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Une civilisation s’épanouit en Crète de 2000 à 1400 av. jc

mardi 1er décembre 2020, par ljallamion

Une civilisation s’épanouit en Crète de 2000 à 1400 av. jc

Dans la première moitié du 2ème millénaire avant jc, la grande île de Crète [1], en Méditerranée orientale, a joui d’une belle civilisation originale et féconde.

Découverte de la civilisation minoenne [2]

Le 30 mars 1900, sont découverte une grande quantité de tablettes en argile sur le site de Cnossos [3].

Ces tablettes viennent de la civilisation qui se développa sur l’île méditerranéenne jusqu’aux environs de 1200 avant jc à l’époque de Ramsès II et de Moïse.

Cette civilisation fut pour la Grèce classique l’équivalent de ce que fut l’Antiquité gréco-romaine pour nous.

Elle fut appelée minoenne, du nom de Minos, roi mythologique de la Crète qui serait devenu après sa mort juge aux Enfers.

On a découvert de très nombreuses acropoles comme celle de Cnossos. Dans ces acropoles construites entre 2000 et 1400 avant jc, on pense que résidaient les rois-juges qui gouvernaient l’île.

Les Minoens vénéraient des divinités féminines dont il nous reste de jolies représentations sous la forme de déesses aux serpents et aux seins nus. Ils accordaient une place particulière au taureau dans leur culture d’où la légende grecque du Minotaure [4].

Les Minoens pratiquaient peu ou pas du tout l’esclavage comme leurs voisins égyptiens.

Il semble aussi qu’à l’image des anciens Egyptiens, ils n’exerçaient pas de discrimination entre les sexes et respectaient la parité homme femme beaucoup mieux que les Grecs ou les Romains.

Écritures crétoises

Sir Arthur Evans a fixé le cadre de la civilisation minoenne en distinguant trois périodes • Minoen ancien jusqu’en 2000av. jc • Minoen moyen de 2000 à 1600 av.jc • Minoen récent de 1600 à 1400av. jc.

Les Crétois du Minoen ancien, aussi appelés Pélasges, utilisaient une écriture à base de hiéroglyphes [5] ou d’idéogrammes [6].

Au début du Minoen récent, les Crétois utilisent une écriture linéaire syllabique faite d’idéogrammes et baptisée faute de mieux Linéaire A. Elle se rapporte à une langue inconnue de la mer Égée [7] mais n’a pas encore pu être déchiffrée.

À la fin du Minoen récent, vers 1500 avant jc, apparaît une nouvelle écriture, le Linéaire B.

Les tablettes d’argile servant de support aux écritures crétoises nous sont un peu parvenues par hasard. Elles ont été accidentellement conservées par leur cuisson lors de l’incendie des palais pendant les nombreux conflits et guerres que connut la Crète.

Des 3400 fragments de tablettes qui furent exhumées au début du siècle dans le palais de Cnossos, environ 150 seulement avaient été diffusés en 1936.

La vie au quotidien

Le linéaire B apparaît formé d’une centaine de signes phonétiques représentant une syllabe tout comme les hiéroglyphes égyptiens. On croit y voir la transcription d’une langue grecque archaïque.

Le Linéaire B atteste ainsi des liens tardifs des Crétois avec la péninsule grecque.

Après avoir civilisé les Achéens [8] arrivés dans le Péloponnèse [9] et les Cyclades [10] vers 1500 avant jc, les Crétois furent finalement dominés par eux et entrèrent dans la mouvance de Mycènes [11], une cité achéenne du Péloponnèse.

Le Linéaire B a reçu le nom d’écriture mycénienne car il devait être utilisé par les administrateurs achéens de la Crète à l’époque considérée.

Si l’on pensait découvrir dans les tablettes d’argile l’Histoire ancienne de la Crète, on dut rapidement déchanter. Les tablettes ne parlent que de gestion domaniale car l’écriture mycénienne, suffisante pour tenir une comptabilité était bien trop restreinte pour de la littérature.

C’est ainsi que l’on découvre avec stupeur une bureaucratie tatillonne et pointilleuse. Sur les tablettes sont notées les possessions du clan familial ou Génos. Le nombre de béliers, de brebis, d’agneaux, les prévisions du nombre de bêtes à naître, à abattre, à engraisser, à castrer... tout cela est minutieusement calculé à l’unité près sur un cheptel de plus de 100 000 bêtes ! La quantité de laine pouvant être produite, le nombre de fromages à fabriquer avec la quantité de lait prévue, les pertes subies... tout est scrupuleusement consigné.

Les comptables de l’époque étaient capables de répartir une tonne de bronze en fractions d’environ 250 grammes entre plus de 500 forgerons. Ils connaissaient tous ces derniers par leur nom mais aussi les personnes employées dans chaque forge ainsi que leur état civil !

On apprend que les 100 000 moutons de Cnossos fournissaient 50 tonnes de laine par an et permettaient de fabriquer 500 pièces de tissus pour en faire des draps, vêtements, couvertures.

P.-S.

Source : heredote.Net et avec l’aimable collaboration d’Ysaline Homant

Notes

[1] La Crète, est une île grecque, autrefois appelée « île de Candie ». Cinquième île de la mer Méditerranée en superficie, elle est rattachée en 1913 à la Grèce

[2] La civilisation minoenne est une civilisation antique qui s’est développée sur les îles de Crète, de Santorin et probablement sur une grande partie de la mer Égée, au sud de la Grèce de 2700 à 1200 av. jc. Tirant sa dénomination moderne du nom du roi légendaire Minos, elle a été révélée par l’archéologue anglais Arthur John Evans au début du 20ème siècle. On ignore par quel nom elle se désignait elle-même, mais les Égyptiens de l’Antiquité la dénommaient Kaphti et certaines théories, basées sur des écrits de la cité de Mari, tendent à appeler l’île de Crète Kaptara.

[3] Cnossos ou Knossos est un site archéologique crétois de l’Âge du bronze en Europe, situé à 5 km au sud-est d’Héraklion à l’Ouest du fleuve Kairatos. Le site de Cnossos est peuplé depuis le 8ème millénaire av. jc, peu après l’arrivée des premiers colons sur l’île de Crète.

[4] Dans la mythologie grecque, le Minotaure est un monstre fabuleux au corps d’un homme et à tête d’un taureau ou mi-homme et mi-taureau. Né des amours de Pasiphaé (épouse du roi Minos) et d’un taureau blanc envoyé par Poséidon, il est enfermé par Minos dans le labyrinthe.

[5] Les hiéroglyphes du grec : gravures sacrées constituent un type d’écriture figurative utilisé par plusieurs peuples

[6] Un idéogramme est un symbole graphique représentant un mot ou une idée, utilisé dans certaines écritures actuelles (comme le chinois et le kanji en japonais), anciennes (comme les hiéroglyphes égyptiens qui contiennent aussi des signes représentant chacun une syllabe utilisable dans un mot, le maya ou l’aztèque) ou construites (comme la langue bliss ou le LoCoS).

[7] La mer Égée est une mer intérieure du bassin méditerranéen, située entre l’Europe et la Grèce à l’ouest, et l’Asie et la Turquie à l’est. Elle s’étend de la côte thrace et du détroit des Dardanelles au nord jusqu’à la Crète au sud.

[8] Les Achéens sont probablement l’un des premiers peuples de langue indo-européenne à s’être établi en Grèce continentale. Ils y apparaissent vers 1900 av. jc. Originaires de régions plus septentrionales, et probablement venus des Balkans, ils y arrivent par l’ouest, et s’installent d’abord en Épire, puis descendent en Thessalie. Ils repoussent les anciens habitants, les Pélasges, grâce à leur suprématie militaire, usage de l’épée au lieu du poignard, et surtout du bronze. Ils dominent ensuite les populations de Béotie, d’Attique, et enfin du Péloponnèse, où ils s’arrêtent en Argolide. Dans les épopées homériques, le terme désigne l’ensemble des Grecs rassemblés devant Troie, dirigés par les rois Ménélas et Agamemnon.

[9] Le Péloponnèse est une péninsule grecque, qui couvre 21 379 km². Elle a donné son nom à la périphérie du même nom qui couvre une part importante de la péninsule, regroupant cinq des sept nomes modernes qui la divisent. Seuls deux nomes (l’Achaïe et l’Élide) situés au nord-ouest de celle-ci sont rattachés à la périphérie de Grèce-Occidentale.

[10] Les Cyclades sont un archipel de Grèce situées dans le Sud de la mer Égée, dans la périphérie de l’Égée-Méridionale. L’archipel comprend environ 250 îles, îlots et îlots-rochers. Seules 241 îles sont habitées. On les appelle Cyclades car elles forment un cercle autour de l’île sacrée de Délos.

[11] Mycènes est une cité antique préhellénique située sur une colline au nord-est de la plaine d’Argos, dans le Péloponnèse, et entourée de murs cyclopéens (assemblage de blocs énormes). Selon la mythologie grecque, Mycènes est fondée par Persée suite au meurtre accidentel d’Acrisios, roi d’Argos. Alors que la ville lui revient légitimement, Persée préfère céder cette royauté à Mégapenthès, neveu du défunt, et part fonder une nouvelle ville, qu’il baptise « Mycènes » soit en allusion au pommeau de son épée, soit en allusion au champignon qu’il trouve sur place. Des traditions concurrentes évoquent une Mycène, fille d’Inachos ou encore un Mycénée, petit-fils de Phoronée. Mycènes est le royaume du héros homérique Agamemnon, chef des Achéens lors de la guerre de Troie. Homère la décrit comme chère à Héra et « riche en or ». La richesse de la ville est en effet proverbiale dès l’Antiquité.