évêque réformateur de Luçon. Il s’appliqua à rebâtir la ville détruite par les guerres de religion. Il se préoccupa de la formation des prêtres de son diocèse en écrivant un catéchisme et en organisant des visites pastorales.

[20] Érigé en 1648, il est le diocèse historique de l’Aunis, recouvre également le territoire de l’ancien diocèse de Saintes, en Saintonge, et celui de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon.

[21] L’Anjou est une région historique et culturelle française, correspondant à l’ancienne province du même nom et dont la capitale est Angers. Bien que le duché ait disparu, le terme « Anjou » est toujours utilisé pour définir le territoire de Maine-et-Loire

[22] Le jansénisme est un mouvement religieux, puis politique, qui se développe aux 17ème et 18ème siècles, principalement en France, en réaction à certaines évolutions de l’Église catholique, et à l’absolutisme royal. Les jansénistes se distinguent aussi par leur rigorisme spirituel et leur hostilité envers la compagnie de Jésus et sa casuistique, comme envers un pouvoir trop puissant du Saint-Siège. Dès la fin du 17ème siècle, ce courant spirituel se double d’un aspect politique, les opposants à l’absolutisme royal étant largement identifiés aux jansénistes. Le jansénisme naît au cœur de la réforme catholique. Il doit son nom à l’évêque d’Ypres, Cornélius Jansen, auteur de son texte fondateur l’Augustinus, publié en 1640. Cette œuvre est l’aboutissement de débats sur la grâce remontants à plusieurs dizaines d’années, coïncidant avec l’hostilité grandissante d’une partie du clergé catholique envers la compagnie de Jésus ; il prétend établir la position réelle de Saint Augustin sur le sujet, qui serait opposée à celle des jésuites, ceux-ci donnant une importance trop grande à la liberté humaine