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L’histoire pour le plaisir

Marutha de Tikrit

mercredi 17 février 2021, par ljallamion

Marutha de Tikrit (vers 565-649)

Dignitaire de l’Église syriaque orthodoxe

Église syriaque orthodoxeNé dans le village de Shawarzaq, en face de Balad, est considéré comme le premier maphrien [1]. Il fut instruit dès son enfance dans le monastère Saint-Samuel [2], près de son village natal.   Il entra ensuite dans le monastère de Nardas, près de Balad, sur l’autre rive du Tigre [3], où demeurait Mor Zakhay, l’évêque jacobite [4] de la région, dont il devint bientôt l’auxiliaire. Il partit ensuite compléter ses études en territoire romain, et passa 10 ans au monastère Saint-Zachée [5] près de Callinicum [6], important centre d’étude où il étudia les auteurs grecs notamment Grégoire de Nazianze sous la direction d’un savant moine nommé Théodore. Il acheva sa formation, particulièrement en calligraphie syriaque [7], dans la région d’Édesse [8], dans la compagnie d’un moine aveugle nommé Thomas.   Il partit ensuite s’installer sans doute vers 605 au monastère Saint-Matthieu [9], près de Ninive [10], le plus grand établissement jacobite en territoire perse, où il déploya une importante activité d’enseignement et d’étude et réforma la règle des moines. Il fut appelé à la cour du roi Khosro II, dont l’épouse favorite Shirin était une chrétienne jacobite, pour faire office de chapelain de celle-ci dans le couvent qu’elle avait fondé près du palais. Vers la fin de son règne, Khosro II renversé et tué en février 628, alors que les revers s’accumulaient, se mit à persécuter les chrétiens ; Marutha se retira alors un temps dans le couvent de Beth Rabban Shabor, près de Koufa [11], avant de rentrer au monastère Mor Mattay [12].   Le patriarche [13] Athanase 1er d’Antioche envoya son collaborateur Jean des Sédré en mission auprès du nouveau roi perse Kavadh II ; au retour, il passa par le monastère Mor Mattay et invita le métropolite [14] Christophe, 4 évêques de la région et 3 moines, dont Maroutha, à l’accompagner auprès du patriarche. Celui-ci décida de rassembler sous l’autorité d’un seul grand métropolite toutes les institutions de l’Église jacobite situées en territoire perse fin 628 : ce fut l’origine de l’institution des maphriens qui exista jusqu’en 1859.   Marutha fut choisi par les évêques pour exercer la fonction et tint un concile dans le monastère Mor Mattay, qui édicta 24 canons : l’Église syriaque orthodoxe en territoire perse fut organisée en douze diocèses, auxquels Marutha en ajouta un en Azerbaïjan [15] et 2 dans l’actuel Afghanistan [16] (Hérat et Zarandj) ; le nouveau dignitaire eut le monopole des consécrations épiscopales et des créations d’églises ou de monastères.   Marutha s’installa à Tikrit [17] où il fit ériger une nouvelle cathédrale. Il fonda deux monastères [18].   Son successeur Denha (mort en 660) a écrit sa Vie.   Il est l’auteur d’un canon liturgique et de prières et hymnes pour des fêtes du calendrier ; d’homélies festales et de sermons (notamment sur les saints martyrs de Perse) ; de commentaires sur les Évangiles dont il reste des fragments ; d’une lettre au patriarche Jean II citée par Michel le Syrien où il parle de la persécution menée par l’évêque nestorien [19] Barsauma contre les monophysites [20]. On lui attribue parfois une “Vie de Mor Aḥudemmeh”, premier métropolite jacobite de Tikrit.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Marutha de Tikrit/ Portail des chrétiens d’Orient/ Catégories : Maphrien de l’Orient/ Religieux syriaque orthodoxe

Notes

[1] Le titre de maphrien est un titre spécifique de l’Église syriaque orthodoxe. Il a d’abord été porté par le primat de l’Église jacobite de Mésopotamie (entre 629 et 1859). Il est actuellement porté par le primat de l’Église syro-malankare orthodoxe.

[2] Dayro d’Mor Shmuel

[3] Le Tigre est un fleuve de Mésopotamie long de 1 900 km. Ce fleuve prend sa source en Turquie comme l’autre grand fleuve de la région l’Euphrate.

[4] L’Église syriaque orthodoxe est une Église orientale autocéphale. Elle fait partie de l’ensemble des Églises des trois conciles dites aussi « Églises antéchalcédoniennes ». Le chef de l’Église, porte le titre de Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, avec résidence à Damas. Du fait des querelles « christologiques » et des schismes qui s’ensuivirent, le titre de Patriarche d’Antioche se trouve porté également par quatre autres chefs d’Église.

[5] Dayro d’Mor Zakhay

[6] Raqqa, est une ville du centre de la Syrie. C’est la capitale éponyme du gouvernorat de Raqqa. Située dans le Nord du pays, la ville de Raqqa est établie sur les rives de l’Euphrate en aval du lac el-Assad, à 170 km à l’est d’Alep. Elle doit sa fondation sous le nom de Nikephorion, au roi Séleucos 1er qui règne de 305 à 281 av. jc. Vers 244, Séleucos II fait agrandir la ville et la renomme d’après son surnom Kallinikos (latinisé en Callinicum) signifiant « grand vainqueur ». Elle fait alors partie de l’Osroène.

[7] Le syriaque est une langue sémitique du Proche-Orient, appartenant au groupe des langues araméennes. L’araméen existe au moins depuis le 12ème siècle av. jc et a évolué au cours des siècles. Le syriaque représente si l’on veut un « dialecte » de l’araméen (celui de la région d’Édesse) qui s’est constitué comme langue écrite au début de l’ère chrétienne.

[8] Şanlıurfa souvent appelée simplement Urfa est une ville du sud-est de la Turquie. Elle fut d’abord nommée Urhai puis Édesse (ou Édessa), puis Urfa et aujourd’hui Şanlıurfa ou Riha en kurde. Le nom antique d’Édesse est Osroé, qui provient peut-être du nom du satrape Osroès qui gouverna la région. Selon la légende, Adam et Ève séjournèrent dans la cité, qui serait la ville natale d’Abraham et qui abriterait la tombe de sa femme Sarah.

[9] Dayro d’Mor Mattay

[10] Ninive une ancienne ville de l’Assyrie, dans le Nord de la Mésopotamie. Elle se situait sur la rive est du Tigre, au confluent du Khosr, dans les faubourgs de la ville moderne de Mossoul, en Irak, dont le centre se trouve de l’autre côté du fleuve. Les deux sites principaux de la cité sont les collines de Kuyunjik et de Nebī Yūnus. Ninive est l’une des plus anciennes cités de Mésopotamie. Elle était un important carrefour de routes commerciales traversant le Tigre. Elle occupait une position stratégique sur la grande route entre la mer Méditerranée et le plateau iranien, ce qui lui a apporté la prospérité, de sorte qu’elle est devenue l’une des plus grandes cités de toute la région. Elle doit néanmoins sa plus grande expansion urbaine au choix du roi assyrien Sennacherib d’en faire la capitale de son grand empire au début du 7ème siècle av. jc. Ninive est alors entourée de remparts de briques sur une longueur de 12 km. L’espace total de la cité couvrait 750 hectares à son apogée.

[11] Koufa ou Kûfa est une ville d’Irak, environ 170 km au sud de Bagdad, et à 10 km au Nord-est de Nadjaf. Elle est située sur les rives du fleuve Euphrate. C’est la deuxième ville de la province de Nadjaf. Avec Kerbala, et Nadjaf, Koufa est une des trois villes irakiennes de grande importance pour les musulmans chiites. Sur une décision du calife `Omar, Koufa a été construite pour être un pôle d’immigration arabe dans le sud de la Mésopotamie, et de devenir la capitale. Les Arabes recherchaient un endroit où ils ne souffriraient pas de maladies. À l’emplacement de Koufa, il y avait une ville Sassanide qui faisait partie d’une province perse. Les quartiers arabes de la ville ont été construits en 638, à peu près au même moment qu’à Bassora, quand les armées arabes combattaient les Sassanides. La ville fut construite en briques cuites. On commença par construire la mosquée au centre de la ville à 1,5 km de l’Euphrate. On creusa un réservoir d’eau prévu pour 20 000 habitants. La population de Koufa était formée d’immigrants arabes venant soit de la région de La Mecque, soit du sud de l’Arabie, Yémen et Hadramaout, certains d’entre eux étaient chrétiens ou juifs. En 655, les habitants de Koufa soutiennent `Alî contre le calife `Uthman.

[12] Le monastère Saint-Matthieu ou monastère de Mar Matta (en syriaque : Dayro d-Mor Mattay) est un monastère syriaque orthodoxe situé dans la plaine de Ninive sur le mont Alfaf à 35 kilomètres au nord-est de la ville de Mossoul, dans le nord de l’Irak. Il est dédié à saint Matthieu, ermite syriaque du 4ème siècle, ayant fui des persécutions sous l’empereur Julien pour se consacrer à la vie érémitique dans la région. Fondé au 4ème , il a été pendant longtemps le lieu de résidence du Maphrien de l’Orient (le maphrien était un haut dignitaire syriaque orthodoxe pour les provinces perses). C’est aujourd’hui le siège d’un archevêché. Le monastère est fameux pour sa collection inestimable de manuscrits syriaques

[13] Le titre de « patriarche d’Antioche » est traditionnellement porté par l’évêque d’Antioche (dans l’actuelle Turquie). L’Église d’Antioche est l’une des plus anciennes de la chrétienté, son institution remontant à l’apôtre Pierre. Aujourd’hui, pas moins de cinq chefs d’Église, dont trois catholiques, portent le titre de « patriarche d’Antioche ». Aucun d’entre eux ne réside à Antioche / Antakya depuis la présence musulmane majoritaire en Turquie.

[14] Métropolite est un titre religieux porté par certains évêques des Églises d’Orient. À l’origine, le métropolite est l’évêque d’une capitale de province (métropole) romaine investi de la charge de présidence des conciles ou synodes provinciaux. Dans l’Église d’Occident, on prit l’habitude de dire « métropolitain » pour désigner un archevêque assurant un rôle de coordination entre les évêques titulaires des sièges qui composent la province ecclésiastique. En Orient on utilise le terme de métropolite qui, au cours de l’histoire, est souvent synonyme d’archevêque.

[15] L’Azerbaïdjan iranien est une région située au nord-ouest de l’Iran, qui comporte plusieurs grandes villes historiques de ce pays comme Maragha, Tabriz, Zanjan, Ardabil, Ourmia. Ce territoire correspond aujourd’hui aux provinces (Ostan en persan) de l’Azerbaïdjan-Oriental, de l’Azerbaïdjan-Occidental, d’Ardabil et de Zanjan ainsi que d’une partie des provinces d’Hamadān et Qazvin.

[16] Le pays est un carrefour de l’Asie qui voit passer de nombreux peuples par son territoire. Ce dernier constituait, à l’époque de l’Antiquité, un point de passage important sur la route de la soie et les conquérants qui souhaitaient prendre le contrôle de l’Inde y passèrent : Cyrus le Grand, Alexandre le Grand, Gengis Khan, l’empereur Babur, etc. Cette région est cependant le noyau de vastes empires comme l’Empire bactrien, l’Empire kouchan ou encore l’Empire ghaznévide. C’est à la suite de l’effondrement du royaume perse afcharide que l’Afghanistan devient une entité souveraine en 1747, sous le commandement du général Ahmad Chah Durrani, devenu premier padichah du pays cette même année.

[17] Tikrit ou Takrit est une ville d’Irak, située dans la province de Salah ad-Din dont elle est la capitale. Située à environ 160 kilomètres au nord de Bagdad, la ville est arrosée par le fleuve Tigre.

[18] monastère Saint-Serge près d’une source dans une région désertique non loin de Tikrit, et couvent féminin de Beth Ébhré

[19] Doctrine hérétique de Nestorius qui reconnaissait les deux natures du Christ, humaine et divine, mais en niait la consubstantialité ; de ce fait même, l’hérésie niait que la Vierge puisse être appelée « Mère de Dieu ». Malgré sa condamnation par le concile d’Éphèse (431), le nestorianisme gagna la Perse, puis l’Asie, jusqu’à l’Inde et la Chine. Au 12ème siècle époque de son apogée, l’Église nestorienne comptait quelque 10 millions de fidèles. Aujourd’hui, seuls subsistent quelques dizaines de milliers de fidèles, principalement en Iraq et aux États-Unis, la majorité des nestoriens ayant rallié l’Église catholique à partir du 18ème siècle

[20] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans l’Empire byzantin en réaction au nestorianisme, et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore d’Alexandrie.