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Les écoles militaires

dimanche 3 juillet 2022, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 7 novembre 2020).

Les écoles militaires

Avant la Révolution, il existait 13 écoles militaires réparties entre diverses provinces du royaume. Seuls y étaient admis les élèves pouvant prouver une ancienne noblesse. La République ouvrit leurs portes à tous les citoyens et il s’ensuivit bientôt une telle anarchie que la Convention supprima les anciennes écoles à l’exception d’Auxerre.


En 1794, la Convention créa l’Ecole de Mars, dont les élèves étaient affublés d’un costume à l’antique parfaitement délirant dû au crayon de Jacques-Louis David . Six mois après s’ouvrit l’Ecole des travaux publics qui devint, le 1er septembre 1795, l’Ecole polytechnique [1]. Sous l’Empire, elle eut un gouverneur et les élèves furent astreints à fournir leur trousseau et une pension annuelle de 800 francs, livres et matériel étant également à leurs frais.

En 1812 apparut l’Ecole spéciale militaire de Fontainebleau [2], transférée sous l’Empire à Saint-Cyr. Les élèves y formaient deux bataillons soumis à un entraînement militaire intensif avec, en plus, de nombreux cours de géographie, histoire, dessin, géométrie, arpentage, dicton, équitation et natation. Une deuxième école militaire, basée sur le même principe, fut ouverte à La Flèche : le Prytanée [3].

En 1809, Napoléon imagina l’Ecole spéciale de cavalerie [4], destinée à attirer dans l’armée une jeunesse riche en lui donnant le goût de l’équitation. Les élèves formés étaient versés dans les régiments de cavalerie avec le grade de sous-lieutenant.

L’Ecole fut installée dans le château de Saint-Germain. Après 4 ans d’existence, elle fut, à la rentrée des Bourbons, transférée à Saumur [5] par l’ordonnance du 23 décembre 1814.


Aigles et drapeaux

Le 5 décembre 1804, Napoléon avait remis à ses régiments de nouveaux étendards. L’emblème qui les surmontait, un aigle aux ailes à demi déployées, fit qu’on les appela aigles. Avec d’autant plus d’à-propos qu’on portait le plus souvent l’aigle sans le drapeau, qui restait alors avec la caisse du régiment.

C’est par un décret impérial du 18 février 1808 relatif à la composition des régiments d’infanterie légère et de ligne que fut créés les porte-aigles.

Chaque régiment se vit accorder un aigle qui devait être portée par un enseigne comptant au moins 10 ans de service et ayant combattu à Ulm [6], Austerlitz, Iéna et Friedland . Deux soldats vétérans devaient encadrer le 1er porte-aigle, avec le titre de 2e et 3e porte-aigle. Ces trois soldats ne pouvaient être nommés que par l’Empereur lui-même.

Pour assurer la sauvegarde de l’emblème sacré, les 2e et 3e porte-aigle étaient armés d’un esponton [7] à lame effilée, qu’ornait une banderole rouge pour le 2e porte-aigle, blanche pour le troisième, et de deux pistolets placés sur la poitrine dans un étui, à l’orientale.

La garde du drapeau était généralement constituée de fusiliers, de préférence aux grenadiers ou aux voltigeurs toujours susceptibles d’être appelés à combattre à quelque distance du régiment.

L’Empereur ayant prescrit que l’aigle serait toujours gardée là ou les bataillons seraient en plus grand nombre, les compagnies de fusiliers ou du centre, plus nombreuses, répondaient le mieux à ce désir.


Musiciens à cheval

En 1802, Napoléon, alors premier consul, avait supprimé toutes les musiques de cavalerie. Les chevaux ainsi récupérés avaient permis de constituer 4 régiments fort utiles en cette époque de pénurie. Sous l’Empire, une fanfare à cheval comprenait en général : 16 trompettes, 6 cors, 3 trombones.

Certains régiments, tels les hussards et les carabiniers, étaient en plus dotés de timbales. En outre, les régiments avaient été pourvus d’une harmonie organisée sur le modèle de celle de l’infanterie, mais qui ne jouait qu’à l’occasion de cérémonies solennelles.

Corps de la Garde impériale

Notes

[1] L’École polytechnique, couramment appelée Polytechnique et surnommée en France l’« X », est l’une des 204 écoles d’ingénieurs françaises accréditées au 1er septembre 2020 à délivrer un diplôme d’ingénieur. Elle constitue avec l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, l’École de l’air, l’ENSTA Bretagne, l’École des officiers de la Gendarmerie nationale, l’École navale et l’École de santé des armées l’une des sept grandes écoles militaires françaises. Elle est fondée en 1794 par la Convention nationale sous le nom d’École centrale des travaux publics et militarisée en 1804 par Napoléon 1er. À l’origine située à Paris, l’école est à Palaiseau (Essonne) depuis 1976

[2] L’École spéciale militaire est créée par la loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) sur ordre du Premier Consul Napoléon Bonaparte, qui l’installe d’abord au château de Fontainebleau (arrêté du 8 pluviôse an XI (28 janvier 1803)), le commandement est alors confié au général Bellavène. Le 7 janvier 1805, l’école devient alors « École spéciale impériale militaire » (ESIM) car Napoléon Bonaparte est proclamé empereur par le sénat et sacré le 2 décembre 1804. Le sous-lieutenant Lafforgue est le premier saint-cyrien tombé au champ d’honneur. Le 2 décembre de la même année se déroule la bataille d’Austerlitz où de nombreux saint-cyriens vont tomber au cours de ce qui restera l’une des plus éclatantes victoires napoléoniennes. En 1808, l’ESIM est transférée par décret à Saint-Cyr-l’École (Yvelines), dans les bâtiments de la maison royale de Saint-Louis, fondée par Madame de Maintenon en 1686, et dont elle conserve le nom. Elle est avec l’École navale, l’École de l’air, l’École des officiers de la Gendarmerie nationale, l’École polytechnique, l’École de santé des armées et l’École des commissaires des armées l’une des six grandes écoles militaires françaises. Elle forme aujourd’hui des officiers de l’armée de terre et une partie des officiers de la gendarmerie.

[3] Le Prytanée national militaire est l’un des six lycées de la Défense français. Cette école est située à La Flèche dans le département de la Sarthe dans la région des Pays de la Loire, dans le Maine angevin. Une institution éducative est fondée en 1604 par le roi Henri IV et confiée aux jésuites dans le but d’instruire la jeunesse et la rendre amoureuse des sciences, de l’honneur et de la vertu, pour être capable de servir au public ; elle cesse d’exister lorsque les jésuites sont bannis de France en 1763. Les bâtiments sont utilisés pour le Prytanée voulu par Napoléon Ier en 1800 mais installé à La Flèche en 1808, et ensuite le Prytanée national militaire.

[4] L’École de cavalerie, anciennement École d’application de l’arme blindée et cavalerie (EAABC), est un établissement de formation de l’armée de terre française situé à Saumur (Maine-et-Loire). Elle est installée dans la caserne du même nom.

[5] Saumur est une commune française sous-préfecture du département de Maine-et-Loire. Saumur est particulièrement connue pour son École de cavalerie, son château et ses vins.

[6] Ulm est une ville du Bade-Wurtemberg, dans le sud de l’Allemagne, dont la plus grande partie se trouve sur la rive gauche du Danube. Formant un ensemble urbain avec la ville de Neu-Ulm, sur la rive droite, en Bavière, la ville forme un arrondissement urbain (en allemand : Stadtkreis) à elle seule, et est le siège de l’Arrondissement d’Alb-Danube (Alb-Donau-Kreis). Riche d’histoire et de traditions, ancienne cité impériale libre, elle est aujourd’hui un important centre économique grâce à une forte activité industrielle. Importante ville universitaire, avec une université et une Hochschule, Ulm est aussi mondialement connue pour la flèche de sa « cathédrale » qui est la plus haute du monde.

[7] Demi-pique dont les officiers subalternes d’infanterie étaient armés